L'ardoise

Le carnet de bord de Zacharia Dosseur, jeune prof de ZEP.

La ZEP entre dans l'ère de « l'effrayage »

Zacharia Dosseur
Enseignant en ZEP
Publié le 09/05/2007 à 20h16

Première journée au collège sous Sarkozy.

8h25. Dans la salle des profs où j’arrive dans les premiers, les gens ont le visage des lendemains de défaite. Ces visages de veille de lutte, ceux qu’on avait sous Allègre ou Ferry, avant d’aller dans la rue.

Notre mot d’ordre, désormais : la vigilance. Dès que s’abattront les nouvelles réductions de moyens sur nos écoles fragiles, il faudra être prêt et bondir. Tout est déjà allé si vite.

Nous en ZEP, nous avons des idées pour arrêter la privatisation de l’école, pour redonner de l’ampleur à l’école publique, lui redonner de l’avance, mais nous écoutera-t-on ? Vigilance.

13h25. Il faudra donc se faire entendre. Plus que jamais. Voilà ce qu’on se marmonne à la cantine, en hésitant à entamer notre plat, encore moins appétissant qu’avant.

Un collègue me fait sourire l’après-midi : « Ouf, les gars, tout n’est pas perdu, le soleil peut encore passer ! Regardez ! “ Et nous fixons le rayon émanant des nuages qui traverse enfin la salle des profs.

Toute la journée, les élèves sont agités, mais sans plus, six poubelles ont brûlé dans la nuit, les femmes de ménage se plaignent d’un ou deux graffitis sur les tables, genre ‘A mort Sarko’. Rien d’autre.

16h10. En dernière heure, je demande aux élèves pourquoi ils sont agités, et c’est Abdel qui dit : ‘Eh M’sieur, c’est normal, on est nerveux, va falloir faire attention maintenant avec Sarko, on est rentré dans l’ère de l’effrayage !

  • 4164 visites
  • 34 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Anonyme

    ET voilà, décidement les enfants, y savent plus causer, c’est l’effrayitude qu’on dit, l’effrayitude nationale même !

    • Anonyme

      il a raison : l’effrayage est tout à fait approprié ! ! ! L’âge de la peur... on y est... mais doit-on y rester ? J’ai été affligée de voir qu’on joue la peur dans tous les sens politiquement ces derniers temps. Nicola Sarkozy fait peur, Ségolène également (pas aux mêmes personnes) ; c’est dans cela qu’on a baigné pendant toute la campagne et même bien avant (depuis 2002 quoi...). Une démocratie qui fonctionne sur les affects : la peur, l’indignation, la colère, se prive de ce qui fait sa force : être à la bonne distance pour rester vigilant et jouer le rôle qui doit être le nôtre, celui d’un contre pouvoir permanent (c’est ça la démocratie, je crois).
      Alors, rassurez vos élèves, donnez leur les clés de lecture de ce qui s’est passé, de ce qui se passera ; c’est un super métier celui de prof quand on le fait pour cela... non ?

      • Zacharia Dosseur
        Zacharia Dosseur
        Enseignant en ZEP
        • Posté à 11h02 le 12/05/2007
        • Expert 38
          Enseignant en ZEP

        Oui, et même si l’on ne fait pas le métier de professeur que pour cela, c’est devenu inhérent au cours. L’apprentissage de la démocratie, de la libre parole, de sa construction et du débat, apprend à ces élèves, souvent en manque de confiance en soi, à pouvoir faire face.

  • olivr
    • Posté à 20h58 le 09/05/2007
    • Internaute 2298

    tout à fait d’accord, on ne se rend pas compte de l’ effet cascade du tout repressif et 0 prévention. On est oas sorti de l’auberge mais on est assez costaud pour resister et ouvrir les yeux de nos concitoyens...

  • Beber
    • Posté à 21h47 le 09/05/2007
    • Internaute 359

    De quoi se plaignent-ils tes nains ?
    dans trois ans, vous ne serez plus que trente profs au lieu de trente six. les plus durs de tes collégiens seront en détention, vous ferez six heures supplémentaires chacun et vous émargerez à 4000 euros net.
    de quoi se payer de belles vacances sur un yatch...mais à plusieurs...
    N’est pas Nicolas qui veut.
    Rassure Abdel.. avec des profs heureux ; l’école ira mieux.

  • Anonyme

    L’effrayage ... dans la bouche d’un petit de 4 ans ca fait rire, dans celle d’un collégien ça me désole.

    • Gaelito
      • Posté à 16h17 le 10/05/2007
      • Internaute 2533

      Et ce n’est pas avec Sarko qu’on est pret de voir le niveau s’améliorer... Les enseignants en ZEP se battent tout les jours avec des moyens dérisoirs et va encore leur enlever des crédits...
      C’est pourtant pas compliqué de comprendre l’éducation est au coeur de beaucoup de problèmes. J’ai vraiment peur pour l’avenir de la France : (

  • Anonyme

    Le drame des professeurs de ZEP, c’est qu’ils n’ont toujours pas compris qu’une ZEP est une ZEP parce qu’ils y enseignent.

    Effectivement, il y a en ZEP un gros manque de moyens - mais plutôt intellectuels.

    Jorges Pompidou

    • koakim
      • Posté à 23h21 le 10/05/2007
      • Internaute 2331

      Je t’invite donc à venir travailler dans la mienne, si tu en as le courage ou les capacités, car il y a ceux qui font, et ceux qui parlent et ceux qui jugent et critiquent, bien assis dans leur canapé !
      De quel côté es-tu ?

  • a.guillaume
    • Posté à 13h11 le 10/05/2007
    • Internaute 886

    l’effrayage a pousser des cris d’or frais ?

  • Anonyme

    certains des commentaires affichent un mépris social violent
    non ? ?

    pour le reste ...

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 18h15 le 10/05/2007
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Tiens, ils ont Segolene comme prof de Francais dans ton bahut ? ; -)

    De mon temps non plus ils n’estaient pas terrible les profs de Francais. On peut le voir aujourd’hui dans la parfaite orthographitude de mes commentaires....

  • koakim
    • Posté à 23h15 le 10/05/2007
    • Internaute 2331

    Aujourd’hui, les enseigants peuvent émettre des « signalements d’enfants en danger », demain, tout cela sera remplacé par des « signalements futur-délinquants »
    Mais de toute façon, qui se soucie vraiment des élèves de Z.E.P., quelles seront les réactions profondes si les « raccompagnements » prévus se feront ?
    Personne. On noiera le poisson avec une nouvelle provoc du style yacht, histoire de ne parler que de cela, et puis on publiera le tome 2 de la « fabrique du crétin », spécial Z.E.P.....
    Il faudra alors travailler beucoup plus, pour gagner un peu plus, histoire de payer les sommes astronomiques des écoles privées.... qui de toute façon rejetteront bon nombre de candidats de 3 ans parce que des tests démontreront qu’ils ne sont pas génétiquement faits pout réussir.... cf certaines écoles d’angleterre..... vive le progrès, recevons bien mr Blair, écoutons attentivement ce qui va être dit, car vraiment, tout, mais absolument tout va bientôt être vraiment possible.....

  • Plouf
    • Posté à 01h30 le 11/05/2007
    • Internaute 2632

    « Le droit à l’éducation doit être garantie à chacun [...]. Pour garantir ce droit, la répartition des moyens du service public de l’éducation nationale tient compte des différences de situation objectives, notamment en matière économique et sociale » ... « égalité des chances »... Ces morceaux de phrases sont issus du code de l’éducation, est-ce compatible avec certains propos émis par notre nouveau président (sic) ? N’y a-t-il pas une égalité de droit, précaire, encore jeune et encore irréelle sur le terrain qui est remise en cause, non plus uniquement du point de vue des faits mais également sur celui des idées ? ...Amertume ... mais vigilance !

  • nunuche
    • Posté à 10h30 le 11/05/2007
    • Internaute 2011

    zacharia je te soutient de tout coeur nos petits profs de province devraient faire échange avec vos conditions de vie et de travail après ils arrêteraient surement de faire de la ségréation.
    Mes fils sont au collège oui les ados ont peur de ce qui va arriver La grande majorité des habitants au voté pour NS mais s’ils avaient discuté avec certains ados ! ! ! ! ! ! ! ! !
    Aujourd’hui il y a une intervention sur le respect et les discréminations ce matin pour les filles et cet après-midi pour les garçons : Cherchez l’erreur certains garçons ont revendiqué le droit de venir le matin réponse du prof c’est comme ça et présence obligatoire ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
    Zacharia je pense que tu ne fait pas la différence entre tes élève mais ici c’est le cas la lutte des classes existe au sein de l’école d’ou la rage de certains enfants.
    Merci quand même de rester vigilant il faut plus de gens comme vous et encore merci a rue89

    • Fozzie
      Fozzie répond à nunuche
      Riendutoutiste tendance dure
      • Posté à 09h07 le 12/05/2007
      • Internaute 1195
        Riendutoutiste tendance dure

      Les petits profs de province... Il n’y a pas de ZEP en province ? Venez vous balader au Havre ! Encore du parisiano-centrisme...

      • Laurent Mauriac
        Laurent Mauriac répond à Fozzie
        Cofondateur Rue89
        • Posté à 14h22 le 12/05/2007
          éditeur
        • Journaliste 8
          Cofondateur

        Fozzie,
        N’hésitez pas à apporter vos témoignages sur ce blog. Et, pourquoi pas, par la suite, à en tenir un vous-même.
        Laurent Mauriac (Rue89)

      • Ernest
        Ernest répond à Fozzie
        Enseignant
        • Posté à 18h04 le 12/05/2007
        • Expert 2052
          Enseignant

        Bien d’accord Fozzie, et tant qu’à aller au Havre, autant s’arrêter aussi à Elbeuf, c’est sur la route.

        Ayant travaillé en Lycée Pro (dont à Elbeuf, justement) et maintenant dans l’Eure, dans les 2 cas en ZEP, je ne suis qu’un petit prof de province.

        Les ZEP de province ne sont pas aussi tranquilles qu’une croisière en yatch...
        En 7 ans de carrière, j’ai vu des choses peu réjouissantes, pèle-mèle (en province, oui, oui)
        - un cocktail molotov dans le CDI (nuitamment)
        - un gang cagoulé débarquer un samedi matin et racketter profs et élèves après avoir tabassé le gardien à l’entrée
        -j’ai failli me prendre une chaise dans la figure en m’interposant pour qu’un jeune ne la prenne pas (erreur de débutant)
        -hier matin, un élève s’est levé en cours, a frappé la chaise d’un autre si violemment que la chaise a volé mais que l’élève s’est retrouvé assis par terre là où il était.
        -j’ai été insulté et menacé un nombre de fois incomptable
        -ma voiture a été vandalisée
        -un surveillant a été attaqué un soir sur un parking à coup de bombe lacrimogène parce qu’il avait crié sur un élève !
        -un prof d’attelier a reçu un ciseau à bois dans le dos, un autre une canette pleine, un troisième des boules en plastique de la taille du poing.
        -juste avant les vacances, un élève s’est fait rouer de coups (en particulier des coups de pieds alors qu’il était à terre) pour avoir dénoncé un autre élève.

        J’en oublie surement.

        Mais je ne suis qu’un petit prof de province, ma vie est belle !

        (une autre fois, je vous parlerai des personnels administratifs des établissements que j’ai traversés, c’est plus subtil, mais ca vaut parfois les élèves)

         
        • Ernest
          Ernest répond à Ernest
          Enseignant
          • Posté à 18h46 le 12/05/2007
          • Expert 2052
            Enseignant

          J’étais un peu remonté tout à l’heure en écrivant le message ci-dessus (c’est le « petit prof de province » qui me restait en travers de la gorge)

          J’ai oublié de dire qu’évidemment et heureusement, j’ai aussi vécu des trucs supers en ZEP.

          Voir une élève doubler sa moyenne générale et prendre confiance en elle.
          Aider les petits 6èmes en difficulté à faire leurs devoirs et voir que cela porte ses fruits.
          Voir qu’un dialogue pour désamorcer une crise a fonctionné.

          Ces choses sont moins « médiatisables » que celles que j’ai citées plus haut mais tellement plus fréquentes qu’il fallait les souligner.

        1 autres commentaires
    • Zacharia Dosseur
      Zacharia Dosseur répond à nunuche
      Enseignant en ZEP
      • Posté à 11h15 le 12/05/2007
      • Expert 38
        Enseignant en ZEP

      Merci pour ton témoignage. Le respect, en ZEP comme ailleurs, passe par cette écoute, et donc par le respect des élèves qui, quand on les prend au sérieux, font des choix ambitieux, impressionnent et s’enrichissent (ils se mettent à écrire, à lire, et à travailler...). Concrètement, n’hésitons pas à aider les élèves à s’exprimer en créant un journal, des affiches, en les aidant à se construire une tribune d’expression dans les collèges.
      Souvent, c’est cette parole qui l’emporte et peut assez vite modifier les comportements, car ils ont réellement quelque chose à dire...
      On ne peut pas continuer à mépriser les gens de leur naissance à celle de leurs enfants. Le combat continue et nous en reparlerons dans d’autres articles,
      à bientôt.

  • owen
    • Posté à 13h05 le 11/05/2007
    • Internaute 1799

    je suis élève en lycée Zep, en seine-saint-denis, le département qui fait peur...
    Je tiens juste à souligner que tous les élèves de zep n’étaient pas contre notre futur nouveau président bien au contraire et cela ne me plait pas de le dire.
    Les visages ne sont pas tous clos aujourd’hui vendredi, les regards ont une flamme, celle de la lutte qui reste à mener...
    Cette flamme Sarkozy l’a elle même provoquée chez ses soutiens d’hier grâce à ses vacances

  • Anonyme

    Il paraît que Sarkozy est pour des classes à 17 en ZEP et veux s’en donner les moyens...
    source la lettre de l’éducation

    • owen
      • Posté à 19h38 le 11/05/2007
      • Internaute 1799

      Je peux vous dire que je suis en terminale en zep et que nous sommes 35, Sarko a du travail qui l’attend...

    • soignante désespérée
      • Posté à 12h09 le 12/05/2007
      • Internaute 2213

      Oui, c’est vrai NS est pour des classes à 17 élèves en ZEP, ..... dans les établissements privés qui, sous contrat d’association avec l’état, existent aussi dans les zones difficiles.
      Pour les autres, cad l’enseignement public, il va falloir se tenir à carreau, être polis et gentils, sinon, va y avoir des règlements de compte :
      - suppression de poste
      - répression
      - et les gendarmes à la sortie des collèges pour arrêter les méchants collégiens qui volent des sucettes au super U du coin.
      Je travaille en ex-zep (parait qu’on y est plus pasque nos résultats sont meilleurs), je vois les collégiens qui souffrent et ce que j’entends dans mon infirmerie me fait frémir.

      Devant des gamins en difficultés et des parents démunis qui viennent demander de l’aide (type aide éducative par exemple) tout ce qu’on peut leur dire, c’est : on va essayer mais ne compter pas avoir quoi que ce soit avant un an ! ! ! ! !

      Forcément, dans un an, les gamins seront encore plus révoltés et surement seront passés à l’acte.
      Alors, soyons très vigilants....

  • VanRos
    • Posté à 00h51 le 12/05/2007
    • Internaute 2363

    Quelques impressions tirées d’une discussion avec ma fille, scolarisée en 4e dans un collège ZEP..Ma fille me faisait part du profond désarroi, de la tristesse (peut-être infondés, espérons-le ...)de ses camarades, parfaitement intégrées et parfois excellentes élèves ... Elles disaient (je traduis légèrement ...) : « qu’avons-nous fait pour être stigmatisés de la sorte, nous et nos parents ? Pourrions-nous rester en France ? “...Au fait, à l’heure de l’immigration choisie”, est-on sûr que la France... sera choisie ? J’espère que le rêve français,(par ailleurs, elles expriment des désirs professionnels parfaitement normaux ... voire excessivement modestes) moteur de l’effort de ces mômes, ne devienne un cauchemar ...

  • Fozzie
    Fozzie
    Riendutoutiste tendance dure
    • Posté à 09h02 le 12/05/2007
    • Internaute 1195
      Riendutoutiste tendance dure

    Dans mon collège ( qui n’est pas ZEP puisqu’il est à la campagne et qu’il n’y a que dans les banlieues qu’il y a des déshérités ), la dotation financière de l’Etat est devenue si faible qu’on a même pas les moyens de payer un livre d’histoire-géo à chaque élève de 3ème... C’est vrai que l’Histoire, c’est pas bon, ça fait réfléchir.

    • soignante désespérée
      • Posté à 12h13 le 12/05/2007
      • Internaute 2213

      mais non, les ZEP existent aussi en campagne. Enfin, existaient parceque actuellement on parle plus souvent de REP, ce qui sous-entend que çà va mieux ! Surtout, çà permet de donner moins de moyens et donc de scinder encore plus les établissements.
      Bientôt plus de mixité sociale dans l’éducation :
      les collèges publics mal notés pour les mauvais et les autres pour les bons. Et pour les très bons, eh bien : enseignement privé. Puisque suppression de la carte scolaire.

  • koakim
    • Posté à 11h20 le 12/05/2007
    • Internaute 2331

    La Z.E.P est (bientôt) morte, la nouvelle donne c’est le RAR (réseau ambition réussite), alors voilà comment on procède : on associe quelques écoles avec un collège désigné, on dote tout cela de moyens et le tour (de passe passe) est joué.
    Parce que dans le même temps, bon nombre d’écoles de ZEP et de REP réintègrent la « normalité », et avec eux fini les moyens dont ils disposaient.... qui basculent donc vers le RAR
    ALors plus que jamais, le métier d’enseigant va impliquer une vocation énorme, car ce n’est pas seulement avec des études dirigées du soir que l’on va pouvoir vraiment aider des élèves en difficultés, démobilisés, dans une classe qui aura pas loin de la trentaine d’élèves.Car que je sache, l’essentiel du travail doit se faire dans la journées...
    (ou alors il faut déjà habituer les générations futures au fait que la journée de travaille s’arrête à 17H, et reprend à 17h30.... travaillons plus...)
    Si débat sur l’éducation il y aura, il faudra vraiment être attentif, vigilant et impliqué, pour nos enfants et nos petits-enfants.
    Les enseigants travaillent POUR les élèves, POur les parents, donc AVEC eux et non CONTRE eux, ne nous laissons pas dire le contraire.

  • Anonyme

    cela voulait dire

    que la peur a changer de camps

  • Anonyme

    fonctionnaire de la majorité invisible
    m occupant des minorités visibles en ZUS

    « que la peur à changée de camps “

    il y a de ça
    il y a de ça

  • Ernest
    Ernest
    Enseignant
    • Posté à 18h02 le 12/05/2007
    • Expert 2052
      Enseignant

    N’oublions pas que Sarkozy a promis la fin de la carte scolaire : chacun pourra choisir l’établissement de son enfant !

    Enfin, dans la théorie, parce que le Lycée Henri IV ne pourra pas accueillir tout le monde ! donc les « bons » établissements (j’entends par là, ceux dont la réputation est bonne) vont recruter sur dossier les meilleurs élèves, quant aux autres, ils se retrouveront avec un pourcentage d’élèves défavorisés et en difficulté plus grand encore qu’aujourd’hui.

    Je prends un exemple simple : dans la petite ville où je travaille, il y a 2 collèges, un dont la réputation est bonne et l’autre où la réputation est mauvaise (il est en ZEP, heu, non, en REP)et c’est celui où j’enseigne.

    Si on abolit la carte scolaire, tous les parents des environs voudront scolariser leur enfant dans celui qui a une bonne réputation (et je ne les blame pas). Ne pouvant pas accueillir 2 fois plus d’élèves, le collège devra en refuser un certain nombre. Sur quels critères ? Plus sur celui de l’éloignement comme à l’époque de la carte, donc pourquoi pas les résultats ou le comportement.

    Les élèves ainsi refusés n’auront d’autre choix que de venir étudier dans l’autre collège où forcément on aura plus de difficultés encore !
    Parce qu’on a beau être en ZEP, on a des élèves brillants, de très bons élèves, des élèves moyens mais respectueux, des élèves en difficulté mais gentils, des élèves en opposition au système, des élèves violents)
    Avec la fin de la carte scolaire, il ne nous restera que les derniers. Quelle chance pourront nous leur donner ? Où est la mixité sociale dont ils ont besoin ?

    Tout cela me fait bien peur pour l’avenir de nos jeunes.

    • Anonyme répond à Ernest

      Quelques informations supplémentaires :
      j’enseigne dans un petit collège calme de centre ville (60 % de csp défavorisées quand même), et depuis les annonces sur l’assouplissement de la carte scolaire, un grand nombre de demandes sont arrivées au collège (notamment pour les 6è). Nous devions avoir 23 élèves par classe sur ce niveau, nous en aurons 30 (et c’est l’IA qui accorde les dérogations, nous ne voyons pas les dossiers). Pour nous, c’est négatif.

    • Robert Marchenoir
      • Posté à 22h56 le 01/07/2007
      • Internaute 10196

      « Ne pouvant pas accueillir 2 fois plus d’élèves, le collège devra en refuser un certain nombre. Sur quels critères ? Plus sur celui de l’éloignement comme à l’époque de la carte, donc pourquoi pas les résultats ou le comportement. »

      Mais sur quoi d’autre faudrait-il sélectionner les élèves ? Sur les opinions politiques de leurs parents ? Encore heureux que ce soit sur les résultats et sur le comportement !

      Pour entrer dans une bonne école, il faudra faire des efforts, avoir de bons résultats et respecter la discipline. On reviendra alors à la seule façon de faire possible, au règne du bon sens, qui a été mis entre parenthèses par de délirantes théories gauchistes depuis des décennies.

  • Malouma
    • Posté à 20h43 le 17/05/2007
    • Internaute 2598

    Pour défendre les financements des RAR, voici l’explication qui nous a été donnée : en RAR (réseau constitué d’un collège autour duquel gravitent x ecoles primaires), les enseignants sont souvent de jeunes néotitulaires, expatriés pour la plupart et dont les traitements n’excèdent pas les 3ème ou 4ème échelon. Moyenne d’âge : 27 ans. Souvent méconnaissance de la banlieue et pis, méconnaissance de la psychologie de l’adolescent. Failles dans la formation donnée par les IUFM ? C’est certain.
    Dans un collège qui ne bénéficie pas d’une structure RAR, bien qu’il entre dans les critères, l’on trouve plus d’enseignants âgés qui évidemment coûtent plus cher.
    Vous me direz « raisonnement absurde ». Et c’est vrai. Alors pourquoi ? Réponse donnée : n’oubliez pas que nous entrons dans l’ère LOLF et que chaque établissement, dans le projet d’autonomisation (ou plutôt atomisation)prévu par NS, devra se débrouiller avec son enveloppe budgétaire.
    Pour certains chefs, le calcul est fait, on engage de jeunes néotit et on met le max dans plein de projets. Ajoutons aussi que les établissements désormais ont la possibilité de bénéficier de la nouvelle politique de la ville, les CUCS. Ceci au détriment des associations qui n’ont plus (ou très peu) d’impact auprès des jeunes et qui n’ont plus de sous.
    Votre élève parle d’« effrayage », sachez que depuis un an qu’on nous rabâche la LOLF, eh bien cela m’a toujours fait penser, malgré mon âge, à un WOLF.

    A cela s’ajoute la suppression de la carte scolaire qui est une promesse qui devrait être tenue et dernièrement les classes à 17, voire moins. A voir...

    Ce qui est déplorable, c’est que c’est bien dans ces établissements qu’on a besoin de profs plus âgés, plus expérimentés parce qu’ils connaissent mieux les adolescents parce que souvent eux ils ont aussi des enfants.
    Ce qui est par ailleurs intéressant, c’est de pouvoir réunir trois générations dans un bureau : les parents, le prof et l’élève.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.