Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

La Sorbonne à Abu Dhabi, mirage français au pays de l'or noir ?

Publié le 03/06/2009 à 04h40


Exposition sur la F1 à Abou Dhabi le 30 octobre (Ahmed Jadallah / Reuters)

« Une parcelle de génie français », un « pont entre les civilisations ». En 2006, lorsque la Sorbonne s'implante à Abu Dhabi, les qualificatifs élogieux de la presse et de Gilles de Robien, alors ministre de l'Education, n'ont pas manqué. Mais les filières lettres et sciences humaines créées sur place n'attirent que très peu d'étudiants.

« Pour l'instant il s'agit surtout d'un transfert d'argent. Je ne pense pas que la présence de la Sorbonne à Abu Dhabi apporte beaucoup à la Sorbonne à Paris » reconnaît Michel Fichant, membre du comité de direction de Paris-IV Abu Dhabi.

L'exportation de cette université vers l'émirat d'Abu Dhabi devait drainer 2 000 étudiants de la région. L'initiative était venue de l'émirat qui offrait de financer la totalité du projet. Mais près de trois ans plus tard, ils ne sont que 400 environ, dont 120 apprenant le français. Seuls 280 étudiants suivent donc les disciplines phares de Paris IV : les lettres, les sciences humaines et la communication.

« Il n'y a pas assez d'étudiants. On a un problème de recrutement », avoue Michel Fichant. Ce professeur de philosophie fait aussi partie des enseignants détachés par Paris-IV à Abu Dhabi.

« Là-bas, on insiste sur les matières technologiques et le business »

En janvier, il a donné un cours de licence 3 devant quatre étudiants seulement. Les raisons de ce flop ?

« Le pari d'une université de lettres et sciences humaines dans cette région du monde est un vrai défi. [...] Les disciplines que nous enseignons font peu partie de la formation qu'ils reçoivent dans leur enseignement secondaire. Là-bas, on insiste surtout sur les matières technologiques ou le business. »

Georges Molinié, l'actuel président de Paris-IV avait qualifié de « plouc » l'idée de « vendre une marque Sorbonne qui ne nous appartient même pas ». Une situation cocasse puisqu'il hérite aujourd'hui ce défi lancé par son prédécesseur, Jean-Robert Pitte.

Pour autant, face à « cette réalité à laquelle il faut maintenant faire face », selon les mots de la direction, la Sorbonne Abu Dhabi va agir dans deux directions :

  • Le recrutement :
    « Il faut aller plus à la rencontre des étudiants émiriens », suggère Michel Fichant.
  • Les diplômes :
    de nouveaux diplômes pluridisciplinaires, donc moins spécialisés que ceux dispensés à Paris vont être mis en place. Par ailleurs, deux nouveaux masters professionnels vont ouvrir. Un master orienté vers le tourisme, ainsi qu'un diplôme « métiers des musées », en prévision de l'implantation d'un musée qui portera le nom de « Louvre » à Abu Dhabi en 2012.

« Les principes de laïcité et de mixité sont appliqués sur le campus »

La Sorbonne, le Louvre... La France n'exporte pas seulement des marques culturelles prestigieuses à Abu Dhabi. L'émirat a également passé un contrat d'armement et un accord de technologie nucléaire avec la France.

Le ministère des Affaires étrangères a récemment interdit à l'université Paris-I de s'exporter elle aussi dans la région, un accord secret ayant été signé pour garantir l'exclusivité de la marque Sorbonne concédée à Abu Dhabi.

Même si l'initiative Sorbonne Abu Dhabi est surtout une affaire financière, les différents acteurs du projet ne sont pas tous négatifs sur le fond. Véronique Richard, directrice du Celsa, l'école de communication et de journalisme de Paris IV, y voit une « expérience extrêmement formatrice pour nous comme pour nos étudiants sur place ».

Le Celsa envoie régulièrement des professeurs pour un enseignement en master de marketing et de communication auquel assistent 17 étudiants. Ces derniers sont originaires du Moyen-Orient : Syrie, Egypte, Jordanie, Palestine, Liban. Seuls un tiers est émirien.

A Paris-IV on insiste sur le respect des valeurs républicaines françaises. « Les principes de laïcité et de mixité sont appliqués sans problèmes sur le campus Sorbonne d'Abu Dhabi. De ce point de vue-là, c'est réussi », conclut Michel Fichant.

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  • citoyenne inquiète
    • Posté à 17h34 le 03/06/2009

    Il n'est en effet pas question, su je ne m'abuse, du fait qu'il s'agit là d'un établissement privé... ? Or c'est le cas et ce n'est pas un détail, une délocalisation pure et simple d'une université en voie de privatisation.
    des profs que l'on attire à la carotte comme d'habitude et qui courent sans voir la racine du pissenlit qu'elle cache !

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    • Madiran
      • Posté à 19h10 le 03/06/2009

      Délocalisation ?

      Vous y allez fort.... Vous parlez comme « les Echos » ! !

      Quand aux profs que l'on attire, et qui ne voient pas la racine cachée dans la sauce Bolognaise... Je partage votre point de vue !

  • sasou
    sasou answers to Cratère
    • Posté à 22h31 le 03/06/2009

    barbares vous dite ? ?
    tenez lavez vous la cervelle au conditionnel de comprendre l'anglais ! ! ceux que vous traitez ainsi on été en avance de plusieurs siècle sur les souschromosomé de ton espèce.
    le secret du sabre de damas en nanotube de carbone.
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  • PauLo anarcho-patriote
    • Posté à 17h06 le 03/06/2009

    Pétrole contre… Culture !

    « Pétrole contre Nourriture » c'était le lot concédé aux PAUVRES (irakiens).

    « Pétrole contre Culture » c'est le lot offert aux RICHES (émiratis) !

    Ça y est, c'est fait, le gouvernement français a troqué en ce début 2007 chez Abu Dhabi un fonds d'œuvres d'art du Louvre…
    Pas d » « Art Comptant-Pour-Rien » (alias contemporain), non ! des œuvres majeures des caves du Musée du Louvre….

    Les socialo-gaullistes « vendent » (bradent ? ou troquent… mais contre quoi ? ... des « dons de campagne électorale » qui sait ? ...) le Patrimoine de la France, la Corse et l'Outre-mer… et bientôt vendront… les Françaises et Français avec !

    À qui donc ? à leurs nouveaux amis des émirats pétroliers pour l'oligarchie mondialiste du fric.

    Et personne ne dit rien… devoir de réserve (sic) des hauts fonctionnaires, silence des candidats aux élections, léger bruissement des intellectuels ! Assourdissant, non ?

    Sûr que là, le Socialo-Gaullisme se perce lui-même à jour, y compris aux yeux de ses derniers partisans : brader les œuvres d'art appartenant à leur peuple, seuls le National-Zocialisme et le Kommunisme l'avaient fait au siècle dernier.
    C'est une recette bien connue des régimes totalitaires que d'assurer « leurs fins de mois » en troquant « les bijous de famille ».

    Après avoir bradé la francophonie, pourri le pays et ruiné la population, le socialogaullisme vend maintenant le patrimoine français – une honte, non ?

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 17h47 le 03/06/2009
    • Internaute
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Elizabeth Teissier délocalise ses mirages dans le désert.
    Les derricks ascendants uranium s'enrichiront cette année.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 21h17 le 03/06/2009
    • Internaute
      Littéral

    L'expérience est cruelle qui a lieu à Abhu Dabi pour la Sorbonne.
    Finalement, l'université n'est pas un produit qui s'exporte même avec l'appui de la « marque » du prestigieux Robert de Sorbon.

    La notoriété à l'international d'une université attire les étudiants sur place, dans le campus même.
    Oxford pas à Oxford, La Sorbonne pas à Paris ?

    Pourtant, il y a quelque chose que les professeurs français des universités savaient faire, du moins, certains d'entre eux :

    Aider sur place des nouveaux états à créer leurs propres universités.

    Malgré les efforts méthodiques des conservateurs pour démanteler l'université française depuis 1979, il y a encore de beaux restes.

    C'est une occasion ratée de trouver pour la France un mode de rayonnement démocratique en soutenant la diffusion des savoirs, nous avons encore une École des mathématiques, peu de pays ont ce privilège, nous avons encore une École d'histoire, et puis une École de sociologie et encore une École de philosophie.

    La demande des émirats du golfe ressemble assez à la demande des classes moyennes françaises, ce qu'ils veulent, c'est assez simple, mais nous ne savons pas ou nous ne voulons pas le faire :
    des instituts supérieurs polytechniques.

    Technologies, finances, commerce et droit des affaires. Voilà ce que veulent 95 % des étudiants, ce genre de formation.

    Feue Mme Saunié Séité qui commença d'empêcher l'accès aux études supérieurs générales les personnes issues des classes modestes voire pauvres, avait dirigé un IUT.

    Cette expérience lui avait permis lorsqu'elle devint ministre d'organiser une nouvelle orientation politique pour l'université : sa technocratisation.

    Depuis, les conservateurs malgré les résistances diverses n'ont eu de cesse de restructurer l'enseignement supérieur en l'asservissant aux besoins des entreprises.

    Ils jouent sur du velours car l'opinion est majoritairement pour.

    Peu de gens apprécient les tourments existentiels de la princesse de Clèves, ils méprisent Emma Bovary et haïssent Justine.

    Ils se foutent absolument de Bourbaki surement un métèque ce matheux, ils ignorent René Thom qui a tout révélé des catastrophes.

    Ils pensent comme le président de la république que si les chercheurs trouvaient vraiment quelque chose, ça se saurait !
    Claude Allègre qui s'y connait en trouvailles l'aurait annoncé.
    Or ne déclare-t-il pas urbi et ... urbi, qu'ils se gourent complètement les scientifiques. Surtout les français.

    En attendant, on va ressortir les bons vieux manuels Lagarde et Michard, Mallet et Isaac, il faudra demander à M. Luc Ferry une anthologie des grands textes de philosophie et pourquoi pas à M. Aillagon un manuel d'histoire de l'Art.

    C'est pas très universitaire ?
    Ah ! ? !

    • Emma T.
      Emma T. answers to egide
      Meilleurs Voeux et Autres (...)
      • Posté à 07h35 le 06/06/2009
      • Internaute
        Meilleurs Voeux et Autres (...)

      Voulez-vous dire qu'ils se fichent de l'ergodicité des correspondances modulaires comme de leur premier baril ?

      J'en ai bien peur mais c'est un style qui plait bien ici aussi. Il faut le dire et le répéter : la recherche fondamentale doit absolument être défendue et de toute urgence.

      Je me demande si tout le monde a bien pris conscience de l'envergure du gâchis en cours ...

  • richard de mestres
    richard de mestres
    Agent de livraison
    • Posté à 18h49 le 03/06/2009
    • Internaute
      Agent de livraison

    Une université fabrique de philosophes et de gauchistes humanistes du dimanche n'intéresse personne à part des désoeuvrés et des loosers si nombreux en France.... Ridicule !

    • heretok
      heretok answers to richard de mestres
      citoyen hors-service
      • Posté à 19h09 le 03/06/2009
      • Internaute
        citoyen hors-service

      effectivement, votre commentaire est ridicule.

      Autant de clairvoyance à son propre endroit, c'est stupéfiant !

  • Madiran
    • Posté à 19h06 le 03/06/2009

    La Sorbonne est vendue pour quelques dollars à Abu Dhabi ! !
    Mais avec le « processus de Bologne » je ne vois pas comment s'en sortir !

    Comme le Louvre...
    Vendu aussi pour quelque dollar !

    A une époque où les choses ne vont pas si bien dans les Emirats ! !

    On y installe aussi une base militaire, cela plaira à la Turquie, aux Américains, et aux arabes... Et puis l'OTAN y est favorable.

    Plus que les interets de notre pays, peut être faut il se soumettre aux désirs des une et des autres ?

  • Counch
    • Posté à 20h19 le 03/06/2009

    L'on voit bien ici les limites de la RICHESSE ! ! ! !

    Lorsque l'on a tout acheté ce qui peut s'acheter, qu'est-ce qui reste ? ? ce qui ne s'achète pas...La connaissance, la culture et l'art... et puis l'amour aussi...

    POUR UN REVENU MAXIMUM QUI RENDRA L'HOMME MOINS CON ! ! ! !

    LE 7 JUIN : FRONT DE GAUCHE
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  • San De-
    • Posté à 21h04 le 03/06/2009

    Ca fait 2 millénaire que les bédouins s'en fichent du savoir et de la culture : ils ont la religion, l'argent, les neo-colonies (ils éliminent l'outarde du Sahara parce que la viande de certains animaux sont prétendu aphrodisiaques avec la bienveillance des états nord africains) et la traite esclavagiste tolérés par la « communauté internationale !

    C'est de la pure idéologie.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    Le marché autant que possible, (...)
    • Posté à 22h54 le 03/06/2009
    • Internaute
      Le marché autant que possible, (...)

    Quand on est à bout d'habits,
    logique qu'on se prenne une veste.

    • Ben85
      Ben85 answers to Pierrrrre
      • Posté à 22h56 le 03/06/2009

      Non mais arrêtez-le ! C'est un festival ce soir !
      Pierrrrre, t'as sucé un clown ?

    • SuperAlAmAs-
      SuperAlAmAs- answers to Pierrrrre
      • Posté à 14h10 le 04/06/2009

      Soulèves la pierre : je suis là ! mdr ; )

  • Leroseau
    Leroseau
    Kafkaienne
    • Posté à 01h21 le 04/06/2009
    • Internaute
      Kafkaienne

    L'émirats auraient il peur de la lumières des humanités...un pays si ensoleillé..
    Si il veulent plutot des techniciens c'est qu'on leur à donner des conseille de technicien.On demande a un polytechnicien comment on s'en sort quand mettant de coté le pétrole c'est pas le pérou.

    Il vous dit de créer des pôles de compétitivités(ex. en Israel on aime bien les ordinateurs et on galère grave avec l'eau potable pareil)

    Puis on lui demande comment on fait des poles de compétitivités

    ils vous répond qu'il faut créer des polytechniciens.Pas bète hein ca s'apelle gérer des fonds souverain.

    Ou alors on enseigne l'amour courtois au émirats qui gonflent leur P.I.B à coup de best seller(avec des truc dans le style mille et une nuit)
    A noter des pays avec la mer comme ca c'est ca peut être cool pour le off shore(de société évidement) ca c'est de l'avenir peut être ce genre de question qui préoccupe la france et l'europe derriere cette diplomatie fumeuse. ca vaut bien une sorbonne ca..

  • patrick fecamp
    • Posté à 11h36 le 04/06/2009
    • Internaute

    comment croire que la culture française (sorbonne et louvre) va susciter un interêt colossal de la part des émiratis ? ?
    la grande majorité de la population de ces régions est Immigrée, passeport confisqué, travaille 7/7j pour un salaire de misère alors l'accès à la culture............
    la classe dirigeante et friquée est-elle vraiment passionnée par les poètes de la Pléiade et des statues de femmes même pas voilées ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

  • fouadraiden
    fouadraiden
    Commentateur bruxellois
    • Posté à 14h03 le 04/06/2009
    • Internaute
      Commentateur bruxellois

    Salut à tous

    Soyons sérieux, comment la France réussirait-elle avec des bedouins en robe de chambre ce qu'elle échoue lamentablement avec des populations venues d'Afrique du Nord ?

  • SuperAlAmAs-
    • Posté à 14h09 le 04/06/2009

    pour imposer un nouvel ordre et ce mondialement il est évident qu'il faut des usines à laver les cerveaux, partout, et des manufacture du consentement, sinon, comment l'Empire arrivera t il a contennir la haine contre lui... L'université privatisée n'a plus le droit de s'appeller université, ils n'ont qu'à appeller ca : fabrique d'esclave et pour les plus brillants et les plus lèches cul : production de maîtres en série... Ici : on apprend à bien enculer le tiers monde ; )

  • fiff2000
    • Posté à 11h21 le 05/06/2009

    c'est quoi en fait l'émo-icône pour un truc qui donne la gerbe ?

  • gloubgloub
    gloubgloub
    assis
    • Posté à 11h47 le 05/06/2009
    • Internaute
      assis

    Je constate que comme d'habitude, très peu de détails sont donnés au public sur le contenu du projet d'Abou Dhabi, la presse préférant se focaliser sur les aspects vendeurs, c'est-à-dire : est-ce une bonne chose qu'une université « vende » sa marque, développe des franchises à l'étranger. Moi, ce qui m'intéresserait c'est de savoir ce qui s'enseigne, quels diplômes seront préparés, avec quels professeurs, dans quelle langue d'enseignement et avec quel montage financier. Ce qui se passe à Abou Dhabi, ressemble par certains aspects à une délocalisation de diplômes. Il se trouve que j'ai beaucoup travaillé dans ce secteur et que les délocalisations de diplômes sont une chose très courante. PLusieurs dizaines d'universités françaises le font et à l'heure actuelle ils existe une offre pléthorique de masters que vous pouvez préparer sans mettre un pied en France. Ce sont des expériences très positives pour la plupart :
    - Elles aident à faire connaître les universités françaises à l'étranger.
    - Elles génèrent de la mobilité vers la France, soit directement lorsque le master intègre un semestre en France, soit indirectement lorsque les étudiants enchaînent sur un troisième cycle en France ou encore par la biais du surcroit de notoriété dont bénéficie l'université français
    - Elles sont un soutien direct à la francophonie lorsque l'enseignement se fait en français, ce qui est très souvent le cas.
    - Elles sont un facteur d'influence pour notre pays, notamment dans des domaines où un modèle « modèles » et une méthodologie « française » sont identifiables (je pense notamment au droit, mais aussi à la gouvernance, à l'administration publique, ou d'autres secteurs plus pointus comme l'histoire ou la gestion des affaires culturelles)
    - Elles sont enfin, lorsqu'elles sont bien menées un facteur de développement en aidant les pays émergents et en développement à structurer leur offre universitaire. Il y a peu d'école doctorales en Afrique ou dans les Caraïbes. Difficile de prévoir une offre dans ces domaines si l'on ne met pas d'abord en place une offre de masters locaux et les diplômes délocalisés restent la voie laplus rapide et la moins coûteuse pour y parvenir.
    En règle générale, ces diplômes ont des caractéristiques communes :

    - Ils sont le fruit d'un partenariat avec une université locale, qui apporte l'infrastructure et une partie du volume d'enseignement, le reste étant assuré soit par des missions ponctuelles d'enseignement, soit par des mises à disposition, soit, de plus en plus, par vidéo-conférence (ou par une dosage de ces trois modalités)
    - Ils sont destinés à s'autofinancer, donc ne doivent pas dépendre des aides publiques au-delà d'une hase transitoire.
    - Ils peuvent évoluer pour devenir « co-diplômants », c'est à dire que l'université locale délivrera à son tour un diplôme national.

    Sur le principe, je ne vois donc que du bon. le problème, c'est justement qu'on ne sait pas, car cela ne semble pas intéresser la presse, comment sont bâtis les programmes de la Sorbonne à Abou Dhabi. Si vous avez des éléments d'information, je suis preneur.
    Je formulerais deux interrogations :

    - Le projet est il assis sur un partenariat avec une université locale ? Si ce n'est pas le cas, il devient moins intéressant et surtout beaucoup plus couteux, car les coûts d'infrastructure et d'enseignement seront alors supportés entièrement par la Sorbonne/ par l'Etat français ou par les émirats. N'oublions pas non plus que l'existence d'une convention avec une fac locale est la meilleure garantie, pour ne pas dire la seule, que l'offre universitaire répondra aux besoins locaux.
    - Ce qui amène la seconde interrogation : comment ont été choisis les domaines d'étude ? Sont-ils les plus adaptés si l'on suhaite qu'il y ait un engouement immédiat pour le nouvel établissement ? J'ai un grand respect pour la littérature et suis moi-même de formation littéraire, mais n'aurait-il pas fallu plutôt commencer par développer des masters dans des domaines ou la Sorbonne a une expertise tout aussi reconnue et qui sont plus facilement exportables ? Je pense au droit (Paris I et II), à la linguistique ou au Français Langue Etrangère (Paris III et IV). Un projet d'ouverture de musées d'envergure internationale justifie-t-il l'ouverture de formations aussi lourdes (une alternative plus légère associant des diplômes délocalisés selon la formule que j'ai décrite plus haut et des stages de responsables culturels des émirats dans nos musées aurait peut-être été plus réaliste).
    Bref, j'ai l'impression que l'étude des besoins a été un peu légère.
    Mais, répétons-le, c'est peut-être juste une impression tant nous sommes mal informés des détails du projet.

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