L'ingénue des alpages

En quoi la Montagne est-elle un territoire particulièrement intéressant pour une écologiste ? Les enjeux sont immenses : pression foncière, gestion des espages protégés, agriculture à forte valeur ajoutée ....

Sarkozy à Sallanches : une visite de reconquête industrielle et électorale

Claude Comet
Elue EELV Rhône-Alpes, en charge de la Montagne et du Tourisme dans l'exécutif régional
Publié le 20/12/2011 à 17h18

Le mardi 13 décembre, Nicolas Sarkozy était à Sallanches pour causer production et industrie, façon café du commerce… J’y étais. Et ce qu’on a moins dit, au-delà des effets de manche et du monologue de candidat non déclaré, c’est qu’il s’agissait aussi – et surtout – d’une visite de reconquête électorale d’un bastion de la droite en péril…

La relocalisation de Rossignol, pas très « citoyenne »

Venu visiter l’entreprise Rossignol qui a « relocalisé » une partie de ses activités dans la plaine du Mont-Blanc, le Président a poursuivi l’opération de « calinothérapie » locale à l’égard des élus et relais locaux. Une visite à bon compte, d’ailleurs, puisque l’Etat n’a rien donné à l’entreprise.

Quant aux vingt emplois (équivalents temps-plein), c’est bien, mais pas tout à fait à la hauteur des 1 000 emplois perdus dans le monde depuis 2005 par la société qui fut un fleuron de l’industrie française du ski et qui appartient en partie désormais à un groupe australien.

Une relocalisation qui n’a pas grand-chose de « citoyenne », comme le révèle le PDG lui-même, Bruno Cercley, dans Libé, qui explique qu’il s’est rendu compte que produire à Taïwan lui coûtait à peu près la même chose que produire en France, les contraintes et la flexibilité en moins !

Un sketch de Laurent Gerra

Une scène sans débat, toute à la gloire de l’impétrant Sarkozy était venu à Sallanches, donc, mais pour quoi faire ?

Simplement pour, à son tour, après Marine Le Pen et François Bayrou, mais aussi François Hollande, enfourcher le cheval très porteur de la « réindustrialisation » de la France…

Invitée en tant qu’élue régionale, j’y suis allée pour voir. Mais rassurez-vous, il n’y avait pas de débat. Une table bien préparée, des invités priés de poser des questions, sans jamais dialoguer, et un candidat-Président en omniscient, qui livre sa sainte révélation à un public nombreux, acquis et ébaubi.

Bien sûr, avec un tel public, le Président – le candidat - s’est fait câlin et pédagogue. Leçon de classe de cinquième, mais en version café du commerce. Il suffisait de fermer les yeux pour se croire dans un sketch de Laurent Gerra. Le modèle, plus fort que la caricature.

Pas un mot pour Eric Besson

Acheter français, versus produire français, on s’y perd ! La différence entre le « acheter français » de Bayrou et le « produire français » de Nicolas ? Le candidat-Président a mis plus de dix minutes à nous l’expliquer, avec des mimiques et des clins d’œil adressés lourdement à l’aréopage de ministres et députés venus faire la claque. Jugez donc :

  • Baroin,
  • Lefebvre,
  • Jégo,
  • Besson,
  • Accoyer,
  • Saddier, le député du coin.

Pas mécontents d’être là puisque chacun d’entre eux ou presque, a eu droit à son petit encouragement, façon « bon chien »… Ce cher « Bernard que j’aime tant », Frédéric qui a été flatté de travailler à une « carte d’identité des produits » à laquelle « je tiens tant » (on était dans les superlatifs !) ou encore Baroin, pris à témoin de l’intérêt pour les entreprises de la suppression de la taxe professionnelle – qui a tout de même coûté 6 milliards d’euros à la France !

Jégo, bonheur suprême, a été prié d’apporter une précision sur je ne sais plus quelle mesure. Seul Besson n’a eu droit à rien. Serait il en disgrâce ? Trop intéressé par sa reconversion future, ou son compte Twitter… ?

La Haute-Savoie, un bastion à défendre

Si passionnant, donc, que le Président a assuré quitter l’endroit à regret.

  • Pas un mot pourtant des 800 000 emplois détruits en France depuis qu’il est aux manettes par les délocalisations ;
  • pas un mot, même de courtoisie, sur les relations obligées et fort rémunératrices que le nord de la Haute-Savoie entretient avec la Suisse (près de 80 000 frontaliers) ;
  • pas un mot sur les pollutions et les problèmes de santé que rencontre la vallée, en raison, notamment du trafic international des poids lourds qui passent au Mont blanc, traversant l’Europe pour véhiculer des marchandises, produites ailleurs et vendues ici ou là !

La Haute-Savoie, un bastion de droite ? Pas si sûr. On était donc, en fait, dans une de ces opérations de calinothérapie dont le gouvernement a désormais le secret.

Après la bascule récente du Sénat, la Haute-Savoie fait figure de bastion à défendre. En moins de deux mois, ils ont été pas moins de cinq à s’y succéder. Dans l’ordre NKM, Richert, Ollier, Lemaire, à Bonneville puis Fillon à Morzine et maintenant Sarkozy lui-même à Sallanches. C’est qu’il ne s’agirait pas à la présidentielle comme aux législatives, qu’un département qui a toujours si bien voté à droite depuis la Libération s’avise de se laisser séduire par la gauche… ou pire, par des écologistes !

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h39 le 20/12/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Sarko va réindustrialiser la France avec ses dents..

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h58 le 20/12/2011
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    qui va croire cela ?

    les menteurs, les bonimenteurs, les doux rêveurs poètes, les idéologues au premier degré.
    la spirale folle en dessin

    • lolcat
      lolcat répond à pablico
      nette
      • Posté à 09h12 le 21/12/2011
      • Internaute 159928
        nette

      Merci pour l’explication, la force d’achat est un principe que l’on a ruiné.

  • leeway
    leeway
    encombreur de routes
    • Posté à 19h08 le 20/12/2011
    • Internaute 156133
      encombreur de routes

    Salauds de routiers !

  • A déménagé le 13-01-2012 6
    • Posté à 01h17 le 21/12/2011
    • Internaute 171250
      non connue

    « Une scène sans débat, toute à la gloire de l’impétrant Sarkozy »

    En français, on évite le « e » = « tout à la gloire ».

  • késapeufutre
    • Posté à 11h00 le 21/12/2011
    • Internaute 140114
      YX

    Nicolas président !
    Nicolas président !

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