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L’inverse du piratage, c’est le copyfraud, et on n’en parle pas

Publié le 14/10/2012 à 12h08

Le piratage ne cesse de défrayer la chronique, mais curieusement, on parle beaucoup moins du phénomène inverse : le « copyfraud » ou fraude de copyright. Il ne s’agit pas de diffuser indéfiniment une œuvre protégée, mais au contraire d’effectuer une fausse déclaration de droit d’auteur entraînant la protection frauduleuse d’un contenu librement accessible.

Le copyfraud est sans doute aussi répandu que le piratage. Cependant, les contrevenants sont rarement, voire jamais condamnés. Il faut dire que certains d’entre eux ont pignon sur rue : le Times britannique, la Réunion des musées nationaux, la Bibliothèque nationale de France, un département français…

Définir le copyfraud

Le copyfraud a été défini il y a quelques années par un juriste américain, Jason Mazzone. En 2006, il y consacre une analyse approfondie dans le New York University Law Review. Le copyfraud regroupe quatre infractions définies, plus ou moins explicitement, dans la plupart des législations européennes et américaines :

  • la fausse déclaration de possession d’un contenu tombé dans le domaine public ;
  • la prétention à imposer des restrictions d’utilisation non prévues par la loi ;
  • la prétention à privatiser un contenu en arguant de la détention d’une copie ou d’une archive de ce contenu ;
  • la prétention à privatiser un contenu tombé dans le domaine public en le diffusant sous un nouveau support.

Ces infractions ne sont presque jamais réprimées. Comme le souligne Jason Mazzone, le législateur ne définit, le plus souvent, qu’une culpabilité théorique, sans application pratique :

« Les lois sur la propriété intellectuelle souffrent d’une grave défaillance : les importantes garanties apportées au respect du droit d’auteur ne sont pas du tout compensées par des garanties comparables pour le domaine public. »

Le code de la propriété intellectuelle français se contente ainsi d’une définition négative : le domaine public commence lorsque les droits d’auteur expirent. Or, si le délit de contre-façon est sévèrement condamné (selon l’article L335-2, « de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende »), le délit de copyfraud ou attribution frauduleuse de droit d’auteur ne donne lieu à aucune pénalité explicite.

Pourtant, d’un point de vue éthique, le copyfraud est aussi grave que le piratage. Privatiser le domaine public n’implique pas un préjudice pour un particulier ou une entreprise, mais pour tout le monde. On porte atteinte au patrimoine commun d’une collectivité, voire de l’humanité.

Copyfraud des institutions culturelles françaises

« Le copyfraud est partout », nous assure Jason Mazzone. La France ne fait pas exception à cette déclaration générale. Le blogueur Calimaq a récemment attiré l’attention sur la multiplication des copyfrauds dans les grandes institutions culturelles françaises.

Depuis sa fondation, le service Gallica de la Bibliothèque nationale de France distribue ses documents sous une licence erronée. Chaque fois qu’un internaute télécharge un contenu, il doit obligatoire cocher la case portant l’inscription suivante :

« Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d’utilisation non commerciale et je les accepte. »

Or, ces conditions d’utilisation n’ont aucune valeur : on peut très bien revendre un livre imprimé depuis Gallica (ne serait-ce que pour tenir compte des frais d’encre et de papier).


Les conditions de réutilisation non commerciale de Gallica

La Réunion des musées nationaux pousse le vice plus loin. Cette institution ne tente pas seulement de limiter la diffusion, mais bel et bien de privatiser le domaine public.

Cette reproduction de « La Joconde » porte ainsi la mention « (C) RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) Michel Urtado ». Le principe invoqué est celui des droits d’auteur du photographe. Dans la mesure où il s’agit d’une simple reproduction sans aucun apport esthétique, cette prétention n’a aucune valeur – et a d’ailleurs toujours été niée par la jurisprudence française.

Une œuvre vieille de 17 000 ans protégée ?

Un récent article de Sud-cuest révèle un copyfraud carrément ubuesque. Le département de la Dordogne a tenté d’empêcher la diffusion d’un fac-similé de la grotte de Lascaux, au motif qu’il « constitue une contrefaçon qui porte gravement atteinte à l’intégrité du patrimoine national ». Concrètement, on suggère qu’une œuvre vieille de 17 000 ans serait protégée. Si tel est le cas, l’identification des ayants droit devrait poser quelques difficultés…


Hypothétique modélisation d’un dessin de Lascaux désormais protégé

Vers l’institutionnalisation du copyfraud ?

Toutes ces infractions sont dérisoires par rapport à ce qui se prépare. Dans un contexte de restriction budgétaire, les bibliothèques publiques sont contraintes de négocier des partenariats avec des entreprises privées. Or, pour les intéresser, elles proposent de plus en plus souvent des privatisations temporaires de contenus placés dans le domaine publique.

Concrètement, pendant une durée de cinq à dix ans, l’investisseur dispose d’une sorte de privilège de commercialisation : les numérisations sont inaccessibles au public et cédées, moyennant finance, à des institutions ou des particuliers.

Le projet Investisseur d’avenir de la Bibliothèque nationale de France détaille ce fonctionnement en ces termes :

« La protection des investissements et les perspectives de recettes se font essentiellement par l’adoption d’une exclusivité au profit du partenaire, le temps que celui-ci amortisse ses coûts. La BNF a fait en sorte dans ses négociations d’en limiter la durée et la portée. Ainsi, par principe pour tous les projets, un accès intégral dans les salles de lecture a été préservé. »

Des privatisations indues du domaine public


Un copyright indu sur un exemplaire du Times daté de… 1837 

La France tend, en somme, à s’aligner sur un contre-modèle britannique où les privatisations du domaine public sont monnaie courante. La quasi-totalité des archives de la presse anglaise sont ainsi monétisées sur Internet. Les archives du Times depuis 1785 ne sont accessibles que moyennant un abonnement.

En outre, chaque exemplaire est orné de la mention « © Times Newspapers Limited ». Cette attribution est d’autant moins recevable que la loi anglaise sur le copyright n’est pas très généreuse avec les journaux et les éditions collectives : la protection disparaît apparemment 25 ans après la première publication. Sur 220 ans d’archives numérisées, 200 sont privatisées illégalement.

Plutôt que de mettre fin au copyfraud, les Etats pourraient être tentés de lui conférer une validité légale. Le traité de diffusion actuellement discuté par l’Organisation de la propriété intellectuelle (OMPI) va dans le sens de cette évolution : chaque contenu diffusé pourrait être protégé par l’agence émettrice, même s’il est tombé dans le domaine public ou distribué originellement sous licence libre.

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  • .666
    .666
    Juif errant
    • Posté à 12h44 le 14/10/2012
    • 181210
      Juif errant

    Les pigeons vont manifester ?

    • pablico
      pablico répond à .666
      Co-NOBEL de la Paix
      • Posté à 17h16 le 14/10/2012
      • Internaute 14278
        Co-NOBEL de la Paix

      vol de pigeons au dessus d’un nid de cocus... ; -D

      • Bad Lieutenant
        Bad Lieutenant répond à pablico
        Bisounours de combat
        • Posté à 09h18 le 15/10/2012
        • Internaute 190065
          Bisounours de combat

        les socialistes plumés par des pigeons !

  • pmithrandir
    pmithrandir
    http://www.jaiuneidee.net
    • Posté à 13h08 le 14/10/2012
    • Internaute 90097
      http://www.jaiuneidee.net

    J’ai l’impression que cet article mélange plusieurs choses assez différentes...

    Par exemple, la reproduction de la joconde ou de la grotte de lascaux en photo, sans apport doit effectivement être disponible librement. On peut l’imprimer, et vendre cette impression pour moi.

    Par contre, il y a d’autres droits que le droit d’auteur qui existent, par exemple le droit de l’editeur sur une mise en forme, sur une eventuelle correction du livre, etc... Bref, tous ces ajouts à l’oeuvre originale.
    Ne pas pouvoir imprimler et revendre un bouquin (editer recement) me parait donc normal, par contre, rien n’empeche de recopier le texte, d’en refaire la présentation et de le vendre...

    Pour le time, rien ne dit qu’il faille payer pour avoir une utiliisation d’un article du passé. Par exemple, si vous photocopiez un article, pouvez vous l’utiliser ? La est la question.
    On touche ici pour moi plus aux couts de mise à disposition d’un contenu qu’a autre chose. Et héberger, archiver des journaux depuis 200 ans... c’est forcement quelque chose de couteux, eur mise à disposition également(bande passante, cout de dev du site, etc...)

    Est ce que dans votre démonstration vous ne confondes pas le contenu et la mise à disposition de celui ci ?

    Je ne suis aps un spécialiste de droits d’auteurs, mais je pense qu’il y a une matière à éclaircissement.

    • Pierre-Carl Langlais
      Pierre-Carl Langlais répond à pmithrandir
      wikipedien
      • Posté à 13h40 le 14/10/2012
      • 173195
        wikipedien

      Dans tous les cas que j’ai cité, cela va nettement au-delà d’une simple souscription pour financer l’accès technique. Les contenus sont explicitement protégés de manière à décourager les reproductions, selon des contraintes qui vont de l’interdiction de la réutilisation commerciale (sur Gallica) à l’apposition d’un coyright (sur le Times ou la Réunion des musées nationaux). On tente, par l’intimidation, d’empêcher l’avènement de solutions gratuites. Dans le cas de la presse britannique, les sites hébergeant ne cachent absolument pas leur volonté du « faire du chiffre » qui va bien au-delà d’une simple volonté de rentrer dans ses frais. Et ce avec le soutien un peu complice de l’État qui a, peu ou prou, gelé toutes les initiatives publiques en la matière. La BNF suit de plus en plus ce « modèle » en monétisant ses collections aux entreprises, qui font manifestement un bénéfice au passage. Dans un billet publié hier, Calimaq évoque d’ailleurs le retour du domaine public payant.

      En ce qui concerne les contenus diffusés par Gallica, les éditions sont également tombées dans le domaine public. Donc, on peut tout-à-fait les revendre.

      • pmithrandir
        pmithrandir répond à Pierre-Carl Langlais
        http://www.jaiuneidee.net
        • Posté à 16h02 le 14/10/2012
        • Internaute 90097
          http://www.jaiuneidee.net

        Est ce que la loi sur le copyright est la même en angleterre ?

        Je suis globalement d’accord que l’on devrait trouver des moyens d’empecher les gens qui n’en ont pas le droit de reclamer des droits indus, ou des obligations sur les oeuvres libres.

        Mais, cela peut passer par des solutions simples, comme la CNIL(un équivalent, pas une copie) qui pourrait être saisie par les citoyens et qui pourrait informer sur les droits.
        Par exemple, je doute que beaucoup de maire, chef d’entreprise soient conscient du problème. Certains doivent construire leur business modele de bonne foi, et sans interlocuteur valable qui explique le pourquoi du comment, se retrouve dans l’illégalité.

      • Olaf
        • Posté à 10h33 le 15/10/2012
        • Internaute 739

        Dans le cas de Gallica, même si le procédé est maladroit, je me demande s’il n’y a pas aussi une volonté de se prémunir du copyfraud, précisément. De nombreux sites de vente en ligne croulent en effet sous l’offre de livres qui ne sont que des impressions de PDF libres de droit (repris sur Gallica ou d’autres sites), vendus à des prix prohibitifs qui dépassent le coût technique de la reproduction. Il y a là très nettement une volonté de capter un marché, de détourner les lecteurs peu informés de l’accés gratuit vers un produit payant.

         
        • Pierre-Carl Langlais
          Pierre-Carl Langlais répond à Olaf
          wikipedien
          • Posté à 11h45 le 15/10/2012
          • 173195
            wikipedien

          Ça pourrait être une explication valable. Sauf que ce n’est pas celle de Gallica. Lorsque l’on consulte les conditions de réutilisation commerciale, on s’aperçoit qu’il est nécessaire de verser une redevance à la BNF. Le montant de celle-ci est apparemment très élevée (140€ rien que pour la mise en ligne d’une seule image). On est clairement dans une histoire de gros sous — qui a dû d’ailleurs faire quelques pigeons au passage.

        1 autres commentaires
      • Jana
        Jana répond à Pierre-Carl Langlais
        bretonne en Normandie
        • Posté à 12h20 le 15/10/2012
        • Internaute 13372
          bretonne en Normandie

        Oui , ce billet d’ Information est important.
        Faisons le circuler...

        ...« On tente, par l’intimidation, d’empêcher l’avènement de solutions gratuites.... “
        ”...qui va bien au-delà d’une simple volonté de rentrer dans ses frais. Et ce avec le soutien un peu complice de l’État qui a, peu ou prou, gelé toutes les initiatives... »
        Indemnisons correctement le vrai travail, mais faudra-t’il inventer un pesticide contre les parasites de la culture relevant du domaine public ?

    • Funkabeat
      Funkabeat répond à pmithrandir
      Grooviste incurable
      • Posté à 13h39 le 14/10/2012
      • Internaute 133395
        Grooviste incurable

      Vous classez où WikiPédia ? Les systèmes opératifs « open source » ? ...

      Savez-vous que les copyrights n’existent pas en design, dans la mode, pour les gags, etc... ? Est-ce que le design et la mode se portent si mal sans droits d’auteurs ?

      Ce ne sont que des questions... sans vouloir créer de polémique.

      Je pense que les méthodes pour rémunérer les auteurs, les créateurs et les fameux « ayants droits » vont devoir changer de 180 degrés.
      Ceci est déjà arrivé dans plusieurs autres domaines (le passage des avions au-dessus des propriétés privés, par exemple), et c’est important pour les consomateurs aussi de surveiller ce changement, car les puissances économiques sont à l’affut.

      • Seb35
        Seb35 répond à Funkabeat
        Wikipédien
        • Posté à 14h39 le 14/10/2012
        • Internaute 191278
          Wikipédien

        Êtes-vous sûr qu’il n’y a pas de droit d’auteur dans la mode et le design ? L’article L112-2 qui liste les œuvres protégées mentionne « les créations des industries saisonnières de l’habillement et de la parure » (point 14) et « les œuvres des arts appliqués » (point 10). Mais je ne sais pas si c’est mis en pratique et comment.

         
        • Funkabeat
          Funkabeat répond à Seb35
          Grooviste incurable
          • Posté à 14h57 le 14/10/2012
          • Internaute 133395
            Grooviste incurable

          Au niveau international, non. La législation française est très souvent plus absurde, mais je doute que cela soit appliqué dans une économie sans frontières.
          Le copyright protège la marque, c’est pour ça que les grandes marques foutent leur logo sur tous leurs produits, bien visibles. car le logo est protégé.
          La coupe, la forme, les couleurs, ... peuvent être copiées légalement.

          Plutôt que de paraphraser, je vous propose une vidéo très sympa sur le sujet :
          Johanna Blakley : Lessons from fashion’s free culture

        • huutaa
          huutaa répond à Seb35
          Même pas avec des pincettes.
          • Posté à 15h08 le 14/10/2012
          • 183774
            Même pas avec des pincettes.

          Dans la mode aucun copyright, une des raisons est qu’une idée n’est pas protégée par le copyright. La mode en tous cas la haute couture marche uniquement à l’innovation, c’est à dire de nouvelles idées et de nouvelles collections permanentes. Obsolescence
          Funkabeat à vous l’image à moi le texte, désolé pour la redite..

          « Au TED 2010 (série de conférences organisée chaque année en Californie), Johanna Blakley, chercheuse à la University of Southern California en histoire de la culture et des médias, a donné un discours concernant l’usage du copyright dans l’industrie de la mode. Et il se trouve que ce domaine de la création n’est pas si éloigné que ça de celui de la musique ou du logiciel.

          Son analyse est donc riche d’enseignement dans un contexte où les industries de la création se crispent maladroitement sur une protection de la propriété intellectuelle rendue obsolète par les évolutions rapides et inédites des nouvelles technologie et d’Internet.

          Pour ceux qui ne sont pas familiers de la langue de Shakespeare, voilà un résumé des principales idées développées.
          La mode : une industrie sans copyright basée sur la copie

          Johanna Blakley commence son discours en prenant l’exemple d’une créatrice de mode en voyage à Paris, qui trouve une très belle veste dans un magasin, et qui décide purement et simplement… de la copier ! La chercheuse nous explique qu’en effet, toute l’industrie de la mode est basée sur la copie et l’adaptation.

          Il y a une raison à cela : la mode est une des seules industries de la création à grande échelle à n’avoir jamais été sous le régime du copyright. La mode (ou plutôt l’industrie textile) a été très tôt considérée comme une utilité, c’est à dire un secteur d’activité qui participe directement au bien public et dont l’innovation – nécessaire pour la société – ne doit pas être bridée. Très tôt donc, les juges ont décidé que les créateurs de mode devraient se passer de propriété intellectuelle. Aujourd’hui, seuls les logos sont protégés.

          Quand on y pense, c’est plutôt intrigant : la mode, une création artistique trop utile pour être sous copyright ? Si on va par là, il n’est pas plus absurde de dire la même chose concernant les logiciels ou la création artistique !
          Pas de copyright : condition du succès !

          À l’argument classique qui dit qu’il ne peut pas y avoir d’incitation à l’innovation sans protection de la propriété, Johanna Blakley nous prouve que c’est en fait l’inverse. Le succès de l’industrie de la mode repose sur l’absence de copyright. Étant donné que la copie est monnaie courante, il faut être constamment innover pour monétiser dans un interstice du marché non encore exploité. Plus fort encore, l’absence de copyright peut-être une incitation à proposer quelque chose d’impossible à copier (Blakley nous parle de chaussures avec une pièce en titanium : si la copie utilise un matériau moins cher, ça casse).

          Les créateurs de mode ont transcendé une utilité pure (des vêtements pour se protéger du froid) en œuvre d’art (donc monétisable) grâce à cette absence de copyright, en évoluant dans un “écosystème de créativité”. Blakley nous rappelle que ce n’est pas pour rien que la principale inspiration des designers est un endroit où les gens adaptent et remixent en permanence : la rue.

          Il faut s’accrocher pour l’argument suivant, tant il prend à contrepied tout ce qu’on nous rabâche. Prêts ?

          Ceux qui gagnent le plus d’argent sont ceux qui copient le plus… et ceux qui sont le plus copiés. Blakley de s’expliquer : copier les grands créateurs et les vendre moins cher rapporte gros. En clair, des enseignes comme H&M et Zara font leurs milliards de dollars de chiffres d’affaire grâce à l’absence de copyright ! Sans pour autant impacter sur les grands créateurs. Pourquoi ? Pour une raison évidente : ceux qui se fournissent chez H&M ne sont pas les mêmes que ceux qui achètent les travaux des grands créateurs !
          Les avantages de l’absence de copyright

          La copie a donc de multiples avantages : cela permet la démocratisation, la diffusion plus rapide des modes, une obsolescence accélérée des produits et donc une incitation à l’innovation. De plus, et on en est toujours là, la question de savoir si une création est entièrement nouvelle reste insoluble.

          L’industrie de la mode n’est pas la seule à être exempte de copyright : l’industrie alimentaire, l’automobile, les meubles, ou encore les tours de magie, les coupes de cheveux ou les feux d’artifices sont copiables et reproductibles à l’infini.

          Et quand on compare les revenus des industries “copyrightées” avec les autres, surprise. On peut toutefois émettre un doute sur la pertinence de comparer des secteurs aussi différents.

          Bazinga. A gauche, sans copyright, à droite, avec.

          Le copyright est basé sur une idée qui avait court avant l’apparition d’Internet : l’opposition entre utilité et art, et entre productions physiques et intellectuelles. Ce discours nous montre qu’en fait, le copyright n’était peut-être pas nécessaire. Même avant l’avènement du réseau.

          Blakley termine sa prestation en soulignant le fait que la création digitale bouleverse ce modèle : la création artistique n’a plus d’existence physique, c’est un fichier digital. Reste une simple et ultime question : quel est le genre de modèle de propriété qui va mener vers le plus d’innovation ?

          Blakley d’affirmer que la mode est un très bon endroit pour commencer. »

          Et c’est un article de Martin untersinger, incroyable, je me demande ce que la rédaction lui a fait entre Owni et rue89.

          • franckd
            franckd répond à huutaa
            penguin long from ice pack
            • Posté à 15h18 le 14/10/2012
            • Internaute 123172
              penguin long from ice pack

            Le procès gagné par Louboutin est une première brèche...

            • huutaa
              huutaa répond à franckd
              Même pas avec des pincettes.
              • Posté à 15h37 le 14/10/2012
              • 183774
                Même pas avec des pincettes.

              Ça me semble plus compliqué, louboutin arguait que sa semelle rouge constitue une « marque de fabrique », il va pouvoir déposer sa semelle rouge comme image de marque. La plainte ne s’est pas faite pour plagiat mais pour « concurrence déloyale » et « violation de marque commerciale ».
              En première instance, Louboutin avait été débouté de sa plainte pour plagiat. En effet, selon le juge, le chausseur français ne pouvait décemment pas interdire à ses concurrents d’apposer des semelles rouges sous leurs modèles. Avec pour argument que « la couleur ne pouvait pas être une marque déposée dans l’industrie de la mode ».

              Le tribunal de New York « autorise à Louboutin la protection de la marque pour des chaussures d’une couleur contrastant avec des semelles rouges ».

          • Funkabeat
            Funkabeat répond à huutaa
            Grooviste incurable
            • Posté à 17h16 le 14/10/2012
            • Internaute 133395
              Grooviste incurable

            J’aime bien voir Johanna Blakley faire son exposé :)
            Et les légendes sont correctes.

            • huutaa
              huutaa répond à Funkabeat
              Même pas avec des pincettes.
              • Posté à 17h44 le 14/10/2012
              • 183774
                Même pas avec des pincettes.

              J’aime bien faire mon intéressant ^^

              • Avril
                Avril répond à huutaa
                • Posté à 22h11 le 14/10/2012
                • Internaute 24503

                super echange bravo huuta and funkabeat !

        7 autres commentaires
    • franckd
      franckd répond à pmithrandir
      penguin long from ice pack
      • Posté à 15h12 le 14/10/2012
      • Internaute 123172
        penguin long from ice pack

      « ... héberger, archiver des journaux depuis 200 ans... c’est forcement quelque chose de couteux... »

      Curieusement c’est maintenant que l’archivage est bien moins cher que ça devient payant...

      Si on considère, 1Gb ≈560000 pages de texte, à 0,25€ le Gb, le stockage en lui même ne coute quasiment rien . La valeur d’une telle base ne repose pas sur sa taille mais sur la qualité et la flexibilité de son indexation...

      • pmithrandir
        pmithrandir répond à franckd
        http://www.jaiuneidee.net
        • Posté à 15h58 le 14/10/2012
        • Internaute 90097
          http://www.jaiuneidee.net

        Par hébergement, j’entendais stockage, création de site web de mise a disposition, mais surtout, remplissage du site. Numériser des oeuvres, surtout ancienne, cela a un cout qui n’est pas négligeable, surtout pour la somme de personne non interessées par le contenu.

  • raudi
    • Posté à 13h30 le 14/10/2012
    • Internaute 2358

    « Or, pour les intéresser, elles proposent de plus en plus souvent des privatisations temporaires de contenus placés dans le domaine publique. »

    merci de rectifier : « domaine public »

  • Lucius Sergius
    Lucius Sergius
    Citoyen
    • Posté à 18h23 le 15/10/2012
    • Internaute 28239
      Citoyen

    La privatisation sauvage du bien ou du domaine public n’est pas punie parce qu’elle correspond à l’idéologie du législateur. Parce que, même si beaucoup de juristes le nient, la loi défend aussi une idéologie et par extension ce qui se cache derrière cette idéologie : les intérêts particuliers de ceux qui dominent la société. Ici tout le monde se fait voler mais le législateur trouve ça parfaitement normal, ce qui va évidemment à l’encontre d’un des fondements basiques de tout droit digne de ce nom, le vol étant universellement reconnu pour être un délit, si ce n’est le délit par excellence, dans toute société un minimum évoluée.

    « Or, pour les intéresser, elles [les bibliothèques publiques] proposent de plus en plus souvent des privatisations temporaires de contenus placés dans le domaine publique [c]. »

    Comment une institution particulière s’arroge-t-elle donc le droit de privatiser un bien commun ? Encore un miracle de la foi « libérale »... Ou la barbarie érigée en civilisation...

  • Funkabeat
    Funkabeat
    Grooviste incurable
    • Posté à 13h53 le 14/10/2012
    • Internaute 133395
      Grooviste incurable

    Un cas intéressant de copyfraud en musique : le « Amen Brother » loop (voir l’excellent exposé vidéo en anglais.)

    Tout le système des droits d’auteurs va devoir être reformulé intégralement. Difficile de dire combien de temps ça prendra, combien de temps les intérêts financiers vont résister, combien de temps la répression va continuer, etc... mais c’est inévitable, à mon avis.

    Amen Brother - Copyfraud et questions sur les copyrights...

    (je suis compositeur et arrangeur, et membre révolté de la f***ing SACEM)

    • VickingJack
      VickingJack répond à Funkabeat
      caressotherapeute bénévole
      • Posté à 14h59 le 14/10/2012
      • Internaute 96126
        caressotherapeute bénévole

      Tu aurais un fichier midi ou sonore du loop en question seul ? Juste pour bien comprendre de quoi il est question. Gracias !

    • VickingJack
      VickingJack répond à Funkabeat
      caressotherapeute bénévole
      • Posté à 14h59 le 14/10/2012
      • Internaute 96126
        caressotherapeute bénévole

      Tu aurais un fichier midi ou sonore du loop en question seul ? Juste pour bien comprendre de quoi il est question. Gracias !

  • Ekko
    • Posté à 13h56 le 14/10/2012
    • Internaute 16275

    Cet article aurait mérité d’être relu par un expert en propriété intellectuelle... Les (c) apposés au bas des images, des textes ou des sites internet n’ont plus aucune valeur. Continuer à les utiliser est moins la preuve d’un grand danger pour le patrimoine mondial de l’humanité que de l’amateurisme de ceux qui continuent d’utiliser ce symbole.

  • Funkabeat
    Funkabeat
    Grooviste incurable
    • Posté à 14h09 le 14/10/2012
    • Internaute 133395
      Grooviste incurable

    Saviez-vous que la « restauratrice » du christ de Borja, Cecilia Jimenez, veut maintenant toucher des droits d’auteurs sur sa peinture ? ...

    LienCecilia Gimenez Wants Her Fair Share...

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 15h41 le 14/10/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    « La vieille et obscène idée du domaine public payant » est de retour…
    Publié le 13 octobre 2012

    Lors de l’audition de la SACD par la Mission Lescure, son directeur général, Pascal Rogard (@fandoetlis sur Twitter), a émis l’idée d’ instaurer un domaine public payant, pour financer la conservation et la numérisation des œuvres du patrimoine audiovisuel

    « Retranscrite par PC INpact, la proposition est la suivante :

    “ Il n’y a pas de raison que l’État finance la protection d’une œuvre du domaine public et sa conservation ” dit-il, “ car si elle n’est pas protégée, elle n’est pas conservée et va disparaitre ”, or dans le même temps, ajoute-t-il “ des opérateurs privés vont bénéficier du travail tombé dans le domaine public ”. Pascal Rogard pense avoir trouvé une solution : il propose devant la Mission Lescure “ une redevance sur le domaine public audiovisuel pour financer la conservation, la numérisation et la mise à disposition des œuvres. Ce n’est pas une redevance qui va aux ayants droit. Les ayants droit c’est terminé, c’est la fin de la propriété intellectuelle ” croit-il. “ Ce n’est pas une redevance qui recrée un droit d’autoriser ou d’interdire, ce droit est clos. C’est simplement une rémunération qui va financer ce travail de conservation ” car, ajoute-t-il, “ il n’y a aucune raison que ce soit la collectivité publique qui le finance sans aucune contrepartie. ”

    L’idée d’instaurer une redevance pour l’usage des oeuvres du domaine public avait déjà été avancée dans le rapport Zelnik en janvier 2010 et j’avais réagi alors dans un billet intitulé “ Démolir le domaine public pour financer la création ?”, où je m’opposais vigoureusement à une telle proposition.

    Philippe Aigrain avait lui aussi exprimé son rejet sur son blog et je lui emprunte une de ses phrases comme titre de ce billet :

    La seule référence au domaine public [dans ce rapport Zelnik, NDLR] est celle qui consiste à ressortir la vieille et obscène idée du domaine public payant, cette fois pour financer la numérisation des films. Déjà que le domaine public audiovisuel est fort étroit, mais en plus il faudra payer pour l’utiliser. Cela rapportera des clopinettes, mais créera des coûts de transaction dissuasifs. Comment peut-on ne pas voir que les véritables bénéfices sociaux et économiques du domaine public sont son existence et son usage mêmes (pour de nouvelles oeuvres, pour l’éducation et la formation, pour la critique et la recherche). Lien

  • The Corpse Grinders
    The Corpse Grinders
    Cannibale Furax
    • Posté à 15h45 le 14/10/2012
    • 183627
      Cannibale Furax

    La reproduction de Lascaux 2, elle-même une copie serait frauduleuse ? Ubuesque.
    Et le lien du canard, c’est Sud Ouest.

    • huutaa
      huutaa répond à The Corpse Grinders
      Même pas avec des pincettes.
      • Posté à 16h05 le 14/10/2012
      • 183774
        Même pas avec des pincettes.

      Je pense que c’est parce que lascaux 2 est gérée par le privé, les motifs reproduits deviennent un objet commercial soumis au droit à l’image. Et lascaux 2 dépend droit protégeant la propriété privée et commerciale.
      Je ne sais pas si les reproductions sont soumises au copyright mais lascaux 1 étant fermée la rareté est organisée et les conditions favorables pour verrouiller par la loi lascaux 2. C’est du bizness quoi.
      Free style, si les reproductions présentent des différences il n’est peut être pas interdit de penser qu’elles sont considérées comme œuvre à part entière et placées sous copyright.

      • The Corpse Grinders
        The Corpse Grinders répond à huutaa
        Cannibale Furax
        • Posté à 16h09 le 14/10/2012
        • 183627
          Cannibale Furax

        En attendant, cette mentalité d’accaparement en dit long sur notre société, y compris sur des choses anodines.
        Bientôt, quand tu iras ramasser des girolles en Dordogne, il y aura un copyright sur le chapeau.

         
        • huutaa
          huutaa répond à The Corpse Grinders
          Même pas avec des pincettes.
          • Posté à 16h15 le 14/10/2012
          • 183774
            Même pas avec des pincettes.

          Lol, ou alors une interdiction pour concurrence déloyale à la liberté de commerce. On marche sur la tête mais ça correspond bien au corpus libéral pour qui la première des libertés fondamentales est la propriété privée.

        • Nord
          Nord répond à The Corpse Grinders
          Personnage de roman
          • Posté à 22h29 le 14/10/2012
          • Internaute 188005
            Personnage de roman

          Je suis un peu perdu : on défend le droit d’auteur ou pas, à gauche ? non parce que l’autre jour j’ai joué du Renaud et on m’a débranché parce que j’avais pas payé mon forfait à la SACEM (et puis quoi encore ?)

        2 autres commentaires
      • mezneth
        mezneth répond à huutaa
        Onomatopée antropomorphe
        • Posté à 16h57 le 14/10/2012
        • Internaute 70709
          Onomatopée antropomorphe

        Lascaux2 n’étant pas une oeuvre originale, elle ne doit en théorie pas être protégée par le droit d’auteur (même si quelques différences sont forcément présentes, elles ne devraient pas constituer aux yeux de la loi une oeuvre originale, d’autant plus qu’elle a été faite comme une copie et que dans l’intention, il n’y avait aucune volonté de créer une oeuvre à part entière)

        Ce serait un peu facile sinon.

         
        • huutaa
          huutaa répond à mezneth
          Même pas avec des pincettes.
          • Posté à 17h14 le 14/10/2012
          • 183774
            Même pas avec des pincettes.

          je n’en sais rien j’ai lancé ça comme ça, la facilité des prédations ne cesse de m’étonner.
          l existe aussi un droit de citation, exemple je me sers d’une photo existante et en refait une ressemblante pour une utilisation commerciale. J’ai besoin de l’accord des ayant droits et je dois verser une somme d’argent correspondant au droit à la citation d’une œuvre (citation n’est pas le bon terme), l’image produite est sous copyright et considérée comme œuvre de l’esprit.
          Pour une pub je refais le baisers de l’hotel de ville de Doisneau après autorisation de la famille et versement pour un droit à la copie.

          • mezneth
            mezneth répond à huutaa
            Onomatopée antropomorphe
            • Posté à 22h35 le 15/10/2012
            • Internaute 70709
              Onomatopée antropomorphe

            Le droit de citation en fait, c’est juste le droit de reprendre une oeuvre sans payer quoi que ce soit, dans certains cadres (comme par exemple pour illustrer un propos, ou une information). Il s’agit d’une exception au droit d’auteur, encadrée différement suivant les pays.

            Si vous refaites le baiser de doisneau, personne ne vous oblige à lui verser quoi que ce soit ou à demander l’autorisation à ses descendants (manquerait plus que çà...) pour peu que votre cliché présente des différences et puisse être considéré comme une oeuvre originale (et à moins de retrouver les sosies des gamins de l’époque, ca va forcément le devenir).

            Il n’y a que si vous voulez directement reprendre l’oeuvre de doisneau que vous êtes obligés :
            - de raquer (droit d’auteur)
            - de demander l’autorisation pour toute modification ou toute diffusion (droit moral)

            • huutaa
              huutaa répond à mezneth
              Même pas avec des pincettes.
              • Posté à 22h47 le 15/10/2012
              • 183774
                Même pas avec des pincettes.

              Citation n’est pas le bon mot, vous devez refaire une photo existante vous devez payer un droit après avoir obtenu un accord, des ayant droit, j’ai déjà assisté au processus c’est pour ca que je le mentionne.
              Le plagiat est une notion de droit.

              • mezneth
                mezneth répond à huutaa
                Onomatopée antropomorphe
                • Posté à 17h16 le 16/10/2012
                • Internaute 70709
                  Onomatopée antropomorphe

                La dessus c’est possible, j’avoue que je ne fais que des oeuvres originales donc je ne me suis jamais penché sur la question.

                Ca me parait tout de même assez étrange, à moins que, comme dit précédemment, on essaie vraiment de refaire la même oeuvre (ca doit être assez difficile à apprécier)

        • Lendroitvautlenvers
          Lendroitvautlenvers répond à mezneth
          lucide
          • Posté à 17h33 le 14/10/2012
          • Internaute 149146
            lucide

          La création de Lascaux2 comprend l’ensemble de la grotte donc son espace créé par la nature et les peintures rupestres créés par l’homme. C’est donc son ensemble qui est une dite oeuvre originale et donc protégée par le droit d’auteur.

          • mezneth
            mezneth répond à Lendroitvautlenvers
            Onomatopée antropomorphe
            • Posté à 22h40 le 15/10/2012
            • Internaute 70709
              Onomatopée antropomorphe

            Ca ne change rien.

            L’oeuvre n’est pas originale vu qu’il s’agit - et elle est même vendue comme telle - d’une copie.

            Elle n’est donc en théorie pas protégée par le droit d’auteur, qui protège, comme son nom l’indique, les auteurs et pas les exécutants. Ou alors, j’ai rien compris au droit d’auteur, ce qui serait tout de même ennuyeux vu que j’en vis^^

            Pour être protégée par le droit d’auteur, il aurait fallu une réalisation « à la manière de “ présentant toutefois de nouveaux dessins et non une reproduction.C’est d’ailleurs justement le fond de commerce de l’article : une reproduction ou une rediffusion n’est juridiquement absolument pas protégée, alors même qu’on cherche à nous faire croire le contraire.

            • huutaa
              huutaa répond à mezneth
              Même pas avec des pincettes.
              • Posté à 22h51 le 15/10/2012
              • 183774
                Même pas avec des pincettes.

              En principe si dans une photo apparait n’importe quel immeuble de merde vous devez avoir l’autorisation de l’architecte. Votre raisonnement est logique voire même vrai dans l’absolu mais il totalement faux vis à vis du droit tel qu’il existe et tel qu’il s’est transformé.

              • mezneth
                mezneth répond à huutaa
                Onomatopée antropomorphe
                • Posté à 17h12 le 16/10/2012
                • Internaute 70709
                  Onomatopée antropomorphe

                Non justement.

                Pour que l’autorisation soit nécessaire, il faut que l’immeuble dont vous parlez soit spécifiquement cadré et mis en avant (inutile de demander une quelconque autorisation si vous filmez/ photographiez une rue et heureusement... Vous imaginez le bordel sinon pour tourner une course poursuite dans les rues de paris ?)

                D’ailleurs, c’est pareil pour les foules même s’il s’agit la de droit à l’image et non de droit d’auteur.

                Mais je vois pas trop le rapport avec ce que je disais avant.

                Quand je parle d’originalité, c’est pas au sens de chef d’oeuvre. C’est juste que l’oeuvre est « inédite », le resultat d’un processus créatif et donc, originale, singulière si vous préférez.

                Ca peut être aussi moche qu’on veut, de la photo, de l’architecture, du dessin, un texte, une performance même pourquoi pas, tant que c’est original, le droit d’auteur la protège dès qu’elle est crée.

                Si par contre c’est une copie, il n’y a pas de droit d’auteur (les interprètes en musique ont beau faire des performances, il touche un cachet et c’est tout. : 0 droit d’auteurs)

                Et il me semble bien (on peut toujours se tromper mais je suis sur a 99.99% ;) ) que contrairement à ce que vous me dites, c’est exactement comme çà que fonctionne le droit français, ou alors ca a changé à mon insu depuis 4-5 ans.

                « La condition d’originalité

                Le droit d’auteur ne protège une création que si elle est originale. Pour être originale, une œuvre doit porter l’empreinte de la personnalité de son auteur. Cela signifie que l’auteur doit avoir exercé une influence déterminante sur la forme de la création. Il n’existe pas de critère précis permettant de déterminer si une œuvre est ou non originale. En pratique, il s’agira d’analyser le rôle de l’auteur dans le processus de création. Si la forme de l’œuvre a été dictée exclusivement par des contraintes extérieures, elle n’est pas l’expression de la personnalité de l’auteur. Pour être originale, une œuvre ne doit pas nécessairement être d’un type nouveau. Les tribunaux se montrent généralement très favorables aux créateurs et rares sont les œuvres qui ne sont pas considérées comme originales. “
                source : Lien

                En l’occurence, lascaux2 dont les divergences ne vont à priori provenir que de détails techinques et de la configuration de la grotte, n’est absolument pas protégée par le droit d’auteur à moins de tomber sur un juste corrompu, pas plus d’ailleurs que les clichés de la grotte pris selon toute vraisemblance de manière la plus objective (et donc la moins originale) possible.

                • huutaa
                  huutaa répond à mezneth
                  Même pas avec des pincettes.
                  • Posté à 17h21 le 16/10/2012
                  • 183774
                    Même pas avec des pincettes.

                  Des fois je me perd.
                  je crois qu’il s’agit d’un droit d’inspiration, j’essaie de vous trouver des textes qui tiennent la route.
                  le droit d’inspiration est déconnectée de la patte supposée du photographe inspiré puisque la source de l’inspiration est identifiée et reconnaissable et la paternité n’est pas niée mais procède de la volonté d’exécuter un travail similaire se ce n’est à l’identique.
                  La notion d’originalité de l’œuvre est intéressante, jusqu’à présent elle était surtout consécutive au non plagiat. Il y a eu cette année des attendus qui en ont surpris plus d’un. Notamment un photographe d’illustration paysage qui a vu son travail imprimé sur des brochure de communication touristique et non payé le client arguant que la prise de vue n’était pas originale et un photographe sportif sur une image des jeux olympiques et là l#idée était que la photographie publiée n’était due à la volonté du photographe mais était sortie d’une rafale, le geste photographique étant apparenté à un processus automatique et mécanique. Si je ne suis pas super clair j’essaierai de me rattraper.

                  • mezneth
                    mezneth répond à huutaa
                    Onomatopée antropomorphe
                    • Posté à 17h34 le 16/10/2012
                    • Internaute 70709
                      Onomatopée antropomorphe

                    Sisi j’ai bien compris^^

                    Bin c’est super compliqué le droit d’auteur. Cf la tour eiffel qu’on a plus le droit de photographier la nuit car on nie les droits de l’éclairagiste....

                    En fait ce n’est pas le droit à l’inspiration, c’est juste que pour l’architecture, c’est un peu particulier.
                    Des lors qu’un batiment est dans l’espace public, il fallait bien trouver un moyen de contourner la règle à moins d’interdire tout film ou toute photographie d’exterieur.
                    Du coup chaque pays a fait sa petite sauce (ca a le don de simplifier comme ca...)

                    Concernant l’architecture, je suis allé regardé car j’avoue que ca non plus je maitrise pas trop, en fait en droit français il n’existe aucune exception.
                    Mais les règles dont je vous ai parlé ( plus le fait que le batiment doit être une pièce unique cad originale, ca ne protège pas les batiments fait en série) ont été consacrées par la jurice prudence.
                    je crois qu’on nomme çà la liberté de panorama et qu’elle repose sur deux principes :
                    - soit le batiment est en arriere plan / n’est pas le sujet principal et on s’en fout, 0 droits
                    - soit le batiment fait partie d’un panorama et en est indissociable, on considère alors que si le batiment une fois encore n’est pas spécifiquement cadré (en gros que le vendeur de cartes postales a fait un ptit boulot quand meme et qu’il ne se contente pas de surfer sur la notoriété de l’édifice pour vendre son produit), c’est bon et qu’il n’y a rien à demander/ payer

                    Quant aux deux derniers cas dont vous avez parlé, je pense que ca ne tiendrait pas deux secondes devant un tribunal.

        10 autres commentaires
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