Le règne des nouveaux colons en Afrique
Parmi les réactions à la décision du président gabonais Omar Bongo de faire emprisonner cinq opposants le 31 décembre, celle de Cédric Kalonji, l’un des blogueurs de Rue89.
Après les « indépendances », au départ des colons blancs du continent Africain, les colons noirs ont pris la relève. Ils travaillent en étroite collaboration avec les colons blancs.
Les principes de cette collaboration :
- Le colon noir et le colon blanc exploitent les richesses du pays colonisé. Les bénéfices sont partagés entre les deux colons et rien à foutre de la population qui peut crever.
- Le colon blanc s’engage en échange à soutenir le colon noir, de lui apporter une aide matérielle et militaire s’il le faut pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, histoire de veiller sur les intérêts des deux colons.
- Le colon blanc apporte de temps en temps nourriture et médicaments sous forme d’aide « humanitaire » pour panser les plaies consécutives à la mauvaise gouvernance du colon noir.
- Le colon blanc ouvre les portes de son pays au colon noir et à sa cour. Ces derniers peuvent investir en toute sécurité l’argent qu’ils récoltent chez le colon blanc. Ils peuvent garder leur fortune dans les banques, acheter des hôtels, des appartements et des voitures luxueuses… Ainsi, à titre d’exemple, les banques suisses ont soigneusement gardé la fortune du dictateur congolais Mobutu.
- Le colon noir et sa famille n’ont pas de problèmes de visa pour aller au pays du colon blanc. Les enfants du colon noir ont accès aux grandes universités du pays du colon blanc alors que les écoles et universités des pays colonisés peinent à fonctionner.
- La population des pays colonisés qui tente de fuir la misère, conséquence directe des accords entre colons, se voit fermer les frontières des pays des colons blancs.
Peut-on encore s’interroger sur la léthargie de l’Afrique alors qu’il apparait clairement que malgré son changement de forme, la colonisation du continent africain est encore une réalité ?
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Consultant
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Lecture partielle de Cédric Kalonji sur l’Afrique postcoloniale. Si l’analyse de Kalonji est valide pour l’Afrique de l’ouest, elle s’avère tronquée pour la région des Grands Lacs africains. Ici l’aspect dominant du postcolonialime est plutôt un colonialisme des Etats africains sur d’autres Etats africains. On est en présence d’un nouveau genre de piraterie étatique transfrontalière que certains anthropologues de la guerre appellent « entreprenariat militaire » : des campagnes de sièges qui rappellent celles qui ont ravagé l’Europe des temps immémoriaux. On voit ainsi des Etats surarmés mais dépourvus de ressources traverser leurs frontières pour aller piller les Etats voisins en faillite. Le Burundi, l’Ouganda et le Rwanda sont ainsi allés piller la RDC et, jusqu’aujourd’hui, les ressources de l’est de la RDC continuent à émarger officiellement sur le Produit Intérieur Brut du Rwanda. Lorsque ces Etats ne s’engagent pas activement dans ces campagnes de pillages, ils envoient chez leurs voisins des bandits internationaux pour y razzier des ressources : en RDC, le chef de guerre Nkundabatware fait de la piraterie au profit du Rwanda. On voit ainsi que dans les Grands Lacs les « colons blancs » ne jouent pratiquement aucun rôle !




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