Pourquoi bloguer sur l'Afrique ?
Il y a des chiffres qui ressemblent à des condamnations. Exemple : seulement 5,5% d'Africains utilisent Internet, un pourcentage qui aurait pu être bien plus bas si le Maghreb et l'Afrique du Sud ne relevaient pas un peu cette moyenne. Heureusement, les chiffres ne disent pas tout. Les pratiques liées au web et aux TIC (technologies de l'information et de la communication) font leur bout de chemin sur le continent, et il ne s'agit pas seulement de la recherche de l'âme sœur occidentale (pratique en vogue), de la consultation des emails ou de la téléphonie par IP.
Progressivement, la blogosphère africaine se structure, et gagne en assurance et en intérêt. Signe des temps : en 2007 et en 2008, ce sont deux Africains (Cédric Kalonji et Israël Yoroba) qui ont gagné la « Coupe du monde des blogs » organisée par la radio Deutsche Welle dans la catégorie « blogs francophones ».
Capture du blog de Delugio (DR). 
Capture du site Africa 2.0 (DR). 
Capture du blog de Churchill Mambe Nanje (DR).
Capture du blog d''Hilaire Kouakou (DR). 
Dans quelles langues les Africains bloguent-ils ? En anglais principalement (l'Afrique du Sud, première puissance du continent, est anglophone, et les blogs se revendiquant Sud-Africains constituent plus de la moitié des quelque 4000 blogs recensés par l'agrégateur Afrigator), mais aussi en français voire dans des langues nationales comme le malgache.
Rééquilibrer l'image que les grands médias mondiaux donnent de l'Afrique
Pourquoi bloguer sur l'Afrique ? Pour avoir les réponses des blogueurs afro-orientés, j'ai lancé l'idée d'une chaîne de posts autour de ce thème. Une chaîne de posts qui a tourné en conversation intéressante et riche à plusieurs égards. Les blogueurs afro-orientés bloguent parce que, pour nombre d'entre eux, ils réfutent l'imagine monolithique, emplie de pessimisme et de catastrophisme, que les grands médias mondiaux donnent de l'Afrique.
Etum, qui anime le blog Africa2point0 blogue pour « essayer de gommer la mauvaise image qui colle à ce continent » et pour « informer les autres peuples sur les réalités africaines » :
De manière générale, je blogue pour communiquer ma passion pour l'Afrique, le web, les nouvelles technologies, l'innovation et l'entreprenariat. Je pense que le blog est un très bon moyen d'expression facile à mettre en place et à maintenir, il devrait être mis dans les mains de tous les africains afin de libérer encore plus l'expression des uns et des autres. Le blog étant accessible à presque tous de nos jours il représente une chance énorme pour les fils de notre continent de se rencontrer, d'échanger, d'agir et de faire avancer le débat. »
Israël Yoroba, qui raconte au quotidien, avec textes et podcasts, le quotidien d'Abidjan et des Abidjanais, est sur la même ligne :
« L'Afrique, ce n'est plus seulement les guerres et autres calamités. L'Afrique c'est de plus en plus un continent qui s'affirme et qui veut tenir une place stratégique sur la table du monde. Le blog donc me permet de mettre en valeur ce que l'Afrique a comme atout. »
« Les miens ne veulent plus se taire »
Capture du blog A travers elle (DR). 
« Pour que la mère ait enfin des personnes présentes pour la défendre, pour se refuser à ce qu'elle sombre dans un nouveau siècle de résignation et de souffrance. Les miens ne veulent plus se taire. »

Capture du site de L'Atelier des médias (DR).
Bloguer est également pour les Africains une manière de participer à la conversation mondiale, au concert de l'universel. Hilaire Kouakou affirme qu'il blogue « parce que l'Afrique ne peut se soustraire du monde ». Philippe Couve, qui anime la web-émission participative L'Atelier des médias sur RFI et en ligne, est persuadé que « l'écosystème de l'information est en train de se modifier en Afrique autant (et peut-être plus encore) qu'ailleurs dans le monde ». Il s'explique :
« Les outils de publication (les blogs notamment) sont désormais à la disposition de (presque) tous et cela permet à de nouvelles voix de s'élever, à de nouvelles relations de se nouer, d'une province à l'autre, d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre. Et sans en passer par aucun circuit institutionnel ou officiel. Sans subir aucune censure. Le mouvement n'en est qu'à ses débuts. Il va permettre à l'Afrique de prendre sa place sur la Toile, au cœur de la Toile, et non pas à sa périphérie parce que les voix d'Afrique sauront nouer des liens. Ces liens qui constituent l'essence même du web. »
« Je “blogue Afrique” parce que je suis fatigué d'accuser les autres »
Capture du blog d'Olinda Café (DR). 
« En tant qu'Africain blogueur j'essaie de communiquer une combinaison d'appel au changement et d'amour profond pour mon continent. Ce continent se laisse mourir par son refus d'abandonner certains reflexes (la culture africaine n'est pas toujours émancipatrice) lui dictant sa destinée vers un avenir incertain, mais certainement pauvre. Je blogue parce que je pleure, je blogue parce que je veux partager ce brulant désir de mutation qui est enfoui en moi. On a été trop longtemps pauvres et, même si les idées seules ne peuvent changer mon Afrique, elles peuvent y contribuer. Je “blogue Afrique” parce que je suis fatigué d'accuser les autres, fatigué de maudire les présages divins, de justifier la misère de mon continent. »

Capture du blog de Randy Donny (DR).
Mais le blog n'est-il pas, en Afrique, une pratique de privilégiés ? Les blogueurs peuvent-ils changer les choses, alors que la majorité n'a pas accès à Internet ? Randy Donny pense que oui :
« Oui, tout le monde ne peut avoir accès à Internet. Mais justement, bloguer permet d'interpeller l'élite éclairée, ceux qui ont les moyens, financier et/ou intellectuel, donc des leaders susceptibles de transmettre le message ou, tout simplement, de réfléchir dans un élan commun sur l'avenir de l'Afrique dont la raison fondamentale du non-développement est logée, en définitive et cela n'engage que moi, dans la matière grise. »
La blogosphère, lieu d'accouchement de la renaissance africaine ?
Capture du blog de Jogany (DR). 
► Pour découvrir la conversation malgache, à l'intérieur de cette grande conversation africaine, cliquez ici.
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et si possible les épouser sur çe j'y retourne
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