Journal d’un prof d’histoire

Entre injonctions politiques, nostalgie d’un passé fantasmé et routines professionnelles, l'enseignement de l'histoire peine à se renouveler et surtout à faire sens auprès des élèves. Au point que l'on peut se poser la question : l'histoire à l'école, pour quoi faire ?

La Maison de l’histoire de France enterrée, Peillon rêve d’une éducation patriotique et militaire

Bernard Girard
Enseignant en collège
Publié le 30/12/2012 à 09h38

La mairie et le monument aux morts de Cannes (Nicolas Jose/Sipa)

Il a suffi d’un simple décret paru au Journal officiel (26 décembre 2012) pour enterrer la Maison de l’histoire de France.

Une mesure règlementaire qui met certes fin à l’un des symboles les plus controversés de l’époque sarkozyenne mais qui ne solde probablement pas les comptes en matière de promotion de l’identité nationale, un domaine décidément imperméable aux changements de majorité politique.

La Maison de l’histoire de France aux oubliettes, reste l’histoire de France, défendue avec une bien curieuse ardeur par le ministre de l’Education nationale.

Un musée à la gloire de l’histoire de France

Le projet d’un musée à la gloire de l’histoire de France avait été lancé par Nicolas Sarkozy à l’automne 2010, dans la foulée du débat avorté sur l’identité nationale, peut-être pour en atténuer l’effet délétère dans une partie de l’opinion publique mais, dans une optique très voisine, avec cet objectif affiché de « renforcer l’identité qui est la nôtre ».

L’initiative présidentielle avait très vite rencontré l’hostilité d’un certain nombre d’historiens mais une hostilité à géométrie variable : entre un Pierre Nora dénonçant « un projet coûteux et complètement inutile » et les signataires d’un appel (Isabelle Backouche, Jacques Le Goff, Gérard Noiriel et d’autres) critiquant la vision « étriquée, rabougrie » véhiculée par le futur musée, les divergences n’étaient pas que dans les détails.

A vrai dire, après que l’implantation du musée a été fixée sur le site des Archives nationales, c’est du personnel des Archives qu’est venue l’opposition la plus vive, avec une longue grève renforcée par l’occupation des locaux.

Si le changement de majorité au printemps dernier devait finalement être fatal à la Maison de l’histoire de France, c’est, si l’on interprète les déclarations la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, plus en raison de son coût – plus de 80 millions d’euros – et des contraintes budgétaires que d’une remise en cause de son idéologie sous-jacente.

Car dans l’exaltation de l’identité nationale, on est bien obligé de constater que la gauche ne se différencie guère de la droite, avec l’école en première ligne.

L’identité nationale s’invite à l’école

Considérer – comme on l’a fait un peu trop rapidement à mes yeux – que le débat voulu par Sarkozy, sous l’égide d’un ministère regroupant dans une étrange titulature l’immigration et l’identité nationale, s’était traduit par un fiasco, et que, passée l’agitation médiatique du moment il n’en restait rien, c’est oublier que l’école n’en est pas sortie indemne : elle est même la seule institution à avoir dû traduire, dans son fonctionnement les fantasmes identitaires de ses initiateurs.

Ainsi, alors que la Marseillaise avait déjà été réintroduite dans les programmes de l’école primaire par la loi d’orientation de 2005, la circulaire de rentrée (mai 2011) a cru nécessaire d’en rajouter une couche :

« L’étude de la Marseillaise est obligatoire à l’école primaire ; l’hymne national est appris et chanté par les enfants dans l’école et, chaque fois que possible, lors de manifestations commémoratives. Cet apprentissage est réalisé en CM1. »

Cette incapacité maladive à dissocier l’apprentissage de la vie en société, fonction légitime de l’école, d’une bien hypothétique identité nationale, non seulement n’a pas été remise en cause par le changement de majorité mais s’est au contraire trouvée renforcée par l’actuel ministre de l’Education nationale qui, depuis sa prise de fonctions, s’est multiplié en déclarations à visée patriotarde.

La cure de morale laïque qu’il prétend imposer à l’école sera nationale :

« Nous devons aimer notre patrie – affirmait-il à la rentrée de septembre – Apprendre notre hymne national me semble une chose évidente. »

Un ministre nostalgique des bataillons scolaires

Et lorsque, à l’Assemblée nationale, dans une question écrite, le très à droite député Guillaume Larrivé l’interpelle sur la participation des élèves aux « cérémonies patriotiques », non seulement Peillon ne s’attarde pas sur cette confusion entre mémoire et patriotisme mais il trouve le moyen de surenchérir :

« Le ministère de l’Education nationale attache la plus grande importance à la participation des classes aux commémorations nationales, qui s’inscrivent dans le parcours de citoyenneté créé par la loi de 1997 portant réforme du service national, et dans le cursus d’éducation à la défense et à la sécurité nationale. Une participation active incluant, notamment, l’interprétation de la Marseillaise par les élèves est privilégiée. »

Traduction : pour Peillon, nostalgique des bataillons scolaires, la mémoire est indissociable d’une éducation militaire, mise à mal par la disparation du service national mais qu’il compte bien restaurer. Autrement dit, l’école comme substitut de la caserne.

Dans cette optique, et sans tarder, Peillon a choisi de confier la commémoration des deux guerres mondiales en milieu scolaire à des intervenants provenant principalement du ministère de la Défense et des associations d’anciens combattants.

Dans sa réponse au député, il précise que les responsables académiques – qui n’ont sans doute rien de plus urgent à faire – devront dorénavant lui fournir le relevé de tous les élèves participant aux commémorations, avant de revenir sur cette promesse du candidat Hollande (10 mars 2012) de renforcer encore la collaboration entre l’école et l’armée.

Gageons que, de toutes les promesses électorales de Hollande, cette dernière est de celles qui lui coûteront le moins d’efforts…

La prochaine loi d’orientation sur l’école s’accompagnera de nouveaux programmes dont la responsabilité reviendrait à un conseil supérieur des programmes.

Pourtant, le ministre ne cesse d’intervenir brutalement dans le débat, en dehors des structures de concertation, imposant ses vues sans aucune considération pour les acteurs de l’éducation.

Pour ce qui touche à l’enseignement de l’histoire, il serait national, « patriotique », dit-il mais aussi militarisé. Quelque chose qui nous ramène loin en arrière, aux débuts la troisième République, période sur laquelle le ministre de l’Education semble faire une étrange fixation.

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  • Etudianty
    Etudianty
    Etudiant émergent
    • Posté à 10h05 le 30/12/2012
    • Internaute 189903
      Etudiant émergent

    Quelle tristesse de constater la présomption de totalitarisme dès que l’on évoque notre - souvent glorieuse, parfois douloureuse - histoire de France !
    L’identité n’est pas seulement le fondement d’un peuple - les mondialistes comme vous s’en moquent d’ailleurs éperdument - mais elle est surtout à la base de notre démocratie. Comment attribuer des droits et imposer des devoirs sans déterminer fermement nos frontières nationales ?
    La dilution de l’identité nationale conduit à toutes les irresponsabilités, et est responsable de l’instabilité mondiale qui menace nos valeurs instituant les libertés les plus fondamentales.
    Le mythe du citoyen global, dépourvu de toute identité nationale, c’est la réalité du citoyen affranchi de tous devoirs et dont les droits ne dépendent que de sa force. Sans identité nationale, la régression culturelle deviendra inéluctablement une régression économique puis une régression de civilisation.

    • Le funambule
      Le funambule répond à Etudianty
      A l'ouest
      • Posté à 12h03 le 30/12/2012
      • Internaute 196669
        A l'ouest

      Qu’est-ce que tu mets comme sens derrière « l’identité nationale » ? Parce que si tu y mets ce que voyaient les Guéant et autres Sarkozy, alors oui, je réfute le terme.

      Connaitre son histoire, savoir d’où on vient est une chose, brandir un étendard débile en est une autre.

      Les m^mes qui prônaient l’identité nationale et r^vaient d’un musée de l’histoire de France supprimaient les cours d’histoire de l’Education Nationale. Me dis pas que ça ne te pose pas un problème.

      Supprimer la connaissance pour faire avaler je ne sais quelle version de notre histoire et de nos prétendues valeurs, cela permettait toutes les dérives, à commencer par le révisionnisme.

      Notre identité, c’est à nous de nous la construire, à l’intérieur d’un pays, d’une Europe, et du monde. Parce que m^me si on rejette la globalisation telle qu’elle est faite actuellement, on ne peut nier qu’on appartient d’abord à l’humanité.

      Pour construire cette identité, il nous faut la connaissance et la capacité d’analyse.

      Ce n’est pas du tout ce que nous préparait le président sorti. Ce n’est pas non plus ce que je vois dans l’obligation pour les écoliers à participer aux commémorations de toutes sortes, qui risquent plus d’instrumentaliser que de construire.

      • Etudianty
        Etudianty répond à Le funambule
        Etudiant émergent
        • Posté à 13h13 le 30/12/2012
        • Internaute 189903
          Etudiant émergent

        L’identité nationale doit être définie comme l’affirmation pleinement assumée et revendiquée de notre héritage historique. Cet héritage est pleinement cristallisé par les principes et valeurs de notre République qui est actuellement l’une des formes de civilisation les plus abouties que l’humanité n’ait jamais connue.
        Il va sans dire qu’il n’est aucunement question d’instrumentaliser l’histoire, nous devons l’appréhender dans son ensemble au travers des faits avérés.
        Nous devons alors assumer la responsabilité de cette histoire qui fait de nous des citoyens différents de ceux des autres nations et qui nous a permis de bâtir un modèle de civilisation extrêmement avancé. Notre histoire vécue doit être notre guide pour la construction d’un futur encore plus brillant.
        Il ne s’agit certainement pas de se fermer aux autres nations, mais de comprendre que notre progrès n’est possible qu’en assumant pleinement notre différence et en la cultivant. A cet égard, la dilution des identités nationales impulsée par une mondialisation sauvage n’appelle qu’un nivellement par le bas qui n’a d’autre nom que le déclin.

         
        • Le funambule
          Le funambule répond à Etudianty
          A l'ouest
          • Posté à 13h31 le 30/12/2012
          • Internaute 196669
            A l'ouest

          Quel joli discours... Dis donc, en te lisant, j’ai l’impression de voir de jolis aryens, forcément supérieurs, de civilisation forcément supérieure.

          L’une des formes de civilisation les plus abouties dis-tu ? Et ça va les chevilles ?

          Des citoyens différents des autres ? Ben vi, déjà je suis apparemment bien différent de toi.

          Pas besoin de chercher pour qui tu votes.

          • Etudianty
            Etudianty répond à Le funambule
            Etudiant émergent
            • Posté à 15h48 le 30/12/2012
            • Internaute 189903
              Etudiant émergent

            Ne pas répondre aux insultes est une règle de vie que je m’impose avec la plus douloureuse des rigueurs.
            Néanmoins, je reste persuadé qu’il y a moins de différences entre nous deux qu’entre nous et l’africain appauvri, le sud-américain et le russe corrompus, l’asiatique asservi.
            Nulle ambition de hiérarchiser les civilisations, mais force est de constater que nos ancêtres ont historiquement construit une société meilleure en France. Préservons courageusement cette différence si nous tenons à poursuivre notre chemin de libertés et de prospérité.
            La différentiation par l’excellence n’est pas l’ennemi de la tolérance et de la générosité qu’elle nous rend par la suite capable de répandre.

            • Le funambule
              Le funambule répond à Etudianty
              A l'ouest
              • Posté à 19h17 le 30/12/2012
              • Internaute 196669
                A l'ouest

              Des insultes ? Je ne crois pas en avoir proféré contre toi. Simplement, quand on lit ta prose, on a je crois une idée assez précise de ce que tu crois.

              Tu ne hiérarchises pas les civilisations. Tu dis juste qu’il y en a de meilleures que d’autres. Et hasard de l’histoire, tu ajoutes que la notre figure parmi les plus grandes.

              A part ça, tu as raison, tu ne hiérarchises pas du tout.

              Tant que tu es tolérant et généreux, tout n’est pas perdu, va.

        3 autres commentaires
    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à Etudianty
      Enseignant en collège
      • Posté à 14h38 le 30/12/2012
      • Expert 31637
        Enseignant en collège

      Les nations, c’est, à tout casser, 200 ans dans l’histoire des hommes, et encore, en ratissant large. Est-ce à dire qu’en dehors de ces 200 ans, il n’y a eu ni culture, ni civilisation ? Conception curieuse de l’histoire des hommes, surtout si l’on considère que le siècle du plein achèvement des nations, le 20e siècle, fut sans doute le pire dans l’histoire de l’humanité.

      • Listéria
        Listéria répond à Bernard Girard
        particulier
        • Posté à 00h12 le 31/12/2012
        • 180828
          particulier

        Pas sûr que cette aspiration à la période qui précède la Révolution française soit partagée par tous. Le temps d’avant la nation est aussi le temps des privilèges.

        On constatera que vos colères rencontrent les inquiétudes de madame Parisot, qui récemment encore s’inquiétait d’un retour à 1789.

      • Domain
        Domain répond à Bernard Girard
        etudiant en droit
        • Posté à 15h29 le 01/01/2013
        • Internaute 192826
          etudiant en droit

        On peut aussi considérer que la nation est un système qui s’est construit lentement depuis la féodalité. Cela fait beaucoup plus large que 200 ans.

        Par ailleurs, il serait intéressant de savoir à quelle idéologie vous vous raccrochez pour vous permettre ce détachement superbe vis-à-vis de la notion nationale ?

  • Taladris
    Taladris
    Ancien observateur
    • Posté à 10h23 le 30/12/2012
    • Internaute 141499
      Ancien observateur

    « La cure de morale laïque qu’il prétend imposer à l’école sera nationale :

    “ Nous devons aimer notre patrie – affirmait-il à la rentrée de septembre - Apprendre notre hymne national me semble une chose évidente. ” »

    Quelle rapport avec la laïcité dans cette citation ?

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à Taladris
      Enseignant en collège
      • Posté à 14h40 le 30/12/2012
      • Expert 31637
        Enseignant en collège

      Effectivement, aucun rapport, sauf que c’est Peillon lui-même qui le fait dans son entretien avec la presse sur l’enseignement de la morale laïque.

  • XavXav
    • Posté à 10h36 le 30/12/2012
    • Internaute 28444

    censored by the author...

  • villate
    villate
    bien situé
    • Posté à 10h40 le 30/12/2012
    • Internaute 95968
      bien situé

    Bof ce n’est pas une grande perte, au vu du quinquennat charlozyste on se serait encore retrouvé un concept fumeux pro mondialiste.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 10h44 le 30/12/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    C’est sûr, qu’il n’est pas aisé de créer une idéologie nationale, dans une une économie mondialisée.

  • Homo Endettus
    Homo Endettus
    Grolandais
    • Posté à 10h48 le 30/12/2012
    • Internaute 196020
      Grolandais

    Encore de l’argent qui aurait été gaspillé pour que Sarko laisse son empreinte comme ses prédécesseurs (pyramide du Louvre pour Mitterand, musée du quai Branly pour Chirac,....). Cela est d’autant plus pathétique lorsque l’on regarde à quel point le volume horaire des cours d’histoire ont fondu sous Sarko dans l’enseignement secondaire (pas de cours d’histoire pour les terminales scientifiques...une honte ! !)

  • Le funambule
    Le funambule
    A l'ouest
    • Posté à 11h00 le 30/12/2012
    • Internaute 196669
      A l'ouest

    On va pas pleurer pour un machin de plus de l’autre tsar clone qui nous a gavé de son travail famille patrie pendant 5 ans.

    Par contre, on aimerait bien que le nouveau gouvernement s’occupe sérieusement d’apprendre l’histoire, de France, de l’Europe et du monde autour, puisque l’histoire de France ne peut ^tre comprise que dans son environnement.

    Et qu’il n’aille pas, dans une course à l’échalote de plus, aller titiller la fibre nationaliste de quelques nostalgiques d’une « France forte » en obligeant nos jolies t^tes blondes, rousses, brunes ou noires à commémorer je ne sais quel évènement.

    On peut apprendre son histoire sans ^tre endoctriné. C’est du moins ce que je crois.

    Et je crois aussi qu’il est important de savoir d’où on vient. J’ai l’impression que pas mal de ceux qui nous chantent la supériorité de notre « civilisation » ont des carences dans le domaine.

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à Le funambule
      Enseignant en collège
      • Posté à 14h43 le 30/12/2012
      • Expert 31637
        Enseignant en collège

      Certes mais l’histoire de France nous apprend-elle d’« où l’on vient », surtout lorsqu’elle s’intéresse principalement, comme c’est le cas à l’école primaire, à celle des chefs (abusivement qualifiés de « héros ») ou de batailles ?

      Jeanne d’Arc, Clovis, Louis XIV ou Napoléon ne sont pas mes ancêtres, les vôtres non plus probablement.

      • Le funambule
        Le funambule répond à Bernard Girard
        A l'ouest
        • Posté à 19h13 le 30/12/2012
        • Internaute 196669
          A l'ouest

        J’ai des filles en primaire. On n’apprend pas ça. Mais comment ils vivaient à l’époque.

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 12h56 le 30/12/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    Les déçus de l’abandon du projet pourront se rabattre sur le remarquable Musée du Maréchal Pétain de Cauchy-à-la-Tour.
    Il est vivement conseillé de pratiquer le pas de l’oie lors de la visite. Le salut romain est également apprécié.
    LIEN

  • Elliot147
    Elliot147
    gauchiste non repenti
    • Posté à 13h24 le 30/12/2012
    • Internaute 190330
      gauchiste non repenti

    D’abord faudrait-il qu’on définît ce qu’est une histoire patriotique.
    Celle qui transforme en titres de gloire les souffrances infligées à d’autres peuples, qui brode une litanie de louanges aux grands noms ou qui explique à quel prix ils ont façonné leur époque ?
    Napoléon premier mérite-t-il la gloire posthume des Invalides aux yeux des Espagnols ?
    Le général Bugeaud, initiateur de la politique de la terre brûlée, doit-il être encensé pour avoir réussi la pacification de l’Algérie en remplissant les cimetières ? Selon certains historiens indépendants de toute idéologie patriotarde un tiers de la population indigène fut exterminé.
    Toute l’ambiguïté du projet de Sarkozy était dans l’idéologie qui sous-tendait son projet et qui était à l’origine du débat avorté sur l’identité nationale. Cette dernière a été comprise pour ce qu’elle était : une tentative d’exclure du champ de la nation ceux qui étaient déjà exclus comme victimes de l’histoire officielle.
    Et toute l’ambiguïté de l’histoire patriotique de Peillon ne se retrouve-t-elle pas dans l’ adjectif patriotique ?
    Bref pour faire des citoyens responsables et respectueux des lois doit-on les abreuver d’hagiographies qui, pour certains d’entre eux, sont autant de coups de poignards dans la mémoire de leurs aïeux.
    Plutôt qu’une histoire patriotique qui occulte, minimise et isole du contexte historique pour ne retenir que ce qui sied aux chantres de la grandeur éternelle de la France et faire ainsi œuvre de propagande, ne devrait-on pas développer le concept d’histoire citoyenne, critique et formatrice ?

  • Z.W.
    Z.W.
    ?
    • Posté à 13h46 le 30/12/2012
    • Internaute 194943
      ?

    Ce qui est ambigu, ce n’est pas l’abandon de ce projet stupide, cher et scientifiquement suspect, mais plutôt votre façon, systématique, de construire une réalité parallèle que je n’ai rencontrée dans aucun collège...Vous ignorez ainsi sciemment l’enseignement actuel de l’éducation civique (ex : 5e, le chapitre sur l’identité, qui se veut multiple ; ou en 3e, tout ce qui concerne la citoyenneté européenne), mais aussi celui de la géo, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est ouvert sur le monde.

    Par ailleurs, vous faites comme si le discours d’un ministre avait une influence directe sur notre enseignement et son contenu... Vous n’allez pas me dire que vous y croyez, à ce discours de circonstance ! Quand on voit ce que sont nos programmes actuels, élaborés sous des ministres de droite...

    Pour finir, vous recommencez avec vos contresens sur les commémorations des guerres mondiales. Tout votre paragraphe sur ce point accumule des contre vérités et surtout anticipe un travail qui n’est pas encore achevé. A ce stade, personne ne sait encore quelle forme prendront ces commémorations, ni qui fera quoi, et encore moins quel sera le rôle exact des AC et de l’armée, et ce d’autant plus que la gestion de ces commémorations est décentralisée à l’échelle des départements. Alors sous entendre que l’armée en profitera pour faire sa propagande dans nos collèges, c’est vraiment du pipeau.

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à Z.W.
      Enseignant en collège
      • Posté à 14h45 le 30/12/2012
      • Expert 31637
        Enseignant en collège

      L’éducation à la défense serait donc pure invention ? Allez un peu voir ici : Lien

      • Z.W.
        Z.W. répond à Bernard Girard
        ?
        • Posté à 15h07 le 30/12/2012
        • Internaute 194943
          ?

        Mais oui, l’éducation à la défense, c’est du pipeau, parce que :

        1) L’armée ne vient dans les collège que si des profs veulent monter un projet, et ce sera comme cela aussi pour les commémorations à venir. Donc, l’éducation à la défense, ça vient entre la prévention routière, l’hygiène bucco-dentaire et la prévention des conduites addictives, si on veut et si on a le temps. Donc, chez nous, pas du tout.

        2) Vous trouverez les mêmes sites que celui que vous citez, jolis tout pleins, sur tous les sujets qu’on essaye de nous imposer année après année (cf au dessus)...ça ne veut pas dire que tous les élèves de France sont soumis à une propagande militariste intensive. Le site que vous donnez en lien, c’est de la com qui additionne des navets et des carottes, histoire de justifier son budget. Tout pareil que le trinôme académique, que tous les intervenants font semblant de trouver utile et enrichissant parce que ça coûte bonbon.

        3) On peut monter un projet avec le MDN sans que ce soit du militarisme. Peut être tout simplement parce qu’on a besoin de fric pour sortir les élèves, et que l’Acmisa n’a plus rien. Ou alors parce que les archives du SGA, de l’ECPA-D sont super riches. Ou encore parce que les thèmes du concours de la résistance et de la déportation sont intéressants...

  • Rienzi
    Rienzi
    Bien pensant hystétique
    • Posté à 18h25 le 30/12/2012
    • Internaute 195966
      Bien pensant hystétique

    Ha on la voit venir de loin le leitmotiv gauchiste Plenelisant du Camarade commissaire Girard...

    Nation ? pouaaah ! Hommage aux combattants ? pouaaah ! l’armée intervenant pour des sujets concernant la guerre ? pouaaah c’est vrai qu’à l’armée ils ne doivent rien y pomper en matière de champ de bataille............

    On croirait entendre une Christine Boutin nous expliquant que le metal crée des générations de jeunes ultra-violents aux yeux injectés de sang....
    Ou les stressés des jeux vidéo violents qui en parlent comme des Hitlerjugend....

    Ce qui est amusant c’est que de la même façon que des rappeurs se plaignant sur des plateaux de télé de la désertion de l’état dans leur zones ( sans jamais dire pourquoi à savoir que forcément quand on flambe tout et que l’on agresse facteurs / policiers / médecins / pompiers ben ils n’ont plus envie de venir...) vous ne vous épanchez jamais sur ce que donne l’éducation < » dénationalisée « > post soixante-huitarde que vous fantasmez tant...

    Cela produit a la masse des individualistes forcenés qui ne respectent rien, n’ont aucune valeur, aucun socle culturel qui ne connaissent même plus l’histoire du pays dans lequel ils vivent.
    Cela nous donne des Depardieu, pour prendre un exemple récent, qui se barre payer des impôts en Belgique, ce qui est tout à fait cohérent malheureusement, si on vous enseigne que la nation n’est rien ( et même que ca sent le souffre !) et bien il ne faut pas s’étonner que l’attachement patriotique n’existe plus... conclusion que leur reste-il ? le pognon ! et tanpis s’il faut aller vivre en Suisse, Belgique ou que sais-je encore pour mieux en profiter.

    <“Votre‘> éducation n’est rien d’autre qu’une machine à produire les êtres parfaits dont rêvent le libéralisme.... complétement déracinés, plus de culture, plus d’attachements, plus de frontières... des esclaves de la consommation.

  • fanch soleil
    fanch soleil
    imprimeur
    • Posté à 11h34 le 01/01/2013
    • Internaute 78522
      imprimeur

    Henri Salvador avait fait une excellente chanson : « Nos ancêtres les gaulois »
    du au fait qu’il était noir. Quel peut-être le rapport avec nos ancêtres pour des Sarkozy, Valls, Gallo, Luca ,j’en passe et des meilleurs.
    Comment peuvent-ils s’approprier l’histoire de France ? Moi-même, je n’ose
    rais pas et pourtant, je suis breton et français à 100% ! ! ! !

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