Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

« La Mentalité américaine » décryptée par Howard Zinn

Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 23/02/2010 à 12h26

Juste avant de disparaître, l’historien américain Howard Zinn aura livré un ultime petit recueil sulfureux, d’une piquante actualité : « La Mentalité américaine » (Lux éditeur).

Malgré son titre un peu restrictif, cet opus offre trois textes qui dépassent largement les frontières américaines. Et touchent au cœur de notre Hexagone malade, avec un prolongement final sans doute prémonitoire.

Au-delà de Barack Obama

Par ce premier texte, Howard Zinn prévient : pas la peine d’attendre le salut d’un sauveur miraculeux. Surtout institutionnel. Pas même ce Barack Obama et son « Yes, we can ! » dont on voit bien qu’il ne résiste pas à l’épreuve du pouvoir.

Un leader institutionnel se coule toujours dans le moule d’une unicité institutionnelle réductrice : ce « peuple » prétendument unique et indivisible défini dans le préambule même de la Constitution américaine. Tout comme cette « identité nationale » brandie (et saccagée) par le pouvoir sarkozien.

En réalité, ce concept d’unicité patriotique, dont on garde quelques cuisants souvenirs historiques (« Ein Volk, ein Reich, ein Führer ! ») consacre la prédominance d’une caste sur les autres classes sociales dont elle exige allégeance et respect.

Howard Zinn tord le cou à l’obéissance patriotique aveugle qui conduit les peuples aux pires extrémités. Comme ces guerres « légitimes et justes » qui, sous de fumeux prétextes (la lutte anti-terroriste), masquent mal leurs visées expansionnistes :

« Au cours de l’histoire des Etats-Unis, ce ne sont pas les initiatives des Présidents, du Congrès ou de la Cour suprême qui ont amélioré la société, mais plutôt l’action des gens ordinaires comme les militants anti-esclavagistes. »

La loi et la justice

Dans son second texte, Howard Zinn revient sur la notion de désobéissance civile. Faisant le parallèle entre lois et justice, il constate que ce ne sont pas les premières qui déterminent la seconde. Mais la seconde, « critère suprême », qui valide ou non la légitimité des lois. Et en justifie a fortiori, « en conscience », le rejet.

L’auteur cite, à l’appui de son raisonnement, les luttes anti-ségrégationnistes des années 60 ou encore les refus des conscriptions à l’époque de la guerre du Vietnam.

Mais quid de notre déplaisante batterie de lois anti-immigrés, de ces sordides reconduites « légales » à la frontière de pauvres hères sans attaches ? « Nous n’avons fait qu’appliquer une décision de justice », s’est défendu un élu communiste de Bagnolet après l’expulsion de squatters en plein hiver.

Lorsqu’un citoyen français dissimulait des juifs lors de l’occupation nazie, lorsqu’un membre de RESF héberge ou même dissimule un réfugié sans-papiers, ceux-là contrarient à la loi du moment. Mais de quel côté se trouve, « en conscience », la justice ?

« L’histoire montre que les pires atrocités (guerre, génocides, esclavage) ne résultent pas de la désobéissance, mais plutôt de l’obéissance. »

Du refus d’abandonner

Nous voyons bien combien ces réflexions d’Howard Zinn peuvent éclairer notre actualité immédiate. Mais qui pour sonner et amplifier la révolte contre les navrantes dérives de notre monde en état de pétrification ?

Nous aurions tort, dit en substance Howard Zinn dans son troisième texte, de négliger le pouvoir de réaction de ces jeunes qui sont les premières victimes de nos égarements actuels :

« J’ai eu beau les observer et les écouter avec attention, jamais je n’ai constaté cette apathie, ce conservatisme et cette indifférence à l’égard du sort d’autrui que tout le monde, à gauche comme à droite, disait être les traits d’une génération censée se regarder le nombril. »

Et de citer les prestigieux exemples de ces générations endormies à la fin des années 50, juste avant leur tonitruant réveil des sixties. Plus près de nous, qui n’aura remarqué que les seules révoltes d’envergure de la dernière décennie sont venues des jeunes générations ?

Que manque-t-il pour passer à la vitesse supérieure ? Un liant ? Une bouffée exacerbée de désespoir, un ras-le-bol débordant ? Gageons que les imbéciles assis, dans leurs excès et avec leur morgue, ne manqueront pas de fournir les allumettes pour allumer la poudre.

« Pour espérer, on n’a pas besoin de certitudes, mais de possibilités », conclut Howard Zinn.

« La Mentalité américaine » d’Howard Zinn, Lux éditeur 2009, traduction Nicolas Calvé, 8 euros.

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  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 12h35 le 23/02/2010
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Au sujet de ce grand Monsieur, une superbe émission de Daniel Mermet :

    Lien

  • sûrderien
    sûrderien
    paresseux
    • Posté à 12h31 le 23/02/2010
    • Internaute 35914
      paresseux

    Total respect pour Monsieur Zinn !

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 13h04 le 23/02/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Howard Zinn, ça décape. En fait d’autres études ont été publiées sur la société nord-américaine et sur la lutte des classes. Mais comme toujours on ne médiatise que ce que l’on veut bien. N’oublions pas, entre autres entraves, qu’un monstre a régné près de quarante ans aux Etats-Unis, Edgar Hoover.
    Aujourd’hui - fait exceptionnel aux Etas-Unis - quatre américains sur cinq n’ont pas confiance dans leurs représentants et dans les institutions. Et à l’inverse 63% des représentants élus pensent représenter correctement leurs électeurs. On retrouve ce cas de figure en France. Mais là ce n’est nouveau.
    Aux Etats Unis il faut remonter au milieu du XVIIIe siècle pour retrouver une telle crise de confiance à l’égard des institutions. Qui a abouti à la Guerre d’Indépendance.
    Et pourtant, on n’avait rien fait de mieux dans la société libérale. Relisons Tocqueville.

    • k-i
      k-i répond à nemo3637
      endimanché
      • Posté à 13h27 le 23/02/2010
      • Internaute 55073
        endimanché

      « Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes... »

      De la Démocratie en Amérique, Livre II, Alexis de Tocqueville, 1840

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 17h10 le 23/02/2010
    • Internaute 66286
       : -\

    > Dans son second texte, Howard Zinn revient sur la notion de désobéissance civile. Faisant le parallèle entre lois et justice, il constate que ce ne sont pas les premières qui déterminent la seconde. Mais la seconde, « critère suprême », qui valide ou non la légitimité des lois. Et en justifie a fortiori, « en conscience », le rejet.

    C’est une des raisons et peut etre la plus grande du declin de la france

    Les decisions de justice ne sont plus executes, que ce soit les peines de prison, que ce soit les expulsions de personne qui a dessein ne paye plus leur loyer, que ce soit les huissiers qui ne vont pas chercher les sommes du par les contrevenants ....etc

    Ou vas t’on quand les decisions de justice ne servent a rien ?
    Dans le mur.
    (Voir dossier que choisir de ce mois, hallucinant)

    • tlaloc
      tlaloc répond à obey-
      Retraité
      • Posté à 18h00 le 23/02/2010
      • Internaute 47359
        Retraité

      Que Choisir se pose la question que vous ne posez pas pourquoi tant gens ne peuvent plus payer.

      • Numerosix
        Numerosix répond à tlaloc
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 23h30 le 23/02/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Si même « Que Choisir » le dit ..

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 21h25 le 23/02/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Le problème, c’est que la jeunesse qui met le feu en ville se fait traiter de bandit par la vieillesse qui séquestre des patrons.

    Que les vieux qui bossent chez Total, Dassault, Bouygues, osent faire des remarques sur la propreté de l’argent des jeunes.

    Le problème, c’est que le propre de la vieillesse, c’est d’avoir abandonné la lutte de classe pour un CDI, de pousser la jeunesse à s’autonomiser en trouvant un patron. La vieillesse créé une fracture générationnelle dès lors qu’elle accepte l’idée qu’elle ne verra pas le paradis sur terre de son vivant, et s’organise en fonction de çà.

    La jeunesse doit affronter le choix de la défaite, fait par ceux qui se sont reproduit.

    • deserteur
      deserteur répond à Autist Reading -
      Service Athée
      • Posté à 12h30 le 24/02/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      Faut pas généraliser comme ça !
      Par exemple l’ expression « partenaires sociaux » me fait gerber.
      La réalité si on conchie la langue de bois c’est : ennemis de classe.
      Un vieux de 60 ans !

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 21h31 le 23/02/2010
    • Internaute 63037
      utopiste

    Oui, H. Zinn, une tête pensante qui nous manque déjà...

    Pour le moment la France est « gérée » par un groupe d’américanolâtres qui ont leurs relais idéologiques dans les médias. C’st pourquoi on a l’impression désagréable qu’il n’y a plus d’échos dissidents. On nous prie de bien vouloir continuer à admirer le modèle américain sous peine d’être catalogué anti-américain... primaire de surcroît, pour être sûr que la critique fasse tare. Ils adorent ça dans les médias de la bien pensance, « chiens de garde » du temple de la crétinerie unilatérale.

    A terme, les américains se réveilleront avec la gueule de bois car si l’Europe est en voie d’obésité avec risque accrue de trombose idéologique, les USA sont de toute façon également dans le colimateur des grands nettoyeurs d’Etats démocratiques gênants...

    Question de temps...

  • Pitirex
    Pitirex
    perd sa vie à la gagner
    • Posté à 23h54 le 23/02/2010
    • Internaute 102041
      perd sa vie à la gagner

    Superbe analyse !

    Eh oui, il faut s’y faire, nous sommes à l’ère de la mondialisation.
    Mêmes causes, mêmes effets , ce n’est qu’une question d’échelle. A coté de l’ouragan qui se lève, Mai 68 aura l’air d’une brise...
    Spoliés de leur présent, les jeunes générations (nos enfants) n’accepteront définitivement pas de perdre leur avenir. Sans attendre le salut d’un sauveur miraculeux. Ils prendront en main leur destin, et, seront les acteurs d’un tournant majeur de l’Histoire de l’humanité, ainsi que les témoins de la fin d’un ordre ancien.
    Nous sommes dans l’avant, ils bâtiront l’après.
    Bâtissons le ensemble ! ! !

    « Sire, non, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution ! “

    • psych0Dad
      psych0Dad répond à Pitirex
      sociopathe
      • Posté à 03h52 le 24/02/2010
      • Internaute 81504
        sociopathe

      Le baby-boomer vieillissant, prenant acte du gachis de sa generation, se raccroche a son ultime espoir : ses enfants.

      Comment peut on esperer quoi que ce soit d’une generation elevee par des imbeciles, et ayant servi de cobayes a toutes leurs theories fumeuses (pedagogisme et lecture globale) ?

      Vos enfants ne feront pas la revolution. Ils sont trop occupes a regarder la ferme des celebrites.

      • Tassin
        Tassin répond à psych0Dad
        Inquiet
        • Posté à 09h47 le 24/02/2010
        • Internaute 70606
          Inquiet

        Exactement, et ce sans compter que la génération du baby boom est prête à sacrifier celle de ses enfants pour conserver son niveau de vie qui est déjà au dessus des actifs moyens pour beaucoup. Les 30 glorieuses sont toujours d’actualité pour eux.

        L’exemple parfait c’est les retraites. Pour toucher leurs 2000€ net de retraite ils sont prêts à faire plus travailler les jeunes voir même à voter la capitalisation.

      • Pitirex
        Pitirex répond à psych0Dad
        perd sa vie à la gagner
        • Posté à 09h52 le 24/02/2010
        • Internaute 102041
          perd sa vie à la gagner

        Pour vous remercier de votre commentaire, permettez moi de vous offrir les deux citations suivantes

        1) Emile Zola - L’Argent
        « L’argent est le fumier dans lequel pousse l’humanité de
        demain. Le terreau nécessaire aux grands travaux qui
        facilitent l’existence. »

        Effectivement, fruit des 30 merdeuses, et de la tambouille issue de la pensée unique, la génération(imbécile) des baby-boomers vieillissants, présente toutes les caractéristiques d’un tas de fumier bien macéré ( cf : théories fumeuses).

        2) Proverbe chinois
        « Quand le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt. “

        Nos enfants, génération censée se regarder le nombril (la ferme des célébrités), sont les fleurs qui ont poussé sur ce fumier . Mais, au fait, regardent ils vraiment ‘la ferme des célébrités’ comme l’imbécile regarde le doigt ? Ou comme le sage qui montre la lune, sont ils en train d’ analyser la débilité profonde du monde que les ‘leaders institutionnels’ tentent de leur imposer...pour mieux le renverser.
        A mon humble avis, Howard Zinn, pencherait plutôt pour la seconde hypothèse.

    • deserteur
      deserteur répond à Pitirex
      Service Athée
      • Posté à 12h32 le 24/02/2010
      • Internaute 62084
        Service Athée

      bien vu.
      ça vient !

  • buddy
    buddy
    Ingénieur
    • Posté à 01h24 le 24/02/2010
    • Internaute 62172
      Ingénieur

    Un ramassis d’analyses simplistes, faites au premier degré.
    On peut tout démontrer et son contraire comme ça.
    un exemple entre-autres :
    Il écrit :

    « “ J’ai eu beau les observer et les écouter avec attention, jamais je n’ai constaté cette apathie, ce conservatisme et cette indifférence à l’égard du sort d’autrui que tout le monde, à gauche comme à droite, disait être les traits d’une génération censée se regarder le nombril. ”

    Les manifs contre la guerre en Irak n’ont rassemblé que quelques milliers de personnes, là ou une génération précédente a rassemblé des millions contre la guerre au vietnam.
    Autre exemple :
    Les dirigeants prennent souvent des décisions en fonction de sondages.
    Giscard avait refusé de gracier un condamné à mort, pensant que le peuple n’aurait pas accepté.
    Mitterrand, (sans vouloir le défendre) a aboli la peine de mort en totale contradiction avec tous les sondages.
    Quand à l’affirmation :
    “ L’histoire montre que les pires atrocités (guerre, génocides, esclavage) ne résultent pas de la désobéissance, mais plutôt de l’obéissance. ”
    elle oublie bien d’autres facteurs : le goût personnel, l’intérê, etc...
    Un exemple, Napoléon a mis à feu et à sang l’europe, il a enrôlé des tas de gens mus exclusivement par le goût de la rapine qui ont massacré, volé, pillé violé tout sur leur passage.
    Et il est adulé par la majorité des Français.

  • spartak
    spartak
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 09h30 le 24/02/2010
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    « Que manque-t-il pour passer à la vitesse supérieure ? Un liant ? Une bouffée exacerbée de désespoir, un ras-le-bol débordant ? Gageons que les imbéciles assis, dans leurs excès et avec leur morgue, ne manqueront pas de fournir les allumettes pour allumer la poudre. »
    *** D’accord. Pour moi lesdits imbéciles assis sont encore et toujours la génération de 68, passés de l’émeute et des idéaux aux bonnes places et aux assurances-vies.
    Ce sont eux qui tiennent la rampe, eux qui décrètent les formes politiques légitimes, eux les piliers de l’ordre établi - avec cette perversion qui consiste à faire valoir ses origines sulfureuses quand il le faut. Cette génération, qui s’est vautrée dans le fric sitôt la trentaine atteinte, a toujours écrasé de son poids symbolique les suivantes, sur le mode : « nous avons tout tenté, tout fait, et nous nous sommes rangés derrière la société capitaliste. Gagnez du temps, profitez de notre expérience, et adhérez aux valeurs libérales à vingt ans ».
    Né en 1976, je suis peut-être déjà un peu vieux et installé moi-même...

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à spartak
      In enculo cum vibro
      • Posté à 09h53 le 24/02/2010
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Le tout, c’est de s’installer près de la fenêtre...

      Watrinade générale ! ! !

      • spartak
        spartak répond à Autist Reading -
        (comité libertaire lyophilisé)
        • Posté à 10h02 le 24/02/2010
        • Internaute 84113
          (comité libertaire lyophilisé)

        Zolala, comme vous y allez !
        De nos jours, ce sont les salariés qui se défenestrent, et tout seuls encore... Serait-ce le résultat de la combinaison des idéaux d’autonomie de 68 avec les référentiels d’évaluation octroyés par les managers ?
        Spartak dissèque le bushido-management
        Lien

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à spartak
      yetiblog.org
      • Posté à 10h37 le 24/02/2010
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      « Pour moi lesdits imbéciles assis sont encore et toujours la génération de 68, passés de l’émeute et des idéaux aux bonnes places et aux assurances-vies. Ce sont eux qui tiennent la rampe, eux qui décrètent les formes politiques légitimes, eux les piliers de l’ordre établi... »

      Eh bien, moi, je suis de cette génération-là, sauf que je n’ai pas d’assurances-vie, je ne tiens aucune rampe, ne suis à l’origine d’aucune forme politique établie.

      Rarement vu autant de lieux communs et de conneries caricaturales étalés en un seul commentaire !

      J’éviterai pourtant de stigmatiser la génération de 76, sachant que, comme pour la génération de 68, il y a de tout dedans : sans doute des gens très fréquentables et d’autres qui en tiennent une sacrée couche. Non mais !

      • spartak
        spartak répond à Le Yéti
        (comité libertaire lyophilisé)
        • Posté à 10h56 le 24/02/2010
        • Internaute 84113
          (comité libertaire lyophilisé)

        Quand on évoque une génération, on ne parle pas d’individus, je ne vous ai pas nommément visé. En plus je l’ai trouvé très bien votre texte sur Zinn. Mais du coup je m’interroge sur le sens que vous donnez à vos dernières lignes.
        Ceci dit, votre réponse me fait penser à ces mecs qui râlent contre la répression de l’alcool au volant en soutenant qu’eux-mêmes tiennent bien l’alcool et savent conduire même en ayant picolé. Ce qui peut être vrai, mais n’empêche pas de considérer la consommation d’alcool comme globalement accidentogène.
        Le fait est que de nombreux lieux de pouvoir politique, culturel, médiatique sont tenus par des soixante-huitards inamovibles passés depuis longtemps avec armes et bagages dans les rangs de l’ordre établi en ayant liquidé la gauche au passage.
        Si vous n’en faites pas partie, tant mieux pour vous, mais ce n’est pas vraiment le problème.
        « Rarement vu autant de lieux communs et de conneries caricaturales étalés en un seul commentaire ! » : je le prends comme un compliment car il y a tout de même une sacrée concurrence sur ce point, et je vous paie aussitôt en boules rouges sonnantes et trébuchantes.
        Juste un conseil, n’adoptez pas une position en surplomb parce que vous êtes en cadre rouge, tout le monde y a droit un jour ou l’autre, et plus dure sera la chute (même moi, j’ai mis des fois des conneries caricaturales qui m’en ont ouvert les portes, c’est dire)

         
        • Brédala
          Brédala répond à spartak
          NB : dernières lignes dans " (...)
          • Posté à 11h59 le 24/02/2010
          • Internaute 63792
            NB : dernières lignes dans " (...)

          Aujourd’hui la génération 68 tient surtout la rampe de l’escalier !
           ; -D

          (euh...désolée !)

        1 autres commentaires
      • deserteur
        deserteur répond à Le Yéti
        Service Athée
        • Posté à 12h39 le 24/02/2010
        • Internaute 62084
          Service Athée

        nous sommes des centaines de milliers à avoir gardé l’ esprit de mai 68 sans être devenus des vieux cons réacs et à ne détenir aucun pouvoir.
        d ’abord on n’ en veut pas du pouvoir c ’est un bâton merdeux !

         
        • Keldan
          Keldan répond à deserteur
          Now future & karpe diem
          • Posté à 18h04 le 24/02/2010
          • Internaute 5164
            Now future & karpe diem

          Faudrait m’expliquer comment changer quoi que ce soit sans pouvoir...

          • spartak
            spartak répond à Keldan
            (comité libertaire lyophilisé)
            • Posté à 13h47 le 25/02/2010
            • Internaute 84113
              (comité libertaire lyophilisé)

            Le « pouvoir » ainsi entendu, c’est un raccourci pour dire « la répartition (très) inégalitaire du pouvoir ».
            A partir de là, on peut comprendre comment s’en passer : ne pas chercher à s’emparer de pouvoirs exécutifs et législatifs tels que la Ve République les conçoit, c’est commencer à poser les choses dans l’autre sens.
            En démocratie, il faut bien des lieux de pouvoir, mais ceux-ci pourraient être occupés avec une rotation régulière des personnes, des mandats explicites et précis pour telle ou telle tâche attribués en démocratie directe ou par tirage au sort (un peu comme les jurés d’assise). Dépersonnalisé, dépouillé de ses affriolants privilèges, le pouvoir peut ainsi devenir souhaitable.

        2 autres commentaires
  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h01 le 24/02/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Pour espérer on a surtout besoin d’espoirs, par chance c’est le truc le plus facile à se procurer.

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