Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Rendons l'économie obligatoire pour tous au lycée !

Jean Matouk
Economiste
Publié le 01/03/2010 à 17h31

Fondamentale pour la démocratie la réforme des programmes des lycées est en train de pourrir.

En cause un souci permanent et frénétique d’affichage de réformes sans concertation, de ce fait, bâclées. Mais aussi l’opposition stérile à l’entrée de l’économie d’entreprise dans l’enseignement, de la part de certains enseignants.

Il faut enseigner l’entreprise aux collégiens et lycéens

Qu’on le veuille ou non, 80% ou 90% des lycéens sont destinés à travailler dans une entreprise. Qu’elle soit privée ou publique, ils y seront salariés. Un très petit nombre d’entre eux créeront même, ou participeront, à la création d’entreprises.

Aussi bien pour pouvoir défendre leurs droits de salariés vis-à-vis des dirigeants de société, que pour « participer » à la gestion des entreprises, et plus encore pour gérer éventuellement la leur, les futurs citoyens doivent disposer d’un savoir minimal sur l’organisation d’une entreprise. Ils doivent connaître les diverses « fonctions » qui la constituent : technique, commerciale, financière, comptable, sociale, qu’il s’agisse d’une très petite entreprise, de moins de dix salariés(TPE) voire d’une entreprise individuelle ou d’une société anonyme (SA).

Ils doivent disposer d’un minimum de savoirs sur les relations sociales, le droit du travail, sur la formation des coûts et , en leur sein, sur le calcul et la destination des cotisations sociales, donc sur les régimes de retraite et d’assurance maladie. Ils sont co-cotisants, seront tous un jour malades et certainement retraités.

L’enjeu : devenir un consommateur averti

Pour devenir des consommateurs avertis , ils doivent avoir une initiation aux techniques dites aujourd’hui de la « communication » , et au moins quelques notions sur le rôle des banques, tant du côté des dépôts que du crédit.

Ils doivent surtout avoir un minimum de connaissances sur la présentation des comptes de résultats de l’entreprise et de son bilan. La formation des représentants du personnel dans les entreprises, qui est essentielle, en serait grandement facilitée, et leur efficacité au profit des salariés, décuplée.

Un souvenir de mon enfance : en huitième comme on disait alors, disons au cours moyen, était présenté , sous une forme qui fait aujourd’hui sourire, la séquence qui va du prix de revient au prix de vente.

L’économie française était déjà structurée autour de grandes entreprises, mais les très petites exploitations agricoles, artisanales ou commerciales étaient encore nombreuses et cet apprentissage naïf, avant le certificat d’études, à la fin de l’enseignement obligatoire avait un certain sens.

S’adapter aux nouvelles structures de production

Il faut simplement s’adapter aujourd’hui, à la fois aux nouvelles structures de production et de distribution, mais aussi à l’allongement jusqu’à seize ans de la scolarité obligatoire.

Est-ce pour autant qu’il ne faut pas d’enseignement sur l’économie internationale et les relations économiques internationales, les grands équilibres entre offre et demande globale, l’emploi, le chômage ? Bien sûr que non !

L’enseignement de l’économie de l’entreprise débouche d’ailleurs nécessairement sur ces thèmes. Les ventes de l’entreprise, donc ses emplois, ne tiennent pas seulement à la qualité ou au coût de ses produits, mais aussi à la demande, c’est-à-dire, à la consommation des ménages et à la demande d’investissement, et, en face, à la production de valeur ajoutée, c’est-à-dire au PIB. Les importations viennent concurrencer l’offre intérieure et il faut les équilibrer par les exportations.

Ce raisonnement simple et évident, débouche sur une affirmation qui devrait réjouir les enseignants de sciences économiques : celles-ci ne doivent plus, comme aujourd’hui, constituer une option, mais bien un enseignement obligatoire au collège puis au lycée.

Une commission doit déterminer ce qui sera enseigné aux différents stades, mais qui doit combiner l’économie d’entreprise et la macroéconomie. Au collège, en troisième, quelques principes de base doivent être énoncés, dans les deux domaines, et faire l’objet d’une épreuve au brevet. Au lycée, un approfondissement sur tous ces thèmes doit constituer une matière obligatoire dans toutes les séries du bac, en seconde et première au moins.

L’économie n’est pas une science théorique

C’est notamment à ce stade qu’un enseignement minimal de techniques statistiques et de recherche de statistiques économiques, doit être délivré. L’économie n’est pas une science théorique ; elle n’est pas non plus expérimentale, puisque l’on ne peut constater les faits qu’à posteriori, mais elle doit être fondée sur des statistiques qui donnent une consistance chiffrée aux évolutions passées.

Cessons les querelles idéologiques inutiles. L’entreprise est la destination naturelle de l’immense majorité des jeunes. Il est souhaitable que les salariés interviennent de plus en plus dans sa gestion. Comment le peuvent-ils, s’ils en ignorent presque tout ?

Aller plus loin
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  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 17h43 le 01/03/2010
    • Internaute 40715
      pas là

    L’enjeu de l’école n’est pas de devenir un consommateur averti ; ni même un salarié efficace.

    L’enjeu de l’école est de devenir un citoyen libre. Qu’ils apprennent déjà à lire et écrire, on verra le droit du travail plus tard.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 18h17 le 01/03/2010
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    ÉTUDES OU BOURRAGE DE CRÂNES ?

    « Rendons l’économie obligatoire pour tous au lycée ! »

    Pour apprendre quoi aux élèves ? Je résume :

    - pour « enseigner l’entreprise aux collégiens et lycéens » ;
    - pour « devenir un consommateur averti » ;
    - pour « s’adapter aux nouvelles structures de production ».

    On aurait pu ajouter :

    - pour sacrifier au Lien ;
    - pour admettre Lien.

    Fut un temps où les études consistaient à acquérir une culture générale émancipatrice, pas à s’abandonner aux bourrages de crâne de ceux qui sont en train de mener le monde à sa perte.

    D’accord pour des études d’économie au lycée, mais la vraie, pas celle uniquement de l’entreprise privée ou de la finance voyoucrate ;
    et en rendant à l’économie la place qu’elle devrait occuper dans la vie d’un être humain : périphérique et simplement alimentaire. Rien de plus.

    • jma14
      jma14 répond à Le Yéti
      • Posté à 09h10 le 02/03/2010
      • Internaute 31729

      J’apprécie souvent tes articles, mais là tu te trompe.

      Le monde n’est pas seulement entreprise, il est économie. C’est à dire qu’aujourd’hui un citoyen (et non pas un consommateur comme il est dit dans l’article) ne connait pas son envirronnement dans lequel il vit. Il ne le comprend parce qu’on ne lui a pas appris les clés de décryptage.

      Ce citoyen ignorant est maliable à souhait par les communicants (politiques, syndicalistes, financiers...) avec des dogmes bien vendeurs et fédérateurs mais dénués de raison. Le nombre de connnerie, de mauvaise définition, de contre-sens que l’on écoute à la télé est effarante au niveau économique.

      Je suis pour un citoyen averti doué d’un entendement économique qui ne perdra pas des années dans des chemins sans avenir.

      Je pense que tu as peur du contenu qui n’irait pas dans ton sens de pensée. Mais si nous pouvions faire un pas au moins vers l’enseignement de l’économie, ce serait un progrès dont tu ne t’imagine même pas.

      En espérant qu’ils aient la même idée pour la philosophie ! Et là nous pourrons vraiement commencer à débattre de démocratie et de république entre citoyen averti.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à jma14
        yetiblog.org
        • Posté à 11h53 le 02/03/2010
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        @ jma

        Je ne critiquais évidemment pas l’enseignement des sciences économiques en lui-m^me (c’est la fillière que j’ai suivi à la fac !).

        Je reprenais seulement les intertitres de l’article de Jean Matouk, plus deux liens vers deux des articles précédents du même.

        Éclairants à mon avis sur une conception hélas assez généralisée dans les « sommets », de l’enseignement économique aujourd’hui, à savoir une défense mordicus, sans réelle contradiction, de l’entreprise privée et de l’économie libérale.

        Je sais qu’il en va un tout petit peu autrement dans les établissements scolaires, grâce aux profs de base. Mais la tendance est bien là : comme ils le disent sans phare, il faut que l’entreprise entre dans les écoles.

      • Jean Matouk
        Jean Matouk répond à jma14
        Economiste
        • Posté à 22h20 le 02/03/2010
        • Internaute 1101
          Economiste

        Le monde est économie, et au sein de l’économie , c’est dans les entreprises qu’on produit la valeur ajoutée immédiate et dans les centres de recherche et l’education, celle de demain et après demain. Donc il faut enseigner les deux
        eco d’entreprise et macro-économie et pas seulement cette dernière
        Amitiés

  • unpticon
    unpticon
    passant
    • Posté à 18h22 le 01/03/2010
    • Internaute 62028
      passant

    un titre alléchant mais mensonger...

  • franc parleur
    franc parleur
    anarchieevangelique.wordpress. (...)
    • Posté à 18h30 le 01/03/2010
    • Internaute 75335
      anarchieevangelique.wordpress. (...)

    L’économie est le mensonge central de ce monde.

    « La marchandise, l’argent, la valeur, le capital ne sont pas des catégories économiques. Ce sont des catégories du monde. »

    Lien

  • Commandant Bubulle
    • Posté à 18h33 le 01/03/2010
    • Internaute 40891

    « En cause un souci permanent et frénétique d’affichage de réformes sans concertation, de ce fait, baclées ».

    Cela est vrai mais il faudrait ajouter que la politique scolaire de ce Gouvernement ne se résume qu’à un souci d’économie, de suppression de postes. Ces suppressions de postes sont en quelque sorte le prix à payer pour que les plus aisés puissent bénéficier de largesses fiscales.
    Il est donc assez ambitieux de demander à ce Gouvernement des enseignements supplémentaires alors que pour celui-ci, un bon professeur est un professeur non remplacé.

  • thierry reboud
    • Posté à 18h43 le 01/03/2010
    • Internaute 20923

    Rendre obligatoire l’enseignement de l’économie, oui, pourquoi pas ? Mais cela signifierait d’abord prendre en compte les différentes écoles de pensée économique, et non pas seulement l’orthodoxie du moment. C’est le premier point.

    Le deuxième point, c’est évidemment sur la préconisation de l’enseignement de l’entreprise. Tiens donc... Mais l’entreprise fait partie de l’économie, je ne vois pas bien en quoi il faudrait enseigner l’entreprise comme s’il s’agissait d’une entité distincte. Surtout, à lire ce que vous dites, enseigner l’entreprise reviendrait selon vous à enseigner comment devenir une partie harmonieuse du cheptel laborieux et non pas comprendre quelle sorte d’agent économique est l’entreprise. Il y avait déjà eu des velléités de ce genre dans les années 80, quand la mode était à apprendre aux élèves à rédiger un CV, qui reviennent à demander à l’école de former des salariés.

    Tout cela revient à faire payer par la collectivité une nécessité de l’entreprise, justement, qui est de former ses propres travailleurs. C’est habile vu du MEDEF mais, tel que vous présentez l’enseignement de l’économie (ou telle que j’en comprends votre présentation), cela reviendrait à subventionner massivement l’entreprise privée.

    Et enfin, que devient l’ambition d’une école destinée à former des esprits critiques et des citoyens ? Abandonnée en rase campagne ? Il me semble que des élèves bien formés seront plus aptes à apprendre au moment où ils entreront dans la vie active les nécessités de leur emploi et de la défense de leurs droits sociaux, mais sans doute moins dociles. Tiens, d’ailleurs : plutôt qu’enseigner l’entreprise aux élèves, pourquoi ne pas leur enseigner aussi ce que sont et à quoi servent les syndicats ?

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à thierry reboud
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 20h01 le 01/03/2010
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      …. l’enseignement de l’économie…. Mais cela signifierait d’abord prendre en compte les différentes écoles de pensée économique, et non pas seulement l’orthodoxie du moment

      ► Par exemple.. le marxisme

      –––––––––-

      « je ne vois pas bien en quoi il faudrait enseigner l’entreprise comme s’il s’agissait d’une entité distincte. »

      ► Ca risque de leur donner idée de monter une entreprise sans pour autant en avoir honte.. vous vous rendez compte ?

      ––––––––

      « comprendre quelle sorte d’agent économique est l’entreprise »

      ► tel un mécanisme d’exploitation des travailleurs.

      ––––––––-

      .« demander à l’école de former des salariés »

      ► La honte.. ils pourraient même en profiter pour trouver du travail ! .

      –––––––––

      « faire payer par la collectivité une nécessité de l’entreprise, justement, qui est de former ses propres travailleurs. »

      ► profiteurs de patrons qui croient que l’école devrait servir à former les jeunes à s’intégrer au monde du travail

      ––––––––

      « C’est habile vu du MEDEF ….cela reviendrait à subventionner massivement l’entreprise privée. »

      ► Et ils pourraient même créer des emplois qui ne seraient pas pour des fonctionnaires.. ces sournois…

      ––––––––––-

      « école destinée à former des esprits critiques et des citoyens »

      ► Pour qu’ils s’inscrivent à la FIDL et à l’UNEF au lieu d’égoïstement penser à leur avenir

      ––––––––––

      « des élèves bien formés seront plus aptes à apprendre au moment où ils entreront dans la vie active les nécessités de leur emploi et de la défense de leurs droits sociaux, mais sans doute moins dociles. »

      ► moins dociles, moins dociles… sauf aux consignes des syndicats et du parti

      ––––––––––

      « plutôt qu’enseigner l’entreprise aux élèves, pourquoi ne pas leur enseigner aussi ce que sont et à quoi servent les syndicats ? »

      ►… un enseignement donné.. par des délégués syndiqués…

      ... et surtout surtout,
      ne jamais inviter à l’école
      un créateur d’entreprise ;

      c’est qu’il y en a qui ont du charisme,
      et qui risqueraient d’inculquer à nos élèves quelque idées subversives,
      come par exemple... créer sa propre entreprise....
      avant même qu’ils aient idée
      des principes marxistes de lutte des classes !

      • thierry reboud
        • Posté à 20h15 le 01/03/2010
        • Internaute 20923

        Par exemple.. le marxisme
        Par exemple.

        Ca risque de leur donner idée de monter une entreprise sans pour autant en avoir honte.. vous vous rendez compte ?
        Vous croyez réellement qu’une entreprise est dissociée de son environnement économique ? Rhooo...

        tel un mécanisme d’exploitation des travailleurs.
        C’est aussi cela : l’expression ressources humaines est éloquente.

        La honte.. ils pourraient même en profiter pour trouver du travail !
        Tout démontre aujourd’hui que meilleure est la formation scolaire (et pas seulement professionnelle), meilleures sont les chances de trouver un emploi.

        profiteurs de patrons qui croient que l’école devrait servir à former les jeunes à s’intégrer au monde du travail
        Je ne vous le fais pas dire !

        Et ils pourraient même créer des emplois qui ne seraient pas pour des fonctionnaires
        Des emplois subventionnés, c’est cela ? Toujours libéral, Pierrrrre ?

        Pour qu’ils s’inscrivent à la FIDL et à l’UNEF au lieu d’égoïstement penser à leur avenir
        Oui, par exemple. Ou à l’UNI, quel que soit son nouveau nom.

        moins dociles, moins dociles… sauf aux consignes des syndicats et du parti
        Moins dociles, ça veut dire moins dociles. Y compris aux consignes d’un syndicat ou d’un parti.

        un enseignement donné.. par des délégués syndiqués
        Les délégués syndiqués, kézaco ? Des délégués syndicaux, je vois. Pourquoi pas, et alors ? Préconisez-vous l’interdiction des syndicats, Pierrrrre ? Sans compter qu’il y a beaucoup plus d’enseignants qui ne sont pas délégués syndicaux.

        Franchement, vous devriez être capable de mieux faire.

         
        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à thierry reboud
          → → → → → → → le marché autant (...)
          • Posté à 12h22 le 02/03/2010
          • Internaute 23078
            → → → → → → → le marché autant (...)

          « Franchement, vous devriez être capable de mieux faire. »

          ► Il fallait bien que nous nous adaptions au niveau l’un de l’autre.
          Vous le fîtes vous aussi avec mérite.. on devine vos progrès.

        1 autres commentaires
    • jma14
      jma14 répond à thierry reboud
      • Posté à 09h27 le 02/03/2010
      • Internaute 31729

      Micro économie ou macro économie, l’idée est excellente. le citoyen doit apprendre le monde dans lequel il vit.

      « l’ambition d’une école destinée à former des esprits critiques et des citoyens » Mais c’est bien cela dont on parle. ok l’article est mal écrit, il aurait du partir de l’économie puis aller vers l’entreprise, il aurait du parler de citoyen et non pas de consommateur. L’école doit nous apprendre à vivre dans ce monde et malheureuesement pour vous, ce monde est économique. Quant aux esprits critiques, ca fait depuis bien longtemps que l’enseignement a enlevé cette substance de l’école. Pour cela il faudrait injecter plus de philosophie.

      Mais le mélange économie-philosophie est à mon sens beaucoup trop dangereux pour les poltiques. Ces derniers n’ont aucun intérêt à avoir des citoyens avertis. pour les politiques, il vaut mieux vendre le bac à 80% à la population, c’est plus vendeur, sa flatte l’égo des parents et on se croit plus intelligent ! Voyez le sens critique on l’a jamais eu.

      Je vous rassure en économie on aborde le sujet des syndicats. Ce n’est pas une critique, mais si vous aviez appris l’économie vous l’auriez su et vous n’auriez pas peur du contenu. L’économie est une matière où l’on manie des « concepts purs » « fondamentaux » où un professeur mal-intentioné pourra difficiliment endoctriné à l’inverse de matière comme la philosophie. Les différentes écoles sont enseignées (communiste également si ca peut vous rassurer).

      • thierry reboud
        thierry reboud répond à jma14
        • Posté à 13h27 le 02/03/2010
        • Internaute 20923

        Je dois bien reconnaître que ma scolarité remonte à la fin des années 70, début 80... et qu’en section littéraire à l’époque, l’économie n’était même pas envisagée ! (Quoique... Il me semble qu’on l’abordait un chouïa en histoire et en géographie.) En fait, comme je lis votre réponse, elle reprend différemment les reproches que je fais à la tribune de Matouk (telle que je l’ai comprise, en tout cas).

        Ce qui me chiffonne, ce n’est pas qu’on enseigne l’économie, y compris dans les sections non spécialisées. C’est que Matouk semble dissocier l’entreprise de l’ensemble économique, c’est qu’il semble envisager de dispenser un enseignement pour ainsi dire technique et presque professionnel. Comprenez-moi bien : l’enseignement professionnel n’a rien de déshonorant, mais ce n’est pas le propos des établissements d’enseignement général. C’est plutôt là-dessus que je tiquais.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à thierry reboud
      Economiste
      • Posté à 22h25 le 02/03/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Quoiqu’on veuille, demain et après demain , c’est dans des entreprises qu’on produira la valeur ajoutée que j’appelle immédiate, celle qui paye salaires, cotisations sociales et profits.
      Pour se défendre dans ce partage entre salaires , directs et indirects et profits, les salariés doivent connaître le fonctionnement de l’entreprise. ceux qui ont travaillé en entreprise, à tous les échelons comme moi le savent fort bien. S’ils otnété comme moi secrétaire de comité d’entreprise d’un grand syndicat ( 1969-1971) le savent encore mieux. Il faut savoir lire un bilan , un compote d’exploitation, être capable de discuter de pol commerciale....
      Tout cela doit s’apprendre et ne pas être seulement connu des économistes.

      Ou avez vous vu que je néglige l’histoire, la philo, qui forment le citoyen ? Pourquoi faire dire aux gens ce qu’ils n’ont absolument pas voulu dire ? ?
      Cordialement

      • thierry reboud
        • Posté à 23h10 le 02/03/2010
        • Internaute 20923

        Pour ma part, je travaille encore dans une entreprise, une de ces PME où les instances représentatives du personnel sont volontiers tenues pour ennemies. Après y avoir été élu comme délégué du personnel et au comité d’entreprise, j’y suis maintenant délégué syndical tout en n’ayant jamais cessé d’occuper mon emploi. Ce n’est donc pas tout à fait comme si la réalité du monde du travail m’échappait complètement.

        Pour autant, si votre proposition consiste bien à fournir une sorte d’initiation au monde du travail à des écoliers, une sorte de pendant théorique à ce que sont les stages en entreprises pour élèves de 4°, eh bien il me semble qu’il ne s’agit plus vraiment d’enseigner l’économie.

        Et tiens, puisque vous y êtes, où avez-vous vu que je vous reprochais de négliger l’histoire ou la philosophie ? Pourquoi dire que je fais dire aux gens ce qu’ils n’ont pas dit ?

  • G_Remy
    • Posté à 18h47 le 01/03/2010
    • Internaute 27305

    « The purpose of studying economics is not to acquire a set of ready-made answers to economic questions, but to learn how to avoid being deceived by economists »

    « Le but de l’étude de l’économie n’est pas d’acquérir un ensemble de réponses toutes faites aux questions économiques, mais d’apprendre à éviter de se faire duper par les économistes »

    Joan Robinson

    Lien

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à G_Remy
      Economiste
      • Posté à 22h26 le 02/03/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Si je n’étais pas minuscule par rapport à cette géante de l’économie , je signerais des deux mains cette phrase.Je ne vois pas en quoi elle est critique de mon modeste papier

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 18h58 le 01/03/2010
    • Internaute 51971

    « Rendons l’économie obligatoire pour tous au lycée ! “ Pourquoi pas, mais attention à la fausse bonne idée : si c’est pour enseigner les théories fumeuses d’un Elie Cohen, d’un Nicolas Baverez ou même d’un Jacques Attali à nos chères têtes blondes (ou brunes d’ailleurs), non merci !

    • jma14
      • Posté à 09h34 le 02/03/2010
      • Internaute 31729

      En économie, on manie d’abord les fondamentaux et ensuite l’ensemble des écoles, même un prof mal intentionné aura des difficultés a immiscé ces croyances. Il n’y a pas à avoir peur de l’économie. Ce qui me fait peur ce sont les réactions de certain.
      Ayant peur du fond, du contenu certain jète l’idée. Ce sont les mêmes qui nous vendent des dogmes non raisonnés.

      • a déménagé le 4 février 2011
        • Posté à 10h00 le 02/03/2010
        • Internaute 51971

        Mon commentaire était une quasi boutade ; je suis trop ignorant de la chose économique (sauf à constater les ravages du libéralisme et les injustices du capitalisme) pour commenter sur le fond.
        Je voulais essentiellement, et modestement, m’en prendre (une nouvelle fois) à ses « experts », ces pitres qui disent tout et son contraire, se contredisant sans cesse (sans jamais reconnaitre leurs erreurs)... Il suffisait d’écouter Baverez ce matin sur France Info : affligeant ! ...

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 19h09 le 01/03/2010
    • Internaute 55044
      trouveur

    Vous avez totalement raison.
    Une économie à la portée des élèves.
    Il est fort dommage que la plupart des enseignants n’ait aucune notion du monde de l’entreprise.
    D’ailleurs, au niveau des étudiants et mêmes des enseignants-chercheurs de l’enseignement supérieur, les stages industriels, les visites d’entreprises, les relations et les projets communs université -industrie restent très marginaux ; Et cela même dans des domaines de sciences appliquées.
    L’enjeu de l’école, c’est l’apprentissage de la vie. L’économie/ la connaissance du monde du travail est une science indispensable à l’acquisition d’un degré supplémentaire de liberté.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 19h43 le 01/03/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Il faut enseigner l’entreprise aux collégiens et lycéens »

    ► Et aussi... dans les écoles de journalisme,

    et autrement que par des conférences donnés par ceux d’ « alternative économiques », la revue préférée des profs d’économie dans les lycées professionnels,

    parce qu’il me semble,
    que pour enseigner l’entreprise,
    les proincipes de l’économie de marché,
    du libéralisme

    vaut quand même mieux comme référence
    autre chpse qu’une revue trotskiste, et antil libérale.

    L’enseignement de l’économie, dans nos lycées est fagocitée par des enseignants convertits au marxisme.

    C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils réclament enseigner la macro économie,
    leur permettant d’en rester sur des thématiques générales et pseudo-philosophiques,
    plutôt que d’être confronté à la réalité de l’entreprise
    à laquelle ils ne connaissent rien
    et que de toutes les façons, ils méprisent.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Pierrrrre
      Economiste
      • Posté à 22h32 le 02/03/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      à Pierrre et abcd

      Tous les enseignants d’économie ne sont pas « phagocytés » par le marxisme. Au demeurant, Marx reste avec Smith Ricardo l’un des piliers de la science éco moderne. Il a analyse formidablement ce qu’il voyait au XIX ème. Simplement, remplacer le marché par l’administration, ca ne marche pas, et ca conduit souvent à la barbarie politique. En revanche , si je veux rendre l’éco obligatoire, je souhaite aussi que l’histoire le reste sur les deux années, et que la philo soit mieux enseignée, car si je veux former des salariés à bien se défendre et des citoyens à bien comprendre les rouages éco, je veux aussi former des citoyens aptes au vote, au choix..
      Cordialement

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Jean Matouk
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 22h37 le 02/03/2010
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « Tous les enseignants d’économie ne sont pas “phagocytés” par le marxisme. »

        ► Effectivement.. on peut en trouver qui ne le soient pas.. ou qui ne le soient plus, ou qui ne disent plus qu’ils le sont....
        mais toujours avec la revue « Alternative Economique » pas loin ;
        faut dire aussi qu’au bac, de nombreux sujets y font référence...

        on croirait presque que pour l’Education Nationale, ce soit la seule revue d’Economie en France.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Pierrrrre
      Economiste
      • Posté à 22h32 le 02/03/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      à Pierrre et abcd

      Tous les enseignants d’économie ne sont pas « phagocytés » par le marxisme. Au demeurant, Marx reste avec Smith Ricardo l’un des piliers de la science éco moderne. Il a analyse formidablement ce qu’il voyait au XIX ème. Simplement, remplacer le marché par l’administration, ca ne marche pas, et ca conduit souvent à la barbarie politique. En revanche , si je veux rendre l’éco obligatoire, je souhaite aussi que l’histoire le reste sur les deux années, et que la philo soit mieux enseignée, car si je veux former des salariés à bien se défendre et des citoyens à bien comprendre les rouages éco, je veux aussi former des citoyens aptes au vote, au choix..
      Cordialement

  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 19h49 le 01/03/2010
    • Internaute 30191
      non connue

    En même temps on parle de supprimer l’histoire,la géographie,on rajoute une bonne de dédain pour tout ce qui s’appelle les humanités,et on obtiendra un fruit pendu au bout de la branche d’un arbre se déssechant parcequ’il n’a plus de sève.

    • framboise92
      framboise92 répond à A déménagé le 16-01-2012
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 09h03 le 02/03/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      C’est ce que je pense aussi.
      On veut mais on supprime.
      Incohérent.

  • Hutchinson
    Hutchinson
    Etudiant
    • Posté à 20h12 le 01/03/2010
    • Internaute 87820
      Etudiant

    Euh... l’apprentissage de l’entreprise, c’est pas ce qu’il y a déjà dans un bac STG, Sciences et Techniques de Gestion ? Sans compter la spécialisation en terminale... Et la série ES, cela suffit déjà à ceux que ça intéresse... Sachant que d’après la prochaine réforme l’économie sera obligatoire pour tous en seconde.

    A ce niveau là, autant supprimer les séries !

    La physique-chimie est fondamentale pour comprendre les simples lois qui régissent notre univers.
    L’histoire géographie est fondamentale pour comprendre comment nos civilisations ont évolué pour arriver à ce qu’elles sont, et pouvoir analyser le présent.
    Le français, pour les raisons que l’on connait...
    Etc...

    Il semblerait que l’auteur, même si je respecte entièrement son niveau, souffre du syndrome des professeurs qui veulent défendre leur matière...

    J’estime que nombre de mes confrères sortant de leur Bac S ont un niveau de connaissances largement suffisantes pour pouvoir s’en sortir plus tard sans pour autant avoir étudié en détail l’économie, d’autant plus que ceux que cela intéresse et qui veulent des bases ont largement les moyens de le faire sans qu’on leur impose encore des heures en plus chaque semaine.

    • Gauvain de Lantenac
      Gauvain de Lantenac répond à Hutchinson
      Situationniste
      • Posté à 10h04 le 02/03/2010
      • Internaute 105086
        Situationniste

      Leur apprendre l’histoire et la philo pour eviter qu’ils croient aux theories neo-conservatrices du choc des civilisations, livre excellent et fondateur, mais dont l’ideologie est insupportable et justifie la politique menée par Bush JR et ses faucons. :)

      • Hutchinson
        Hutchinson répond à Gauvain de Lantenac
        Etudiant
        • Posté à 11h36 le 02/03/2010
        • Internaute 87820
          Etudiant

        Bon on va plutôt leur apprendre l’école buissonière alors, comme ça ; -)

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Hutchinson
      Economiste
      • Posté à 22h38 le 02/03/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Merci
      Je n’osais pas dire tout celà
      je pense effectivement que dans un monde devenu si technologique, les connaissances de certains bacheliers en physique chimle biologie sont très insuffisantes. De mon temps les séries littéraires apprenaient le moteur à explosion. Ils allaient avoir ( années 60-70 ) à conduire des voitures. Ils ne l’apprenent plus mais pas non plus l’électronique, ni la calcul binaire....ni la biochimie..
      En fait les séries du bac sont une bêtise. Le tronc commun devrait aller jusqu’au bac avec des sciences, de l’histoire, des maths et du français pour tout le monde. Le clivage math/pas maths est absurde. Si les maths étaient bien enseignés dés le primaire, tout le monde pourrait comprendre un minimum. Idem pour physique chimie.
      la spécialisation ne devrait intervenir ensuite que dans des propédeutiques, pour ce qui est des universités, ou du tertiaire court.
      Mais cela exige le maintien d’un nombre suffisant de profs et une remise en cause profonde de nombre de méthodes pédagogiques
      Et il est faux de dire que les connaissances de la série S suffisent pour comprendre l’économie. C’est une science complexe, comme la météo, donc avec de évolutions chaotiques ( au sens mathématique) et une obligation, au moins, de savoir chercher et comprendre les stats.
      Cordialement

  • Brédala
    Brédala
    NB : dernières lignes dans " (...)
    • Posté à 21h31 le 01/03/2010
    • Internaute 63792
      NB : dernières lignes dans " (...)

    Les cours d’économie obligatoires dans les bahuts, d’accord, mais facultativement...

    Je ne veux pas généraliser, mais.. !
    Actuellement, les gamins ont moins de lacunes que nous en économie, comme vous le dites vous-même avec l’aperçu « qui va du prix de revient au prix de vente. » depuis y’a eu du changement !

    Le portable vissé à l’oreille, une Malbac espagnole collé au bec, la moue boudeuse piercée, lecteur MP4 autour du cou, ils nous regardent tendrement nous dépatouiller avec : les patrons, les nouvelles mesures gouvernementales, le prix du kilo de pommes de terre...
    Ils nous écoutent scander nos slogans pour un monde meilleur, la solidarité, le refus des OGM, la préservation des services publics...

    Les petits sont beaucoup plus dégourdis que nous M. Matouk mais ils ne sont pas affranchis, ils sont à l’aise comme des poissons dans l’eau, ce monde est à eux, ils naissent avec un compte épargne et un biberon au bisphénol A, comme on les pose rapidement devant la tv, ils connaissent très bien les entourloupes des publicitaires et les ont intégrées en tant que telles, ils connaissent aussi les entourloupes des politiques, des grands patrons, des banquiers et les ont parfaitement admises !
    C’est-à-dire que l’association « pub / mensonge / politiques / grands patrons / banquiers / tricherie / profit “ est pour eux...évidente pour ne pas dire naturelle !

    L’économie est au-devant de la scène depuis quelques années, petits et grands nous comprenons tous ce qui se passe, parfois de façon simpliste, parfois de façon plus fouillée...Les convulsions du CAC40, Dow Jones n’est pas un chanteur, l’indice de confiance de l’Université du Michigan, les bouffées de chaleur de JCTrichet, l’énigmatique sphinx Alan Greenspan...

    Manger ou être mangé, avoir ou vouloir avoir.

    Pour sortir de ce schéma économique imposé et incontournable comme une fatalité ‘there is no alternative’, ne serait-ce pas mieux de revaloriser et de réactualiser les programmes d’autres matières : Histoire-géo, littérature, poésie, dessin, musique, sciences naturelles, physique-chimie, philosophie...
    C’est la seule chance que nous ayons, de connaître un jour autre chose.

    • Gauvain de Lantenac
      Gauvain de Lantenac répond à Brédala
      Situationniste
      • Posté à 10h02 le 02/03/2010
      • Internaute 105086
        Situationniste

      L’histoire doit evidemment plus etre enseignée, tout comme la philosophie. Ces deux matieres sont celles qui developpent le plus l’esprit critique, ce n’est pas un hasard si elles sont tres surveillées et arrangées dans une dictature. Aujourd’hui c’est le plus beau service qu’on peut rendre aux futurs generations.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Brédala
      Economiste
      • Posté à 22h40 le 02/03/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Mais en quoi est-ce contradictoire avec ce que j’ai écris
      ce n’est pas eco à la place d’autre chose. c’est éco comme autre chose : histoire, philo, maths, sciences....
      Nos méthodes éducatives sont mauvaises car elles discriminent
      Cordialement

  • asozial
    asozial
    Bobo reprazent - aus Berlin.
    • Posté à 21h09 le 01/03/2010
    • Internaute 2273
      Bobo reprazent - aus Berlin.

    il n’est effectivement pas inutile de savoir quels sont les credos de l’idéologie économiste, pseudo-science au service du capital qui permet de tellement déformer la réalité que même les grandes crises financières finissent par bénéficier à la finance, pendant que tout le reste du monde trinque !

    • Gauvain de Lantenac
      Gauvain de Lantenac répond à asozial
      Situationniste
      • Posté à 09h58 le 02/03/2010
      • Internaute 105086
        Situationniste

      « pseudo-science » bien sur et Smith, Ricardo,Marx, Keynes....(pour citer les plus connus) ne sont que des pseudo-scientifiques. L’economie est une science , c’est evident, dont l’economie liberale n’est qu’une partie.Je me permet de vous signaler que tous les economistes ne sont pas de droite et si vous voulez un « monde meilleur“(comme la plupart ici je pense) il faut penser que nous avons besoin d’un nouveau systeme economique, que seuls les economistes peuvent definir et aider a mettre en place.

  • eXistenZ
    eXistenZ
    Arracheur de dents
    • Posté à 21h22 le 01/03/2010
    • Internaute 67914
      Arracheur de dents

    Pourquoi pas ? Commençons immédiatement :

    Leçon 1. La croissance. Principe qui consiste à augmenter la consommation des biens et des services et par conséquent la production. La croissance est indispensable aux détenteurs de biens et de capitaux, elle leur permet de dégager quelques subsides pour les pauvres afin qu’ils consentent à leur laisser ces biens et ces capitaux.

    Sans croissance, les pauvres sont toujours plus pauvres et ont des mauvaises pensées. Une croissance de 3.5% sur une période de 20 ans revient à doubler nos besoins.

    Exercice : résolvez l’équation (1,035)^n = 2. Expliquez pourquoi une loi exponentielle cadre assez mal avec la finitude du monde. Avec notre modèle économique, le nombre de chômeurs augmente s’il n’y a pas de croissance. Combien devriez vous consommer de Cheeseburgers en 2030 pour que vos enfants trouvent du boulot ?

  • Mauvaisprofil
    • Posté à 21h51 le 01/03/2010
    • Internaute 30454

    Comme toujours la voie technologique tertiaire, dans laquelle ces enseignements ont lieu est superbement ignorée dans cet article. L’enseignement de l’économie ne s’arrête pas à la série ES. Il ne faut pas perdre de vue que ces disciplines sont aussi enseignées en lycée professionnelle.
    Et puis si cela est pour faire un vague survol de 1 h 30 par semaine avec 35 élèves, je ne suis pas très optimiste sur l’efficacité de ce qu’il en restera au bout de quelques années.... Sans parler des programmes élaborés par des universitaires qui ne tiennent pas (ne se rendent ?) compte de ce que sont les élèves de seconde dont une partie non négligeable a bien du mal à calculer un pourcentage !

  • Pinky-Pinky
    Pinky-Pinky
    Lapine Crétine
    • Posté à 02h01 le 02/03/2010
    • Internaute 95865
      Lapine Crétine

    Le meilleur moyen de pouvoir déjouer les pièges d’un système c’est de bien le connaitre, ne l’oubliez pas...

  • laurentso
    • Posté à 09h46 le 02/03/2010
    • Internaute 17491

    Il est évident qu’un certain « savoir économique » est indispensable. Pas forcément pour devenir un « consommateur averti » ou un « salarié responsable », mais au moins pour connaitre les outils, et savoir les décoder.
    Savoir lire un pourcentage, un tableau. Savoir argumenter aussi : l’économie, ce n’est qu’un enchainement de causalités : (A entraine B qui entaine C qui entraine D, avec, bien entendu, des « biais » possible entre B et C par exemple). Or, beaucoup d’élèves d’ES n’ont pas encore compris cela.
    Il faut renforcer la compréhension du monde de l’entreprise, sans idéologie particulière d’ailleurs. Sans bourrer le mou des élèves non plus : qu’un bachelier ne sache pas ce qu’est l’EBITDA ne constitue pas un scandale majeur... Par contre, beaucoup ne savent pas bien ce qu’est un salaire net, les charges sociales, la marge de manoeuvre des chefs d’entreprise, de l’Etat, etc.
    De même, les élèves (sauf les plus curieux, bien sûr) n’ont pas trop la notion des stratégies d’une entreprise : ils ont conscience que celle-ci doit « gagner de l’argent » sans s’interroger sur les moyens qu’elle utilise pour y parvenir. Donc, pour eux, baisser les salaires ou présenter un nouveau produit, c’est pareil...
    A l’inverse, on pourrait mettre la pédale douce sur l’enseignement de « sociologie » qui conduit les élèves à apprendre des propos de comptoir ou des enseignements dépassés comme ceux de Bourdieu (désolé pour ses fidèles adorateurs).

    Bon sinon, je ne vois pas l’utilité d’enseigner l’économie dès la 3eme, ou alors à dose homéopatique. Qu’on enseigne un peu mieux le Français et les langues, déjà ! Cela incitera les jeunes à lire davantage au Lycée, y compris des articles économiques (beaucoup d’élèves ne savent pas argumenter, rendre compte d’un pourcentage, car ils ne savent pas lire un texte compliqué, tout simplement).
    Il ne faut pas oublier non plus que le bac n’est pas un passeport direct pour le monde de l’entreprise ; les élèves auront à subir d’autres années d’études une fois ce diplôme en poche...

  • Gauvain de Lantenac
    Gauvain de Lantenac
    Situationniste
    • Posté à 09h53 le 02/03/2010
    • Internaute 105086
      Situationniste

    Avant d’apprendre l’economie revenons aux fondamentaux qui faisait la gloire de l’ecole francaise, c’est a dire une education critique et qui laissait une grande place a la culture generale. Plutot qu’essayer de rajouter des matieres a chaque fois(droit, eco) importante dans la vie mais dans lesquels on se specialisait post-bac , il faudrait mieux que l’ecole et le lycée soit la pour apprendre a lire ecrire et comprendre(pour lire et ecrire y a qu’a voir les resultats de CEM des universités, moyenne dictée a paris 11 proche de 4)De plus quand on voit le programme d’eco de l’année prochaine(sans etude du chomage ni d’autres theories eco que la main invisible et l’equilibre offre/demande) en 1ere, je me dis que mieux vaut ne pas laisser trop de latitude dans le conditionnement aux ultras-liberaux.

  • Gorn
    Gorn
    Geek farceur
    • Posté à 10h04 le 02/03/2010
    • Internaute 92890
      Geek farceur

    Effectivement cela serait une bonne idée que chacun est une connaissance minimum en économie. Par contre le programme évoqué ici est assez conséquent : micro économie, macro, connaissance des entreprises, un peu de droit du travail, de la compta... C’est plus vaste que ce qui est étudié en filière ES.

    Contrairement à certains commentaires précédents, je considère que le fait de savoir permet justement d’être plus indépendant et que celui qui ne connait pas les concepts économiques de base a du mal à comprendre le monde qui l’entoure.

    Comprendre/connaître ne veut pas dire approuver et n’empeche pas aussi d’encourager l’esprit critique.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 23h02 le 02/03/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Il est anormal,
    il est grave,
    qu’au sortir de 15 ans de scolarité,
    nos étudiants
    n’aient aucune idée du comment créer une petite entreprise en France,
    ainsi que des mécanismes à maîtriser pour la gérer.

    C’est lié à plusieurs raisons :

    ♦ l’esprit d’entreprendre est pour nos enseignants un gros mot, dont ils n’ont d’ailleurs aucune idée des tenants et aboutissants

    ♦ les formations en économie n’abordent que des concepts généraux,
    privilégiant les concepts à la Zola d’exploitation des travailleurs par l’effrayant dictat du capital,
    comparé à l’étude du partage euphorisant d’une séduisante société qu’il resterait à inventer,
    à l’image de celles ayant appliqué ces beaux principes de partage, mais qui auraient été dévoyées par l’affreux capitalisme .

    ♦ les mécanismes de création d’une entreprise en France sont d’un compliqué à effrayer toute volonté.
    Après avoir étudié pour moi même les chausses trappes et le piège à con social attendant tout créateur d’entreprise en France (sauf rares contre-exemples de réussite),
    j’ai compris que la fonction publique permettait une ascension sociale facile, assistée et pénarde,
    sur le dos de ces indépendants réveurs et illuminés,
    mais dont nous avons tant besoin pour faire bouillir une marmite dont nous profitons à leur détriment.

  • elebeau
    elebeau
    enseignant
    • Posté à 14h00 le 03/03/2010
    • Expert 72516
      enseignant

    Cela fait des dizaines d’années que des gens « importants » font rajouter des pans entiers dans les programmes scolaires, sans se demander comment des jeunes gens, par ailleurs d’intelligence courante et qui n’ont pas peur de travailler, vont faire pour tout ingurgiter.
    Le résultat est un enseignement où les élèves travaillent plus que les adultes, sont perpétuellement angoissés par leurs résultats, sont pour beaucoup à la limite extrême de pression imposée par les profs et les parents.
    Et l’on s’étonne que quelques uns dérapent de temps en temps...
    L’enseignement secondaire n’est pas fait pour que les enfants soient des spécialistes en quoi que ce soit, c’est-à-dire des professionnels avant l’heure.
    L’heure devrait être à sabrer largement dans les programmes et les horaires, pour faire de nos enfants des êtres intelligents, sensibles et cultivés, prêts à devenir des professionnels prêts à mettre leurs savoirs en perspectives pour devenir des acteurs responsables dans la société.
    Qu’on le veuille ou non, le système actuel en fait plus des robots que des citoyens libres, avec l’accord tacite des profs des administratifs et des politiques pour que rien ne change, parce qu’ils ont en fait peur des élèves et que beaucoup d’entre eux ne se sentent pas à la hauteur pour établir le dialogue.
    On en revient de plus en plus au « travaille et tais-toi », ce qui est une étrange méthode si l’on prétend former des citoyens libres...

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