Un Kongolais en Gaule

Le blog de Cédric Kalonji, étudiant congolais à Lille.

Laurent Nkunda arrêté : la paix ou un simple répit pour le Nord-Kivu ?

Cédric Kalonji
Journaliste
Publié le 25/01/2009 à 10h30

Laurent Nkunda arrêté au Rwanda, c’est un coup de théâtre. On parlait il y a encore quelques semaines de ce général déchu de l’armée congolaise comme étant un homme fort, infligeant des défaites à l’armée régulière congolaise. Il parlait même d’amener sa guerre sur toute l’étendue du territoire pour « libérer le peuple d’un gouvernement irresponsable ».

Spectaculaire retournement de situation entre amis et ennemis d’hier. L’homme fort du CNDP se retrouve dans les filets de son allié et principal fournisseur en armes et munitions. L’accord signé récemment entre les gouvernements congolais et rwandais porte ses fruits. Kinshasa qui a toujours accusé Kigali de soutenir la rébellion et de piller les ressources naturelles dans les zones occupées accepte d’ouvrir officiellement la porte à plusieurs bataillons de l’armée rwandaise pour mener une opération de chasse et de désarmement forcé des rebelles FDLR Hutus.

6000 rebelles hutus sur le sol congolais

Ces combattants, dont le nombre est estimé à 6000 sur le territoire congolais, sont accusés d’abriter dans leurs rangs certains auteurs du génocide rwandais de 1994. Ils ont toujours réclamé un dialogue interrwandais et de la place pour une opposition dans leur pays, chose que le régime de Paul Kagame semble bien déterminé à ne pas leur accorder.

Les termes exacts de l’accord entre Kinshasa et Kigali sont tenus secrets. Le gouvernement congolais entretient un total brouillard autour du nombre de soldats rwandais engagés, de la nature exacte de l’opération et de sa durée. Dans cette chasse aux combattants Hutus, éléments du CNDP et armée congolaise qui s’affrontaient il y a encore quelques semaines s’allient aux côtés du Rwanda.

L’armée rwandaise n’est pas à sa première traversée de la frontière congolaise. A chaque fois, la chasse aux FDLR a toujours été l’excuse officielle. En 1996, le Rwanda était le principal allié de Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président, dans une guerre pour renverser le régime de Mobutu. Deux ans plus tard, la même armée combattait aux côtés d’une nouvelle rébellion composée essentiellement d’anciens dignitaires du régime mobutiste qui en voulaient à celui qui les avait poussés à l’exil.

De toutes ses incursions sur le sol congolais, l’armée rwandaise n’a jamais réussi à anéantir les combattants Hutus. Elle ne s’est par ailleurs jamais vraiment attaquée à leurs positions mais s’est plutôt retrouvée sur d’autres territoires, éloignés des positions des FDLR. Toutes les régions occupées par l’armée rwandaise pendant les différentes guerres au Congo ont un point commun : la richesse de leur sous-sol en minerais (or, diamant, coltan, cassitérite,…)

Les questions sans réponses

Le retour pour une énième fois de l’armée rwandaise sur le sol congolais suscite des interrogations au sein de la population et réveille les vieux monstres. Malek, étudiant résidant à Goma, s’interroge :

« Je ne comprends pas à quoi joue le gouvernement. Personnellement je garde un très mauvais souvenir des antérieures présences de troupes Rwandaises au Congo. En 2003, j’ai été sérieusement battu par un militaire rwandais, simplement parce que j’avais refusé de dégager des pierres placées en barricade sur la route après des manifestations de protestation par rapport à leur présence. Maintenant, nos dirigeants les laissent revenir, je ne comprends rien ».

Ce nouvel accord entre le Congo et Rwanda permettra-t-il une normalisation des relations entre les deux pays et un retour de la paix dans la région des Grands lacs ? Trop tôt pour l’affirmer. La situation dans cette région est pleine de rebondissements. En tout cas, apprendre que Nkunda est sous les verrous accorde un répit aux populations du Nord-Kivu, mais pour combien de temps ?

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  • mah
    mah
    • Posté à 11h23 le 25/01/2009
    • Internaute 64660

    Cedric, parlez nous aussi des peuples de cette région et de leur vie de tous les jours.
    Pourquoi se laissent-ils entrainer dans des guerres sans fin.
    je me rappelle du balet rouandais en visite dans une ville de France : beaucoup d’energie, de beautée et de lumière dans les regards.
    Cette énergie peut-elle être dirigée vers uniquement le bien être de chacun ?

  • zorbeck
    • Posté à 12h47 le 25/01/2009
    • Internaute 9110

    Enfin un peu d’espoir dans une des regions du monde les plus ravagées par la guerre et son cortège de sauvageries aveugles (il y a eu la bas beaucoup plus de victimes que sur toutes les guerres du Moyen Orient, guerre Iran/Irak comprises) et je ne comprends pas que les medias ne manifestent pas d’avantage d’enthousiasme pour cet accord inespéré.
    C’est vrai qu’entre la decision « officielle » et sa réalisation, il y a parfois plus qu’une marge, mais dans ce cas-ci l’accord me parait tout à fait souhaitable, car c’est faire un front commun contre deux ennemis de la paix : Nkunda mis hors circuit (c’est fait), et front commun contre les genocidaires Hutus (qui servaient de justificatif aux forfaitures du premier).
    Si le deuxieme point aboutit, la paix sera peut-etre enfin possible, et pourquoi pas l’etablissement de relations economiques profitables à toute la region. C’est pour moi un espoir immense pour l’Afrique, une victoire inesperee de la sagesse sur la haine, et une avancee de la paix dans le monde. Je serais curieux de savoir si Obama a joué un role, pourquoi pas apres tout...

    Au fait : j’aimerais savoir ce qu’est devenue Lucie Verinque qui etait sur place. Ses articles m’ont vraiment interressé et son silence m’inquiete.

  • Kabuye
    Kabuye
    Bolingo !
    • Posté à 14h52 le 25/01/2009
    • Internaute 67123
      Bolingo !

    Comme Malek, beaucoup de Congolais tardent à comprendre. Avec l’aide des Hutu du FDLR, ils ont chassé leur concitoyens d’ethnie tutsi. Ceux-ci croupissent dans des camps de refigiés en Uganda, au Burundi et au Rwanda depuis bientot 10ans. Bon nombre d’entre eux ; après avoir echapé aux assassins, sont morts et continuent à mourir de faim, de maladies, ... sur une terre etrangère, dans le silence assourdissant et l’indifférence et de l’état congolais et de la communaute internationale. Celà, Malek & co ne peuvent pas le comprendre. De ces camps devenus de mouroirs, ceux qui ont encore un peu de vigueur ce sont résolus prendre les armes avec Nkunda pour défendre leurs droits contre un gouvernement irresponsable et d’une inconscience criminelle. Le tandem FDLR -Gouvernement de Kabila constitue à nos yeux (et évidement aux yeux du regime de Kigali, pour d’autres motifs) une menace a éradiquer a tout prix. Maintenant, Kinshasa semble axceder a un peu de lucidite et tente de s’allier avec ceux qu’il prétendait détester à mort ! ! Bravo ! ! Pourvu que ce ne soit pas au détriment des peuples tutsi et assimilés des régions de l’Est du Kongo. Nous acceptons difficilement que notre leader Nkunda serve de monnaie de change s’il y a éspoir de revivre paisiblement. En tant que militaire, lui-meme acceptera ce sacrifice suprême. Mais gare a qui se croira assez malin pour nous essayer de se jouer encore de notre destin ! !

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 15h28 le 25/01/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    je ne comprends pas bien tout ce qui se passe au Congo, mais je me demande comment une armée de 6000 hommes rwandais tutsis appelée à faire la chasse au hutus pourra ramener la paix ! ça risque fort de tourner à de nouveaux carnages... avec la bienveillance du gouvernement de la RDC

    lu dans un communiqué de la MONUC

    « Les rebelles hutu rwandais demandent “à la communauté internationale de ne pas soutenir les solutions belliqueuses au problème politique rwandais mais d’oeuvrer plutôt à la tenue d’un dialogue inter-rwandais dans les meilleurs délais”. “

    Lien

    • Mundélé
      Mundélé répond à caro
      Blanc en lingala, langue (...)
      • Posté à 11h25 le 26/01/2009
      • Internaute 57448
        Blanc en lingala, langue (...)

      pffff... mais il n y a aucun interret pour la communauté international de mettre en place un dialogue inter-rwandais...

      Les choses sont tres bien ainsi (cf. mon post plus bas....)

      Le telephone sonne sonne...
      > personne pour le decrocher
      Le telephone resonne
      > C est la faucheuse, elle vient te parler
      « La voiture est en panne oh »
      > Plus de place pour les condamnés
      « La voiture est en panne oh »
      > brisé sous le poid des coltaniser
      elle te dit : « viens donc, viens donc les chercher »
      > toi qui fixe les prix sans compter les morts
      elle te dit : « viens, aide moi a porter »
      > toi qui fixe les prix et ne compte que l’or.

      Mais que des sourds pour en parler...
      Que des muets pour ecouter
      Et que des sourds pour en parler...
      Je le dis, je le pense et le vis : L’usufruit de leur vie est bien ici ! ! !

      >> Congo, batela coltan na yo congo ! !

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 18h13 le 25/01/2009
    • Internaute 45440
      Consultant

    Voici donc le Rwanda qui, d’une pichenette, fait tomber l’un des derniers bandits internationaux des Grands Lacs africains. Le plus bizarre, dans cette saga de Nkundabatware qui rappelle les méandres et rebondissements d’un mauvais film nigérian, c’est que jusqu’à très récemment ce gangster faisait la guerre par procuration au profit du Rwanda. Ce revirement brutal du Rwanda illustre quatre constantes aux répercussions durables pour le peuple congolais :
    1) la coopération militaire rwando-congolaise et la planification de ce blitzkrieg se sont effectuées dans l’opacité la plus dense, sans aucune implication du Parlement congolais ;
    2) l’impunité des Etats et des individus dans cette région (ni le Rwanda ni Bosco Ntaganda, l’autre sanguinaire qui est l’auteur du coup de force contre Nkundabatware et qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale, ne répondra jamais des actes qui ont dévasté les populations civiles congolaises) ;
    3) la faillite peut-être irréversible de l’Etat congolais qui, même au nord dans la Province Orientale, fait appel au concours de l’armée ougandaise pour contrer les sauvages de la Lord Resistance Army (LRA) ; et
    4) tout comme en 1997-1998, l’Etat congolaise invite dans ses frontières le Rwanda pour y pourchasser ses dissidents. Au cours de la première campagne, on a parlé d’un « contre-génocide » perpétré sur les réfugiés hutus au Congo — un lourd tribut moral sur la conscience du peuple congolais.

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 18h15 le 25/01/2009
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    La paix au Nord-Kivu ? Tous aux abri, super-Sarko a un plan : le « partage de l’espace et des richesses naturelles »...
    Pour qui ?

  • Mundélé
    Mundélé
    Blanc en lingala, langue (...)
    • Posté à 11h03 le 26/01/2009
    • Internaute 57448
      Blanc en lingala, langue (...)

    Voila peut être quelques eclairsissement sur le conflit qui n a rien de congolais... si ce n est sa situation geographique...

    Les pans de voile commencent à être levés. Il est désormais clair que toutes les guerres d’agression imposées à la République démocratique du Congo sont dictées de l’extérieur. Mieux, de véritables coups de boutoir en vue de consacrer l’inexistence de la RDC en tant qu’Etat et Nation. Si le « Plan Cohen » évoque le rattachement économique du Kivu au Rwanda et à d’autres pays anglophones, le président français vient de jeter le pavé dans la mare en proposant la « restructuration » de la région des Grands Lacs. Donc la balkanisation de la RDC pour des raisons économiques.

    Pendant que le CNDP, nouvel hydre à deux têtes(fraichement décapité), fait diversion à Nairobi et que les bonnes âmes font semblant de croire que la paix au Kivu résultera des négociations en cours, la » communauté internationale » - appellation générique qui désigne avec une fausse pudeur l’Amérique du Nord et l’Union européenne ainsi que les institutions financières à leur dévotion, FMI et Banque mondiale - réfléchit sérieusement au remodelage de l’Est du Congo en guise de remède à l’instabilité de la région.

    Un ballon d’essai a été lancé par l’américain Herman J. Cohen dans son article Can Africa Trade Its Way to Peace ? paru le 16 décembre 2008 dans le New York Times, présentant son « plan de fin de guerre “ pour le Kivu, sans aucun doute conforme à la conception que se font les Etats-Unis de ce que devrait être dans un futur proche la région des Grands Lacs : un ‘ marché commun ’ incluant l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, le Kenya et la RDC elle-même qui, avec la libre circulation des personnes et des biens, garantirait aux entreprises des pays membres - comprenons celles du Rwanda, essentiellement - l’accès aux ressources minières et forestières du Kivu, contre le versement de droits de douane et de taxes à l’Etat congolais. En outre, selon M. Cohen, ce ‘ marché commun permettrait à la RDC d’utiliser les ports de l’Océan indien qui sont le débouché naturel des produits du Congo oriental plutôt que ceux de l’Océan atlantique, à plus de 1600 km de là ’.

    LA nouvelle donne géopolitique

    L’idée est de conférer une réalité juridique à la nouvelle donne géopolitique des Grands Lacs dont l’analyse montre en effet que la disparition du régime Mobutu, garant de la francophonie dans la région et les deux guerres du Congo, ont marqué, depuis 2002, le glissement des axes géopolitiques de l’Afrique vers l’Est et le Sud anglophones, au profit du monde culturel swahili vers l’Océan indien et l’Asie et au détriment de l’Ouest de la RDC lingalaphone, de l’Afrique centrale francophone (Gabon, Congo-Brazzaville, Cameroun) et de l’Afrique de l’Ouest, majoritairement francophone.

    Les Français ont démontré depuis 1994 leur profonde méconnaissance de la géopolitique de la région lorsqu’ils soutinrent jusqu’au bout les régimes finissant de Juvénal Habyarimana au Rwanda et de Mobutu Sese Seko au Zaïre. Il semble qu’ils n’ont pas davantage compris que le plan de Herman J. Cohen - loin d’être une solution de paix pour le Kivu - n’est que le moyen de préserver les seuls intérêts économiques américains et anglo-saxons, (canadiens, britanniques, allemands) dans l’unique but d’écarter de ces marchés, la Chine et les autres pays émergents, voire…la France elle-même, dont les intérêts économiques dans la région sont quasi-nuls.

    En vérité, il ne s’agit que de cela : maintenir la RDC dans son rôle de libre-service minier pour les multinationales occidentales et reconnaître au Rwanda son rôle de puissance régionale dominante et sa qualité de sous-traitant privilégié des intérêts occidentaux dans le transfert des ressources en lui assurant la possibilité de continuer à profiter de l’exploitation du Kivu, déjà intégré de fait à la zone économique rwandaise depuis dix ans.

    L’enjeu chinois

    Effectivement, la ‘ communauté internationale se méfie du Président Joseph Kabila, coupable d’avoir voulu diversifier ses partenaires pour la reconstruction et le développement de la RDC et permis ainsi à la Chine de prendre pied au Congo grâce à la signature en novembre 2007, d’importants contrats miniers et de coopération. On notera que la guerre du Kivu a été relancée par le CNDP peu après les accords RDC/Chine et que, parmi les exigences de Laurent Nkunda figure celle de voir remis en cause les contrats chinois. Comment expliquer cette étrange revendication sinon qu’elle relaie la crainte des Occidentaux et de leur obligé rwandais de voir la Chine rafler toutes les matières premières rares dont le Congo regorge. Cette crainte est la raison du soutien, plus que jamais d’actualité, de la communauté internationale ’ au Rwanda. Le Rwanda de Paul Kagamé a toujours voulu placer un allié stratégique au pouvoir à Kinshasa ; il est possible qu’un changement de gouvernement à Kinshasa ne déplaise pas à la ” communauté internationale “ . De même, la partition du Congo avec un Kivu sous domination totale du Rwanda entre dans son objectif de redessiner la géographie politique des Grands Lacs.

    Il est fort probable que les intentions américaines échappent à Nicolas Sarkozy, peu au fait des réalités africaines comme l’a démontré son discours de Dakar en juillet 2007. En réalité, ses propositions pour ramener la paix au Kivu, dévoilées en partie le 16 janvier à Paris lors des vœux annuels du corps diplomatique, tiennent davantage de la suffisance habituelle du président français, de son hyper-activité planétaire et de sa croyance à pouvoir régler - par le simple fait de s’en saisir - les problèmes du monde que d’une analyse pertinente de la situation géopolitique des Grands Lacs. Cependant, l’initiative française présente de troublantes similitudes avec le plan Cohen et s’inscrit dans la volonté qu’ont les Français de vouloir à tout prix normaliser rapidement leur relation avec le Rwanda, quel qu’en soit le prix, surtout s’il est payé par quelqu’un d’autre, en l’occurrence, la RDC.

    Le plan Sarkozy

    Dans son discours, le président français a décrit le Rwanda comme un ‘ pays petit à la démographie dynamique et à la superficie petite et la RDC comme un pays à la superficie immense ’ avec une ‘ organisation étrange des richesses frontalières (sic). La solution qu’il préconise engloberait la question du partage de l’espace et des richesses ’ de la région. Nicolas Sarkozy met en avant trois axes principaux à son initiative de paix qui doit avoir comme point d’orgue sa visite à Kinshasa, reportée de janvier à mars 2009 - sans doute pour laisser le temps à Joseph Kabila d’accepter les propositions françaises. Selon Nicolas Sarkozy, le premier axe viserait à permettre une coopération pacifique fondée sur l’exploitation en commun par la RDC et le Rwanda des ressources minières du Nord-Kivu au travers d’une société mixte, ce qui permettrait à l’Etat congolais de récupérer une partie des revenus qui s’évaporent entièrement aujourd’hui en raison de l’exploitation illégale et de l’exportation des ressources dont s’occupe le Rwanda ; le deuxième axe porterait sur le règlement de la question foncière sensible au Kivu et source de conflits intercommunautaires ; le troisième consisterait à travailler sur les problèmes de statut pour les minorités du Congo, particulièrement celui des Tutsi. Ce dernier point démontre une totale ignorance des réalités sociologique et culturelle du Congo car poser le ‘ problème tutsi en terme de droit de la minorité ’ n’a aucun sens en RDC où aucune ethnie n’est majoritaire ; de plus, il fait l’impasse sur l’article 10 de la Constitution congolaise du 12 février 2006 qui a définitivement réglé, en suite d’une loi de 2004, la question du droit à la nationalité des Tutsi.

    La conception de M. Cohen et les propositions françaises ne représentent rien de nouveau car les palinodies de la MONUC depuis sa création en 1999, les négociations pipées avec un CNDP maintenant dédoublé, ne peuvent cacher que le but final des Occidentaux depuis la mise en tutelle du pays (2002) est l’atomisation du Congo.

    L’histoire se répète

    Et l’Histoire, pour le Congo, semble dangereusement se répéter. L’indépendance du Congo, en 1960, n’a pas été acceptée par le colonisateur belge. Soucieux de préserver leurs intérêts dans l’exploitation du Congo, les Belges mais aussi les Anglais, les Français, les Américains, les Rhodésiens, les Blancs d’Afrique du Sud poussèrent le Katanga à la sécession : les combats, l’intervention de l’ONU sont les signes du marchandage qui a eu lieu entre les multinationales et les gouvernements. Si le Katanga fit retour au Congo après la guerre civile de 1960-1963, c’est que les Etats-Unis se sont mis d’accord avec la Belgique pour exploiter ensemble les richesses du Congo. De fait, l’atomisation du Congo - résultat de 80 ans de colonialisme et de 6 mois (juin 1960/janvier 1961) de machiavélisme - qui démentait le rêve d’un Congo unitaire, indépendant et prospère de Patrice-Emery Lumumba est consubstantielle au plan Cohen et aux propositions de Sarkozy.

    Comment imaginer que ces deux projets puissent voir le jour sans que la RDC n’ait retrouvé sa pleine souveraineté sur ses provinces de l’Est, sans qu’ait été éradiquée la rébellion du CNDP et réglée la question des FDLR ? Si le Président Kabila acceptait les propositions américaines ou françaises de ” fin de guerre “ , cela voudrait dire qu’il reconnaît le leadership régional du Rwanda au détriment de son propre pays réduit au rôle de coffre-fort où tout le monde se sert et qu’il entérine le démembrement de son pays - hier le Katanga, aujourd’hui le Kivu. Pourquoi passerait-il auprès de ses compatriotes ? Patrice-Emery Lumumba paya de sa vie son combat pour l’unité du Congo contre le néo-colonialisme : s’étant convaincu de la partialité de l’ONU il fit appel à l’URSS ; les Etats-Unis ne l’acceptèrent pas et laissèrent le champ libre aux Belges qui firent assassiner Lumumba par leurs sicaires, le 17 janvier 1961. Il importe que Nkunda et sa bande de criminels soit chassés des territoires qu’ils occupent au Kivu et mis hors d’état de nuire une fois pour toutes - idem pour les FDLR - ; le seul point important dans l’immédiat, c’est la libération du territoire. Ce qui semble être bientot fini…
    Il y ait des chances que tout ait deja ete jouer malheureusement…
    Au detriment du peuple…. Comme d’habitude…

    • zorbeck
      zorbeck répond à Mundélé
      • Posté à 23h04 le 26/01/2009
      • Internaute 9110

      Au detriment du peuple dites-vous ?
      Et le peuple, il ne veut pas la paix ? Pourquoi ne pas la réaliser ? C’est un pas dans la bonne direction, non ?

      • Mundélé
        Mundélé répond à zorbeck
        Blanc en lingala, langue (...)
        • Posté à 16h01 le 28/01/2009
        • Internaute 57448
          Blanc en lingala, langue (...)

        le peuple n a pas d argent et pas d armes
        et de toute facon l occident ne le laisserait pas faire
        on les diaboliserait, comme on a diabolisé Lumumba de comuniste

        Il suffit de regarder le plan Sarkozy pour la paix dans la region, pour comprendre qui a le pouvoir de changer les choses, et qui ne le fait pas.

        Nous devrions tous avoir profondement honte de notre train de vie... (telephone, ordinateur portable, reacteur d avion, playstations, etc, etc....)....

        Et le peuple ne peut rien ! ! Il se fait violé sur la place publique avec un Kallach sur la tempe

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