La melodie du travail

Tout pour réussir sa carrière en entreprise, avec tout le mépris et la cruauté que cette tâche requiert.

Banques : leçon de langue de bois pour faire payer l'Etat

Publié le 23/05/2008 à 12h15

On connaît la langue de bois comme méthode (presque) généralisée de communication politique. Elle est bien entendu utilisée largement dans le monde des dirigeants d'entreprise, où elle s'agrémente volontiers d'une touche de mépris, et de quelques nuances de cynisme. Dans le milieu bancaire, en ce moment, ce bouquet semble en pleine floraison.

Joseph Ackermann, directeur de la Deusche Bank, et que la presse suisse pressentait pour devenir le futur patron d'UBS, grande banque helvétique (il faut dire qu'il est d'origine suisse), tint à peu près ce discours, le 15 mai au symposium de l'université de Saint-Gall, au micro de la Radio Suisse romande (reproduit tel quel, avec l'inimitable style suisse-allemand) :

Journaliste : Vous avez depuis plusieurs mois déjà proposé un certain nombre de mesures en terme de transparence, de règles comptables, de standards internationaux. Est-ce que la crise passée, on ne va pas oublier tout ça ? Joseph Ackermann : Ah non, pas du tout. On est en train de rédiger une proposition finale avec quelques recommandations et nous avons beaucoup de soutien de toutes les grandes banques globales, et c'est pour nous quelque chose qui est très très important, parce qu'il faut une réponse du secteur privé.

Autrement, je crains que le secteur public officiel va intensifier les régulations d'une façon qui n'est pas bien pour le développement du marché en général.

Journaliste : C'est-à-dire que si le secteur privé, si les banquiers ne prennent pas les devants, ils courent le risque de voir l'Etat faire la loi à leur place. Maintenant, vous avez quand même demandé une aide à la main publique ? (L'Etat qui fait la loi à la place des banques… terrifiant, non ? )

Joseph Ackermann : Pas une aide, mais une… une action coordonnée entre la politique monétaire, fiscale, la politique conjoncturelle et les activité du secteur privé. Je pense qu'on a vu une solution très pragmatique aux Etats-Unis dans le secteur immobilier, et je suis convaincu qu'à partir de la deuxième partie de cette année, on verra un progrès énorme dans ce secteur. (C'était quoi, la question, déjà ? )

Journaliste : Vos adversaires vous reprochent de vouloir socialiser les pertes et de continuer à profiter des gains.

Joseph Ackermann : Non, absolument pas, on ne veut pas protéger les actionnaires ou le management, c'est tout à fait clair, mais il y a des entreprises qui font tellement partie du système global qu'il est mieux de protéger le système, parce qu'autrement, on a des coûts sociaux et économiques qui sont beaucoup plus grands que les coûts pour protéger cette entreprise ou cette banque individuelle.

Aux Etats-Unis, c'est vraiment maintenant un thème très discuté, et c'est la même chose en Europe, alors c'est tout à fait clair. On a eu la situation en Angleterre, on a eu la situation en Allemagne, il faut exactement la même chose, mais encore une fois, je n'ai jamais dit de socialiser les pertes. Je dois aussi ajouter qu'on paie des impôts, et c'est quand même quelque chose qui socialise les profits.

Je résume le propos : il ne faudrait pas que l'Etat intervienne dans nos affaires, mais bien sûr, il est normal qu'il mette la main à la poche.

« Les fourmis devront payer pour les cigales »

Au passage, apprécions le terme « socialisation des pertes », qui sonne bien. Dans la traduction d'un article du Financial Times, Martin Wolf explique plus en détail ce que socialiser les pertes veut dire, d'un point de vue de dette publique, et surtout… pour les gens comme vous et moi :

« De la même façon, toute crise financière prolongée aura pour conséquence presque inévitable une hausse de l'endettement du gouvernement américain.

“Une augmentation de la dette publique se traduit de façon presque invisible, par une augmentation sur le long terme des dettes des ménages. Mais il s'agit d'une socialisation de dettes d'origines privée : les fourmis devront payer pour les cigales.”

Il faut donc comprendre que ce qui est socialisé, ce sont des dettes, potentiellement non remboursables, car les banques revendent leurs dettes à l'Etat. L'Etat couvre bel et bien leurs déficits. Et… il n'a pas le choix. Sinon, tout s'écroule.

Donc, pas de souci, quelle que soit la responsabilité prise par les différents acteurs, les conséquences ne pourront pas être à la hauteur : il n'y a aucune proportionnalité des risques. Comme l'explique, entre autres, Michel Aglietta, les gouvernements ne peuvent pas laisser le système bancaire s'effondrer. Sinon c'est la catastrophe.

Quand les pots sont cassés, c'est celui qui a la colle qui doit se mettre au boulot

Que vient nous dire Joseph Ackermann ? Il veut bien sûr éviter toute ingérance de l'Etat, ça lui ferait sans doute trop mal, mais en revanche, l'argent des banques centrales, et du contribuable, est le bienvenu.

Et avec un peu de chance pour lui, ça passera sans problème. Car il est dans le camp des vainqueurs, ceux qui vivent sur le mode d'“après moi, le déluge”, comme disait Marx. Quand les pots sont cassés, c'est celui qui a la colle qui doit se mettre au boulot, quel que soit le responsable.

C'est là aussi toute la dialectique du dirigeant, celui qui organise en parallèle son discours et sa fuite, celui qui économise en prônant la consommation, qui cherche du boulot ailleurs en motivant ses troupes. Pas la peine de s'énerver, tant que le discours est lisse, les victimes n'ont qu'à se rendre à la raison.

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  • sigmundfrit
    • Posté à 12h35 le 23/05/2008

    C'est ça le vrai libéralisme, on spécule, on prend des risques insensés, en refusant toute intervention et régulation de l'Etat au nom du marché qui régule tout (paraît-il) à long terme, on paie le moins d'impôts possible, et quand ça va mal on demande à l'état d'intervenir, non pour réguler et empêcher que cela recommence, mais pour colmater les brèches, jusqu'au jour où il n'y a plus d'argent disponible, car les classes qui produisent de la plus-value sont exangues... Pour faire repartir le cycle, on détruit massivement les forces productives, c'est la guerre, des dizaines de millions de morts (parmi les plus défavorisés) puis on reconstruit et on recommence la spéculation, les jeux de hasard...
    Quand l'être humain comprendra-t-il que cela ne pourra pas durer éternellement ?
    Et Delanoë qui nous dit que seule l'économie de marché produit des richesses...

    • pingouin_force_attak
      • Posté à 12h38 le 23/05/2008

      Delanoë pense à 2012... la France est à droite, Delanoë cherche à gagner les voix de droite.

    • pablico
      pablico answers to sigmundfrit
      Sudoku et Nord de face
      • Posté à 17h20 le 23/05/2008
      • Internaute
        Sudoku et Nord de face

      merci de mettre le doigt dessus.
      On nous bassine avec le libéralisme.
      Qu'on fasse du vrai libéralisme. Le libéralisme est violent par essence , la concurrence est violente par essence.
      Voyez-vous de la violence dans notre monde « libéral' ?
      entre les entreprises, les banques, il n'y a aucune violence. Pourquoi ? car elles ont une base d'actionnaires communs (genre fonds de placement).
      La seule violence est subie par les petits actionnaires, les employés, les clients, et l'état (nous qui n'avons aucun intérêt direct dans leur affaire).

        ah quelle saine bagarre, quelle saine compétition, quelle malsaine escroquerie !

      ex : quand le crédit lyonnais va mal, ses concurrents viennent l'aider au lieu de l'achever ! ! (pécher de lèse-libéralisme)

      on nous fait prendre des vessies pour des lanternes

    • Un compte supprime
      • Posté à 16h58 le 23/05/2008

      Delanoe souscrit-il a ce liberalisme la ?

      • pingouin_force_attak
        • Posté à 18h53 le 23/05/2008

        le libéralisme est-il vrai compatible avec le socialisme (j'en sais rien, question hein ^^)

         
        • Salmon
          • Posté à 19h22 le 23/05/2008

          Libéralisme ne veut pas dire capitalisme, hein ; je suis toujours choqué qu'on confonde les deux : en fait, le tour de force des capitalistes, c'est d'avoir fait croire qu'ils étaient du côté des libéraux, et surtout que les responsables de tous les maux dans le monde, ce sont les communistes (sic). Quelle est la différence fondamentale entre le libéral et le capitaliste ? Ils n'ont pas la même vision de ce qui constitue le but et le moyen. Pour le libéral, le but est d'exercer son travail et d'être reconnu pour sa qualité ; l'argent n'est que le moyen d'y parvenir. Pour le capitaliste, le but est l'argent, et le moyen pour y arriver est le travail (des autres...), qu'il considère comme une marchandise, donc sujette aux lois de l'offre et de la demande.
          J'espère avoir été clair : Delanoë n'effectue PAS un tournant à droite, il veut juste réaffirmer les valeurs de la gauche, et reconquérir ce terme perverti par l'utilisation qu'en font les capitalistes. A part ça on est un peu hors-sujet, mais je pense que préciser cela est nécessaire.

          • pingouin_force_attak
            • Posté à 20h00 le 23/05/2008

            je posais une question, vous y répondez clairement et précisément, merci.

          • kestiontoi
            kestiontoi answers to Salmon
            • Posté à 20h32 le 23/05/2008

            « Pour le libéral, le but est d'exercer son travail et d'être reconnu pour sa qualité ; l'argent n'est que le moyen d'y parvenir. » (Salmon)
            Depuis quand l'argent est-il le moyen de voir la qualité de son travail ?
            Exercer un travail reconnu n'est-il pas le but de l'immense majorité des Hommes ?

            « Pour le capitaliste, le but est l'argent,... » (Salmon)
            L'argent n'est-il pas le but commun du capitalisme et capitalisme ?
            Que doit-on penser de la médecine libérale ?
            Les cliniques ne laissent-elles pas à l'hôpital les interventions non rentables pour ne pas dire juteuses ?
            Pourquoi regroupe-t-on maintenant clinique et hôpital sur un même lieu ?
            Et que dire des honoraires du secteur 2 ?
            Comment se fait-il que certains malades ne trouvent-ils plus que des médecins au tarif sécu ?
            Libéralisme et capitalisme n'ont-ils pas comme point commmun : faire de l'argent ?

            • yamato
              yamato answers to kestiontoi
              • Posté à 22h15 le 23/05/2008
              • Internaute

              Bonjour à tous,

              Cher kestiontoi, tu semble outre que X ou Y « veuillent faire de l'argent ».

              Mais tu veux, il veut, nous voulons faire de l'argent. L'argent n'est jamais que l'expression d'une richesse matérielle et d'un pouvoir. Le problème est de pur humanisme, le libéral, le communiste, le capitaliste, le holiste ( ? ! ) sont-ils humanistes ?

              S'ils le sont, ça peut marcher...et l'argent ou tout autre forme de représentation du pouvoir économique est remis à sa place.

          • kkadim
            kkadim answers to Salmon
            • Posté à 22h24 le 23/05/2008

            si le libéralisme ne se confond pas avec le capitalisme ( l'urss était une forme de capitalisme d'état, d'ou la haine des libéraux en pouvant supporter un capitalisme autre que le leur ), le libéralisme est étranger à l'humanisme et viscéralement hostile à la démocratie , je dirais même que l'essence du libéralisme est la perversion de la démocratie. il vise essentiellement à garantir le pouvoir au plus puissant. il n'est guére différent, au fond, de tous les discours de ceux détiennent la puissance et veulent la conserver.

            • grodeni
              grodeni answers to kkadim
              • Posté à 22h55 le 23/05/2008

              Salmon tentait, si j'ai compris, de redonner au terme « libéralisme » son sens originel. En ce sens, je crois que le libéralisme est une valeur de gauche (et même essentiellement socialiste) et profondément démocratique.
              En revanche, il faut reconnaitre à la droite (et pas seulement)le mérite du tour de force consistant à faire prendre à ce concept un sens strictement économique qui va, parfois, à l'encontre du libéralisme défini initialement. Et c'est un très joli coup, car le libéralisme est un terme qui a des résonances exquises (en raison de son histoire entre autres).

              Pour ces raisons, je crois que l'on peut sans états d'âme aller à l'encontre du libéralisme, mais se souvenir, notamment pour éviter les pièges, les confusions et comme source de réflexion, qu'on le prend dans son acceptation « moderne », ne parait pas un luxe et pourrait même participer par certains aspects au renouveau de la gauche.

          • pierrejcallard
            pierrejcallard answers to Salmon
            http://www.nouvellesociete.org
            • Posté à 03h35 le 24/05/2008
            • Internaute
              http://www.nouvellesociete.org

            @ Salmon : Excellent ! Pour ne variation sur le même theme, voir le lien.

            Lien

            Pierre JC Allard

          • survivant
            survivant answers to Salmon
            • Posté à 09h49 le 24/05/2008

            @ salmon,

            Exact libéralisme ne veut pas dire capitalisme : les libéraux ne sont que les laquais des capitalistes. en revanche les capitalistes ne peuvent rien sans les libéraux qui les protègent militairement, fiscalement. échanges de bons procédés les laquais reçoivent de somptueux cadeaux : ballades sur des yatchs, bouffes au fouquet's ect ect. Les serfs, eux, agitent chaleureusement leurs chaînes et remplissent la tirelire de la mafia. Il y en a même qui vont voter pour les libéraux en espérant avoir une part du magot, ils achètent du matériel à crédit en se faisant passer pour des milliardaires c'est pour dire jusqu'où la connerie humaine peut aller.

        • unagi
          unagi answers to pingouin_force_attak
          卑語
          • Posté à 12h49 le 24/05/2008
          • Internaute
            卑語

          le « libéralisme économique » est l'application au domaine économique des principes fondateurs du libéralisme : liberté, responsabilité, propriété. Ils contestent à la fois la légitimité et l'efficacité de l'action étendue de l'État, et, selon les tendances, demandent la limitation plus ou moins grande voire totale de ses actions dans le champ de l'économie. Ils considèrent notamment que la puissance publique n'a ni la légitimité, ni l'information nécessaire pour prétendre savoir mieux que les consommateurs ce qu'ils peuvent ou doivent consommer ou pour prétendre savoir mieux que les producteurs ce qu'ils peuvent ou doivent produire.

          l'essence même du libéralisme est de contester la légitimité et l'efficacité des politiques d'interventions étatiques.
          Sommaire

          très sommairement le socialisme défend les individus et leurs libertés par l'intermédiaire de l'état, seul organisme capable d'apporter des garanties.
          Sur le principe libéralisme ne peut se fondre dans le socialisme. Qu'a encore de socialiste le parti socialiste ? ? ? ? ? ? ?

          • survivant
            survivant answers to unagi
            • Posté à 13h48 le 24/05/2008

            @ unagi,

            Vous, vous semblez avoir un compte à régler avec delanoë et le parti libéral socialiste.

            De toutes façons il n'existe plus de socialistes en Europe. Le nom est resté pour faire comprendre aux niais qu'ils sont là dans l'opposition quand ça dérape chez les laquais du capitalisme. Le nom socialiste est une couverture libérale. Le temps que les idiots qui votent pour des enflures s'y retrouvent entre libéraux et libéraux les années passent les enfoirés restent.

            Seule issue pour le peuple l'@narchie

        11 other comments
      • unagi
        unagi answers to Un compte supprime
        卑語
        • Posté à 08h49 le 24/05/2008
        • Internaute
          卑語

        évidement ou avidement, Delanoe ne dit pas autre chose, j'essaierai de vous retrouver un lien sur conditions d'attribution du marché du velib.

      • unagi
        unagi answers to Un compte supprime
        卑語
        • Posté à 09h01 le 24/05/2008
        • Internaute
          卑語

        socialisme et delanoe

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  • pingouin_force_attak
    • Posté à 12h36 le 23/05/2008

    Si j'ai bien compris, pour les actions irréfléchies des banques, le type qui galère pour boucler son mois devras payer pour les renflouer ? ? ? ? Et tout sa sans contreparties ? De qui se moque-t-on ? Aujourd'hui, les banques sont toutes puissantes, elles peuvent faire leur conner*** sans craintes puisque le contribuable qui lui ne gagne pas des milliards d'euro va l'aider à combler ses dettes et que les gouvernements n'osent et ne peuvent pas sanctionner les abus. Aujourd'hui, on est dans un système tellement libéral que si les banques coulent, elles font couler le reste du monde avec (d'où l'obligation pour les ETATS des différents pays de les renflouer). Et après, on vient te parler de secrets bancaire, avec les conneries qu'ils font, ce serait la moindre des choses que TOUTES leurs actions soient contrôlées par l'ETAT.
    Pour simplifier, en langage compréhensible pour tout le monde : celui qui ne gagne pas beaucoup va devoir aider le milliardaire à conserver son argent, puisqu'il contrôle les entreprises.

    Vraiment, quel joie le libéralisme !

    • Unstern
      • Posté à 17h31 le 23/05/2008
      • Internaute

      @ Pingouin Force Attack

      Ben oui, c'est exactement ça, vous avez tout compris.

      Quand le Crédit Lyonnais a bu le bouillon, ce sont tous les Français qui, par l'intermédiaire de leurs impôts, ont mis la main à la poche pour combler le trou… Elle est pas belle, la vie ?

      Ah oui, j'oubliais, il y a encore les paradis fiscaux, qui permettent aux plus riches de planquer leurs sous à l'abri de tout impôt…

      La question, c'est de savoir dans quelle mesure un(e) social-démocrate comme Delanoë ou Royal compte pactiser avec ce système pourri, et dans quelle mesure il/elle compte le réguler, voire le réformer. Bon, parce que ce n'est pas Besancenot ou Arlette, si respectables qu'ils soient, qui pourront dans l'immédiat proposer des solutions concrètes…

      Nous verrons bien lorsque nous connaîtrons mieux les programmes respectifs de BD et SR. Tout en sachant bien qu'un programme pondu en 2009 peut fort bien, en raison des variations de la conjoncture, être à moitié caduc en 2012…

      • Les Chats
        Les Chats answers to Unstern
        • Posté à 18h11 le 23/05/2008

        « ce n'est pas Besancenot ou Arlette, si respectables qu'ils soient, qui pourront dans l'immédiat proposer des solutions concrètes »

        Tout à fait, mais il peuvent et DOIVENT dénoncer ce système et faire des propositions, les autres devront se positionner par rapport à ces propositions.

      • kestiontoi
        kestiontoi answers to Unstern
        • Posté à 20h36 le 23/05/2008

        « Ah oui, j'oubliais, il y a encore les paradis fiscaux, qui permettent aux plus riches de planquer leurs sous à l'abri de tout impôt » (Unstern)
        Et certains politiques ne jouiraient-ils pas eux_aussi de ses paradis fiscaux ? ?

      • pierrejcallard
        pierrejcallard answers to Unstern
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 03h56 le 24/05/2008
        • Internaute
          http://www.nouvellesociete.org

        C'est un plaisir de voir comme tout le monde comprend. La phase II, c'est de comprendre que, puisque ça ne va pas assez mal pour justifier une révolution avec du sang dans la rue et que seule une révolution pourrait changer les choses, il ne se passera rien du tout et tout va continuer de la meme facon.... CQFD

        Pierre JC Allard Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h38 le 23/05/2008
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Du temps ou le pouvoir chretien ( catholique) etait interdit banquaire , les banquiers Juifs minoritaires avaient pas interets à pousser le bouchon trop loin ...
    Ensuite les premiers banquiers Protestants avaient au moins une morale ..protestante ( morale individuelle respect du travail plus que de la speculation )
    Aujourd » hui , les banquiers , c'est n » importe qui , ils n » ont plus aucune morale , ni individuelle , ni religieuse , ni citoyenne , ni nationale , ni respect du travail . Plus aucune ! Que le fric international , point !

    Je lance juste le debat , hein . S » il y a des commentateurs plus specialistes et plus cultivés historiquement que moi , ce qui n'est pas difficile , je lirai leurs remarques avec grand interet ..

    • Lohiel
      Lohiel answers to Numerosix
      • Posté à 19h42 le 23/05/2008

      D'accord avec toi, Numero Six : le fric, c'est bien la seule religion qui reste à tous les ceusses de là-haut... et la Bourse est son prophète.

      Le diable en rit encore, comme disait l'autre... -_-

      • Les Chats
        Les Chats answers to Lohiel
        • Posté à 19h58 le 23/05/2008

        Bonsoir Lohiel !
        En cherchant à me documenter sur la faillite de l'Argentine voilà un lien trouvé qui est inquiétant :

        - La France en faillite argentine en 2010 ?

        Pour se conformer aux exigences de la Banque centrale, du Pacte de Stabilité et du droit européen de la concurrence, les gouvernements successifs ont littéralement bradé le patrimoine public français, en moyenne à la moitié de sa valeur. Selon la quatrième de couverture de « La grande braderie du patrimoine public des Français », .................. L'auteur estime utile le rôle des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD, CGC, etc.) pour la défense du service public et de l'emploi et contre les délocalisations et la désindustrialisation imposées par Bruxelles. suite sur ce lien :
        Lien

         
        • kestiontoi
          kestiontoi answers to Les Chats
          • Posté à 20h42 le 23/05/2008

          « Pour se conformer aux exigences de la Banque centrale, du Pacte de Stabilité et du droit européen de la concurrence, les gouvernements successifs ont littéralement bradé le patrimoine public français, en moyenne à la moitié de sa valeur. “ (les chats)

          Le patrimoine public rentable ou le patrimoine public déficitaire ? ? ?

        1 other comments
      • pingouin_force_attak
        • Posté à 20h02 le 23/05/2008

        Je jure sur le St dollars que les banques sont reponsable et qu'elles n'ont pas besoin d'être contrôlées par l'état.

    • kkadim
      kkadim answers to Numerosix
      • Posté à 22h28 le 23/05/2008

      c'est un peu plus complique car nos amis catholiques ne furent pas les derniers : les lombards, au moyen age étaient de remarquables banquiers, et si les villes italiennes connurent un développement fantastique qui donna la Renaissance ce fut en partie grace à leur techniques bancaires. du discours à l'appat du gain toutes les religions savent comment contourner les interdits.
      quant à la morale en affaire.......

      • Numerosix
        Numerosix answers to kkadim
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 22h58 le 23/05/2008
        • Internaute
          Prisonnier dans le village (...)

        Ils ont au moins laissé de très belles villes, eux ..
        Pas ça :

        Les capitales sont toutes les mêmes devenues
        Aux facettes d'un même miroir
        Vêtues d'acier, vêtues de noir
        Comme un lego mais sans mémoire

        ( Dernier disque de Bashung)

  • all
    all
    • Posté à 12h37 le 23/05/2008
    • Internaute

    « Je pense qu'on a vu une solution très pragmatique aux Etats-Unis dans le secteur immobilier »... ben voyons ! La FED qui se porte garante du risque et échange la dette empoisonnée des banques contre des bons du trésor. Avec pour contrepartie finale le contribuable ou la création monétaire (ce qui revient un peu au même).
    Voila ce qui engraisse le banquier : l'aléa moral (démonstration faite dans ce billet) et l'asymétrie d'information (achète mes titres AAA sans savoir ce que tu payes).

  • gzav
    gzav
    Voyageur
    • Posté à 12h48 le 23/05/2008
    • Internaute
      Voyageur

    J'aime beaucoup le concept de « socialisation des pertes et privatisation des benefices ». Ce n'est helas pas nouveau mais il est ici clairement assume.

    La situation d'Airbus en est un excellent exemple. Toute entreprise passe par des hauts et des bas. Lorsque vous faites des benefices, vous les distribuez en dividendes, reduisant ainsi le tresor de guerre de la societe a peau de chagrin. Puis lorsque la situation est difficile, fermer des sites et reduire la masse salariale devient la « seule solution ».

    • kkadim
      kkadim answers to gzav
      • Posté à 22h30 le 23/05/2008

      ben voyons on va tout de même réduire les dividendes....

  • TARPON
    • Posté à 13h08 le 23/05/2008

    Ce qui est consternant est de voir ces types là speculer sur le petrole avec notre pognon,celui que leur a donné le Dieu de la Finance ,le sieur Trichet pour leur eviter de se retrouver au tapis .2000 milliards qui investis dans l'economie auraient changé notre vie.Mais pour les banques ,il faut beaucoup de pauvres car le pauvre emprunte ,s'endette .Un pauvre paie des interets et des agios,des penalités ,bref,le client ideal.Quand les banques pensent à tous ces nouveaux pauvres fabriqués par les subprimes ,elles se frottent les mains.

    • Servais-Jean
      Servais-Jean answers to TARPON
      43
      • Posté à 15h36 le 23/05/2008
      • Internaute
        43

      Entendu cette nuit sur la radio Suisse Romande ;
      Le prix du pétrole est fixé par le prix de celui qui est le plus cher à extraire (ce qui est discutable) soit le pétrole canadien extrait des sables bitumineux. Il se situe autour de 70$ en comptant un bénéfice confortable aux entreprises qui l'extraient.
      Le prix mondial actuel est dû à la spéculation.
      Qui spécule et où va cet argent ?
      A qui profitent les 12.000 milliards de $ qui dorment dans les paradis fiscaux ?
      Et bien d'autres questions...

      • Lohiel
        Lohiel answers to Servais-Jean
        • Posté à 19h57 le 23/05/2008

        le pétrole canadien extrait des sables bitumineux ? ? ?

        est ce que vous avez vu cette formidable émission québecoise, les « Réfugiés de la Planète Bleue » ?
        Splendide... mais à pleurer souvent. J'en ai rassemblé l'intégralité ici :
        Lien

        Il y a un très long passage sur ces fameux sables bitumeux effroyablement dangereux à extraire, à cause des gaz, ce qui fait que plein de gens de la province de l'Alberta se retrouvent cernés par des puits hautement toxiques, ou mis dehors, ou affligés de terribles problèmes de santé.

        Eh non, l'ultra-libéralisme, ça ne détruit pas que les pays pauvres.

         3 other comments
    • Gouthe dô
      Gouthe dô answers to TARPON
      • Posté à 08h44 le 26/05/2008

      faux, les banques ne s'enrichissent plus avec l'intermédiation mais avec le commissions financiéres et maintenat ce n'est plus la banque de détail qui rapporte de l'argent mais la banque d'investissement avec notamment les transactions de la salle des marchés

  • Anthropia
    • Posté à 13h28 le 23/05/2008
    • Internaute

    Moi, ce que je retiens de ce très instructif entretien,

    c'est que la différence entre la crise de 29 et la crise des subprimes,

    c'est qu'en 29, les capitalistes imprudents ont été ruinés, cela a permis de redistribuer les cartes,

    mais qu'en 2007, les capitalistes et patrons voyous ont trouvé un système pour se faire exonérer de leurs abus en mouillant tout le système par l'opacité des subprimes -personne ne savait qui possédait ces prêts risqués-

    le résultat, c'est que les banques d'état pour protéger l'équilibre financier international a mis les citoyens en situation d'avancer l'argent à ces banques, via les prêts d'Etats,

    et que les banques ont allégrement lâché les pauvres propriétaires non-solvables, tout en sécurisant leurs emprunts.

    Mais la séquence n'est pas finie, si ces mêmes établissements qui ont emprunté aux banques d'état sont en difficultés (trop de subprimes), ils feront faillite et nous nous retrouverons, nous citoyens, avec de nouvelles dettes pour impayés sur le dos.

    Lien

    • Schtroumpf perplexe
      Schtroumpf perplexe answers to Anthropia
      physicien
      • Posté à 14h18 le 23/05/2008
      • Internaute
        physicien

      Vous dites : « la différence entre la crise de 29 et la crise des subprimes, c'est qu'en 29, les capitalistes imprudents ont été ruinés, cela a permis de redistribuer les cartes. »

      Peut-être. La redistribution a été violente, et très injuste également. Elle a plongé des millions de pauvres (qui n'avaient jamais spéculé) dans la misère, en Amérique, en Europe, etc. Sans parler des crises politiques gravissimes (cf l'Allemagne) qui se sont développées dans ce contexte.

      D'accord sur le cynisme effrayant du banquier interrogé. Mais tout de même, les mécanismes de « rattrapage » en cas de crise (cette « socialisation des pertes »), grâce auxquelles la plupart des entreprises retombent (un peu trop bien ? ) sur leurs pieds, sont, dans notre monde très imparfait, un moindre mal par rapport à ce qui s'est passé en 29.

      (Je ne dis pas que la situation actuelle est saine.)

      • Unstern
        • Posté à 17h43 le 23/05/2008
        • Internaute

        @ Schtroumpf perplexe

        Un moindre mal ? C'est loin d'être sûr. N'oublions pas que ce système, s'il perdure, écrasera impitoyablement tous ceux qui ne seront pas assez riches pour pouvoir se soustraire à son emprise : petits et moyens revenus, populations des pays du tiers monde (sauf bien entendu leurs richissimes élites)…

        En fait, la mondialisation, c'est la tiers-mondialisation de la planète : au terme d'un nivellement général par le bas, tout pays comptera à terme 10-15 % d'élites riches ou très riches, et le reste sera bon pour crever de faim.

        Le tout, bien entendu, dans une planète définitivement dévastée…

         
        • Schtroumpf perplexe
          Schtroumpf perplexe answers to Unstern
          physicien
          • Posté à 18h07 le 23/05/2008
          • Internaute
            physicien

          Oui, d'accord. Pour mémoire, la crise de 1929 a débouché sur une inflation dramatique qui a jeté l'Allemagne dans une misère noire, qui a servi de terreau au Nazisme. La dévastation a bien eu lieu, mondiale aussi, elle s'est chiffrée en dizaines (centaines ? ) de millions de morts.

          Oui, la crise économique-financière n'était pas la seule cause. Mais celle des subprimes dont il est question actuellement ou les Banques Suisses ne sont pas non plus la seule cause de l'apocalypse possible dont vous parlez.

          Quand aux pays du tiers monde, à l'heure actuelle, certains s'en sortent plutôt pas mal grâce à la mondialisation. Mieux que nous en tout cas. Il y a quarante ans, des pays d'Asie comme la Thailande, l'Indonésie, la Malaisie, la Corée du Sud étaient dits « sous-développés », seul le Japon semblait émerger. La situation en Amérique du Sud n'était pas bonne, sans doute pire qu'aujourd'hui. (nombreuses dictatures, des guerres civiles -celles qui restent aujourd'hui existaient déjà et il y en avait d'autres-) De nombreux pays, avais-je appris en géographie, souffraient de n'avoir pas de classes moyennes, comme dans la description que vous faites. Maintenant, il y a toujours de la misère dans le monde, mais je ne suis pas certain que la solution ait empiré significativement.

          Evidement, cela n'est pas un acquis, et les tragédies n'ont pas cessé. Encore une fois, j'essaie de nuancer un propos, pas de justifier les paroles cyniques et les collusions douteuses des « banquiers suisses ».

        1 other comments
  • Jaycib
    • Posté à 13h27 le 23/05/2008

    Très bon papier.

    Si je peux me permettre, Ackermann, n'est-ce pas le langage qu'on peut trouver tous les jours dans la Neue Zürcher Zeitung ?

    L'avantage avec les banquiers suisses est qu'ils ne travestissent pas leur « part de vérité ».

    • TARPON
      TARPON answers to Jaycib
      • Posté à 17h52 le 23/05/2008

      Les banquiers c'est comme les ratons laveurs,ça des poches partout sauf sous les yeux.

  • anti_cons
    • Posté à 13h33 le 23/05/2008

    c'est pas nouveau qu'en Suisse c'est les banques qui contrôlent et pas l'Etat...que va-t-on encore sortir des banques suisses après les dizaines de kilos d'or volés aux deportés pdt la 2eme guerre ? Les milliards issus du traffic d'enfant, de prostitués et d'armes j'imagine.

    • karlM
      karlM answers to anti_cons
      Précaire
      • Posté à 14h30 le 23/05/2008
      • Internaute
        Précaire

      je signale qu'en 1946 85% des banques françaises étaient publiques d'ou une maitrise de la monnaie, de l'emprunt...
      Aujourd'hui, surtout depuis Maastrich 95% des émissions de monnaies sont faites par les banques privés...copains de nos élites politiques.
      Ainsi, le bon peuples est tenu par les couilles.

      Lien

      • TARPON
        TARPON answers to karlM
        • Posté à 23h19 le 23/05/2008

        LE BON PEUPLE EST SURTOUT TRES CON

  • lutin
    • Posté à 13h34 le 23/05/2008
    • Internaute

    Leçon de démocratie : Nous elisons des gens pour qu'ils prennent des decisions en notre nom, ces gens ont le pouvoir. Le vote est un contre-pouvoir.

    Petite analyse :

    1) Si l'argent dirige le monde, celui qui en a le controle a le pouvoir. Qui contrôle l'argent ? Les banques centrales, les banques privées...donc les banquiers.

    2) Elisez-vous des banquiers ? Aucunement...il n'y a donc AUCUN contre-pouvoir au vrai pouvoir

    3) Êtes-vous certain d'être dans une démocratie ?

    Petite conclusion :

    Si vous voulez prendre le pouvoir, vous ne l'aurez pas en prenant l'Elysée, Matignon ou tout autre ministère...mais bien en prenant, la Banque de France, la BCE, la Deutchbank...toutes les banques centrales.

    Cordialement

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