Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Crise grecque : pourquoi l'euro baisse-t-il ?

Jean Matouk
Economiste
Publié le 29/04/2010 à 18h09

L’euro baisse par rapport au dollar. S’il se stabilisait ainsi vers 1,2 ou 1,3 dollar, ce serait une bonne nouvelle pour les exportations européennes qui, déjà, donnent des signes de reprise. Mais cette baisse indique aussi une défiance vis-à-vis de la solidité et de la « consistance » de la zone euro.

Pourquoi l’euro baisse-t-il ?

En 2008, la Grèce affichait un déficit de 2,7% du PIB, pratiquement égal à ceux de la France et de l’Italie, tandis que l’Allemagne était à l’équilibre (prévisions économiques OCDE -décembre 2008).

Puis vint la crise et, courant 2009, tous les pays devaient avouer des déficits bien supérieurs aux 3% fixés pour l’euro. Ils en sont à 7% ou 8% (OCDE novembre 2009).

Mais la Grèce, elle, n’a cessé de revoir son déficit en hausse : 10% au printemps 2009, 14% au printemps 2010. On sait maintenant qu’à l’aide d’artifices, notamment, dit-on, des manipulations financières avec une filiale londonienne de la banque centrale grecque, et la « technique » de Goldman Sachs, le gouvernement a réduit le montant apparent de ses déficits et de sa dette.

Sans doute les équipements des Jeux olympiques de 2004, certainement de grandes largesses fiscales, s’ajoutant à une fraude systématique, et à des « exportations » non moins massives de capitaux, ont à la fois augmenté les dépenses et fait baisser les recettes bien au-delà de l’affichage pour Bruxelles.

On soupçonne aussi qu’une part des subventions européennes a été détournée vers des intérêts privés.

Le nouveau gouvernement de Papandréou a dû avouer ces turpitudes et fait aujourd’hui face à une dette qu’on estime entre 300 et 400 milliards d’euros pour un PIB de 230 milliards, soit environ 125% à 150% de ce PIB, plus du double de la « norme euro ».

Du coup, la Grèce est traitée comme un vulgaire emprunteur et doit sur-payer ses emprunts. Tout se passe comme si elle présentait un risque de faillite. Au lieu du taux de 3% que payent France et Allemagne, on exige d’elle des taux supérieurs à 10%.

Conséquence : le « service » de cette dette alourdira un peu plus les dépenses budgétaires et creusera plus encore le déficit futur.

Manifestations populaires grecques, lenteurs allemandes

Pour faire face à ses dettes, l’Etat grec est contraint à une très dure rigueur budgétaire, notamment sur le nombre et les salaires des fonctionnaires. Ceux-ci protestent et manifestent ; on peut les comprendre : si les administrations ont bénéficié de créations d’emplois excessives, ce ne sont pas leurs salariés qui sont à l’origine du maquillage comptable.

Mais du coup, l’application du plan de rigueur devient moins probable et le doute monte sur la capacité de l’Etat grec à rembourser. Les agences de notation abaissent régulièrement la « note » de la Grèce comme emprunteuse, ce qui relance les spéculations sur le risque de « défaut » de la Grèce et pousse un peu plus les taux à la hausse.

On voit là le rôle « procyclique » pathogène que peuvent jouer ces agences dans les états de crise : au prétexte d’avertir les emprunteurs, elles les affolent et aggravent le mal.

L’Etat grec peut-il faire faillite ?

Très peu probable ! Pour Jean Claude Trichet, il est impossible qu’un Etat de la zone « fasse défaut ». Pour l’éviter, les autres pays de la zone ont donc décidé d’un « paquet » de prêts directs de chacun d’eux de 30 milliards -6 milliards pour la France, 8 milliards pour l’Allemagne- s’ajoutant à un prêt de 15 milliards d’euros du FMI (à un taux préférentiel de 5%, donc plus bas que le marché).

Soit 45 milliards d’euros au total pour une première année. On envisage même 100 ou 120 par la suite ! Pas de prêt de l’Union, ni de la Banque centrale européenne. Le traité de Maastricht l’interdit.

L’Allemagne renâcle à débloquer sa part en place, car Angela Merkel sait que les Allemands sont plutôt hostiles à cette aide à un pays qu’ils considèrent comme étant peu sérieux, du « Club Med » comme ils disent. Or, des élections régionales importantes auront lieu le 9 mai . Le « paquet » sera donc décidé autour du 10 mai, comme vient de l’annoncer le Président de l’Union, Herman Van Rompuy.

Quel est le lien de ces évènements avec la valeur de l’euro ?

L’accord européen d’aide à la Grèce démontre que la zone euro a un minimum de « consistance », de solidarité. Cela devrait renforcer l’euro. Mais les « marchés » -entendez les « traders » et divers spéculateurs qui opèrent sur les marchés- imaginent, au vu des manifestations, que le gouvernement Papandréou ne pourra pas imposer finalement son plan de rigueur. C’est aussi ce que vient de dire Hans Werner Sinn, directeur de l’IFO, un institut économique allemand très écouté.

Alors ni ces 45 milliards euros, ni même 100 n’y suffiraients. Et il ne resterait plus à la Grèce qu’à chercher un brusque supplément de croissance, donc d’emplois et de recettes fiscales. Le tout en sortant de la zone euro, avec un retour au drachme [l’ancienne monnaie grecque] et une glissade de celui-ci de 15% ou 20%, afin de stimuler brutalement ses exportations, notamment touristiques pour cet été.

Or, une sortie de la Grèce reporterait immédiatement la méfiance vis-à-vis du Portugal, de l’Espagne, tous deux aussi légèrement déclassés par les agences de notation. Et pourquoi pas, après-demain, une méfiance à l’encontre de la France.

Ceci signifierait une menace évidente de disparition progressive de la zone euro. C’est pourquoi, malgré le plan européen, tant qu’il n’est pas vraiment « activé » et tant que dureront les manifestations grecques, l’euro baissera.

C’est tant mieux pour tous les exportateurs de la zone euro si ce cercle vicieux s’enraye à la mi-mai. Au delà, cette baisse deviendrait un bien mauvais augure.

  • 11718 visites
  • 45 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • BA
    BA
    -
    • Posté à 18h17 le 29/04/2010
    • Internaute 41511
      -

    Pourquoi l’euro baisse-t-il ?

    Il y a peut-être une explication quand on regarde, la Grèce, le Portugal et l’Espagne.

    Les dirigeants politiques européens devraient injecter un total de 600 milliards d’euros (794 milliards de dollars) pour sauver la Grèce, le Portugal et l’Espagne.

    Je dis bien : 600 milliards d’euros pour sauver la Grèce, le Portugal et l’Espagne.

    Lisez cet article :

    European policy makers may need to stump up as much as 600 billion euros ($ 794 billion) in aid or buy government bonds if they are to stamp out the region’s spreading fiscal crisis, said economists at JPMorgan Chase & Co. and Royal Bank of Scotland Group Plc.

    With Greece’s budget turmoil infecting markets from Rome to Madrid, economists are urging German Chancellor Angela Merkel, European Central Bank President Jean-Claude Trichet and other officials to come up with unprecedented measures. Other steps could see governments guaranteeing bonds and the ECB abandoning collateral rules or reviving unlimited lending to banks, the economists said.

    Bonds and stocks plunged across Europe in the past week as Merkel’s government delayed approving a rescue plan for Greece and Standard & Poor’s downgraded Greece, Portugal and Spain. As OECD head Angel Gurria likens the crisis to the Ebola virus, Europe may need to come up with a plan equivalent to the $ 700 billion Troubled Asset Relief Program deployed by the U.S. after the collapse of Lehman Brothers Holdings Inc.

    Lien

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à BA
      Economiste
      • Posté à 18h00 le 30/04/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Nous n’en sommes pas là. Mais il est vrai qu’il faudra sans doute 150 milliards sur quelques années à la Grèce, ce qui pourrait prendre la forme , au moins partiel , d’un rachat par la BCE d’obligations grecques SUR LE MARCHE SECONDAIRE.

      600 milliards ne deviendraient nécessaires que si Portugal et surtout Espagne y passaient. Pour l’instant cela reste douteux.

  • Disciple ressucité
    • Posté à 18h51 le 29/04/2010
    • Internaute 71674

    La dette grecque ? C’est moins de 2% du PIB de l’Europe, j’ai entendu 1,6% à la radio ce matin. A se demander si le problème n’est pas plus allemand que grec.
    Souvent je ne partage pas les opinions de Cohn-Bendit, mais son analyse est intéressante sur un blog de libé : Lien
    Extrait :
    « Je suis persuadé que le gouvernement, en laissant pourrir la situation grecque, a sciemment voulu faire une dévaluation compétitive de l’euro afin de favoriser son commerce extérieur. Il savait qu’en hésitant à venir en aide à la Grèce, il pousserait les marchés, toujours inquiets, à vendre de l’euro. C’est un succès puisque les exportations allemandes se sont envolées. Le pays s’est offert le luxe de démontrer qu’il pouvait à lui seul décider de faire baisser l’euro, ce qui montre que le souverainisme économique allemand est à court terme payant. Cela va conforter l’élite dans son approche de l’Europe, c’est désespérant. Toutefois, une partie des médias conservateurs, comme la Frankfurter Allgemeine Zeitung et Die Welt, commence à réaliser que Merkel joue avec le feu et lui conseillent d’accepter le plus rapidement possible une aide à la Grèce. »

    • Totsaki
      • Posté à 20h35 le 29/04/2010
      • Internaute 7203

      C’est clairement incompréhensible de voir les agences de notation soi disant indépendantes dégrader aussi rapidement la note de la Grece alors que la situation hellenique semble MOINS PIRE que celle de la GB, des USA, voire de l’Espagne.

      Petit rappel (excellent article dans le monde diplomatique de ce mois ci, signé F. Lordon) : la dette du Japon atteint 200% du PIB sans que cela n’émeuve personne.

      Notre dette est « privatisée » donc soumise aux aléas du marché, la dette japonaise est une dette « publique », fondée sur l’épargne nationale : oui c’est possible de reprendre un tant soi peu le contrôle de nos finances publiques ...d’autant plus qu’en France, on passe un peu pour les champions de l’épargne.

      • xaxa
        xaxa répond à Totsaki
        • Posté à 11h31 le 30/04/2010
        • Internaute 88669

        « la dette japonaise est une dette “publique”, fondée sur l’épargne nationale »

        Attention, « l’interiorité » de la dette japonaise est directement liée aux conditions des obligations du trésor japonais (taux très faibles depuis 15 ans et chute du yen depuis 1990 qui grignote le capital venu de l’étranger).

        Seuls ceux qui croient une remontée du yen sont intéressés. Mais ceux-là peuvent placer directement en monnaie, sans s’embêter avec des titres du trésor peu liquide.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Disciple ressucité
      Economiste
      • Posté à 18h02 le 30/04/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Je partage cet avis. j’ai d’ailleurs écrit que la baisse de l’euro était une bonne nouvelle. Mais il faudrait qu’elle soit éventuellement plus rapide, mais pas trop durable. Il est possible que les attermoiements d’Angela Merkel ait cet objectif implicite

      • alaixih
        alaixih répond à Jean Matouk
        • Posté à 17h30 le 01/05/2010
        • Internaute 19775

        Pourquoi pas trop durable ?
        La peur de l’inflation et par conséquent un risque d’augmentation des taux d’intérêt ?
        Pouvez vous expliquer votre point de vue SVP ?

  • Anonyme

    encore un spécialiste qui s’appuie sur la magie.
    l’Europe se serait mise dans l’ennui toute seule...

    Quels sont les actionnaires de Standard and Poor’s (filiale de McGraw hill). ?
    Qui bénéficie de la baisse de l’euro qui taillait des croupières à une autre monnaie de référence ?
    quels spéculateurs étrangers en tirent bénéfice ?

    que de généralités !

    • enfumage
      enfumage
      parti de rien pour arriver (...)
      • Posté à 18h53 le 29/04/2010
      • Internaute 97031
        parti de rien pour arriver (...)

      du baratin d’économiste qui défend le beefsteak de ses maitres à penser US...Haro sur les grecs et l’europe qui ont pris le modèle de la société capitaliste libérale imposée par les USA via le FMi et maintenant que la crise arrive c’est de la faute des européens, elle est bien bonne celle là ... et ce sont les europééns qui vont payer pour cette mafia fiancière US qui a eu les poches plus grosses que son compte en banque et que nous allons renflouer !

      • alaixih
        alaixih répond à enfumage
        • Posté à 18h56 le 01/05/2010
        • Internaute 19775

        Ce fut aussi le cas en 1929, pour l’allemagne.
        Elle s’est retrouvée asséchée.

    • xaxa
      • Posté à 11h39 le 30/04/2010
      • Internaute 88669

      « Qui bénéficie de la baisse de l’euro »

      Les allemands, qui vivent essentiellement des exportations, et qui ont été très secoué par le renchérissement de leurs produits du fait d’un change défavorable.

      Pour la France :
      - Airbus, Areva, Total, Arcelor, ..... : ces entreprises qui travaillent essentiellement en Dollars, et qui avaient du mal du fait de la valeur de l’Euro à vendre leurs produits.
      - les banques francaises : les pertes ont été comptabilisée sur un change de 1.60, et les gains actuels le sont à 1.30$ pour 1 euro. Il faut donc moins de gain pour effacer la perte.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk
      Economiste
      • Posté à 18h03 le 30/04/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      Non , non § les américains n’ont aucun intérêt à la baisse de l’euro. Au contraire ; le dollar bas par rapport à l’euro les favorise.

  • LG240
    • Posté à 18h40 le 29/04/2010
    • Internaute 23978

    C’est marrant : dans les analyses économiques, on est passé directement de « c’est une catastrophe, l’euro est trop haut » à « c’est terrible, l’euro baisse ». J’attends donc « malheur, l’euro remonte » d’ici quelques semaines...

    • jyeden
      jyeden répond à LG240
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 18h45 le 29/04/2010
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      tres bien noté ! !
      l’euro baisse quel bonne chose pour nos exportations
      l’euro baisse quel mauvais chose pour nos importations d’energie
      l’essence grimpera meme si le prix du pétrole en dollards reste fixe

      M ; matouk nous parle d’exportation touristique
      c’est marrant comme expression
      un étudiant qui metterait sa dans une copie de devoir d’économie......gare ! ! ! !

      • Jean Matouk
        Jean Matouk répond à jyeden
        Economiste
        • Posté à 18h05 le 30/04/2010
        • Internaute 1101
          Economiste

        Bien sur que si ! Il y a une balance touristique, et son excédent éventuel est équivalente à une exportation nette.

         
        • jyeden
          jyeden répond à Jean Matouk
          khmer vert ( age des caverne, (...)
          • Posté à 18h15 le 30/04/2010
          • Internaute 20631
            khmer vert ( age des caverne, (...)

          bien sur
          mais le terme exportation touristique c’est marrant !

        1 autres commentaires
  • enfumage
    enfumage
    parti de rien pour arriver (...)
    • Posté à 18h40 le 29/04/2010
    • Internaute 97031
      parti de rien pour arriver (...)

    Eh oui ... l’état de Californie est aussi en faillite aux USA ca n’est pas un problème ... ou prendre du pognon pour renflouer les USA ... chez les chinois ou en Asie ? les confucianistes et autres bouddhistes/hindouistes sont particulièrement retors et déja créditeurs ds bons US et hors de la portée des finances US ... chez les milliardaires arabes du Golfe ? ...Dubai les a refroidit .et le pognon y en a pas tant que ca .. il reste l’Europe et c’est bien sur nous qui allons payer pour qu ’ Hollywood continue de nous enfumer les retraités US se dorer au soleil de MIami et les milliardaires faire peter les magnums de Crystal en allignant les rails de coke ... c’est tout simple mais personne le dit ...attention la marée noire arrive en Louisiane... la catastrophe arrive inexorablement pour eux pas pour nous l’euro s’en remmettra si les européens declarent la guerre financière aux USA en bloquant leur processus de désintégration qui se voit comme le nez sur la figure ... !

  • Totsaki
    • Posté à 20h26 le 29/04/2010
    • Internaute 7203

    Ce n’est pas l’euro qui baisse, c’est juste le dollar qui arrête de plonger.

    On en reparle dans trois mois ? : p

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 00h41 le 30/04/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Jean Matouk n’évoque guère, par comparaison à la Grèce, le déficit du Royaume-Uni. Ni celui des Etats-Unis dont les comptablités sont d’ailleurs délibérement falsifiées. Il ne parle pas trop non plus des hedges funds qui « choisissent » via leurs ordinateurs où se portera la spéculation.
    Il est vrai que les Etats-Unis ne s’embarrassent pas, eux de concepts trop contraignants : la planche à billet de Mill on Potomac fonctionne à plein régime. Ce que ne peut pas se permettre le petit pays qu’est la Grèce.
    Le coup de l’euro faible pour mieux exporter est une antienne qui ne tient plus. A part l’Allemagne et quelques pays de l’Europe du nord, qui exporte ? quoi ? comment ? Tous les conteneurs des ports de la Baltique sont à quai et vides. Depuis 2006, début de la crise économique, les échanges n’ont cessé de diminuer. La tenue de la monnaie europenne n’y est pour rien dans cette baisse qui a aussi touché toutes les zones hors Union Européenne.
    La baisse de l’euro représente une -dangereuse - diversion face au dollar qui lui, ne devrait plus avoir de valeur. Mais sa suprématie n’est -elle pas indispensable à l’Empire ?

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à nemo3637
      Economiste
      • Posté à 18h07 le 30/04/2010
      • Internaute 1101
        Economiste

      On ne peut pas tout dire dans un même article. mais j’ai écrit une autre fois, je crois, que la situation britannique est pire que la nôtre aujourd’hui. Pour les Etats -Unis , c’est différent : ils émettent la première monnaie internationale.

      • nemo3637
        nemo3637 répond à Jean Matouk
        Déchoukeur
        • Posté à 22h04 le 30/04/2010
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        Ce que je voulais dire c’est que la « sanction » qui frappe aujourd’hui la Grèce a un caractère sélectif, que d’autres états - et non des moindres - auraient mérité depuis longtemps un déclassement de leur « note »...

  • fantome de la nuit
    fantome de la nuit
    insomniaque
    • Posté à 05h50 le 30/04/2010
    • Internaute 50069
      insomniaque

    Il est bon de voir, au vu des commentaires publiés sous cet article, que les riverains ne sont pas dupes des petites diciplines rigoristes que voudraient infliger aux peuples ces messieurs de la bien-pensance économique, par leur Savoir d’initiés aux choses de la finance et autres business matters.

    Dernier avatar de ces tentatives d’intimidation par l’intellect : Jean Matouk fait, sous forme de vaticinations cauchemardesques, du chantage à la chute d’une zone euro dont, heureusement, tout le monde se fout.

    Au fait, petit rappel : il y a quelques années, un scrutin populaire avait abouti, en France, à un rejet du projet de Constitution Européenne.

    Alors, l’Europe, alors, l’Europe, alors..........

    • zorbeck
      • Posté à 07h31 le 30/04/2010
      • Internaute 9110

      « Jean Matouk fait, sous forme de vaticinations cauchemardesques, du chantage à la chute d’une zone euro dont, heureusement, tout le monde se fout. »

      Moi pas. En suivant la ligne de votre raisonnement, on peut aussi fantasmer sur le retour au drachme, et pourquoi pas, au franc. Ca permettrait à tous les traders du monde de spéculer de nouveau sans contrainte sur les monnaies européennes, provoquant des dévaluations successives en dehors du mark. On pourrait faire croire aux gens qu’ils y gagnent, ils ne demandent que ca, avec un SMIC à 20 000F. Le seul problème, c’est que le prix du litre d’essence serait à 400F et les taux d’intérêts stratosphériques. La dévaluation d’une monnaie, ca ne concerne pas que les financiers, et c’est ce que vous oubliez dans votre discours populiste.

      • fantome de la nuit
        fantome de la nuit répond à zorbeck
        insomniaque
        • Posté à 07h55 le 30/04/2010
        • Internaute 50069
          insomniaque

        Populiste, moi ? Tout à fait. Vous me faites un compliment en disant cela. D’une manière générale, j’assume le fait de résister à l’élitisme sibyllin des experts de tout poil, particulièrement les économistes.

        D’abord, attention à ne pas confondre dévaluation et dépréciation d’une monnaie. La dépréciation, dont vous parlez en fait, c’est sa variation à la baisse sur le marché des capitaux. la dévaluation, c’est la baisse de son cours organisée, voulue par les décideurs en matière de politique économique.

        La monnaie forte, dogme monétariste en vogue depuis les années 80, a un coût social en termes d’emploi, de stagnation des salaires... Il peut parfois être bon de dévaluer, justement, la monnaie en question, pour booster les exportations... N’oublions pas que les années 70, années d’inflation et d’affaiblissement du franc, fut une période faste pour le pouvoir d’achat des classes laborieuses.

        Quant à la pertinence de l’euro pour faire face aux autres puissances économiques, elle reste à démontrer, c’est le moins que l’on puisse dire. D’une manière générale, la puissance d’une économie n’a jamais fait le bonheur ni même la prospérité du prolétariat, et c’est cela qui compte à mes yeux.

        Bien à vous.

         
        • alaixih
          • Posté à 19h00 le 01/05/2010
          • Internaute 19775

          Exact.

          Mais dans le dogme de la stabilité des prix en zone euro baisse de l’euro par rapport au dollar signifie hausse des matières premières et augmentation de l’inflation et donc hausse des taux et diminution de l’investissement ? ? ? ? .

          • fantome de la nuit
            fantome de la nuit répond à alaixih
            insomniaque
            • Posté à 20h05 le 01/05/2010
            • Internaute 50069
              insomniaque

            C’est bien possible, il faudrait des études honnêtes, objectives, neutres et pas trop encombrées de fatras théorique pour faire une comparaison des avantages et inconvénients liés à la dépréciation d’une monnaie (en l’occurrence, l’euro) , afin d’établir les conditions d’une dévaluation ad hoc (par exemple, en comparaison avec la situation du marché des matières premières).

            Mais pour cela, il faudrait des économistes émancipés des dogmes et des modes paradigmatiques qui font la loi dans ce milieu. ça existe, mais c’est rare...

            • alaixih
              • Posté à 22h29 le 01/05/2010
              • Internaute 19775

              En fait ce n’est pas l’euro qui pose problème mais la politique monétaire européenne par rapport à celle des autres monnaies...

              Prenons la chine qui est est sous évaluée et les états unis qui laissent filer parce qu’ils le peuvent même si ils sont les champions du monde de l’endettement mais vu que leur monnaie sert à coter et payer les matières premières que sont l’or le pétrole etc etc hé bien la confiance n’a rien à voir avec le déficit américain.

              Disons qu’elle est obligée par l’état des choses la confiance.

              • fantome de la nuit
                fantome de la nuit répond à alaixih
                insomniaque
                • Posté à 22h52 le 01/05/2010
                • Internaute 50069
                  insomniaque

                Oui. Ladite « confiance » exprime surtout des rapports de force (géopolitiques notamment).

                Sinon l’euro ne pose effectivement pas problème, pas plus que le franc auparavant, ou les grains de sel après la Révolution-qui-vient.
                Mais s’il n’est pas le problème, il n’est pas non plus une solution.

        4 autres commentaires
      • tlaloc
        tlaloc répond à zorbeck
        Retraité
        • Posté à 12h26 le 30/04/2010
        • Internaute 47359
          Retraité

        Bien dit Le retour au franc serait catstophique pour le niveau de vie des français.

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 07h24 le 30/04/2010
    • Internaute 41511
      -

    Nous venons d’apprendre que les Etats européens devraient prêter en tout 120 milliards d’euros à la Grèce.

    Concrètement, qui devrait prêter combien ?

    - 1- L’Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, l’Allemagne devrait prêter 33,6 milliards d’euros à la Grèce.

    - 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, la France devrait prêter 25,2 milliards d’euros à la Grèce.

    - 3- L’Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, l’Italie devrait prêter 22 milliards d’euros à la Grèce.

    - 4- L’Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total.

    Si le prêt total est de 120 milliards, l’Espagne devrait prêter 14,8 milliards d’euros à la Grèce.

    Lien

    Ce « plan d’aide » pose quatre problèmes insolubles.

    Premier problème : les Etats européens sont eux-mêmes surendettés.

    Deuxième problème : les Etats européens devraient emprunter sur les marchés internationaux, et ensuite re-prêter ces sommes à la Grèce à un taux d’intérêt de 5 %.

    Troisième problème : plusieurs Etats européens devront emprunter à plus de 5 % car ils sont très mal notés par les agences de notation. Exemples : le Portugal doit emprunter à 5,50 %, l’Irlande doit emprunter à 5,20 %.

    Quatrième problème : ces 120 milliards d’euros prêtés à la Grèce seront à fonds perdus car la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.

    Conclusion :

    ce « plan d’aide » n’est pas un plan d’aide. C’est un gigantesque mensonge destiné à rassurer les marchés internationaux.

    C’est du bluff pour faire croire que la Grèce pourra éviter le défaut de paiement.

    • Totsaki
      Totsaki répond à BA
      • Posté à 07h37 le 30/04/2010
      • Internaute 7203

      De l’argent public destiné à sauver les créanciers de la Grèce qui sont en premier lieu les banques européennes, et notamment françaises..

  • Gorn
    Gorn
    Geek farceur
    • Posté à 09h51 le 30/04/2010
    • Internaute 92890
      Geek farceur

    Pour moi l’euro baisse, simplement parce que la plupart des états européens sont dans une situation budgétaire pour le moins difficile. Certaines garanties avaient déjà volées en éclat comme le pacte de stabilité. Les marchés ont simplement moins confiance dans les pays européens et dans l’euro.

    Pour la Grèce, c’est un état donc il n’y aura pas de faillite au sens liquidation bien sûr par contre il faut comprendre que trichet est obligé de vanter la stabilité de l’euro et des états membres. ce n’est pas un discours objectif.

    Contrairement à ce que dit Trichet, la grèce peut faire défaut. Je pense qu’une sortie de l’euro est beaucoup plus improbable. Un défaut & une sortie de l’euro serait pourtant moins pénible comme sortie de crise pour la population, je pense.

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 10h01 le 30/04/2010
    • Internaute 41511
      -

    Les Etats européens devront prêter 120 milliards d’euros à la Grèce.

    Combien au Portugal ?

    Combien à l’Espagne ?

    Taux de chômage record de 20,05 % au 1er trimestre en Espagne.

    Le taux de chômage a atteint un niveau record de 20,05 % en Espagne au cours du premier trimestre 2010, en nette hausse par rapport au niveau de 18,8 % des trois derniers mois de 2009, selon des données de l’Institut national de statistiques (INE).

    Ce chiffre est supérieur aux prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui attendaient en moyenne 19,6 %, mais en ligne avec un rapport préliminaire publié mardi disant que le taux de chômage avait dépassé les 20 % de la population active.

    Le gouvernement espagnol prévoit un taux de chômage moyen de 19 % en 2010.

    Lien

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 10h17 le 30/04/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    Le « marché » est une fiction habile masquant la réalité.

    Le « marché » c’est un groupe réduit d’investisseurs rapaces, circonscrit en nombre, bien réels, qui pille la planète et spolie l’humanité dans son entier.

    Le « marché » c’est le nom cache sexe des prédateurs planètaires qui ne veulent absolument pas que l’on quitte la fiction du « marché » impersonnel, presque abstrait dont on nous rebat les orreilles, de peur d’être répérés.

    Derrière les catastrophes qui s’acumulent sur les peuples, il y a des gens, pas beaucoup, qui font leur fortune sur la misère.

    Sufit juste de les mettre hors d’état de nuire, en nationalisant à sec et en interdisant, ou règlementant, ou taxant fortement la spéculation, en taxant lourdement les mouvements financiers.

    Voler des voleurs, ça se fait.

    Mais confisquer les armes de fous furieux homicides en pleine crise de démence, relève de la simple sagesse.

  • Jacques Bolo
    Jacques Bolo
    Auteur-Editeur-Libraire
    • Posté à 10h49 le 30/04/2010
    • Internaute 37329
      Auteur-Editeur-Libraire

    « Mais les “ marchés ” -entendez les “ traders ” et divers spéculateurs qui opèrent sur les marchés »

    Bonne remarque à généraliser : « l’Etat, entendez les bureaucrates »....

  • ALPE
    ALPE
    assis derrière son ordinateur
    • Posté à 10h57 le 30/04/2010
    • Internaute 112984
      assis derrière son ordinateur

    Si la banque GOLDMAN SACHS est en partie responsable de l’explosion du déficit de la Grèce, pourquoi ne pas l’obliger à renflouer ce pays en la forçant à lui prêter au taux de 3% ? (taux auquel, si j’en crois votre article, empruntent la France et l’Allemagne)

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 12h23 le 30/04/2010
    • Internaute 47359
      Retraité

    Monsieur Matouk l’Allemagne peut sortir de l’euro et avoir un nouveau deutschmark avec l’Autriche et les Pays Bas. Dans les sphères allemandes ce n’est plus un sujet tabou comme le couple franco-allemand.

    • Totsaki
      Totsaki répond à tlaloc
      • Posté à 13h48 le 30/04/2010
      • Internaute 7203

      Il me semble que l’Autriche est hyper -exposée par rapport aux risques de l’Europe de l’Est, pas trop son interet de sortir de la zone euro.

      Pour les Pays Bas, pays exportateur, cela ne me parait pas judicieux de se retaper une monnaie forte.

      Y’en aura toujours pour dire que « c’était mieux avant » sans jamais faire le bilan de ce qu’ils ont gagné/perdu.

      • tlaloc
        tlaloc répond à Totsaki
        Retraité
        • Posté à 16h29 le 30/04/2010
        • Internaute 47359
          Retraité

        L’Allemagne est le pays qui exporte le plus ce pays a toujours été pour une monnaie forte

         
        • Totsaki
          Totsaki répond à tlaloc
          • Posté à 18h08 le 30/04/2010
          • Internaute 7203

          Lien

          Regardez P13 et dites moi qui a tiré le mieux profit du passage à l’euro.

          Lien

          P23 : l’Allemagne fait assembler ces produits en zone non euro et les revend en zone euro : tout benef.

          Et pour tordre le coup à pas mal d’idées reçues (je rappelle que le deficit allemand est de 5.6% pour 2010 : Lien )

          Lien

        1 autres commentaires
  • Mulmjhg
    Mulmjhg
    Ca va
    • Posté à 14h04 le 30/04/2010
    • Internaute 87701
      Ca va

    Il y a quand même beaucoup d’avantages à la baisse de l’euro :

    - Les exportations augmentent
    - Les importations coutent plus cher : l’écart entre la production européeene se rapproche de celle du Trèloindistan ce qui rend les délocalisations moins intéressantes.
    - l’argent dormant des grandes fortunes « fond au soleil », ce qui est bon pour l’économie.

    Quel était l’avantage d’avoir un euro fort déjà ?
    Pourquoi la Chine et les USA veulent une monnaie faible voire sous-évaluée alors que pour l’Europe on nous dit qu’une monnaie forte serait pour notre bien ?

  • BA
    BA
    -
    • Posté à 16h44 le 30/04/2010
    • Internaute 41511
      -

    Moody’s abaisse les notes de neuf banques grecques.

    L’agence de notation financière Moody’s a annoncé vendredi 30 avril qu’elle abaissait la note de solidité financière (BFSR) et de crédit de neuf banques grecques, maintenant une perspective négative, en raison des pressions sur le secteur bancaire dans le contexte économique grec.

    Moody’s pourrait encore dégrader les notes des dépôts et de crédit de ces banques lorsqu’elle réévaluera la note de dette à long terme de la Grèce.

    Les neuf établissements en question sont NBG (Banque nationale de Grèce), Eurobank, Alpha, la Banque du Pirée, Emporiki (filiale du Crédit Agricole), Agricultural Bank of Greece, General Bank of Greece (filiale de la Société Générale), Marfin Egnatia Bank et Attica, détaille Moody’s dans un communiqué.

    Moody’s avait déjà dégradé la note de BNG, Alpha, Eurobank, la Banque du Pirée et Emporiki le 31 mars.

    L’agence de notation estime que le contexte économique grec a des répercussions sur la solidité du secteur financier local, qui a de plus en plus de mal à avoir accès au marchés interbancaire et obligataire et s’appuie donc sur le financement de la Banque Centrale Européenne (BCE).

    « La BCE va rester une source de financement pour les banques jusqu’à ce que la confiance revienne sur les marchés. Cela dit, le soutien de la BCE n’est pas illimité, rappelle Moody’s.

    Autre difficulté pour le secteur bancaire : la mise en place de mesures pour redresser les finances est positive pour la solvabilité du pays, mais peut avoir un coût sur la croissance à court ou moyen terme, souligne l’agence de notation, citant pêle-mêle un risque de hausse du chômage, une baisse des revenus et une moindre rentabilité pour les entreprises.

    Lien

  • la_chose
    la_chose
    Salaud d'économiste
    • Posté à 16h56 le 30/04/2010
    • Internaute 74620
      Salaud d'économiste

    L’idée que le gouvernement Allemand tergiverserais sur le dossier Grecque afin d’obtenir une baisse de l’euro est assez en vogue ces temps-ci.
    Mais en y regardant de plus près la balance commerciale de l’Allemagne est très faiblement excédentaire vis-a-vis du reste du monde. Elle l’est en grande majorité vis-a-vis de la zone Euro et du reste de l’UE. Les chiffres sont facilement et librement accessible sur le site de la bundesbank.
    Du coup une baisse de l’euro n’aurais pas un impact énorme sur les exportations Allemandes, vu que celles-ci sont majoritairement destinées à des pays avec qui elle partage une même devise . Je ne vois donc pas l’intérêt qu’aurais le gouvernement Allemand a jouer à essayer de dévaluer l’euro pour renforcer sa balance courante. La reprise des exportation Allemande est plus une conséquence de la reprise en Europe que du taux de change.

    Au passage, Les importations des pays de la zone euro sont plus sensible aux changements de prix que leurs exportations (élasticité de la demande supérieur). Par conséquent une chute du taux de change aurais tendance a rencherire les importations sans augmenter fortement le volume des exportations. Pour la plus part des pays d’Europe avoir une devise forte n’est pas un mal. C’est douloureux pour quelques grosses entreprises bien connecté au milieu politique et a fort poids symbolique (EADS, Aréva, Total). Cela explique pourquoi leur point de vue est écouté d’une manière disproportionné.

  • tvargentine-
    • Posté à 19h26 le 30/04/2010
    • Internaute 17486

    Il est évident que l’Euro retrouve un niveau de cours par rapport au dollar qui redevient compétitif pour la majorité des pays européens

    C’est une reprise qui refuse de s’appeler dévaluation mais qui instrumentalise une crise économique pour mieux dramatiser et justifier cette dévaluation vis à vis du reste du monde

    Lien

  • barbouille
    barbouille
    surfeuse
    • Posté à 22h35 le 30/04/2010
    • Internaute 62861
      surfeuse

    « car Angela Merkel sait que les Allemands sont plutôt hostiles à cette aide à un pays qu’ils considèrent comme étant peu sérieux, du “ Club Med ” comme ils disent »

    Quelle arrogance tout de même ces allemands !

    néanmoins pour être allé en Grèce il y a quelques années et voir toutes ces maisons en chantiers « pour ne pas payer d’impôts “, toutes ces infrastructures financées par l’ Europe, je me souviens avoir été très dubitative sur le potentiel remboursement.

    bon mon récit ne fait pas très savant, c’était juste une vision, une inquiètude à l’époque, un doute que j’avais émis à l’époque ( et bien sûr j’avais été traitée d’oiseau de mauvaises augures )

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.