L'ingénue des alpages

En quoi la Montagne est-elle un territoire particulièrement intéressant pour une écologiste ? Les enjeux sont immenses : pression foncière, gestion des espages protégés, agriculture à forte valeur ajoutée ....

Avalanche dans l’Himalaya : « La montagne ne tue pas, elle présente des risques »

Claude Comet
Elue EELV Rhône-Alpes, en charge de la Montagne et du Tourisme dans l'exécutif régional
Publié le 25/09/2012 à 12h11

Le camp des alpinistes touché par une avalanche sur le mont Manaslu, le 23 septembre 2012 (AFP PHOTO/SIMRIK AIR)

Dimanche, vers 5 heures du matin, une avalanche a emporté le camp de base numéro trois qui abritait des alpinistes de toutes nationalités, prêts à gravir le mont Manaslu (8 156 m), dans l’Himalaya. Quatre Français sont morts, deux ont disparu. Parmi les victimes, plusieurs Chamoniards : trois guides et un jeune alpiniste, client bien connu dans la vallée. Il n’y a, semble-t-il, plus aucune chance de retrouver des survivants.


Eric Favret (DR)

Ce lundi, en tant qu’élue régionale, j’avais rendez vous à Chamonix avec Eric Favret, le président de la Compagnie des guides, pour parler fréquentation du massif du Mont-Blanc, refuges, pratiques de la montagne par les jeunes, etc.

J’ai estimé qu’il valait mieux différer cette discussion, et lui ai demandé de nous dire quelques mots sur l’actualité, la montagne, avec ses dangers, ses risques.

Claude Comet : Peut-on dire, une fois encore, que la montagne a tué ?

Eric Favret : Non ! La montagne ne tue pas, elle présente des risques que les alpinistes connaissent. On se tue parfois en montagne. C’est la pratique qui veut cela. Il n’y a pas d’alpinisme sans engagement, et l’engagement présente des risques, tout le monde le sait. Notre quotidien, c’est de tenter d’évaluer ces risques et de les minimiser.

Les alpinistes qui étaient au Manaslu étaient des gens très expérimentés, très conscients de ce qu’ils faisaient. Aujourd’hui la communauté chamoniarde est touchée. On ne s’habitue jamais, même si nous tous nous vivons, en conscience, avec ce type de danger.

As-tu une analyse de ce qui s’est passé ?

C’est trop tôt. On a des éléments factuels. Ils étaient sous la tente, et l’avalanche a emporté le camp de base situé à 6 300 mètres. Une avalanche de grande ampleur, sans doute provoquée par la chute d’un sérac à l’amont [les séracs sont de gros blocs de glace détachés du glacier, ndlr]. Il faut attendre pour avoir plus d’éléments techniques. L’urgence, jusqu’ici, était d’évacuer les vivants…

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  • pasglop-pasglop
    pasglop-pasglop
    pasglopeur
    • Posté à 12h50 le 25/09/2012
    • Internaute 90437
      pasglopeur

    Il va falloir arrêter de parler de camp de « base » touché par l’avalanche. C’est le camp 3 situé à environ 6800m d’altitude qui a été balayé, alors que le véritable camp de base se trouve, comme son nom l’indique, à la base même du départ des expéditions vers le sommet (vers 4500m) ! ! !

  • Rivendell
    Rivendell
    Toléré par [censored] Guéant.
    • Posté à 13h33 le 25/09/2012
    • Internaute 102483
      Toléré par [censored] Guéant.

    Moralité : Le million et demi d’indiens déplacés à ce jour suite aux inondations qui ravagent le pays n’avaient qu’à être français ou irradiés, on parlerait d’eux.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 16h16 le 25/09/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Avalanche dans l’Himalaya : « La montagne ne tue pas, elle présente des risques  »

    On peut en dire autant des plages de La Réunion, si chères aux surfeurs.

    • Léon777
      Léon777 répond à Yvon le Zébulon
      Artiste
      • Posté à 16h47 le 25/09/2012
      • Internaute 191909
        Artiste

      « On peut en dire autant des plages de La Réunion, si chères aux surfeurs. »
      J’allais le dire.
      A suivre :
      la mer ne tue pas, elle présente des risques
      suivi de la cigarette ne tue pas, elle présente des risques
      puis
      la guerre ne tue pas, elle présente des risques

  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 16h45 le 25/09/2012
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    La montagne et la mer sont des environnements hostiles.
    Même si le matériel peut de nos jours apporter plus de sécurité, les compétences étre au maximum, le danger reste...
    L’adrénaline, provoquée par le danger possible, est une drogue, et pour vivre en bord de mer et avoir parfois prit quelques risques (calculés) je peux dire que ça vous shoote la tronche et que c’est bon !
    C’est triste pour eux et leurs familles, mais au moins ces mecs sont morts en exerçant une vraie passion !

    RIP.

  • psylosophe
    psylosophe
    Mammifère marrant
    • Posté à 17h48 le 25/09/2012
    • Internaute 71582
      Mammifère marrant

    J’ai lu, ici, là et au fil de quelques commentaires qui m’ont fait rugir, que c’étaient les morts de trop, qu’on ne pouvait laisser faire, que « le plaisir égoïste » de quelques-uns ne devait pas mettre en danger les sauveteurs, qu’il était temps de réglementer l’accès à la montagne, qu’on ne pouvait pas tolérer que s’y promènent ainsi, au péril de leur vie, autant d’êtres humains périssables, qu’on devrait y mettre des gardiens, y monter des portiques, y installer des caméras de surveillance - ben voyons !

    A toutes ces remarques, j’ai avant tout envie de répondre : qu’est-ce que ça peut bien vous faire ? Personne n’oblige les culs-de-plomb à dormir ( !) dans des refuges glacés, à se lever en pleine nuit, à chausser les crampons, à crapahuter à la frontale, à flirter avec le le mal des montagnes, à souffrir, ahaner, s’enfoncer jusqu’à la hanche dans la neige molle, à maudire le monde entier et ce pote de cordée qui t’oblige à faire un pas de plus, personne ne les oblige à affronter les avalanches, à frôler les précipices, l’accident, parfois la mort. C’est notre choix, on n’emmerde personne, même pas les sauveteurs, qui sont les premiers à se lancer dans une ascension dès qu’ils le peuvent et connaissent mieux que quiconque les risques, certes, mais aussi les joies insondables des grandes courses alpines.

    J’ai d’autres réponses -sur l’impossibilité d’une telle réglementation, mais aussi sur la sensibilisation, la prévention, la pédagogie nécessaire. Aucune ne vaut celle-ci : où peut-on encore, aujourd’hui, risquer librement sa vie, en conscience, sans froisser la nature et sans mettre en péril celle des autres ? Au large et en haute montagne.

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à psylosophe
      Bisounours de combat
      • Posté à 18h23 le 25/09/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      parfaitement d’accord avec vous et tout ces gens qui savent parfaitement ce que les autres doivent faire nous font chier !

      qu’ils vivent leur propre vie au lieu de limiter celle des autres hein...

    • Dooh dooh dooh dah dah dah
      • Posté à 18h51 le 25/09/2012
      • Internaute 132746

      Je suis mille fois d’accord avec vous.
      Au reste, j’aimerais savoir combien des donneurs de leçons conduisent trop vite, bouffent de la merde, fument, se droguent ou picolent, autant d’activités dangereuses dont les conséquences engagent toute la collectivité par le biais des secours ou soins qu’elles impliquent.

      Les secours coûtent chers, c’est vrai et il n’est peut-être pas juste que la collectivité en assume le coût mais vous avez je pense parfaitement raison quand vous affirmez que les secouristes sont contents de partir en mission.

    • gazette
      gazette répond à psylosophe
      Chirurgien d'Autiste (en salle (...)
      • Posté à 20h32 le 25/09/2012
      • Internaute 189500
        Chirurgien d'Autiste (en salle (...)

      « où peut-on encore, aujourd’hui, risquer librement sa vie, en conscience, sans froisser la nature et sans mettre en péril celle des autres ? Au large et en haute montagne. »
      ___________________________________________________________

      Bonne remarque.

      J’ajoute :

      Ce n’est pas la montagne qui tue, ce sont les alpinistes qui se sacrifient.

      40 ans de Chamonix, ça force l’observation. La chaine du mont Blanc est un cimetière, dont on devrait toujours commencer la visite par le cimetière de Chamonix, histoire de comprendre, en détachant bien les noms, les uns après les autres, de tous les « guides morts en haute montagne » inscrits sur les deux stèles noires de l’allée centrale.

      Trois noms de familles locales se détachent (surtout deux). Je vous laisse les découvrir. A se demander s’ils ne font pas un concours, s’il n’y a pas un enjeu...
      Et dans l’hypothèse affirmative, quel concours ? quel enjeu ? à quel prix ? quoi ? quoi ? quoi BON SANG ?

      « le guide de Chamonix » ou le mythe du héros solaire. Les plus beaux jeunes gens de la vallée, les plus forts, ceux que les femmes veulent épouser (et rendent les hommes jaloux) les initiés qui connaissent les secrets de la nature, ceux qui guident les égarés parce qu’ils savent et qu’ils ont le pouvoir.

      Ceux qui font vivre non seulement leur famille mais la vallée tout entière.
      Chamonix sans ses guides ? Disneyland. Un jouet pour les Mickeys. Et des mickeys, c’est pas ça qui manque en montagne. Il y en a de + en + ... Ils viennent avec de l’argent, il faut les « embarquer » dans la Grande Légende du Héros.

      Le « guide de Chamonix », c’est la valeur ajoutée du mont Blanc, car lui n’est pas un Mickey : il verse son sang avec la régularité d’un rituel sacré, il se sacrifie sur l’autel de la déesse « Liberté ».

      Je ne sais pas si c’est bien utile (Jésus Christ n’avait-il pas dit qu’il serait le dernier à se sacrifier, que les sacrifices humains c’était plus la peine après lui, et que nous étions libres ?) mais je n’ai pas envie d’empêcher des jeunes gens (et moins jeunes maintenant que « Guide » est devenu un métier) de payer la prospérité de leurs familles réelle et symbolique de leur vie.

      J’espère que mes amis d’origine polonaise ne liront jamais mon commentaire : ils ont perdu un de leur « guide de chamonix » de fils dans l’Himalaya, eux aussi.
      Ils sont venus en France pour s’y réfugier. Ils ont atterri au fin fond de la vallée de Chamonix, dernier chalet avant la Suisse. Ce sont des artistes. Depuis la mort de leur fils pour lequel ils sont allés construire un petit monument de pierres après trois semaines de marche dans la neige à quelques centaines de mètres de l’avalanche, ils ont déménagé. Ils se sont rapprochés de l’autre fils, guide de haute montagne aussi mais dont les choix se sont dirigés vers la tenue d’un refuge de haute montagne.
      C’est encore la montagne, mais elle n’a pas l’aura de la chaine du mont Blanc ni celle des Himalayas.

      Leur vie entière est liberté (la femme du couple, à la veille de ses 80 ans, est d’ailleurs en train de préparer une oeuvre sur le thème de la liberté, installée dans la nature).
      On ne m’enlèvera pas de l’idée que leur fils (le plus jeune je crois) s’est sacrifié sur l’autel de cette Liberté. Mais ne le leur dites pas, car je leur dirai jamais moi-même et que je les aime vraiment beaucoup.

      Et puisque quelqu’un ici a mentionné la route qui tue, oui, c’est pareil : la DS (déesse) la 205 (2+5 = 7 chiffre sacré) etc... Combien de morts sur l’autel d’une autre de nos divinités modernes : la Vitesse ?

  • Sexus Empiricus
    • Posté à 22h13 le 25/09/2012
    • Internaute 6004

    Le paradoxe est beau, que la montagne ne tue pas. Elle ne tue pas plus que les arbres, les vagues, les chaussées glissantes, et beaucoup moins que les fumées, et beaucoup moins encore que la vie...
    Mais c’est un fait : on se tue en montagne, et pas qu’un peu. Et plus l’alpiniste est chevronné, plus il se sait exposé aux risques et péril, avec danger de mort imminent. C’est le revers de l’intensité, mais pas toujours ; la face cachée de la volonté de puissance, mais pas toujours ; la rançon d’une humeur misanthrope ou asociale, presque toujours. Ce pourquoi rien ne déplaît tant à un alpiniste bien né que de savoir qu’il y a un monde fou au sommet. L’avalanche, elle, vous tombe dessus dans la plus terrible indifférence.
    Requiescant in pace !

    • gazette
      gazette répond à Sexus Empiricus
      Chirurgien d'Autiste (en salle (...)
      • Posté à 16h20 le 28/09/2012
      • Internaute 189500
        Chirurgien d'Autiste (en salle (...)

      Heu... Vous en connaissez beaucoup de guides de chamonix ?

      Parce que des guides de chamonix « misanthropes et asociaux », j’en connais pas trop... Plutot le contraire : de bons vivants, plein d’histoires à raconter, et des marrantes, surtout. D’ailleurs l’humour local est un trait connu depuis le 19e siècle, où les médecins envoyaient en montagne des dépressifs. Et comme en plus l’effort et l’altitude rendent plutôt gai...

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