Le Bronx

De la BD et bien d'autres choses, par Benjamin Legrand.

Les Ferrandez père et fils redessinent Cuba

Publié le 12/11/2008 à 05h37

Aïe aïe aïe, c'est la Salsa dans le Bronx ! Normal. La Salsa c'est la sauce, la mixture épicée des Caraïbes, le mélange intégral de toutes sortes de musiques. Plus que la Salsa de Puerto Rico du Bronx, son ancêtre, la Salsa Cubana. Celle qui a influencé toute la musique depuis des années et des années. Celle de Ferrandez. Pierre et Jacques, fils et père.

Vous connaissez Jacques Ferrandez ? Il n'est pas vraiment cubain, même s'il joue de la contrebasse. Il est l'auteur d'une immense série de BD sur l'Algérie, qu'il va achever cette année. En attendant, il nous livre ce livre sur Cuba. En exergue de cet album, Jacques et Pierre Ferrandez citent Nicolas Bouvier (« l'Usage du Monde ») : « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. »

Ils ont donc fait un voyage, ou plutôt deux, et défait pas mal de clichés en s'attachant au peuple Cubain. Celui du passé, celui de la transition, celui d'aujourd'hui et des questions que pose demain. Et ils font une sacrée Salsa à eux deux. (Voir la vidéo)

Il est plus que rare de voir un (jeune ! ) père travailler avec son (jeune ! ) fils sur le même album de BD. Suite à un voyage en famille en juillet 2007, ils ont décidé de raconter Cuba en duo. Au point que même en connaissant le père et le fils, il est difficile, voire impossible, de savoir qui a dessiné quoi. (Voir la vidéo)

Des croquis, des notes, des photos, le tout saisi dans l'instantané d'un premier séjour. Des rencontres, des jeunes, des vieux, des filles, des garçons, une mosaïque de personnages de la vraie vie, du sel de la terre cubaine, colorés comme l'île elle-même peut l'être.

Des moments pris sur le vif qui avaient déjà été publiés dans le numéro 2 de XXI, revue atypique, éclectique et trimestrielle, que l'on vous recommande au passage.

Dans la BD publiée dans XXI, à force de rencontres, ils racontent les difficiles retrouvailles d'un père et d'un fils, les dissensions politiques, les regrets ou l'absence de regrets, et à travers l'histoire de cette famille, le pays de 10 millions d'âmes qu'est cette île, terre de la révolution où règne l'invento (la débrouillardise), les affrontements, les générations…

Et puis dans cet album, ils ont ajouté tous leurs carnets de voyage. Une traversée de l'île où père et fils « sont mus par une même curiosité, un désir de voir et de témoigner à hauteur d'homme, chacun avec son regard… les nombreux dessins, photos et notes rapportés, ici mis en commun, viennent compléter, approfondir ou préciser ce récit, “Cuba père et fils”. De ces deux séjours et du travail qui en a découlé, nos relations déjà proches et complices se sont renforcées. Cet ouvrage en est la preuve ».

Ainsi parle Jacques à la charnière de cet album, avant de nous faire partager avec Pierre l'intimité et l'espace de cette traversée de Cuba. Un pur plaisir.

Et tandis que sort « Cuba père et fils », Jacques est en train de terminer le dernier album de sa saga sur l'Algérie, déjà évoquée dans cette rubrique. Jacques est né là-bas, de l'autre côté de la Méditerranée. Puis il a vécu en Provence, et son tout premier Album de BD parlait justement de la Provence. (Voir la vidéo)

D'ailleurs, quand on lui demande ce qu'il compte faire après cet ultime album qui sortira au printemps prochain et après « Cuba, Père et Fils », Jacques ne sait pas bien, mais peut-être revenir sur cet arrière-pays qu'il connaît si bien. Avant ou après d'autres voyages en tout cas. Ça c'est certain…

Cuba, père et fils de Pierre et Jacques Ferrandez (Casterman éditions).

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  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 20h09 le 12/11/2008
    • Internaute
      Retraite invalidité

    le mélange de plusieurs musiques, c'est Miriam Makeba qui le faisait à merveille... ! !

    Lien

    • dommarco
      dommarco answers to Phil2922
      • Posté à 21h22 le 12/11/2008

      On peut dire de Miriam Makeba qu'elle est l'égérie de ce qu'on appelle aujourd'hui la musique du monde. Parlant plus de 7 dialectes africains, elle à été grandement influencée par sa relation plus qu'affective avec la révolution guinéenne.
      elle reste une compositeure et interprète exceptionnelle dans la création de la musique contemporaine africaine. Mais à un niveau intellectuelle qui ne la classe pas forcément en tête dans l'expression de la musique populaire et urbaine du continent. grande dame aux grandes idée et aux grands combats plus politiques que musicaux.

  • dommarco
    • Posté à 21h14 le 12/11/2008

    Comme celà a été signalé à rue89, les termes de salsa cubana, n'est pas homologué comme style musical.
    La salsa n'est pas cubaine. Tout cubain qui se respecte fera référence au son, genre musical qui suscite aussi des polémiques quant à son origine véritable.
    La salsa nait dans le barrio latino de N.Y. vers la fin des années 60. Elle succède à deux genres, 1) le boogaloo qui mélange soul music et influences latines et dès 1962 2)le pachanga dernier rythme à la mode à sortir de Cuba avant le blocus et la politique culturelle de Fidel Castro.
    Il existe une polémique qui fait toujours rage sur l'appelation qui apparait plus comme une étiquette commerciale destinée à vendre un produit et dont la commercialisation effective se fera à coup de pots de vin et de racket, entrainant quelquefois des violences (la payola).
    Le terme est revendiqué par Johnny Pacheco, directeur artistique de la Fania All Starsavec l'aide d'un regroupement de musiciens talentueux, dont Ray Barretto, Willie Colon, Celia Cruz, etc, etc
    Si Cuba est le centre de convergence de la production musicale del'ensemble des Caraïbes, cette position prend fin avec l'élimination et la fermeture des jukes box dans les bars qui véhiculent les nouveautés en provenance de l'extérieur. Sans faire de l'anticastrisme primaire, on peut affirmer que Castro est l'artisan de l'apauvrissement de la musique cubaine en interdisant toute innovation en provenance des Etats Unis.
    La timba est l'actuelle salsa cubaine, mais n'a rien à voir avec la musique populaire, expression directe de la vie du barrio latino plus communément appelée salsa dura.
    Les cubains d'aujourd'hui plus assimilés aux musiques actuelles, pourraient accepter le terme, mais le mot salsa chez les pur et les durs du son et du son montuno, musiques campagnardes par excellence est synonyme de pillage.
    La musique la plus représentative de cette époque est parfaitement interprétée par l'Orchestre Aragon, devenu après la révolution l'orchestre national de Cuba.
    Il est difficile de résumer en quelques mots la saga et le trajet de la musique cubaine à travers le monde mais dont les interprètes les plus authentiques restent les africains qui ont assimilé le genre jusqu'a aujourd'hui et dont le goupe Africando est le dépositaire incontournable.
    En ce qui concerne la BD, il faudra lire pour juger la part de romantisme de l'historique véritable.
    pour ceux que celà intéressent le livre de César Miguel Rondon : el libro de la salsa à été récement traduit de l'espagnol à l'anglais et se trouve en vente sur le net sur le site descarga.com

  • patrick du 14-
    • Posté à 22h42 le 12/11/2008
    • dommarco
      • Posté à 23h32 le 12/11/2008

      merci Patrick, trop cool la vidéo, puente et palmieri dans leurs oeuvres.
      Bis

  • patrick du 14-
    • Posté à 00h11 le 13/11/2008

    mais bon cuba c'est ça aussi

  • patrick du 14-
    • Posté à 14h58 le 13/11/2008
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