Avignon, rue du off

Le blog La rue du off sur Rue89 est un carnet de bord du festival d’Avignon off. Boussole des festivaliers égarés ou parisiens exilés. Suivez tous les jours nos trouvailles, enchantements et quelques mauvaises surprises.

Guide de survie pour les festivaliers d'Avignon

Culture sur mesure
Dénicheurs de spectacles
Publié le 08/07/2011 à 10h11

Pour partir d’un bon pied arpenter les pavés d’Avignon, il faut maîtriser quelques nuances. Que ceux qui circulent dans la jungle avignonnaise avec l’aisance de Bagheera nous pardonnent et attendent le prochain billet de ce blog. Pour les autres, ce lexique avignonnais ne sera pas de trop.

« In » et « off »

Il y a deux festivals en un :

  • le festival « in » a pour père Jean Vilar et existe depuis 1947. Il a d’abord lieu dans la cour du palais des Papes pendant une seule semaine. Avec le succès, le festival prend de l’ampleur et s’étend peu à peu dans le temps, l’espace et les disciplines présentées. Il s’agit néanmoins d’une seule programmation qui mêle généralement répertoire et œuvres contemporaines.

    Dans tous les cas, il s’agit globalement de « théâtre public », dans l’esthétique conceptuelle, voir avant-gardiste, le propos sur l’art et le monde que portent les créations. Les spectacles qui y sont proposés sont donc généralement créés en partie avec des fonds publics et le festival est lui-même une structure de coproduction.

  • le festival « off » est né alors que le premier se développait et devenait un lieu de rencontre pour le théâtre français. En 1963, André Benedetto, Gérard Gélas, Alain Léonard et d’autres lancent le « Off ». Ça n’est pas le salon des refusés mais l’idée est similaire : créer l’événement à l’ombre de l’événement.

    Aujourd’hui, le festival « off » permet à un peu moins d’un millier de compagnies de présenter leurs spectacles dans 116 lieux différents. Pas de programmation centralisée, chaque lieu est maître en ses gradins, et cette diversité est revendiquée par le festival. On trouve donc en pagaille de l’humour douteux et des bijoux de danse contemporaine, des productions pour lesquelles le metteur en scène a cassé son cochon et des compagnies subventionnées.

Inutile de préciser que ces deux mondes ne sont pas enclins à la rencontre, se traitant de snob ou de populo.

Les remparts

Les remparts sont à Avignon ce que le périph est à Paris : une barrière visible et invisible. Pour un lieu de spectacle, être en dehors des remparts est soit une faiblesse, soit une composante identitaire : c’est la cas du Théâtre des Remparts par exemple, ou des chapiteaux de l’île de la Barthelasse (presqu’île à laquelle menait jadis le pont d’Avignon) qui sont des chapiteaux, donc des lieux pas comme les autres.

« In » et « Off » traitent différemment cette question de l’intérieur et de l’extérieur :

  • le « Off » déploie des trésors d’ingéniosité et des lieux éclosent chaque année, généralement à l’intérieur des remparts : écoles, arrière-salles de restaurants, salles de yoga, etc ;
  • le « In » reprend à son compte le concept de décentralisation et assume l’utilisation d’espaces en dehors des remparts, ce qui permet aussi d’être un festival « vert » : « Pensez au covoiturage » pouvons-nous ainsi lire sur le site.

« In », « Off », intérieur, extérieur : des mots que l’on retrouve dans le titre d’un spectacle de Gauthier Fourcade présenté cette année dans le « Off », « Le bonheur est à l’intérieur de l’extérieur de l’extérieur de l’intérieur, ou l’inverse » – un titre qui attire le regard par sa longueur. L’objet de tout cela, c’est le public.

Public captif

Le public, c’est le nerf de la guerre donc, surtout pour le « Off » et les compagnies, dont seulement 9% rentabilisent leur venue avec les recettes de billetterie. Il est donc, tenu captif entre les remparts, l’objet de toutes les attentions. Parades, tractage, navettes pour se rendre sur les lieux décentralisés de la banlieue avignonnaise, « goodies » : plus le péquin augmente son panier moyen, mieux le théâtre s’en porte !

Mais le public est aussi le train d’union, ténu et essentiel, entre les deux festivals. Certains diraient que le bobo descendu pour une soirée au palais des Papes n’a rien à voir avec le touriste en tongs qui s’esclaffe au Palace. En effet, ne va pas qui veut déguster le champagne du bar du « In ». En tongs, on ne passe pas.

Il ne faut cependant pas oublier ces irréductibles qui, loin de querelles de clochers, vont juste voir des spectacles. Ce sont notamment des jeunes, qui représentent aujourd’hui 15% du public du « In » et se promènent un programme du « Off » sous le bras.

Dans les rues encore calmes d’Avignon, on sent que la ville de prépare. Les restaurateurs peaufinent leur service, les tables des cafés sont encore clairsemées, les distributeurs pas encore dévalisés.

On attend cette année 1,5 million de festivaliers.

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  • Billyglou
    Billyglou
    culturel
    • Posté à 11h03 le 08/07/2011
    • Internaute 52787
      culturel

    Le Off est né en 1966 au Theatres des Carmes avec le spectacle d’André Benedetto STATUES
    En 1963 c’est ma creation du theatre des Carmes
    Gelas commence en 1967 et Alain Leonard arrive plus tard

    • Culture sur mesure
      Culture sur mesure répond à Billyglou
      Dénicheurs de spectacles
      • Posté à 11h14 le 08/07/2011
      • Internaute 153748
        Dénicheurs de spectacles

      D’après l’association AF&C qui coordonne le festival off, il semblerait que le festival ait été « inventé » dès 1963 par André Benedetto avec la création du Théâtre des Carmes. Effectivement, c’est ensuite à partir de 1967 que d’autres troupes rejoignent cette initiative. Alain Léonard arrive plus tard, en 1982, en créant Avignon Public Off, association qui a pour vocation de répertorier tous les spectacles dans un programme commun.

      • Billyglou
        Billyglou répond à Culture sur mesure
        culturel
        • Posté à 11h38 le 08/07/2011
        • Internaute 52787
          culturel

        Creation du Theatre des Carmes en 1963 et Benedetto a joué pour la premiere fois en meme temps que la Cour d’honneur l’été en 1966
        Pas pour faire un évènement mais juste pour exister et exercer son art
        Comme Vilar en 1947, c’est le meme geste de 2 artistes pas d’organisateurs d’évènements.

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 11h48 le 08/07/2011
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Chaleur et poussière : -)

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