L'ingénue des alpages

En quoi la Montagne est-elle un territoire particulièrement intéressant pour une écologiste ? Les enjeux sont immenses : pression foncière, gestion des espages protégés, agriculture à forte valeur ajoutée ....

Les canons à neige, c'est comme avec le nucléaire : on fonce

Claude Comet
Elue EELV Rhône-Alpes, en charge de la Montagne et du Tourisme dans l'exécutif régional
Publié le 18/01/2012 à 12h16
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Canons ou « enneigeurs » ? Derrière la bataille des mots, la réalité est surtout que la plupart des pistes se sont couvertes de ces dispositifs censés permettre de passer les mauvaises périodes et qui deviennent par moment la principale source de neige pour nombre de stations.

A quel coût ? Avec quels risques ? Premier point sur ce système très industrialisé, à partir des résultats 2010-2011 que publie l’Observatoire neige de culture (préfecture de la Savoie).

Je vous le disais, actuellement dans les Alpes du Nord, il y a de la neige et elle est très bonne, très douce. Pas partout avec la même épaisseur, mais quand même. Un anticyclone installé depuis une petite semaine et des températures sibériennes (- 12°C dimanche matin vers 9 heures aux Gets, Haute-Savoie), permettent à la neige de se stabiliser et aux professionnels du damage de créer des conditions de glisse exceptionnelles (j’y reviendrai un de ces jours !).

Dans les Pyrénées, à basse altitude, ce n’est pas la même chose, comme l’annonce La Dépêche, « les petites stations souffrent “. Même si, comme au Mourtis, un lourd investissement avait été réalisé sur une installation de ‘neige de culture’. A lire d’ailleurs, le suivi quotidien des conditions d’enneigement par le gardien du gîte de l’Isard

On skie de plus en plus sur neige artificielle

Ce qui me donne l’occasion de faire un premier éclairage sur ce fameux dossier de la neige de culture… Et d’abord sur ces fameux canons que les skieurs résidant près des pistes entendent dans la nuit, entourés d’une brume légère formée de gouttelettes. C’est lorsque les températures ont baissé qu’ils crachent l’eau brumisée sur les domaines skiables. On skie de plus en plus sur de la neige artificielle. Et on dort en entendant, au loin, le son du canon, qui siffle et souffle. Pendant que les touristes dorment, les exploitants préparent le théâtre des opérations pour le lendemain : neige étincelante et lourde, pour le confort de tous.


Un canon à neige, Whistler Blackcomb, Canada, mars 2006 (Tim in Sidney/Flickr/CC)

Les mots ont un sens. On disait ‘ canons à neige ’, certains voudraient qu’on dise désormais ‘ enneigeurs ’. C’est plus noble. On pense moins à la guerre, ou à l’industrie qui est derrière. Mais l’activité est la même. A partir d’eau sous pression et d’air comprimé, et par temps froid (température inférieure à 0°C) on fabrique de la neige, dite ‘ de culture ’, ou artificielle – selon la manière dont on voit les choses.

L’an dernier, alors qu’il n’y avait pas un gramme de neige naturelle tombée du ciel, j’ai même vu deux stations de Haute-Savoie faire une pub sur l’arrivée de ‘ neige fraîche ’… Un peu gonflé, tout de même ! En tout cas une manière habile de leurrer le skieur.

Plus dense, la neige de culture érode plus

Evidemment, les plus prosélytes sont les opérateurs ; et particulièrement Domaines skiables de France (le syndicat des exploitants de remontées mécaniques), qui a dédié un bout de site web – ‘la montagne en mouvement – à l’explication de ce qu’est la neige de culture. En oubliant d’évoquer les impacts du système sur l’environnement, ou d’expliquer les risques économiques liés au développement de ces machines un peu partout sur le domaine skiable national.

  • 3 canons à l’hectare (ha), c’est à peu près la moyenne, pour les pistes, en France. Avec des technologies différentes. En 2008, on comptait environ 15 000 enneigeurs haute pression (sur perches) et 1 100 basse pression (ventilateurs) ;
  • toujours en 2008, l’enneigement artificiel couvrait 5 300 ha, soit près de 20% du domaine skiable français. Mais ce chiffre est en constante augmentation. En 2010-2011, la préfecture de Savoie évalue à quelque 2 000 ha enneigés pour la Savoie, soit près de 27% du domaine savoyard. Les opérateurs se dédouanent en avançant que l’Autriche en est à 40%, les Dolomites (Italie) à 80%, les Etats-Unis, de 85 à 100%... Mais la Suisse n’est qu’à 12% !
  • côté glisse, neige naturelle, contre neige de culture, on nous dit que c’est à peu près la même chose. Eh bien non ! Il y a une différence notable de densité entre les deux. Alors que la neige naturelle est légère (entre 50 et 100 kg/m³), la neige de culture est cinq à dix fois plus dense (400 à 500 kg/m³). Sur le sol, la neige de culture reste plus longtemps et entraîne plus d’érosion.

Des retenues alimentées par de l’eau potable

Il faut 1 m³ d’eau pour fabriquer 2 m³ de neige, ce qui, pour un hectare de neige fabriquée sur une épaisseur moyenne de 60 cm, nécessite 4 000 m³ d’eau, soit un peu moins de deux piscines olympiques à l’hectare ! Et cette demande augmente avec le nombre d’installations qui se déploient et le manteau de neige fabriqué qui lui aussi s’épaissit (en moyenne 70 cm l’hiver dernier).

Une retenue collinaire est une sorte de barrage d’altitude (les retenues sont d’ailleurs classées en barrages). Autrement dit, un petit lac creusé dans la montagne, totalement étanchéifié’ par des bâches, et destiné à accumuler de l’eau pendant toute la belle saison pour la restituer de novembre à la fin de la saison de ski (mars), si besoin.

Ce qui n’empêche pas de la remplir plusieurs fois en hiver, quand elle est vide. Pour ce faire, les exploitants doivent respecter des réglementations et notamment ne pas pomper dans un torrent en dessous d’un débit (dit réservé, qui permet à la faune et la flore de subsister). Mais le contrôle est impossible à mettre en place. L’hiver dernier en Savoie, seuls six contrôles (sur 37 retenues collinaires) ont pu être pratiqués et deux étaient non conformes !

Les départements de Savoie et Haute-Savoie comptent au total plus de 100 retenues collinaires. Le volume moyen d’une retenue se situe autour de 60 000 m³. Mais ce chiffre aussi est en constante augmentation. La plus grosse, aux Arcs (l’Adret des Tuffes), retient 404 000 m³ d’eau !


Retenue collinaire de l’Alpe d’Huez (Mountain Wilderness)

D’où vient l’eau ? Dans le cas des deux départements de la Savoie et Haute-Savoie, comme le montre l’Observatoire de la neige de culture et pour la saison dernière :

  • directement des cours d’eau pour 23% ;
  • des cours d’eau, via une retenue collinaire, pour 28% ;
  • du réseau d’eau potable directement, pour 3% ;
  • du réseau d’eau potable via une retenue pour 24% !
  • d’autres sources comme le ruissellement via retenue, marginale, ou l’hydro-électricité, directement ou via une retenue pour 21%...

En fait ce qu’il est important de comprendre, c’est que les retenues collinaires sont encore en grande partie approvisionnées par de l’eau potable, ou par des torrents d’altitude, captés à cet effet.

Deux euros au moins, sur le forfait à 20 euros

La part du prix lié à l’activité d’enneigement artificiel progresse dans le bilan des stations. Logique, puisqu’il y a plus de canons et plus d’utilisation. Le coût moyen de production de neige de culture est estimé de l’ordre de 0,80 euro/m³, soit environ 5 600 euros l’hectare pour 70 cm d’épaisseur de neige (énergie, frais de personnel, entretien compris – 2008).

Pour les retenues collinaires, on compte entre 20 et 30 euros par m³ de capacité de stockage (2008). Soit par exemple, jusqu’à 1,8 million d’euros pour une retenue de 60 000 m³. Vu le prix de ces machines et de leur maintenance, les investissements (hors retenues collinaires, à savoir le système de canons, de tuyaux et l’usine de gestion, plus le terrassement) représentent environ 150 à 200 000 euros par hectare enneigé. Tout cela fait beaucoup. On peut compter que sur un forfait de 20 euros, plus de 2 euros correspondent au coût de la production de la neige de culture… Et à ces coûts s’ajoutent bien d’autres, comme les travaux de sécurisation, d’aménagement et d’entretien des pistes de ski.

Et encore faudrait-il ajouter les coûts externes, liés aux impacts sur l’environnement, du modèle actuel. Il y aurait beaucoup à dire sur la neige dite de culture, notamment. Je reviendrai, dans un prochain billet, sur une question essentielle et souvent passée sous silence : les impacts de ces équipements et de cette ponction sur l’environnement et les bassins versants.

Avec les rustines, on a fait la chambre à air !

Juste pour finir deux remarques. Au début, dans les années 80 en France, les exploitants assuraient que les canons allaient surtout permettre de mettre quelques ‘ rustines ’, à arranger ici une piste trop exposée au Sud, et là permettre un retour vers la station.

Aujourd’hui, avec les rustines, on a fait la chambre à air ! C’est un système qui est compris dans le business de la neige. Il faut limiter le risque de manque de neige, alors on fabrique la sous-couche de neige dès novembre sur la plus grande partie du domaine de ski. Sauf quand, comme cette année, il fait trop chaud : au-dessus de 0° C, les canons ne peuvent pas produire de neige. Alors, la panique s’empare des exploitants…

Au fond, c’est un peu comme avec le nucléaire. On est dans un système et on fonce, quels que soient les signaux extérieurs : dérèglement climatique, ressource en eau et risques économiques... Et on assure qu’il n’y a pas d’autre solution. En refusant de s’interroger sur le sens et la finalité de ce que l’on fait.

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  • arthur73
    arthur73
    Ermite
    • Posté à 12h47 le 18/01/2012
    • Internaute 154320
      Ermite

    De plus, aux Arcs, la retenue d’eau s’intègre parfaitement dans le paysage ! ! !
    Une belle saloperie !

    • Bernardo Zorro
      Bernardo Zorro répond à arthur73
      Il était une fois dans le Sud- (...)
      • Posté à 14h48 le 18/01/2012
      • 176980
        Il était une fois dans le Sud- (...)

      quelle honte !

      • nipivime
        nipivime répond à Bernardo Zorro
         ; -
        • Posté à 15h03 le 18/01/2012
        • Internaute 503
           ; -

        Eh oui...
        Pas vraiment nouvelle, cela dit, cette honte. Pas vraiment nouveau, ce questionnement. Ni le fait que l’argument soit supposé « vendeur ».
        Voir par exemple ici, un papier du journal le Ravi, en 2005
        Bah, quand on n’aura plus d’ours blanc, on aura toujours des pandas...

    • jyeden
      jyeden répond à arthur73
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 16h35 le 18/01/2012
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      comme c’est beau !

    • elmkor
      elmkor répond à arthur73
      être vaut mieux qu'avoir
      • Posté à 17h01 le 18/01/2012
      • Internaute 154051
        être vaut mieux qu'avoir

      Comme c’est beauuuuu.... On dirait une piscine entourée d’une ceinture de sable blanc...Il ne manque que les serviettes et les baigneurs... Ils projettent surement de l’utiliser l’été, tant qu’à faire, autant rentabiliser l’investissement puisqu’apparemment c’est de l’eau potable qui provient des nappes phréatiques...
      Plus sérieusement, qu’en on pense que l’eau sera dans un futur proche la raison de guerre en Afrique et en Asie (en faite cela a déjà commencé avec le Tibet qui détient 70% de l’eau qui irrigue les nappes phréatique de la Chine) le terme de « canon à neige » me semble plus indiqué qu’« enneigeur »...

  • Tmal
    Tmal
    Parti rider...
    • Posté à 13h37 le 18/01/2012
    • Internaute 112672
      Parti rider...

    Forfait à 20€ ? ? ? On doit pas parler des mêmes stations...

    • mattzz
      mattzz répond à Tmal
      • Posté à 15h33 le 18/01/2012
      • Internaute 28590

      Il suffit d’en changer ! Les forfaits à 20 euros (et moins parfois), ça existe...

      • Tmal
        Tmal répond à mattzz
        Parti rider...
        • Posté à 19h33 le 18/01/2012
        • Internaute 112672
          Parti rider...

        Certes, mais ce ne sont ni les mêmes montagnes, ni la même neige (cf l’article), ni les mêmes domaines... Disons que je sais pourquoi je paye 200€ le forfait 6 jours...

         
        • watashi_baka
          watashi_baka répond à Tmal
          ...
          • Posté à 10h56 le 19/01/2012
          • Internaute 47330
            ...

          Je ne skie pas,
          mais je pensais que la montagne était gratuite, il sufft de monter en voiture jusqu’au parking, puis de mettre les peaux de phoques, de monter, jusqu’au refuge, d’y payer la nuit (Ou de dormir sous tente si on est radin /équipé)
          et de repartir au petit matin pour monter au sommet et redescentre la pente à ski.

          • Tmal
            Tmal répond à watashi_baka
            Parti rider...
            • Posté à 13h11 le 19/01/2012
            • Internaute 112672
              Parti rider...

            Exact : tant que vous n’utilisez pas les remontées mécaniques, c’est gratuit !

            Après, contrairement aux chasseurs alpins, je préfère descendre les pentes à plus ou moins hautes vitesses que les monter (à part quelques exceptions pour allez tracer de la bonne puff bien entendu) et de devoir attendre le lendemain pour descendre.

            Alors le ski de rando, je dis oui, mais ça ne s’adresse pas à n’importe qui. Il faut savoir où on met les pieds, connaitre la montagne, avoir un certain niveau, et faire quelques efforts pour pouvoir se payer une descente unique mais exceptionnelle. C’est quand même autre chose que de rider des pistes et des faux hors pistes déjà tout tracés.

        2 autres commentaires
    • elmkor
      elmkor répond à Tmal
      être vaut mieux qu'avoir
      • Posté à 17h03 le 18/01/2012
      • Internaute 154051
        être vaut mieux qu'avoir

      C’est clair ! ! ! ! C’est plutôt 35€ en moyenne et de 40 à 50 € pour les grandes stations de ski des Alpes.

    • fredpop
      fredpop répond à Tmal
      referenceur
      • Posté à 12h48 le 23/01/2012
      • Internaute 96355
        referenceur

      Le mieux est de passer par certaines agences qui proposent des formules Hébergement+Forfait 6 jours inclus : le forfait hebdomadaire peut te revenir à vraiment pas grand chose dans certains cas (le top étant de remplir un appart’ de 4, 6 ou 8), y compris pour de grands domaines skiables !

  • ring de boxe
    • Posté à 13h40 le 18/01/2012
    • Internaute 114594
      jojo

    Oui,

    Vive les canons à neige qui permettent de faire du ski et ne genent personne.

    • pablico
      pablico répond à ring de boxe
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 15h05 le 18/01/2012
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      les stations se font la guerre à coup de canons... à neige.

      cela ne tue personne pour le moment.... sauf l’égo de certains.

      bon c’est toujours le fabriquant de canons qui gagne....

      Depuis l’invention des canons, avant c’était le fabriquant de hallebardes, d’épées et d’arc...

    • rafioso
      rafioso répond à ring de boxe
      paysan
      • Posté à 15h36 le 18/01/2012
      • Internaute 145922
        paysan

      Parle pour toi ! ! ! !
      Moi j’ai un alpage qui se couvre de neige à canon l’hiver : C’est pas de la neige, mais de la glace, elle fond 1 mois après la neige normale. Quand ils ont installé les machines (dans notre bail il est bien spécifié qu’on a aucun moyen de recours), ils ont fait des chantiers gigantesques pour amener l’eau, défoncé les chemins avec leurs engins, défoncé pire encore les alpages : la petite couche de terre disparue, des caillasses à la place.
      En ce moment c’est le délire, il y a plus d’1 mètre de neige sur les toits des chalets mais comme il fait froid ils font cracher quand même tant que ça peut. En plein pic de consommation électrique, et c’est pas branché sur le 220 ces machins ! ! !
      Sans compter le gaspillage de l’eau, il s’en volatilise une bonne partie, et au lieu de faire sa vie et d’alimenter les rivières et les fleuves toute l’année ça accentue encore les débits à la fonte des neiges, et manque le reste du temps.
      Au moins un point pas trop négatif pour finir : Maintenant ils ont au moins arrêté de rajouter des adjuvants dans l’eau, c’est donc uniquement de l’H2O qui est utilisée.

  • big némo
    big némo
    charcutier- coiffeur et je m'en (...)
    • Posté à 13h41 le 18/01/2012
    • Internaute 86763
      charcutier- coiffeur et je m'en (...)

    voila, on s’en fout du rechauffement climatique : on a les canons a neige en hiver et les climatisations en été....

  • Exnihilo
    Exnihilo
    Proscratinateur
    • Posté à 13h54 le 18/01/2012
    • 179249
      Proscratinateur

    Excellent article...personnellement j’ai pu me rendre compte comme vous que la neige des canons n’est plus appliquée comme un pansement pour soigner une absence temporaire et localisée de neige, mais est devenue une véritable pommade artificielle qu’on applique sur nos montagnes. La quantité d’« enneigeurs » dans une station est aujourd’hui un critère pour beaucoup de vacanciers dans le choix de leur destination neige...j’espère ne jamais voir un enneigeur qui puiserait sa ressource en eau dans une tourbière !

    • rafioso
      rafioso répond à Exnihilo
      paysan
      • Posté à 15h39 le 18/01/2012
      • Internaute 145922
        paysan

      Faut pas rêver... Les tourbières sont même souvent les endroits plats qui se prêtent bien à la création des lacs artificiels...
      Quand il y a du fric à faire les grenouilles ne pèsent pas lourd...

  • Rivendell
    Rivendell
    Suppot de satan
    • Posté à 13h55 le 18/01/2012
    • Internaute 102483
      Suppot de satan

    Mais dites moi, la neige elle fond bien à un moment non ?

    Donc l’eau utilisée dans les canons à neige retourne dans les torrents, les fleuves, etc... et donc l’impact final des canons à neige sur les réserves d’eau potable est nul.

    Votre argument phare fond comme neige au soleil.

    • Lionel06
      Lionel06 répond à Rivendell
      Minoritophile et alter-natif
      • Posté à 14h27 le 18/01/2012
      • Internaute 30683
        Minoritophile et alter-natif

      Ben non : l’impact est bien réel sur les réserves d’eau potable immédiatement disponible pour la consommation.

      Avec un argument comme le vôtre, pourquoi vouloir limiter l’utilisation de la baignoire ou l’arrosage des voitures et des jardins en été dans les régions du sud ?

      • Rivendell
        Rivendell répond à Lionel06
        Suppot de satan
        • Posté à 14h49 le 18/01/2012
        • Internaute 102483
          Suppot de satan

        Sans les canons à neige cette eau serait dans les torrents.

        Avec les canons à neige, elle finit dans les torrents.

        Où est le problème ?

        Quelques différences avec la baignoire ou l’arrosage des voitures dans le sud assez simples :
        1/ L’eau repart polluée.
        2/ L’eau n’est pas relachée en altitude et n’a aucune chance de réapparaitre plus bas.

        Enfin, parler de l’eau potable comme une ressource rare dans une région aussi bien irriguée que la nôtre, c’est un peu comme dire que le sable est une denrée précieuse dans le Sahara. A la rigueur, si les habitants des montagnes mourraient de soif, je serais d’accord, mais là...

         
        • rafioso
          rafioso répond à Rivendell
          paysan
          • Posté à 15h45 le 18/01/2012
          • Internaute 145922
            paysan

          C’est pas vraiment ça :
          L’eau qui est stockée l’est en période sèche, et repart à la fonte des neiges alimenter les crues.
          Il s’en volatilise une bonne partie, perdue définitivement.
          Ressource rare et précieuse oui, et de plus en plus, même en montagne. Cette eau ne vient plus alimenter les rivières plus bas, ni recharger les nappes...

          • Rivendell
            Rivendell répond à rafioso
            Suppot de satan
            • Posté à 15h53 le 18/01/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            De l’eau volatilisée ? on la met sur orbite ?

            Ressource rare et précieuse ? on meurt de soif en montagne ou en aval ?

            • rafioso
              rafioso répond à Rivendell
              paysan
              • Posté à 16h01 le 18/01/2012
              • Internaute 145922
                paysan

              Oui, volatilisée par évaporation au moment de la pulvérisation.
              Oui, rare et précieuse, vous avez déjà entendu parler de sécheresse estivale et automnale, de débit d’étiage qui ne sont plus atteints, de stations qui doivent aller chercher de l’eau à des dizaines de km pour alimenter les immeubles, les sources locales n’y suffisant plus ?
              Certes ça n’est pas écrit sur les dépliants du club med.

              • Rivendell
                Rivendell répond à rafioso
                Suppot de satan
                • Posté à 16h06 le 18/01/2012
                • Internaute 102483
                  Suppot de satan

                Les sécheresses de cet été sont dues à un phénomène climatique, pas aux canons à neige. D’ailleurs, comment expliquer celle qui a touché la Bretagne et la Normandie si ce n’est pas le cas ?

                Quand aux stations devant amener de l’eau, j’aimerai bien avoir quelques sources sur l’existence de ce fait et sur la consommation de l’eau (juste pour les canons à neige et / ou la conso d’eau des touristes, ou également pour subvenir aux besoins de la population ?).

                Et pas de source du genre éco nova ou autre....

                • rafioso
                  rafioso répond à Rivendell
                  paysan
                  • Posté à 16h22 le 18/01/2012
                  • Internaute 145922
                    paysan

                  Je n’ai pas dit que les canons sont coupables de tout. Ils aggravent localement certains problèmes.
                  Pour les stations il faut se représenter une ville de 20 000 habitants en hiver (comme Avoriaz) perchée à 1800 m d’altitude. On ne l’alimente pas avec le premier filet d’eau venu...

                  • Rivendell
                    Rivendell répond à rafioso
                    Suppot de satan
                    • Posté à 16h26 le 18/01/2012
                    • Internaute 102483
                      Suppot de satan

                    Donc, il faut condamner le tourisme lié au ski dans son ensemble (et pas juste les canons à neige), car il créé un déséquilibre écologique en amenant une trop forte population à un endroit qui ne peut pas les acceuillir.

                    Mais après cela à un impact autre que celui de diminuer le domaine skiable...

                    • rafioso
                      rafioso répond à Rivendell
                      paysan
                      • Posté à 16h52 le 18/01/2012
                      • Internaute 145922
                        paysan

                      C’est sûr qu’écologiquement... Surtout qu’après que l’eau ait été utilisée il faut la traiter dans des stations d’épuration proportionnées... Et faire quelque chose des boues...
                      Ces problèmes sont insolubles au delà d’une certaine échelle, et nos montagnes sont surpeuplées. Il faudrait au moins que les projets d’agrandissement s’arrêtent.

            • ljos
              ljos répond à Rivendell
              photographe / géologue
              • Posté à 14h05 le 19/01/2012
              • Internaute 32902
                photographe / géologue

              on meurt de soif en montagne ET en aval ... nous avons été en restriction d’eau tout l’été, certaines vallées ont serré les fesses jusqu’à avoir des contractures avant que le mois de décembre 2011, véritable bénédiction, n’arrive pour soulager un peu tout ça. La Maurienne était dans une situation catastrophique au niveau de l’eau potable et des cours d’eau, tellement c’était sec. Le niveau des rivières était à l’étiage annuel, en décembre ... alors que ça arrive normalement en février. Il n’y avait plus aucune réserve d’eau pour assurer le pic de consommation d’eau potable en février quand des millions de touristes débarquent. Certains cours d’eau étaient même à sec ! à la fin de l’automne, alors que c’est la saison hydrique, celle qui normalement recharge les nappes et les cours d’eau !

              quand on connait pas le sujet, ce serait bien de ne pas intervenir pour raconter des conneries !

              De la même manière que tu interviens quand des conneries sont racontées sur le nucléaire.

              • Rivendell
                Rivendell répond à ljos
                Suppot de satan
                • Posté à 14h19 le 19/01/2012
                • Internaute 102483
                  Suppot de satan

                Après, je pense pas que les canons à eau soient pour grand chose à la sécheresse de 2011. Ou sinon ils ont eu aussi un impact en Bretagne et en Normandie, ce qui serait assez étonnant.

                De plus il convient de comparer la conommation en eau des canons avec celle des habitants... notamment celle due à la présence de touristes.

                Et je pense qu’on en arrivera à la conclusion que s’attaquer aux canons à neige parce qu’ils consomment de l’eau, c’est juste ridicule pour quelqu’un qui prétend vouloir préserver l’écosystème des montagnes. Ce qu’il faudrait, c’est s’attaquer au tourisme lié au ski dans son ensemble. Mais c’est un peu plus dur.

        • Lionel06
          Lionel06 répond à Rivendell
          Minoritophile et alter-natif
          • Posté à 08h44 le 19/01/2012
          • Internaute 30683
            Minoritophile et alter-natif

          Relisez l’article :
          « - du réseau d’eau potable directement, pour 3% ;
          - du réseau d’eau potable via une retenue pour 24% ! »

          En somme, les canons à neige puisent jusqu’à 27% du réseau d’eau potable qui peut être utilisée par les villageois et le bétail.

          Enfin, toutes les régions alpines ne sont pas aussi bien irriguées que vous le croyez, surtout avec les sécheresses à répétition et la diminution des glaciers.
          Mais bon, vous pouvez toujours continuer à rêver. Dans 30 ans, si vous êtes encore là, la réalité vous tombera directement sur le visage.

          • Rivendell
            Rivendell répond à Lionel06
            Suppot de satan
            • Posté à 09h22 le 19/01/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            J’ai lu l’article et justement, ce chiffre m’a paru idiot. Parce que ok c’est de l’eau qui pourrait être bue, mais en l’occurence, personne ne la boit et personne n’a l’air d’en manquer (enfin, à part si vous avez connaissance de gens mourrant de soif dans les villes de montagnes, dans quel cas je vous serai gré de m’en informer). Donc l’eau en question n’est de toute façon, pas consommée en montagne, et plus bas, du fait de la fonte des neiges, on le retrouve dans les cours d’eau, et il peut donc servir de nouveau de réserve d’eau potable pour les gens en aval.

            Nous avons la chance de vivre dans un pays où l’eau potable n’est pas rare à proprement parler (on vend même de l’eau minérale au monde entier). Alors qu’on arrête de me dire de traiter l’eau comme un bien précieux, ce qui est peut être le cas dans la Sahara, mais pas ici.

            • ljos
              ljos répond à Rivendell
              photographe / géologue
              • Posté à 14h14 le 19/01/2012
              • Internaute 32902
                photographe / géologue

              m’enfin c’est pas possible de raconter autant de bétises ! Si ! ! cette ressource est rare et surtout en montagne après 3 ans de sécheresse ! certains projets d’aménagement et de constructions sont même gelés parce qu’ils ne sont pas sûr de pouvoir assurer l’approvisionnement en eau potable lors des pics de consommation !

              Renseignez vous avant de débiter des banalités basées sur vos croyances !

              Quant à l’eau minérale, savez vous au moins que ces eaux font partie du domaine privé ? ? que ce n’est pas une denrée publique que l’on peut distribuer à l’envie à la population ? ? ... et quand bien même ça l’était, si vous la remettez dans le réseau d’eau potable, la quantité serait peanuts ! ce que vous mettez dans votre baignoire, votre douche, votre machine à laver, vos chiottes, correspondent en gros à 100bouteille d’eau minéral/personne/jour ! à ce rythme là je peux vous garantir qu’on épuisera très vite ces sources !

              De plus ces eaux ne sont absolument pas disponibles PARTOUT ! contrairement à l’eau potable ... elles suivent des parcours géologiques bien différents de l’eau potable, avec un temps de déplacement de l’infiltration à la source de plusieurs années à plusieurs dizaines d’années ! quand l’eau potable suit un cheminement annuel ... donc essayez donc d’épuiser ces sources minérales, et vous perdez cette ressource pour plusieurs années !

              Si c’était si simple l’hydrogéologie et la problématique de l’eau potable, on vous aurez appelé ! Mais ce n’est pas le cas ... alors arrêtez de raconter des conneries.

              • Rivendell
                Rivendell répond à ljos
                Suppot de satan
                • Posté à 16h02 le 19/01/2012
                • Internaute 102483
                  Suppot de satan

                Bon ok, pour l’eau minérale, je me suis planté.

                Mais pour l’eau potable je n’en démord pas : il n’y a pas mort d’hommes, et la consommation d’eau des canons à neige c’est peanuts.

                Après si on ne peut plus aménager le territoire, c’est peut être parce qu’on est arrivé aux limites du possible. Et dans ce cas, s’attaquer aux canons à neige est insuffisant et ridicule.

        • 3èmeàgauche
          3èmeàgauche répond à Rivendell
          Expatrié
          • Posté à 11h16 le 19/01/2012
          • Internaute 86345
            Expatrié

          La quantité d’eau douce sur la planète varie très peu, pourtant sa disponibilité reste un problème. Toute la question de l’eau réside dans la disponibilité temporelle et géographique. Lorsqu’on utilise des canons à neige, c’est qu’il n’y a pas de précipitations, et donc que l’on tire de l’eau des réserves souterraines, généralement par leurs résurgences, à moins d’avoir des bassins remplis depuis plusieurs mois.
          Deuxièmement, la sublimation de la neige est plus forte que l’évaporation depuis les torrents, par le simple fait que la surface augmente considérablement lorsqu’on étale la neige sur les pistes. Donc oui, on perd de l’eau disponible.
          Pourtant je ne suis pas sûr que le problème des canons soit vraiment la gestion de l’eau. Évidemment que construire des retenues dégueulasses dans des sites Alpins reste une atteinte au paysage, et que tirer l’eau des torrents d’altitude pour remplir les bassins peut effectivement altérer les débits d’étiages...
          Le problème est peut-être plus une question morale, à savoir si l’on privilégie à tout prix l’économie touristique liée au ski, même lorsque les saisons ne le permettent pas, et ceci au détriment de la montagne, ou alors si l’on veut préserver des sites Alpins naturels.
          Ceci, sachant que skier sur de la neige artificielle ne procure presque aucun plaisir, et que la vraie dépense dans tout ça est une débauche énergétique.
          Je me permets de relever que l’auteur se trompe en écrivant que « Sur le sol, la neige de culture reste plus longtemps et entraîne plus d’érosion. » Le contraire serait plus raisonnable.

          • Rivendell
            Rivendell répond à 3èmeàgauche
            Suppot de satan
            • Posté à 11h23 le 19/01/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            Bref, au fond, vous êtes d’accord avec moi, cet argument de pomper dans l’eau potable, c’est du flan : c’est le tourisme lié au ski qu’il faut attaquer, pas juste les canons à neige.

            Mais, contrairement à cette petite pique concernant les canons à neige, attaquer le tourisme lié au ski, ça implique un peu plus de chose que de réduire le domaine skiable....

            • 3èmeàgauche
              3èmeàgauche répond à Rivendell
              Expatrié
              • Posté à 12h58 le 19/01/2012
              • Internaute 86345
                Expatrié

              Notez que je ne suis pas tout-à-fait d’accord avec vous.. Mais sur le fond, c’est vrai que la réflexion revient à remettre en cause un mode de consommation en illustrant quelques conséquences néfastes sur un environnement particulièrement vulnérable : celui de la montagne.
              Le problème est avant tout politique. Si l’on décide de ne pas favoriser l’accroissement de l’industrie touristique de masse en montagne, alors on fait le choix de la sélection par le prix, tout en limitant les débouchés pour le travail. La france a développé ses stations de montagne de façon irréfléchie depuis des dizaines d’années, il est aujourd’hui difficile de se reconvertir lorsqu’on voit des cités béton à 2000mètres d’altitude..
              Je concède quand même qu’une élue écologiste a meilleur temps de se contenter d’un discours conceptuel politique, plutôt que d’aborder les platebandes des environnementalistes.

              • Rivendell
                Rivendell répond à 3èmeàgauche
                Suppot de satan
                • Posté à 14h35 le 19/01/2012
                • Internaute 102483
                  Suppot de satan

                Ou, au lieu de réserver le ski à une clientèle de plus en plus riche (ce qui pourrait finir par priver les montagnards eux-mêmes du droit de profiter de la neige sans faire un prêt), stopper tout bonnement les stations de ski et les transformer en espce préservé, un peu comme la loi littoral l’a fait pour les côtes.

                Cela a le mérite d’être radical et d’avoir des effets mesurables (et surtout de ne pas encore plus séparer les classes sociales). Mais à mon avis, cette dame n’ignore pas que parmis ces effets figure une belle chute du nombre de personne soutenant l’écologie politique dans la région.

            • ljos
              ljos répond à Rivendell
              photographe / géologue
              • Posté à 15h49 le 19/01/2012
              • Internaute 32902
                photographe / géologue

              les canons à neige, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, la cerise sur le gâteau, la petite plume qui peut faire s’effondrer l’édifice précaire ... tout simplement.

              Alors oui le pb est particulièrement complexe et ne dépend pas QUE des canons. Mais, c’est beaucoup plus simple de les supprimer que de revoir complètement notre politique de l’eau. Et comme il faut bien commencer qqpart, autant commencer par le plus simple ... d’autant plus que c’est un tout, si on continue la fuite en avant avec les canons, cela incite toujours plus les stations à investir, investir, investir. Développer de nouvelles pistes ... mais pour les enneiger il faut de nouveaux canons ... oui mais pour les financer il faut construire de nouveaux logements parce qu’il faut plus de forfaits vendus ... etc ... etc ... STOP ! ! !

              Donc le canon, c’est aussi une histoire d’état d’esprit. C’est le petit truc en plus qui nous montre que les stations foncent dans le mur, détruisent des écosystèmes magnifiques et préservés, nuisent à la ressource en eau potable ...

              Alors, peut être qu’avec cet article vous avez l’impression de ne voir QUE ça ... mais croyez moi, en haut lieu, le pb est réfléchi globalement ... et ceux qui se posent la question de la pérennité des canons et de l’enneigement, se posent aussi la question du développement futur des stations, de nouvelles activités plus respectueuses de l’environnement et d’un développement économique qui ne mise pas QUE sur le tourisme du ski.

              Car, n’oublions pas que si les stations de ski ferment ... ce sont des centaines de milliers de personne qui se retrouvent à la rue et sans boulot.

              • Rivendell
                Rivendell répond à ljos
                Suppot de satan
                • Posté à 16h09 le 19/01/2012
                • Internaute 102483
                  Suppot de satan

                En l’occurence, on ne voit effectivement QUE ça dans l’article, je pense même qu’il n’avait pas vocation à parler d’autre chose.

                Pour le reste, on peut continuer la conversation plus bas, si ça vous dit.

        19 autres commentaires
      • Bernardo Zorro
        Bernardo Zorro répond à Lionel06
        Il était une fois dans le Sud- (...)
        • Posté à 14h50 le 18/01/2012
        • 176980
          Il était une fois dans le Sud- (...)

        Merci, yen a marre des interventions de ce genre de plus en débiles...

         
        • Rivendell
          Rivendell répond à Bernardo Zorro
          Suppot de satan
          • Posté à 17h23 le 18/01/2012
          • Internaute 102483
            Suppot de satan

          Heureusement que Zorro est arrivé, il s’en serrait pas sorti seul.

        1 autres commentaires
    • Exnihilo
      Exnihilo répond à Rivendell
      Proscratinateur
      • Posté à 15h21 le 18/01/2012
      • 179249
        Proscratinateur

      C’est un peu plus complexe que ça…les retenus collinaires qui alimentent les enneigeurs, puisent l’eau dans des milieux naturels comme les torrents, les rivières qui sont autant de milieux naturels à très forte valeur biologique qui sont sensibles à la moindre perturbation. Le prélèvement comme la restitution d’eau, bouleverse des équilibres écosystémiques complexes. Au-delà de la disparition de l’eau (quantitatiement) du bassin versant (de la montagne) qui reste difficile à prouver, comme vous le dîtes et vous avez raison, ce sont des écosystèmes en amont qui sont déséquilibrés (par le prélèvement) et des écosystèmes en aval qui sont perturbés par la restitution d’eau des retenues collinaires. L’utilisation de l’eau en montagne, (qui sont souvent des têtes de bassin versant), doit être parcimonieuse car c’est par l’amont des cours d’eau qu’on peut redonner vie à l’aval.

      • Rivendell
        Rivendell répond à Exnihilo
        Suppot de satan
        • Posté à 16h02 le 18/01/2012
        • Internaute 102483
          Suppot de satan

        Ah là d’accord, pourquoi pas, des équilibres biologiques bouleversés, why not. Bon je reste sceptique qaund aux écosystème en amont (un ecosystème à plusieurs milliers d’altitude, à ces températures ?).

        Et, il me semble, il demeure que le risque de pénurie d’eau potable est tout de même très mesuré non ?

         
        • Exnihilo
          Exnihilo répond à Rivendell
          Proscratinateur
          • Posté à 17h00 le 18/01/2012
          • 179249
            Proscratinateur

          Oui je suis d’accord, une pénurie d’eau potable me paraît peu probable.
          Concernant les écosystèmes montagnards et subalpin voir nival (neige permanente) détrompez vous, ils regorgent d’une biodiversité exceptionnelle. Les pelouses alpines, sont des réservoirs de biodiversité ou les espèces floristiques sont très variables...et pour certaines très rares. Au l’étage nival, ce sont les lichens qui sont présent à foison....et enfin les cours d’eau sont oligotrophes (très peu minéralisés, logique) des invertébrés aquatiques très spécifiques y trouvent refuge. Un insecte inféodé au milieu montagnard a fait vivre et fera vivre encore pendant longtemps, le peuple tibétain : YarsaGumbu c’est son nom Lien , alliance mystérieuse d’un champignon et d’une chenille d’altitude, il représente à lui seul 8,5% du PIB du tibet ! ! ! ! Préserver la biodiversité des montagnes, c’est assurer un peu plus notre avenir. :)

          • Rivendell
            Rivendell répond à Exnihilo
            Suppot de satan
            • Posté à 18h17 le 18/01/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            Ah bah voilà, on est d’accord : le risque de pénurie d’eau potable est quasi-nul, il est là juste pour faire du sensationnel.

            Merci pour les précisions concernant les bestioles des neiges. Après je sais pas si on doit se réjouir qu’une larve momifiée représente 8,5% du PIB du Tibet, sachant que c’est un des pays les plus pauvres du monde, on ne peut qu’espérer qu’avec l’essor de nouvelles sources de revenus, cette part baisse.

            • ljos
              ljos répond à Rivendell
              photographe / géologue
              • Posté à 14h33 le 19/01/2012
              • Internaute 32902
                photographe / géologue

              « le risque de pénurie d’eau potable est quasi-nul, il est là juste pour faire du sensationnel »

              Bon ... je ne vais répéter ce que j’ai déjà écrit, mais je vous conseille fortement de vous documenter ! Les pb d’eau potable dans les Alpes sont ENORMES ! ... et heureusement que ce début d’hiver est particulièrement humide (le 1er depuis 3-4 ans) car les ressources d’eau potable étaient à un niveau catastrophique. Sachez qu’en 2011, avant la mi-décembre, les Alpes du Nord ont reçu à peine 50% des précipitations annuelles depuis le 1er janvier 2011.

              Donc non, ce n’est pas du sensationnel, c’est une dure réalité ! Mais on préfère faire la sourde oreille, les responsables des stations ne répondent jamais à ces questions de l’eau, préférant détourner l’attention ... mais le pb est là et étant donné que la population alpine ne cesse d’augmenter, ce n’est pas près de s’arranger !

              N’oubliez pas qu’une station peut passer de 500 habitants hors saison à 5000 habitants en pleine saison ! Et que ces gens consomment de l’eau ! donc il faut alimenter en haute saison des villages à partir de bassin versant et de nappes qui ne sont absolument pas dimensionner pour alimenter autant de personnes. Sachez également que dans beaucoup de secteurs, l’eau « remonte » les pentes depuis les rivières des vallées pour alimenter les hauts villages .... donc cette eau est prélevée dans les rivières en période d’étiage hivernale.

              On croit toujours que les Alpes sont des châteaux d’eau, mais c’est totalement faux ! certains massifs tirent vraiment la gueule ! ... un massif comme les Bauges, pourtant un des plus arrosés de France, manque chroniquement d’eau car il n’a pas de nappes phréatiques d’altitude, du fait d’une géologie complexe qui ne retient absolument pas l’eau de pluie dans des réservoirs, elle part directement dans les rivières, sans alimenter le réseau d’eau potable ... et l’eau dans les rivières est inexploitable ou presque. On arrive à en prélever un peu pour l’eau potable, mais en période de crue par ex, le bénéfice hydrique est nul car nous ne pouvons pas la stocker ! (ou alors si peu ....) Et comme ces villages puisent directement dans la rivière, je vous laisse imaginer la gueule de leurs réserves dans des périodes extrêmement sèches comme l’hiver et le printemps 2011, où seulement il manquait 60 à 70% de pluie ...

              Dans ce massif, le pb est tellement réel que la plus grosse station de ski alpin (Margériaz) n’accueille aucune structure d’hébergement ! AUCUNE ! c’est juste un terminal de piste avec 2 resto’ et un magasin de location. Tout simplement parce qu’il n’y a PAS d’eau potable.

              • Rivendell
                Rivendell répond à ljos
                Suppot de satan
                • Posté à 14h45 le 19/01/2012
                • Internaute 102483
                  Suppot de satan

                Mais pourquoi FAUT il des touristes tout court ? parce que le fond du problème est là ! c’est bien eux qui font augmenter la consommation d’eau en montagne, pas les canons (qui d’ailleurs, ne sont là que pour les touristes !). On a foutu une population à un endroit qui ne peut PHYSIQUEMENT PAS les accueillir ! Et on s’étonne qui il y ai des problèmes !

                Et là, on m’explique que la solution c’est : « on va supprimer les canons à neige ». Ben voyons ! quitte à faire encore plus dans l’inutilité, on va également interdire les bonhommes de neige, qui ont tendance à fondre plus vite que la neige alentour et du coup à ralentir le retour de l’eau dans les torrents !

                Le vrai problème ce n’est pas les canons à neige, et encore moins le tourisme ! c’est les bonhommes de neige !

                • ljos
                  ljos répond à Rivendell
                  photographe / géologue
                  • Posté à 15h38 le 19/01/2012
                  • Internaute 32902
                    photographe / géologue

                  ok ! ..... supprimons le tourisme dans les Alpes ... mettons des centaines de milliers de personne au chômage, encourageons l’exode rural puisque c’est ce qui nous pend au nez si on supprime cette activité (cf les Alpes avant les années 60) ... etc ... etc ... c’est sûr, l’environnement alpin s’en portera sûrement mieux. Pour mieux transporter le pb ailleurs car de toute façon tourisme il y a et tourisme il y aura qqpart. Vous ne pouvez pas changer ce fait ....

                  Donc, nous nous retrouvons devant un gros pb :
                  - une activité indispensable à la survie de l’économie alpine
                  - une activité qui nuit durablement aux écosystèmes alpins ...

                  Croyez moi c’est tout sauf une partie de plaisir pour les habitants ici.

                  Mais puisqu’il faut bien commencer qq part : autant s’attaquer par un des trucs les plus polluants (bon ça ... le pb commence à être moins important), les plus dérangeant pour la nature et la ressource en eau .... : les canons à neige.

                  Mais visiblement, la gestion durable ça vous échappe totalement. Si je peux comparer, c’est un peu comme le pb du pétrole : nous n’en avons plus assez pour alimenter le parc automobile d’une manière durable donc on prend comme solution une diminution de la consommation des voitures. ça ne fait que retarder le pb ... au lieu de réfléchir à un nouveau mode de vie, qui minimise l’utilité de la voiture, à améliorer l’offre des transports en commun, etc, etc ...

                  Pour l’instant le pb alpin en est là : pour palier au manque de neige et faire en sorte que le touriste vienne, on continue à enneiger artificielle les montagnes ... mais il arrivera un moment où certaines années, il n’y aura ni neige naturelle, ni neige artificielle, car il fera à la fois trop chaud et trop sec. CF l’hiver 2006-2007, où il a véritablement commencé à neiger et à faire froid fin janvier ...... les stations ont vraiment mais alors VRAIMENT eu peur cette année là.

                  Au final, certaines commencent à réfléchir à d’autres formes de tourisme, à proposer une offre alternative au ski, sur d’autres activités sportives qui ne dépendant pas QUE du ski. Mais la plupart continue à garder la tête dans le trou pour ne surtout rien voir de la situation. A l’image de la station d’Abondance, un maire courageux a eu les couilles de fermer purement et simplement la station, car elle ruinait le village, faute d’enneigement régulier de saison en saison. Forcément, les habitants ne l’ont pas réélu. Le suivant a réouvert le tout, confiant les reines à un investisseur américain plein de bonne volonté et de promesses. 2 ans plus tard, l’investisseur vient de claquer la porte et s’est barré ...

                  Voilà tout le pb ... et il est loin d’être simple.

                  • Rivendell
                    Rivendell répond à ljos
                    Suppot de satan
                    • Posté à 16h00 le 19/01/2012
                    • Internaute 102483
                      Suppot de satan

                    Personnellement, c’est plus le fait de s’attaquer aux canons à neige comme étant LA cause des problèmes écologiques locaux plutôt que de condamner le tourisme qui me fait penser au fait de vouloir prévoir la fin de pétrôle en consommant juste moins... Alors qu’on pourrait remplacer le pétrôle par tout un tas de bio carburants issus de bactéries, d’algues etc.... et stopper tout simplement la consommation de pétrôle. Là vous me proposer d’arrêter les canons, parfois les stations, mais de continuer quand même le tourisme. Ben je vous le dit tout net : vos problèmes ne s’arrangeront pas comme ça, en tout cas pas suffisamment.

                    Clairement, puisque l’endroit n’est pas fait pour acceuillir autant de monde, malgré les efforts qui sont faits,alors il ne devrait pas en acceuillir. Et au lieu de mettre leurs sous dans des remontes pentes, les investiseurs locaux feraient mieux d’investir dans un truc qui dure et soit simensionné à l’échelle de l’endroit où ils sont implantés.

                    Et le tourisme ira dans un endroit plus apte à le recevoir.

                    Mais après, je sais bien que dans les faits, les invetisseurs partiront avec les touristes et que les montagnards se retrouveront avec pour seule activité l’agriculture et le bois... mais je suis presque prêt à dire que ça serait un moindre mal, ou une occasion d’essayer de repartir sur d’autres bases.

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