La philosophie est dans la rue

Pour le philosophe Vincent Cespedes, la philosophie est dans la rue. Il y descend, à la rencontre de citoyens croisés au hasard, et le dialogue socratique s'engage sur l'actualité, mise en perspective par les idées des grands penseurs.

« Nul n’est méchant volontairement » (Platon)

Vincent Cespedes
Philosophe, écrivain
Publié le 26/12/2012 à 10h01

Une semaine après la tuerie de Newtown, le puissant lobby des détenteurs d’armes à feu aux Etats-Unis, la National Rifle Association (NRA), réclame la présence de policiers armés dans toutes les écoles du pays.

Son vice-président, Wayne Lapierre, appelle à stopper les armes par les armes : « La seule façon d’arrêter un méchant avec une arme, c’est de lui opposer un gentil avec une arme », explique-t-il, convaincu. S’armer davantage contre les fous armés, cartables pare-balles pour les enfants... Une justice de (vraie) fin du monde, en tous points opposée à la sagesse platonicienne.

Le vrai bonheur : la santé de l’âme

C’est dans le « Gorgias » que Platon (428-348 avant J.-C.) expose le paradoxe socratique : « Nul n’est méchant volontairement ». Une thèse contre-intuitive de prime abord, qui s’éclaire si l’on comprend que, d’après le philosophe, les hommes commettant l’injustice le font par ignorance du véritable bien. Ils confondent le bien illusoire – le plaisir, la satisfaction immédiate de désirs déréglés – avec le bien réel : la santé de l’âme.

Avant sa tuerie, pourtant, perdu dans sa « caverne », Adam Lanza n’envisage-t-il pas de commettre le mal volontairement ? Chose impossible, nous dit Platon, fin psychologue : le jeune garçon confond faire ce qui lui plaît (une apothéose de sang digne des pires jeux vidéo) avec faire ce qu’il veut réellement (s’émanciper d’une mère survivaliste, vivre tout court, aimer...). L’injustice est une maladie de l’âme. S’y adonner, c’est faire notre malheur en croyant nous faire plaisir.

Le petit Prince noir

La nuit est tombée sur Plaisir, justement – le plus beau nom de ville des Yvelines. Des immeubles vétustes ont poussé comme des champignons dans la prairie déserte. Bakary sort les poubelles en tongs. Un petit Prince noir, grave et lumineux.

« La méchanceté est-elle toujours involontaire ? » – « Pour une partie oui, pour une partie non », me répond-il. Il s’excuse auprès du grand Platon, puis m’expose calmement son opinion, avec force exemples et définitions. La leçon se déroule dans la cage d’escalier, avant qu’il ne rejoigne ses quatre frères et sœurs. Bakary a onze ans.

« Je ne trouve pas ça normal » (Bakary)

« La vérité sort de la bouche des enfants », commenterait Platon. Ils se souviennent des connaissances éternelles que les adultes, pris dans les agitations factices de vies mal vécues, oublient. C’est peut-être pour cela que certains malades de l’âme les tuent.

La philosophie est dans la rue.

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  • alldress99
    alldress99
    Maritale
    • Posté à 10h26 le 26/12/2012
    • 177405
      Maritale

    « Avant sa tuerie, pourtant, perdu dans sa “ caverne ”, Adam Lanza n’envisage-t-il pas de commettre le mal volontairement ? Chose impossible, nous dit Platon, fin psychologue : le jeune garçon confond faire ce qui lui plaît (une apothéose de sang digne des pires jeux vidéo) avec faire ce qu’il veut réellement (s’émanciper d’une mère survivaliste, vivre tout court, aimer...). L’injustice est une maladie de l’âme. S’y adonner, c’est faire notre malheur en croyant nous faire plaisir.

    La nuit est tombée sur Plaisir, justement – le plus beau nom de ville des Yvelines. Des immeubles vétustes ont poussé comme des champignons dans la prairie déserte. Bakary sort les poubelles en tongs. Un petit Prince noir, grave et lumineux. »

    Ohlala...

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à alldress99
      Wouaooouh!
      • Posté à 11h17 le 27/12/2012
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      BAKARY a 11 ans ... L’écouter, quel bonheur !
      Si je pensais que prier serve à quelque chose, je le ferais pour lui et sa famille, pour qu’il ait la vie ’juste » et « égale » qu’il mérite mille fois.
      De toute façon, avec un tel coeur, une telle intelligence, il réussira sa vie de bel humain.

      BAKARY, je t’aime !

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 10h43 le 26/12/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    C’est dans logique créationniste :

    S’il y a des méchants, c’est parce que Dieu a créé les méchants.
    Si Dieu a aussi créé les gentils c’est pour tuer les méchants.

    ... et Platon était un mécréant antique.

    • A déménagé le 01-01-2013
      A déménagé le 01-01-2013 répond à Anastaze
      non connue
      • Posté à 11h21 le 26/12/2012
      • 184825
        non connue

      N’empéche que les méchants n’ont pas que du mauvais
      Relire à ce propos Les Ecritures de Cavanna :
      Sans Caïn nous n’aurions jamais connu le couscous....

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 10h57 le 26/12/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    Et si Adam Lanza était un « gentil » qui voulait épargner l’Apocalypse, à des petits enfants innocents ?

    Ce week-end, le Daily Mail la [sa mère] présentait comme une survivaliste, qui stockait chez elle de l’eau et de la nourriture. Selon sa sœur, Nancy pensait que la crise économique actuelle signerait la fin de la civilisation. C’est dans cette perspective qu’elle a appris, et enseigné à ses fils, à tirer. Plus qu’une survivaliste, Nancy Lanza était une « prepper », ces Américains de plus en plus nombreux qui se préparent aux catastrophes, que ce soit le chaos économique, le changement climatique, le terrorisme ou les catastrophes naturelles comme récemment l’ouragan Sandy.

  • Loys Bonod
    Loys Bonod
    Français langue étrangère
    • Posté à 11h10 le 26/12/2012
    • Internaute 183710
      Français langue étrangère

    Sans évoquer la pertinence ou non du propos de Bakary, pourquoi un enfant de la cité serait-il plus bête que les autres enfants ?

    Le préjugé sous-jacent de cet article est embarrassant. Un peu comme ces commentateurs du film L’Esquive qui s’émerveillaient qu’on puisse monter du Marivaux dans un collège de banlieue.

    • oimoim
      oimoim répond à Loys Bonod
      greve perpetuelle
      • Posté à 11h23 le 26/12/2012
      • Internaute 188880
        greve perpetuelle

      Je vois pas de préjugé, il le prend comme ce qu’il est, un enfant..
      Si vous le voyez d’abord comme un habitant de cité ou comme quelqu’un qui devrait avoir du mal à réfléchir c’est peut-être de vous que vient le préjugé.

      • Loys Bonod
        Loys Bonod répond à oimoim
        Français langue étrangère
        • Posté à 15h58 le 26/12/2012
        • Internaute 183710
          Français langue étrangère

        Relisez ma phrase effectivement pleine de préjugés : « pourquoi un enfant de la cité serait-il plus bête que les autres enfants ? »

        Je vois cet enfant comme on me le montre : « La nuit est tombée sur Plaisir, justement – le plus beau nom de ville des Yvelines. Des immeubles vétustes ont poussé comme des champignons dans la prairie déserte. Bakary sort les poubelles en tongs. Un petit Prince noir, grave et lumineux. [...] La leçon se déroule dans la cage d’escalier, avant qu’il ne rejoigne ses quatre frères et sœurs. »

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Nalyseur de proximité.
    • Posté à 11h13 le 26/12/2012
    • Internaute 148099
      Nalyseur de proximité.

    Avant sa tuerie, pourtant, perdu dans sa « caverne », Adam Lanza n’envisage-t-il pas de commettre le mal volontairement ? Chose impossible, nous dit Platon, fin psychologue : le jeune garçon confond faire ce qui lui plaît (une apothéose de sang digne des pires jeux vidéo) avec faire ce qu’il veut réellement (s’émanciper d’une mère survivaliste, vivre tout court, aimer...).

    On n’est pas totalement certain que ceci soit d’un grand secours pour les parents de victimes.
    Enfin bon, tant qu’on ne tue pas méchamment...

    Les voies de la philosophie en prêt-à-consommer sont tout aussi impénétrables que celles de Dieu, mais du moment qu’il y a un sens, et surtout s’il n’est pas évident, c’est l’essentiel.

    D’autant plus qu’il y aura toujours des intercesseurs pour nous le laisser entrevoir au-delà de trompeuses évidences.

    • oimoim
      oimoim répond à Nain Glumeux
      greve perpetuelle
      • Posté à 11h35 le 26/12/2012
      • Internaute 188880
        greve perpetuelle

      Voilà le plus gros souci des cette dernière décennie, vendu par les journalistes en quête de sensationnel, donner la parole aux familles de victimes, aux proches de l’agresseur, pour que le spectateur voit des larmes à gogo ou se demande comment quelqu’un d’apparence si normale ait pu être un tel monstre.
      Il faut bien se dire que la parole des familles de victimes n’a absolument aucune valeur, ils sont ds une telle détresse que la plupart du temps ils seraient prêts à torturer puis tuer le coupable, ou alors s’enfoncent lentement ds la dépression.
      Et penser que les hommes qui font le mal sont des monstres est d’une débilité profonde, chacun de nous en est capable, selon son état psychologique du moment et sa psyché propre.
      Désolé d’être cru mais on s’en fout totalement des victimes de la tuerie, on sait bien qu’ils ont la haine et pleurent leurs enfants mais on ne réfléchit pas à des problèmes de société ni ne pense philosophie sous le coup de la colère.
      Pourquoi ne pas laisser faire la justice aux familles de victimes pendant qu’on y est ? C’est pas ça qui va élever le débat et aider à comprendre pour trouver les vrais solutions. Se venger n’est en aucun cas une solution, comprendre et essayer d’éviter qu’on en arrive là encore une fois oui c’est une solution. Même si on n’est pas sûr de la trouver.

      • Nain Glumeux
        Nain Glumeux répond à oimoim
        Nalyseur de proximité.
        • Posté à 12h18 le 26/12/2012
        • Internaute 148099
          Nalyseur de proximité.

        Très jolie plaidoirie et désolé d’être cru mais totalement à côté de la plaque.
        Vous devriez éviter de penser au-dessus de vos moyens.
        M’enfin si ça vous occupe c’est déjà ça.

        Je ne parle pas de parents de victimes au sens de la judiciarisation déplorable et galopante de nos sociétés compassionnelles.

        Je ne parle pas du tintouin victimaire de ceux qui veulent à tout prix obtenir réparation pour « que plus jamais ça ».
        Pas plus que de ceux qui confondent justice et vengeance.

        Juste que cette pauvre philosophie de bazar et sans substance ne peut être d’aucun secours aux parents des victimes pour envisager un geste qui leur restera à tout jamais incompréhensible.

        Pour le reste si vous pouviez faire ailleurs le Nietzsche de comices agricoles, ce serait bien.

         
        • OAO
          OAO répond à Nain Glumeux
          Ce qui ne se voit pas
          • Posté à 12h41 le 26/12/2012
          • Internaute 82674
            Ce qui ne se voit pas

          Vos chevilles vont bien ? Ce n’est pas trop dur de trouver des chaussettes assez grandes ?

        1 autres commentaires
    • Seingalt
      Seingalt répond à Nain Glumeux
      amateur professionnel
      • Posté à 18h21 le 26/12/2012
      • Internaute 166244
        amateur professionnel

      Ben oui mais là on sait au moins deux choses :
      1. Ce n’est pas la méchanceté qui tue.
      2. Ce ne sont pas les armes qui tuent.
      L’enquête avance...

  • Locked
    Locked
    mis au ban
    • Posté à 11h40 le 26/12/2012
    • Internaute 196228
      mis au ban

    bref cespédés et bakary sont d’accord pour dire que les criminels sont des victimes de la société.

    • McRasta
      McRasta répond à Locked
      Humain
      • Posté à 11h59 le 26/12/2012
      • Internaute 71884
        Humain

      En est-il vraiment autrement ?

      cf l’étude dont je vous rabat les oreilles, qui lie magnifiquement l’ampleur de la délinquance et des inégalités de richesse de la population, pays par pays.

      J’ajouterais que vos commentaires systématiquement provocants sont de nature à inciter la délinquance. Répeter à un misereux qui se débat que c’est de sa faute l’amenera certainement à vous coller son poing à la gueule, car cela amplifie le sentiment d’inégalité entre les citoyens.

      • Féline
        Féline répond à McRasta
        fée
        • Posté à 19h26 le 26/12/2012
        • Internaute 111221
          fée

        Mais, si vous mettez les délits et les crimes sur le compte de la vilaine société plutôt que de leurs auteurs, alors comment pouvez-vous reprochez quoi que ce soit à votre interlocuteur ?

        Car, quoi qu’il aurait écrit de mal, ce ne serait pas de sa faute, mais celle de la société...

         
        • djinette
          djinette répond à Féline
          l'ouie n'a pas dieux
          • Posté à 23h34 le 26/12/2012
          • Internaute 63560
            l'ouie n'a pas dieux

          Si vous passez à côté des maux et responsabilités de la société vous oubliez une parti de la production de la violence..
          . La société engrange de la violence chez des individus , et des individus, provoquent la violence de la société .

          La violence est un phénomène complexe et qui a plusieurs ressorts probablement et dont nous sommes tous possesseurs et producteurs à haut ou bas niveau.

          Quelqu’un qui écrit mal, à peut être des problèmes génétiques, personnels, ou environnemental , qui n’ont pas été détectés par la société ou parce que la société n’a pas les moyens de les traiter ?

          La violence contre soit même comme le suicide à son poste de travail est du à qui ou à quoi ? À une défaillance personnelle qui occasionne une dépression ´ ou à une dépression occasionné par des conditions de travail ’sous pression et d’une société qui permet cela ?

          Un individu totalement isolé aura du mal à produire de la violence sauf contre lui -même, éventuellement ,
          Mais dans ce cas spécifiquement rare , cela aura une autre interprétation .

          Est ce que nos ancêtres hominidés étaient aussi violent que nous le sommes dans nos sociétés actuelles ? Cela pourrait nous apporter une indication sur une question complexe si nous avions quelques renseignements. Mais la c’est impossible à savoir .

          Une partie est le fait de la société une autre des individus qui la compose.

          Vous poser la question de la faute ..
          La dessus la justice nous donnent des indications . elle indique que la violence est inadmissible. Mais elle trouve des circonstances atténuante ou non selon les cas ? .

          Mais nous savons que la justice , n’est pas toujours garante de la justice . Car elle se trompe aussi. Ce qui pour les victimes est une violence qui devient alors le propre de la responsabilité de la société.

          On peut dire aussi les choses comme ceci : pourquoi la majorité des individu n’exercera aucune violence dans une société ? Alors est ce de leur propre responsabilité ou grâce à la société qui a su produire des conditions favorables au cette majorité d’individus pour leur survie ?

          Si rien n’était de la responsabilité de la société et de son environnement , alors personne ne devrait rien à la société , nous pourrions tous nous passer d’elle , car elle n’apporterai aucun avantage à notre survie et vie. ?

          • vorivzakonie
            vorivzakonie répond à djinette
            toujours juste -Ceterum censeo (...)
            • Posté à 23h28 le 27/12/2012
            • Internaute 168643
              toujours juste -Ceterum censeo (...)

            Et hop je toppe surpris qu’il n’y en aient pas plus des tops....
            Mais quand c’est long personne ne lit...

        • joachim31
          joachim31 répond à Féline
          GRRRRR!!!!!
          • Posté à 11h29 le 27/12/2012
          • 174871
            GRRRRR!!!!!

          A la place d’Hitler, j’aurais fait la même chose que lui, (car j’aurais été lui). Ce que je veux dire c’est que le but n’est pas de reprocher ou de se venger de quelqu’un, il n’est que le résultat de sa génétique et de son environnement. Pour autant, il n’est bien sur pas question le le laisser sévir. Il faut évidement protéger la société d’un criminel, et donc le dissuader de passer à l’acte, mais il n’est plus là question de vengeance.

        3 autres commentaires
      • Deamon7
        Deamon7 répond à McRasta
        Petit agité
        • Posté à 21h11 le 26/12/2012
        • 49273
          Petit agité

        Ça n’explique pas tout, dans certains pays où la misère et les inégalités sont cent fois plus tragiques et immenses on est beaucoup plus en sécurité que dans certains quartiers de France.

        Ou encore à Bombay (niveau misère et inégalités on fait difficilement pire), c’est relativement plus sûr qu’à Delhi (misère existante mais un peu moins pire) où par exemple les filles se font sans arrêt emmerder.

         
        • Racaille la Rouge
          Racaille la Rouge répond à Deamon7
          zig-zag
          • Posté à 22h37 le 26/12/2012
          • 174747
            zig-zag

          Quel quartier connaissez vous à Mumbay ? (y a plus que les colons pour dire Bombay)allez voir les chiffres de la criminalité sur le net.

          • Deamon7
            Deamon7 répond à Racaille la Rouge
            Petit agité
            • Posté à 23h03 le 26/12/2012
            • 49273
              Petit agité

            Si vous voulez...

            J’ai vécu dans chacune de ces villes pendant un an, donc j’y ai connu pas mal de quartiers. J’ai habité à Andheri east dans la partie musulmane, puis à Juhu beach (plus hupé) à Mumbai. À Delhi j’ai habité à Defence Colony et Lajpat Nagar, pas une semaine sans entendre qu’une fille s’était fait « molester ».

            Je vous garantis que le sentiment de sécurité n’est pas du tout le même entre ces deux villes.

            • non renseigné
              non renseigné répond à Deamon7
              ici et maintenant
              • Posté à 11h43 le 27/12/2012
              • Internaute 188652
                ici et maintenant

              « le sentiment de sécurité »
              Tout est là. Le ressenti des personnes n’est pas la même chose que la réalité statistique.
              Dans un quartier miséreux, les gens n’ont pas une perception aïgu de la criminalité car cela fait parti de leur quotidien, qu’ils sont résignés et qu’ils considèrent les flics autant comme des ennemis que des alliés.
              Dans un quartier un peu plus riche avec des structures sociales différentes (étudiants avec un niveau culturel et éducatif supérieur, femmes avec plus de liberté, etc), les gens ne toléreront plus des actes qui seraient considérés comme acceptables ailleurs.
              Et ce n’est pas qu’une question de richesse : un suisse ne se permettrait jamais de jeter un papier gras par terre en Suisse, mais il le fera en France ; pas par mépris, mais parce qu’il est convaincu que les français font tous de même et que c’est toléré.

        3 autres commentaires
    • non renseigné
      non renseigné répond à Locked
      ici et maintenant
      • Posté à 12h19 le 26/12/2012
      • Internaute 188652
        ici et maintenant

      Vous pensez de manière tordu mais comme Cespedes raconte n’importe quoi on en peut pas vraiment vous en vouloir. Par contre, vos opinions commencent à pourrir votre orthographe.

  • gigi_
    • Posté à 11h47 le 26/12/2012
    • Internaute 114828

    Ainsi la philosophie nous enseigne que ces tueurs ne sont pas des gens raisonnables. Non plus ceux qui leur vendent des armes. Merci la philosophie.

  • amarré
    • Posté à 12h32 le 26/12/2012
    • 174877

    « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux »
    Cespedes est dans les starting-block

  • Oignon
    Oignon
    Etudiant
    • Posté à 14h12 le 26/12/2012
    • Internaute 95253
      Etudiant

    Les USA sont, depuis 2001, dans une vision ultra hobbienne du monde, les lobbys des armes à feu voudraient un quasi retour à l’état de nature, oubliant la construction de l’Etat social...
    Il paraît peut être plus intéressant de citer un cas plus récent : Rousseau dans le Contrat Social ne dit pas autre chose, et les phénoménologistes sont dans la même veine : en pensant les structures structurantes, Foucault a largement remis en question les dogmes universels, notamment celui des « droits de l’homme », et a bel et bien déterminé que l’Homme n’est qu’un « construit » social, fruit de son époque, de son milieu et plus globalement de toutes les structures socialisantes qui l’entourent.

  • inspecteur crouton
    • Posté à 14h24 le 26/12/2012
    • Internaute 118828
      modéré

    « Nul n’est méchant volontairement »

    On voit que Platon ne connaissait pas l’UMP.

    • non renseigné
      non renseigné répond à inspecteur crouton
      ici et maintenant
      • Posté à 11h46 le 27/12/2012
      • Internaute 188652
        ici et maintenant

      Non, les gens sont méchants par ignorance et plus ils sont ignorants, plus ils sont méchants.
      L’UMP confirme l’hypothèse de Platon ;)

  • Holas
    • Posté à 16h10 le 26/12/2012
    • Internaute 86670

    Et Bakary découvrit le darwinisme, comprit qu’il n’y avait pas assez de place pour tout le monde, le tout sous testostérone. Ils ce mis donc à prendre tout ce qui pouvait l’être, à cracher sur ses voisins, comme ceux qu’ils critiquaient jadis.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 16h39 le 26/12/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Nul n’est méchant volontairement
    Platon 5423-347 Av JC)
    D’accord, mais ;
    Dieu a fait des hommes grands et d’autres petits, je les ai rendus égaux.
    Samuel Colt (1814 -1862)
    Inventeur du revolver éponyme et plus humaniste que Platon.

    • non renseigné
      non renseigné répond à padiran
      ici et maintenant
      • Posté à 11h51 le 27/12/2012
      • Internaute 188652
        ici et maintenant

      Le désormais tristement célèbre AR 15 est une arme commercialisée par Colt...
      Il faut de la modération en tout, y compris l’humanisme égalitaire.

      • padiran
        padiran répond à non renseigné
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 11h59 le 27/12/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Comme quoi il y a des hommes plus égaux que d’autres

  • sobriquet
    sobriquet
    Courageux anonyme
    • Posté à 18h37 le 26/12/2012
    • Internaute 26884
      Courageux anonyme

    Bientôt, dans toutes les églises, Jésus sera représenté avec un flingue...

  • Toc
    Toc
    militant
    • Posté à 15h35 le 27/12/2012
    • Internaute 148294
      militant

    « La philosophie est dans la rue »

    Un meilleur devoir que les précédents. Aucun contre-sens n’a été commis à propos de la pensée de Platon, contrairement à l’article sur Hobbes, c’est un progrès. Néanmoins Platon reste mal utilisé et sert plus de prétexte à un article sur un tout autre sujet qu’à soulever les véritables enjeux posés par le problème du mal. On aurait par exemple apprécié que l’auteur souligne que, pour Platon, le Bien est une idée intelligible qui a donc une existence propre et existe par soi, indépendamment des actions des individus. Rappeler ce principe aurait ainsi pu permettre de s’interroger sur l’existence du bien, et donc sur la manière dont on peut parvenir à l’atteindre. Dommage.

    Quitte à mal utiliser un auteur, autant ne pas en utiliser du tout.

  • vorivzakonie
    vorivzakonie
    toujours juste -Ceterum censeo (...)
    • Posté à 23h16 le 27/12/2012
    • Internaute 168643
      toujours juste -Ceterum censeo (...)

    Entièrement d’accord avec Toc : que la philosophie descende dans la rue, pourquoi pas ? Mais encore ne faut-il pas massacrer l’auteur sur l’autel de l’actualisation à tout prix.

    A signaler tout d’abord que le thème du « Nul n’est méchant volontairement n’apparait par que dans le Gorgias et me semble mieux développée dans le Protagoras par exemple. Mais ce n’est pas là le principal reproche à faire ici !

    ....“le jeune garçon confond faire ce qui lui plaît (une apothéose de sang digne des pires jeux vidéo) avec faire ce qu’il veut réellement (s’émanciper d’une mère survivaliste, vivre tout court, aimer...). L’injustice est une maladie de l’âme. S’y adonner, c’est faire notre malheur en croyant nous faire plaisir. ‘

    D’accord avec la conclusion, mais absolument pas avec l’exemple qui y conduit. Ou du moins pas dans l’ambiguïté qu’il laisse planer...

    L’idée de Platon est que nous faisons le mal par ignorance et que le savoir étant vertu il conduite inéluctablement au bien.
    On peut certes contester cette idée en partant de plusieurs points de vue et, entres autres lui opposer la tentation chrétienne où le savoir du bien est toujours à nouveau ébranlé par le serpent qui toujours revient. Autrement dit le problème n’est forcément celui du savoir, mais en dernier ressort celui de la volonté. Et si vous introduisez la dimension de l’inconscient et de la folie vous compliquez encore le problème....

    Mais ce que je voulez souligner ici ce sont les deux cotés de l’alternative :
    que de tuer nombre de ses congénères soit un mal personne de censé ne le contestera (encore qu’il reste toujours le cas de la guerre).
    Que le jeune homme ait agi dans l’ignorance du bien, cela semble évident également.
    Mais qu’il y ait eu en lui une confusion entre le bien et le mal, cela me semble bien plus contestable

    1/ faire ce qui lui plaît (une apothéose de sang digne des pires jeux vidéo)’

    . Contrairement aux tueurs de Colombine qui, d’après les vidéos, semblent prendre leur pied en assassinant leurs petits copains, le tueur de Newtown avait déjà commis un meurtre avant de passer à l’acte principal.
    Or tout militaire, lequel a vécu dans le combat le face à face meurtrier, pas le tir au loin qui reste anonyme, sait que la situation de combat génère dans tout le corps assez d’adrénaline, pour que l’on se sente bien.
    L’effroi de la mort se transforme en plaisir. Une jouissance telle qu’il est parfois difficile d’en sortir parce qu’on subodore la dépression qui va suivre.
    C’est la raison pour laquelle tous les non-guerriers se suicident après l’acte. La retombée - mais on là purement dans le chimique, la Raison morale n’a pas même le temps de se réveiller - est si forte que le suicide est la seule issue.
    La question du passe à l’acte reste, malgré les nombreuses théories un des grand mystère de la pathologie criminelle. Une chose pourtant est sûre la seule préméditation morbide à elle seule ne suffit pas. Bien au contraire, chez beaucoup de sujet elle restera sur le plan du phantasme justement le moyen de ne pas passer à l’acte. Et le seul scrupule moral ne suffit pas à l’expliquer. La question déterminante sera celle du fameux déclencheur qui sera d’autant plus difficile à déterminer qu’il relèvera d’un détail ( la fameuse goutte) plutôt que d’un évènement reconnaissable immédiatement.
    Une chose est sûre pourtant : il ne s’agit pas de plaisir.

    L’idée que ce jeune homme soit passé à l’acte par seul désir prémédité de plaisir est donc proprement absurde. Même si comme le disait le vieux Sigmund la pulsion de mort relève d’un refus que l’on prive d’un plaisir....
    C’est au contraire parce qu’on ne supporte pas d’être plus longtemps frustré d’un plaisir que l’on vous refuse (et que vous réussissez encore à prendre dans le phantasme) que l’on passe à l’acte. Le fameux déclencheur est bien ce qui nous signifie l’impossibilité de rester dans le fantasme.

    Cespedes oublie donc de signaler, que l’ignorant n’est pas simplement dans l’ignorance mais surtout dans la confusion. Il se donne et se trouve des raisons souvent en accord avec certaines valeurs existantes dans la société. Raskolnikov tue la vieille usurière parce qu’il se donne un motif moral lequel prend même pour lui une valeur universelle. C’est pour cela que les lectures marxistes y verront tant d’intérêt. : la fameux rapport de la fin et des moyens.

    Dire que se garçon ne voulait que faire ce qui lui plaisait est une pétition de principe sans le moindre fondement mais que l’on peut faire tant bien que mal coller avec un vague rapport philosophique.

    2/ ‘ce qu’il veut réellement (s’émanciper d’une mère survivaliste, vivre tout court, aimer...)’
    Au passage, on appréciera la rapidité avec laquelle sans savoir grand chose on condamne la mère. Socrate aurait beaucoup rit....

    C’est sans doute ici que la comparaison est la plus antiplatonicienne !
    A quoi cela sert-il d’opposer un plaisir immédiat et physique à un avantage à plus long terme, certes plus sain, mais qui reste psychologique ?

    On reste sur le même plan de l’avantage personnel et tout au plus pourrait-on y voir un rapport entre la frustration et sa sublimation. Mettez au milieu une analyse et vous préserverez l’ordre social sans pour autant avoir réellement posé la question du bien et de la vertu. Bon c’est déjà pas mal pour un pays qui part en couilles...

    Mais ce n’est pas le propos de Platon !
    Le rapport mal/ignorance -bien/savoir poursuit un but bien différent que d’aider les individus à être mieux dans leur peau. On n’est pas dans psychologie magazine.
    Il s’agit de la cité vertueuse et non simplement du bien être des citoyens.
    L’ascension de l’âme vers le bien a un tout autre enjeu qu’une contemplation extatique personnelle du soleil de la vérité de quoi on pourrait se satisfaire.
    D’abord qu’il en reste des mecs dans la caverne, et que le simple fait d’en sortir, aussi difficile cela soit-il, n’est finalement qu’un premier pas.
    Certes, là on pourra m’opposer qu’il y a Socrate et Platon et que c’est déjà bien de passer pour soit de l’obscurité à la clairvoyance.
    Mais le but final - que l’on n’aime plus guère aujourd’hui depuis ce que l’on a appelé la fin des idéologies - est bien celle de la Cité Vertueuse et non pas seulement de l’individu vertueux bien que ce dernier soit la condition de l’autre.

    Alors, il me semble que selon Platon, il y a confusion de part et d’autre de l’alternative. Ni plaisir immédiat malsain, ni équilibre plus ou moins satisfaisant d’un individu libéré d’un environnement soit-disant étouffant.

    Mais t’aurais du venir en France mon gars ! Là où tout n’est qu’ordre calme , luxe et volupté !

    Pour Platon, comme pour Hegel d’ailleurs la préoccupation finale est celle de l’équilibre non seulement de l’individu mais plus encore de la société, de la Cité. Car seule dans une cité vertueuse peuvent s’épanouïr des individus vertueux.

    Nul n’est méchant volontairement : c’est certes une thèse intéressante et sûrement discutable.

    Encore faudrait-il commencer par en creuser le sens réel dans la pensée de son auteur plutôt que de simplement opposer deux états psychologiques en oubliant la dimension métaphysique que Platon a voulu lui donner.

    La connaissance du Bien ne doit pas se rechercher pour mon seul confort personnel mais dans le but d’une réelle compréhension et construction de la Vertu Universelle. Cespedes en reste a une interprétation psychologisante qui n’était pas dans l’intention de Platon, car dans les deux options qu’il propose le jeune homme reste dans l’ignorance du Vrai Bien. Même s’il se sent mieux dans la seconde attitude. Mais le riche jouisseur ce sent aussi mieux que le pauvre frustré. Ils n’en sont pas moins, selon Platon, dans l’ignorance du vrai bien...

    La seule ‘vie heureuse’ stoïcienne n’est pas le but ultime de Platon.

  • vorivzakonie
    vorivzakonie
    toujours juste -Ceterum censeo (...)
    • Posté à 23h51 le 27/12/2012
    • Internaute 168643
      toujours juste -Ceterum censeo (...)

    Surpris que personne ne pose pas plus les questions essentielles liées à la position de Platon !
    Mais il est vrai que l’article lui-même ne fait guère plus que de passer une légère couche de vernis philosophique....

    - La question de la belle apparence.

    Ce qui caractérise le mal c’est qu’il séduit par sa belle apparence. S’il était laid, il ne tenterait personne et la question ne se poserait pas. Le mal ne peut-on être lié à l’ignorance que parce qu’il est trompeur. Le méchant est donc non seulement celui qui ignore le bien, mais surtout celui qui a été trompé par l’apparence trompeuse du mal.
    Le premier pas consiste donc à démasquer. Or, il n’est sans doute de société plus fondée sur l’apparence que l’américaine.
    Ce qui est tristement drôle, c’est que l’inverse n’est pas vrai : le pauvre et môche, ne peut pas être un méchant trompeur. Il n’en a pas même les moyens. Il est donc d’emblée un méchant. A voir les descriptions du jeune homme : même pas moche insignifiant au point où il n’a pas de page facebook et où on ne trouve pas de photo récente de lui....

    - la question de la responsabilité

    Si je lie la méchanceté à l’ignorance, implicitement je déresponsabilise le sujet. Néanmoins les Etats Unis s’en foutent puisqu’ils ne se gênent pour affliger des plus lourdes peines des mineurs. Mais ils sont plus puritains que platoniciens.

    - La question de la tentation

    La question de l’apparence trompeuse et de la responsabilité est profondément liée à la question la tentation. Si le savoir me fait comprendre que sous la belle apparence se cache une tentation qui veut ma perte je devrait - savoir oblige -me détourner une fois pour toute de l’objet trompeur.
    Or, c’est justement le contraire qui se passe souvent, plus je sais que je devrais me l’interdire (la cigarette, la patisserie,etc) plus je suis à nouveau tenté. C’est que Platon néglige la question de la volonté. Une fois qu’on est sorti de la Caverne on n’a plus envie d’y entrer, et si on le fait quand même on ne peut plus partager des valeurs que l’on sait maintenant fausse. Ce qui fait que le grand point faible de Platon semble être ici celui de la volonté qui se soumet comme par magie au savoir ou alors comme chez Descartes a tout pouvoir à partir d’un point donné.

    Théories intellectualistes qu’un stoïcien ou un spinoziste verraient bien autrement.

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