La philosophie est dans la rue

Pour le philosophe Vincent Cespedes, la philosophie est dans la rue. Il y descend, à la rencontre de citoyens croisés au hasard, et le dialogue socratique s'engage sur l'actualité, mise en perspective par les idées des grands penseurs.

« Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde à une égratignure de mon doigt » (David Hume)

Vincent Cespedes
Philosophe, écrivain
Publié le 20/12/2012 à 11h48

Des Espagnols, des chevaux, des fusils, la variole et l’évangélisation : la fin du monde maya eut lieu au XVIe siècle, sans prévision d’astrologues. En 2009, Hollywood recycla une autre de leurs bévues : un changement d’ère prévu pour le vendredi 21 décembre 2012. Le film catastrophe fut porté par un marketing viral – l’un des premiers du genre –, histoire d’installer un lucratif climat de parano. La rumeur se répandit ; le box-office explosa.

Trois ans après, tout le monde se fiche de la fin du monde – à l’exception d’illuminés, de rançonneurs d’illuminés et des médias. Non parce qu’elle serait irrationnelle ou scientifiquement non-prouvée (on ne sait jamais...), mais parce que nous nous passionnons plus pour nos petits bobos privés. 

Seule la passion oblige

Or une telle préférence – qui semblerait scandaleuse si la fin du monde était avérée – va dans le droit fil de l’argumentation de David Hume (1711-1776). Pour ce philosophe écossais, père de l’empirisme, il n’y a guère de lutte intérieure entre la passion et la raison, comme on l’imagine naïvement : c’est toujours la passion qui dicte nos buts et nos volontés. Seul le souci d’éprouver un plaisir ou d’éviter une souffrance guide notre action au quotidien. La raison arrive toujours après coup. Elle peut certes diriger nos aversions ou notre désir, mais non leur donner leur impulsion initiale, si bien qu’« il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde à une égratignure de mon doigt ». Seule la passion règne sur nos « préférences » ; la raison n’a donc rien exiger.

Pierre est apprenti-fleuriste à Montparnasse, à Paris. Roses rouges pour l’amour ; roses roses pour l’amitié... Il s’entraîne à cerner les attentes des clients. J’aimerais savoir ce qu’il pense de Hume et de sa réhabilitation radicale de la passion.

« Techniquement, notre cerveau recherche le rationnel », commence-t-il. Mais sous la logique apparente, les mobiles passionnels affleurent rapidement. 

« Je préfère être un gamin, c’est beaucoup plus marrant » (Pierre)

Faire une folie tous les jours

La primauté du plaisir (ou de la peine) sur la raison vaut aussi, d’après Hume, pour notre volonté de savoir. Son dynamisme naît également de la passion, de l’intérêt affectif qui nous transporte, et non de froids calculs rationnels. Les professeurs ne l’oublient pas, quand ils font preuve d’enthousiasme pour ne laisser aucun élève indifférent. Les marchands de fins du monde non plus.

« La raison est, et ne peut être que l’esclave des passions ; elle ne peut prétendre à d’autre rôle qu’à les servir et à leur obéir. »

Dans nos vies pourtant en proie à l’hyper-rationalisation, l’idée de Pierre de résister à la mise en routine « en faisant une folie tous les jours » serait-elle un bon remède pour redonner à nos passions leur vertu motrice ? 

Ding-dong ! Son temps de pause est terminé. Pierre me prie de revenir plus tard, car l’échange lui a beaucoup plu. Mais sa patronne le rappelle à la... raison. On se salue. 

La philosophie est dans la rue.

  • 8320 visites
  • 24 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 11h58 le 20/12/2012
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    « la philosophie est dans la rue »,
    tout à fait et comme dit Redouanne (slameur) :
    « la différence entre le passé et le futur , c’est maintenant ! »

    Alors, la fin du monde...pff !

  • J-Philippe
    J-Philippe
    Ingénieur & MBA
    • Posté à 13h15 le 20/12/2012
    • Internaute 139172
      Ingénieur & MBA

    Tellement vrai et constaté au quotidien dans la vie de l’entreprise, et en général.

    Quelque référence de David Hume, poru approfondir ?

    • Pi.K
      Pi.K répond à J-Philippe
      Vilain Parisien
      • Posté à 17h04 le 20/12/2012
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Traité de la nature humaine II.3.3.

      Mais on « oublie » facilement la suite de la citation : loin de faire profession d’égoïsme absolu, Hume met en avant la pluralité des motifs et des actions acceptables dans la raison, contre les écoles « dogmatiques » qui tiennent la raison pour unique, au sens où les commandements de la raison n’orienteraient l’action que vers un seul type de but, indépendamment, et souvent contre, les passions.

  • Mimi Groseille
    • Posté à 13h49 le 20/12/2012
    • Internaute 142290

    J’entends par-ci par là, causer d’anarchistes chrétiens. ça me paraît impossible. Rien dans le christianisme (dieu est ton maître) ne me paraît compatible avec l’anarchisme (ni dieu ni maître)
    Et même sans la question du maître, la seule référence au dieu chrétien me paraît exclure la proposition.

    pardonnez la redirection de ce commentaire à retardement sur le billet Ellul.

    • McRasta
      McRasta répond à Mimi Groseille
      Humain
      • Posté à 16h46 le 20/12/2012
      • Internaute 71884
        Humain

      Personnelement ça me parait possible.
      La soumission a Dieu n’est qu’une des relations que l’on peut avoir avec lui.

      Par contre anarchiste catholique endoctriné là oui, ça devient incompatible !

      • Mimi Groseille
        Mimi Groseille répond à McRasta
        • Posté à 17h28 le 20/12/2012
        • Internaute 142290

        A condition de se défier du nouveau testament, des textes de Paul, qui sont obsédés de pouvoir.

        Sans doute existe-t-il un christianisme imaginaire qui ne s’appuie pas sur les textes des églises chrétiennes. Mais qu’est-il, en rapport avec le christianisme réel de Constantin, et ses successeurs ?

        Un chrétien qui n’est le fidèle d’aucune église, est-il encore un chrétien ? où ne fait-il pas que détourner le sens du mot ?

        L’anarchisme ne me semble pas s’accommoder de l’appartenance à un église, quelle qu’elle soit.

        Un chrétien est endoctriné, même s’il n’est pas catho.

         
        • McRasta
          McRasta répond à Mimi Groseille
          Humain
          • Posté à 20h11 le 20/12/2012
          • Internaute 71884
            Humain

          Dans ce cas, en effet c’est incompatible, et j’avoue avoir pris l’habitude de galvauder le mot chrétien. D’ailleurs si vous connaissez un mot pour définir les croyants monothéistes hors sectes, je suis preneur !

          • Mimi Groseille
            Mimi Groseille répond à McRasta
            • Posté à 09h03 le 21/12/2012
            • Internaute 142290

            aïe aïe aïe, je ne suis pas forte pour inventer des étiquettes. Il y en a déjà tellement à décoller.

            Mais quand on ose une hérésie (ce qui ne signifie rien d’autre que vérité autre, et n’était pas un pêché avant l’institutionnalisation du christianisme) mieux vaut la nommer soit même, et ajouter les éclaircissements.

            Les oxymores permettent souvent de stimuler l’attention. Anarchiste chrétien en est un. Mais ça me donne l’impression de vouloir donner de l’acceptabilité de l’un par l’autre.

            Me concernant, c’est ni dieu ni maître. Aucune addiction. La liberté, c’est à dire la responsabilité, comme loi, c’est à dire comme destin et comme nécessité.

        2 autres commentaires
  • Hurz
    Hurz
    -
    • Posté à 13h51 le 20/12/2012
    • Internaute 110884
      -

    Pierre est fleuriste et David hume, joli.

  • greg0rsamsa
    greg0rsamsa
    Rauque star
    • Posté à 14h32 le 20/12/2012
    • Internaute 124563
      Rauque star

    « Le talent, c’est avoir l’envie (de faire quelque chose) » © Brel

  • Islanick
    • Posté à 14h34 le 20/12/2012
    • Internaute 194404

    Faire une folie tous les jours ! ...

    n’était-ce pas le thème du film « le mouton enrage » ? ? ?

  • Fantomiald
    Fantomiald
    Robin des Bois légal
    • Posté à 15h15 le 20/12/2012
    • Internaute 81539
      Robin des Bois légal

    A propos de passion et de raison, le mobile qui pousse certains à croire à la fin du monde est qu’inconsciemment, ils sont incapables d’envisager qu’après leur mort, la vie puisse continuer sans eux.

    D’ailleurs, faites l’essai : essayez d’imaginer le monde tourner sans vous. Comment vous sentez-vous ?

  • Le Renifleur
    Le Renifleur
    loin d'ici
    • Posté à 15h18 le 20/12/2012
    • Internaute 136986
      loin d'ici

    « la philosophie est dans la rue »
    mais la vérité est parfois dans le désert...

  • cricrac
    cricrac
    rechercheur
    • Posté à 15h26 le 20/12/2012
    • Internaute 188211
      rechercheur

    Hume est un ane ,sa phrase possede en elle meme une énorme contradiction.Si il est pour la destruction DU monde ,ça implique tout ce que ce monde est, dont lui meme.Au final ,il prefere donc sa destruction qu’une égratinure sur son doigt ! Putin ça va chercher loin la philo...........

    • Fantomiald
      Fantomiald répond à cricrac
      Robin des Bois légal
      • Posté à 15h31 le 20/12/2012
      • Internaute 81539
        Robin des Bois légal

      Loool. Parce que vous pensez qu’il a écrit ça, qu’il passe pour un grand philosophe sans que personne n’ait tilté ?

    • Ariane Ma.
      Ariane Ma. répond à cricrac
      Etudiante
      • Posté à 21h06 le 20/12/2012
      • Internaute 196468
        Etudiante

      D’où vous permettez-vous de dire que Hume est (je cite) « pour la destruction DU monde » ? La citation de Hume est la suivante : « “ Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde à une égratignure de mon doigt ”. C’est à dire, que si la raison se devait à choisir entre la destruction du monde, c’est à dire les grands maux extérieurs qui pourraient apparaître comme les plus importants ou la futilité de l’égratignure du doigt, douleur individuelle qui ne nous renvoie qu’à nous-mêmes, elle préférerait la deuxième option. Hume emploie un exemple, une formule qui cherche à marquer l’esprit du lecteur ( ce n’est pas le théoricien de la fin du monde...).
      Et pour défendre la position et l’intelligence d’un philosophe pour lequel j’ai beaucoup d’admiration (et qui va sans doute contre votre phrase “putin ça va chercher loin la philo.....”, la philo avec Hume prend acte du réel, elle ne va pas si loin, elle constate et tire des conséquences) : Regardez l’attitude de la plupart des gens (excusez moi par avance pour cette généralité assez négative mais je la constate assez souvent...) : on a davantage tendance à s’apitoyer sur nos vies (à tort ou à raison... ?) que sur celle des autres, de l’humanité - prenez une situation : vous serez davantage malheureux de vous faire voler votre sac que de voir un train qui déraille et qui entraîne blessés et morts.
      Hume, et on pourra sans doute me reprocher ma position, est un philosophe qui a conscience des défauts de la nature humaine et qui s’efforce d’en rendre compte de la manière la plus fidèle possible. Lisez du Hume, vous reconnaitrez notre société

      Merci pour l’article et cette belle citation.

      • Pi.K
        Pi.K répond à Ariane Ma.
        Vilain Parisien
        • Posté à 00h32 le 21/12/2012
        • Internaute 105016
          Vilain Parisien

        « C’est à dire, que si la raison se devait à choisir entre la destruction du monde, c’est à dire les grands maux extérieurs qui pourraient apparaître comme les plus importants ou la futilité de l’égratignure du doigt, douleur individuelle qui ne nous renvoie qu’à nous-mêmes, elle préférerait la deuxième option. »

        C’est une lecture erronée de Hume (et une négligence du contexte où il écrit). Hume ne défend pas une conception égoïste de l’action, mais une forme de pluralisme des raisons de l’action. Le cœur du raisonnement tient à la défense des passions comme moteur de la raison : là où les rationalistes (en gros, les cartésiens et le « premier Kant ») considèrent que la raison (1) détermine la volonté, (2) est indépendante des passions et (3) a un contenu monistique, Hume défend l’idée que le contenu de la raison est déterminé par les passions, que ce sont les passions qui guident l’action. La raison a un rôle formel chez Hume, en ce qu’elle met en relation les fins (déterminées par les passions) et les moyens d’atteindre les fins.

        Et c’est dans ce cadre que Hume défend le caractère raisonnable (acceptable et justifiable dans la raison) de fins et d’actions paradoxales : protéger son petit doigt au prix de la destruction du monde (passion égoïste) aussi bien qu’empêcher le moindre déplaisir d’un inconnu au prix de sa propre ruine (passion altruiste).

         
        • Ariane Ma.
          Ariane Ma. répond à Pi.K
          Etudiante
          • Posté à 07h00 le 21/12/2012
          • Internaute 196468
            Etudiante

          Après relecture de mon message, je prends conscience qu’il a une tendance à dévier vers du Hobbes et non du Hume, je m’en excuse et merci pour votre commentaire qui remettait les choses en places. (j’avais complètement oublié la passion altruiste chez Hume...) Comme quoi parfois, faut réfléchir à deux fois avant de réagir.

        1 autres commentaires
  • silversamourai
    silversamourai
    paranoia agent
    • Posté à 07h58 le 21/12/2012
    • Internaute 15954
      paranoia agent

    Il n’est pas contraire à la raison de soigner son doigt .

    • Bernardo Z
      Bernardo Z répond à silversamourai
      Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
      • Posté à 11h15 le 21/12/2012
      • Internaute 196411
        Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

      Ben oui mais yen a qui préfèrent la destruction du monde... : -)

  • Bernardo Z
    Bernardo Z
    Europe ? Salope ! Tu t'es (...)
    • Posté à 11h22 le 21/12/2012
    • Internaute 196411
      Europe ? Salope ! Tu t'es (...)

    « Il faut oublier les folies d’un jour pour faire place à celles du lendemain. »
    David Hume

    Voilà, on a planté le monde avec notre crise des subprimes en 2008, insistons donc avec nos mauvaises idées...

    Humes est une bite et yen a un franchement marre de l’obscurantisme libéral sur ce site, à priori d’avoir perdu 200000 visiteurs depuis mai ne vous fait pas comprendre grand chose.

  • Erwan69100
    Erwan69100
    On n'est pas privé de ce dont (...)
    • Posté à 14h42 le 21/12/2012
    • Internaute 14567
      On n'est pas privé de ce dont (...)

    Intéressant !

    ’toute chose s’efforce de persévérer dans son être’

    Bien avant david Hume, Spinoza, les Stoiciens et autres philosophes antiques nous parlaient déjà du « dur désir de durer » appelé aussi conatus.

  • Hakushu
    Hakushu
    Kikoo des champs
    • Posté à 19h00 le 22/12/2012
    • Internaute 188250
      Kikoo des champs

    Si tu as faim, mange ta main.

  • vorivzakonie
    vorivzakonie
    toujours juste -Ceterum censeo (...)
    • Posté à 05h41 le 25/12/2012
    • Internaute 168643
      toujours juste -Ceterum censeo (...)

    Après quelques lectures du blog de Vincent Cespedes, je me dis que la « méthode “ laquelle serait sans doute un peu désavouée par nombre de philosophes universitaires de pas mal pays européens (je pense que les américains sont assez friands de cela, et même les sud américains pour ce que je connais des universités colombienne et chilienne)

    Mais l’approche de Cespedes n’est finalement pas pour tant me déplaire qu’une première réaction, sans doute trop émotionnelle ; -) m’avait incitée à la penser.

    Le schéma est simple, parfois sans doute simpliste, mais après tout pourquoi pas ? Puisqu’il semble qu’il faut bien aujourd’hui populariser la Philosophie vaille que vaille, de peur qu’elle disparaisse - comme d’autres matières fondamentales de sciences humaines surtout (l’Histoire par exemple qui malgré la promesse de l’ex-philosophe Peillon n’a toujours pas retrouvée sa place...) - et donc la rendre ‘accessible’ au risque sans doute non pas tant de la vulgariser ( la bonne vulgarisation est une oeuvre noble) que de la dévoyer dans l’indifférence médiatique où tout finalement se vaut.
    C’est d’ailleurs un des reproches qu’on avait fait à Hume : puisque finalement dans une certaine lecture de son oeuvre on peut déduire que la raison finalement ne prévaut plus ( ce qui n’a pas tout à fait exact, mais justement délicat à discuter) dans le fond ne serait-il pas justement le philosophe qui met sur le même plan mon petit doigt et la destinée du monde ?

    Mais justement, il peut m’arriver que le mal que fait mon petit doigt me fasse préférer la fin du monde, parce qu’une lointaine et hypothétique me distrairait et me rendrait plus supportable une douleur proche et personnelle.

    Cette question, je ne me l’étais pas directement posée à la lecture de Hume, ni même comme il serait logique dans une réflexion du ‘rapport’ Hume/Kant.
    Mais beaucoup plus concrètement dans deux circonstance très particulières :

    1/ l’excitation au déclenchement de la première guerre du Golfe. Quel joie de voir s’abattre sur toute une population des missiles qui seuls, je le savais, pour la Fox ne faisaient pas de dommages collatéraux !
    Et tout cela parce qu’à l’époque je ressentais un chagrin d’amour. Et non pas même parce j’aurais été largué par une femme, mais que j’en aimais deux dont l’une été marié. Cette guerre venait à point comme une sorte de paradigme de mon univers intérieur....

    2/ Mais au-delà de cela - de cette guerre, de ce pathos personnel - la proposition de Cespedes me fait penser à autre chose qui me préoccupe depuis des années et qui a donné lieu à de longues discussions, d’interminables prises de notes et lectures, un projet toujours inachevé de texte plus approfondi....

    Il y a eu une autre guerre avant celle qui m’a semblé si jubilatoire.

    Cette guerre on l’a appelée la ‘première guerre d’Afghanistan’ (ce qui est une connerie : demandez aux British et à d’autres et faites un tour dans l’histoire de ce pays...). Elle a commencé en décembre 1979, avec le vieil avion personnel d’Andropov. Ce qui m’a toujours fait marrer c’est qu’elle s’appelait Шторм-333 (tempête du désert 333) Non le truc rigolo c’est que l’enjeu était le même : l’alignement du Pakistan qui a toujours su jouer sur son ambiguïté....

    Mais la question n’est pas là e l’occurrence. C’est celle de la fin du monde et du petit doigt.

    Et c’est sans ce à quoi Hume n’a pas pensé !

    Les deux se rejoignent atrocement et donnent sans aucun doute les éléments de toute horreur....

    Aussi bien parmi les vétérans à qui j’ai parlé ( équipages des redoutables Hint, Spetsnaz et simples soldats - il y a un film bouleversant d’une mère qui vient rendre visite à son fils, comme il y en a un autre où un simple soldat se trouve prisonnier chez les talibans... 2 films russes à préciser - une chose m’a frappée, et pas que chez eux... ; -) - le rapport entre le petit doigt et la fin du monde....

    Parmi les rares à comprendre cela, i y les vétérans du Vietnam !
    Pour les guerres plus contemporaines des américains le traumatisme est différent...Enfin pour la majorité...

    Alors le truc est le suivant : pour un soldat, on lui demande une petite chose - c’est si facile d’envoyer une rafale d’AK ou de M16 (AR-15) Bon en Afghanistan on les voyait les gens... - Et puis c’est toujours lié au petit doigt... Ils ont flingué un copain - Je me fais chier dans cette bas où je ne sais rien de ce qui se passe ni pourquoi je suis là ( les US ont au moins leur moteur idéologique - les soviétiques ne savaient pas grand chose parce que le pouvoir, - comme aujourd’hui, n’avait aucun sens de la communication interne.

    Alors quel rapport avec Hume ?
    Il est simple !
    On prend un jeune soldat ( mais cela marche aussi avec un Spetsnaz entrainé ou n mitrailleur de Hint) et tu le mets dans une situation de ‘nettoyage’ et tu lui demandes de tuer un être humain ( les nazis ont fait cela, mais aussi les G.I. et bien entendu toutes les armées du monde qui cherche à être efficaces).
    Qu’est-ce qu’il va faire ?
    Aucun être humain, à moins d’être un psychopathe, est capable de tuer son prochain ! Sauf bien entendu à survivre, mais là on est dans la chasse, le territoire et non la guerre. A voir le rapport...

    Et pourtant toutes les armées du monde ont cela pour seul but.
    Tuer l’ennemi.
    Le problème c’est que les armées modernes n’ont pas des mercenaires mais des enfants. Et comment ont peut amener à tuer des enfants ?

    Durant des années j’ai travaillé avec des enfants d’Afghanistan (j’avais même l’idée que cela serai le titre de mon livre...)
    J’ai trouvé que c’était la même chose avec les enfants du Vietnam....J’ai vu le mec qui a fait ces films. Mais il était chez Chavez à l’époque : Oliver... J’aai compris que cinématographiquement ce ne serait pas le moment.

    Et je voulais faire un truc sur la Bosnie, plutôt sur les Tchetnicki mais le temps d’avoir du fric.

    (ALORS SI CELA INTERESSE QUELQU’un ? P.S. Je préfère de l’argent serbe...Alors là s’il ne ne me coupe pas. On me dit que non C’est voakd contre slivovice)

    Bon je reviens au thème !

    Demande à un soldat !
    C’est un enfant
    Il ne sait pas s’il a tué jusqu’au jour où les talibans ont attaqué sa position !
    Et alors tu sais, que tu sois russe ou militaire, que le soldat à changé
    Soit il meurt au prochain coup, soit il devient un guerrier...

    Mais pour l’instant il ne veut tuer personne !
    C’est juste encore l’enfant de sa mère...
    A moins qu’un de ses copains ne soit mort en petit morceaux
    Et s’il pense à toi sa mère il va tenter de survivre ( en Afg il n’aurat aucune chance)
    Mais je continue dus l’Afgh : tout ces enfants ont du comprendre Hume..
    Vous ne serez pas d’accord mais voilà ce que je leur disais ou plutôt ce que je comprenais et sur quoi je travaillais :

    Partons de Hume.
    J’ai mal doigt = on m’a demandé de tuer un être humain
    C’est mon mal au doigt ( je sais) que vote gentillesse occidentale...)
    Mais je suis un con de militaire - même pas spetsnaz parce que cela c’est notre boulot depuis toujours comme la retraite de Russie où on a attaqué cette foutue avant garde française..., les cosaques à poils en pleins hivers...

    La guerre était autre chose !
    Ces enfants en Afghanistan, on leur à demandé des gens

    Alors l’idée de Hume !
    Les militaires avec qui j’ai parlé !
    Le truc est simple.
    Tu dis qu’ils ont eu une merde de petit doigt !
    Mais ils ont perdus pleins de chose qui étaient ridicules par rapport au petit doigt !
    Je ne fais pas parti de cette armée ni ce cette guerre et tes camarades vont se outrent de mon ‘semper fi’ Mais se sont des guerriers !
    Et puis je n’ai toujours pas dis la chose essentielle

    Alors :

    1/ Toutes les armées du monde deviennent criminelles
    (ruski pajalasje : désolé je crois que je perd mon temps... ! ! !)
    Je suis en train de raconte et puis merder une histoire qui est par exemple celle de notre guerre en Afghanistan desolé le tec n’est pas là où il faut

    Je sui français ddonc je ne risque pas de ma rztrouver à LEFORTOVO
    2/ Je suis pour les Tchekistes
    3/ je ne surveille pas les questions
    4/ Je dis juste mes dicalogues aves le vétérants de notre geurre

    Bon il y a plein de merde de tetces
    Je bois comme mon amarade Limonov DONT JE DEMANDE LA LIB2RATI0ON IMMEDIAT 5C4EST FAIT ,°)
    JE DEMANDE QUE LIMONOV DEVIENE UN TCHEKISTE LA SEUE SOLUTION POUR LA RUSSIE ! Je demande en passant que la statur de Félis Dzerjinski reviennne pace LOUBIANKA !

    Mais je reviens à mon histoirze de Hume

    Je ne vais pas revenir sur les fautes !
    Juste ceci !
    J‘aurais plein, de chose à dire...
    En tant que philosophe , je sais que rien de p....
    Maintenant camarade, je me suis un peu emporté contre ces russes au pouvoir, et je voulais faire le rapport avec Hume...
    J’en reviens à l’idée :
    un soldat qui a tué un être humain en vient à utiliser son arme pour vider son chargeur et tuer tout un village parce que juste la peur du petit doigt lui donne l’idée de s’amender en tuer tout un village...
    Monsieur, vous n’êtes pas un militaire !

    Alors veuillez m’excuser !
    J’ai bu beaucoup de vodka... Et je mange des blinis...

    Je vais vous dire simple : j’ai passé des années avec des vétérans’ de cette guerre !
    A vous dire ceci : le petit doigt et la fin du monde, pour eux c’est la même chose ! On envoie des enfants dans un pays que personne ne connait et ils ont le fameux syndrome du vétéran. Ils deviennent des meurtriers, comme au Vietnam...

    On avaient commencé avec les Spetsnaz mais cela n’a plus aucun rapport !

    Est que vous savez combien il y a eu en 1989 de vétérans qui ont disjoncté ?
    Est-ce que vous savez combien de marines ont disjoncté et vont le faire à l’égard de leur famille dans les années qui vont suvre ?

    Mais désolé !
    Ce sont des préoccupation de militaires !
    J’avais d’autres choses à dire :
    1/ une phénoménologie de l’actualité
    2/ un rapport philosophique plus ou moins pertinent à la chose....
    3/ une sorte de témoignage dont je dois avouer que je ne la regarde pas tant elle me semble out of ordre de la question

    DONC
    UN
    -bidule réel
    DEUX
    - rapport plus ou mois réel à la Philo
    Je dois avouer qu’en tan que philo - disons socratique - cela se tient
    Pourquoi ? Tant de siècles après devrTEons-nous être ailleurs que dans la cité ?
    TROIS
    Le témoignage.
    Désolé c’est mon mépris de la doxa
    De laisser la doxa toute seule c’est le plus grand de tous les mépris

    mais à part cela les jeunes de 1979 !
    C’est une autre histoire !
    Pour eux le petit doigt et la fin du monde c’était la même chose...
    Désolé ! ....

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.