Les Moulouderies de Charles

Les pérégrinations de Charles-Mouloud au pays de l'info. Chroniqueur dilettante. Amoureux des mots et adepte d'un humour décalé. Je fais mienne la devise attribuée à Molière : "Castigat ridendo mores." Je reste un perpétuel révolté et pourfendeur de l'intolérance et du politiquement correct. Breton et amoureux de sa région. Autre devise : "Tout le monde n'a pas la chance de naître orphelin, et de mourir veuf !"

Un « Faubourg 36 » trop clean et endimanché

Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau
Publié le 30/09/2008 à 23h17


Charles Mouloud avec un jeune talent prometteur, Clovis Cornillac (Rue89)

Sachant que j’aime bien les films et la numérologie, comme « Rambo 278 », « Saw 25 », « 8 femmes », « Fahrenheit 451 », « 37°2 le matin », et les « 101 dalmatiens », mon dealer de vidéo m’offre des places pour une « avant-première » au cinéma. « Faubourg 36 ».

La dernière fois que j’y ai été, au cinoche, je ne me souviens pas très bien si il avait encore un pianiste dans la fosse, si les actualités passaient un doc sur la guerre de Corée, où si Buster Keaton parlait avec le débit de Fabrice Lucchini.

Donc, en ce dimanche après midi, je me pointe au multiplex du centre ville, avec mon invitation. Le nouveau film de Christophe Barratier, ex-choriste, est affiché en grand sur le fronton de la mosquée des cinéphiles.

Mince ! Ce n’est pas là ! Enfin, c’est là mais pas avec ces billets.

Il y a deux avant-premières avec des acteurs et le réalisateur qui vont viendre, mais dans les deux grands cinoches de la ville. C’est plus simple de mettre un DVD dans sa boite !

J’y vais dare-dare, pour me retrouver assis au premier rang, à l’extrême gauche (pas fait exprès !), pour faire, comme dit Godard, lever la tête pour regarder « le » cinéma. Mais là je risque le torticolis.

Alors, le film ?

Ben, c’est long, deux heures à tourner dans un fauteuil trop étroit pour accueillir ma surface de tendresse, le cou tordu vers l’écran.

Purée, ils ont mis de la thune !

Tout plein d’acteurs connus : Gérard Jugnot, Clovis Cornillac, Kad Merad, Pierre Richard, BP Donnadieu, François Morel et la p’tite nouvelle, Nora Arnezeder.

Le film, c’est un conte musical sur les années du Front Populaire, autour d’un cabaret qu’essaie de faire vivre une bande de chômeurs licenciés par le Grand Capital et un peu embêtés sur les bords par des fachos pas gentils.

Cornillac se la joue mi-Gavroche, mi-Gabin en syndicaliste mytho guévariste, autant pour se faire mousser que pour pêcho les nanas dénudées du cabaret.

Jugnot, avec sa voix de Pinot simple flic, s’essaie un moment à jouer les alcoolo déprimés. Il n’a jamais picolé ce mec ! Aussi crédible que Philippe Léotard en maître nageur body buildé !

Donnadieu fait le métier , en méchant facho pas beau. Kad Mérad tire le bon numéro en comique ringard. François Morel est lui aussi très bon en ami fidèle servant des coups derrière son comptoir. La p’tite Nora est craquante à souhait. Elle est la caution glamour du film. Elle est belle et chante bien.

Le film surfe sur la vague nostalgie des zannées d’avant. C’est bien lêché, mais trop propre. Les décors sentent le carton pâte et pas assez la fumée de gauloise, la sueur et l’Internationale. Les filles sentent le Cadum et pas assez la foufoune. Trop clean et endimanché.

Le public semble ravit lorsque les lumières s’allument et qu’arrivent Clovis Cornillac, C. Barratier et Nora Arnezeder. En fait c’est du bon marketing .

Les spectateurs invités deviennent de ce fait des figurants du film, heureux de voir « en vrai » les stars, d’être les privilégiés d’une avant-première, et seront les meilleurs attachés de presse du film.

Il y a eu un tour de France des projections « privées » pour le public, avant le tour prévu des plateaux de télé, des couvertures de journaux et autres kermesses médiatiques.

Ça nous aura occupé le dimanche, et fait une sortie, dira la madame d’à côté.

Clovis Cornillac, C. Barratier et Nora la jolie se prêtent de bonnes grâce au jeu des zautographes et des échanges sympas avec les spectateurs.


Charles Mouloud est pressenti pour un rôle avec Nora (Rue89)

Nora me sourit et me lance un beau regard… Juste pour la photo !

Bon, à quand le prochain film sur le massacre du métro Charonne, avec la musique de Richard Clayderman ?

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  • 14 réactions
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  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    enfin!! ça marche !
    • Posté à 04h30 le 01/10/2008
    • Internaute 24637
      enfin!! ça marche !

    t’as vu ca Charles, ton article est tellement bon que ca laisse les riverains totalement muets ( du clavier ) ! bon , t’as pas aimé le film, mais je le regarderai quand meme quand il sortira en dvd. pas de cinoche sur mon ile perdue.
    au fait , fini les festivals. dommage , j’aimais bien tes chroniques. une autre, une autre, une autre ! !

  • RETRO
    RETRO
    artiste guitariste/chanteur/ (...)
    • Posté à 08h13 le 01/10/2008
    • Internaute 50175
      artiste guitariste/chanteur/ (...)

    ah ! CHARLES......Y’A DES MOMENTS je te lis,relis ; sourit ; rit ; (T’EST PAS GROLANDAIS ?)avec un tel style(free)mes mirrettes doivent refroidir,je trouve tes article vraiment scotchant(BON BAH TU L’ECRIT TON BOUQUIN ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !)

  • adaunis
    • Posté à 08h35 le 01/10/2008
    • Internaute 4255

    Bon, s’il te plais, j’aimerais que tu me fasses connaitre ton dealer de vidéo !
    Ah ! « Philippe Léotard en maître nageur body buildé ! »
    C’est du lourd !
    Mais une question me chiffonne.
    C’est qui le gars près de Charles Mouloud !
    Il m’a l’air « vaseux » !

  • Compte supprimé le 3 janvier 3
    • Posté à 12h52 le 01/10/2008
    • Internaute 10904
      in angulo

    Lien

    Salut Charles,

    Le dernier opus de Richard Clayderman bientôt dans toutes les BACS avec sa reprise au piano de « Cry Me a River “ de Justin Timberlake ?

    On dit qu’il travaillerait également à une ‘ Ballade pour Suzanne , en hommage à Suzanne Martotell, l’une des 9 militant(e)s du Parti Communiste Français assassinés par la police le 8 février 1962 au métro Charonne, lors d’une manifestation pour la paix en Algérie.

    Bonne journée à toi et merci pour cette belle balade au pays des bisounours du cinéma.

  • jexiste
    jexiste
    si, si
    • Posté à 13h07 le 01/10/2008
    • Internaute 53099
      si, si

    Ouaaaah ! Face et profil ! C’est sympa, ça, pour les potes morphopsychologues.

  • deecurl
    • Posté à 13h44 le 01/10/2008
    • Internaute 13077

    super article :)
    effectivement j’avais peur que ce soit ça, le film...

    si les filles ne sentent pas assez la foufoune c’est sans doute pour accrocher un public familial qui ne se déplacerai pas pour une atmosphère plus « les portes de la nuit ».

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h24 le 02/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Je vais t’engager comme gouteur de nouveaux films, Charles , je crois que je l’ aurais (mal) digéré exactement comme toi , celui la ...
    C’est quoi la fine morale du film « L’ union fait la force “ ? , ‘aide toi, le ciel t’ aidera’ ? ‘quand on veut, on peut’ ? ,‘les petits Mickeys n’ ont pas peur des gros ?

    • Charles Mouloud
      Charles Mouloud répond à Numerosix
      Bras gauche de la Vénus de (...)
      • Posté à 11h31 le 02/10/2008
      • Internaute 12542
        Bras gauche de la Vénus de (...)

      Oui, qq chose comme ça, Number !
      ou « à plusieurs on est plus nombreux »....

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h35 le 02/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Mouloud , je te trouve beaucoup plus ressemblant en Julien Guiomar inquietant que Cornillac en Gabin-t’as-d’ beaux yeux t’sais..

    Lien

  • Compte supprimé le 3 janvier 3
    • Posté à 13h54 le 02/10/2008
    • Internaute 10904
      in angulo

    Tu sais, Charles a beaucoup de mérite, Clayderman n’a pas arrêté de le faire ch... pendant tout le temps qu’a duré la séance-photos...

    Lien

    Yann Guégan, à qui il faut rendre hommage, a dû se résoudre à quelques photomontages pour rendre un peu de dignité à tout ça. Lien

  • shots.fr
    shots.fr
    photographe
    • Posté à 15h35 le 02/10/2008
    • Internaute 53521
      photographe

    Je suis pas trop client de Barratier, déjà son histoire de mômes orphelins m’avait sensiblement agacé la pompe à neurones, dans le genre politiquement correct et bien pensant, avec une happy end qui va bien, arghhh ! Rien que d’y penser ça me démange. Les choristes c’était du Canada dry de Cinéma Paradiso. Eh ouais, Jugnot c’est pas Noiret comme Barratier ne sera jamais Tornatore.

    Déjà à l’époque de ce navet plus blanc que blanc - dont je ne résiste pas à citer de mémoire le refrain maréchalesque fredonné par la voix cucuesque du héros interprété par le trop candide Jean-Baptiste Maunier « sens au coeur de la nuit, l’onde d’espoir, ardeur de la vie, sentier de la gloire... » - il m’avait semblé que seul Kad, oui ! Mes bien chers frères et soeurs, le Kad de Kadéo, le Kad du Kamoulox (« Je gifle Pascal Sevran et chante une chanson de Dorothée en 8 »), ce Kad-là était le seul à tirer son épingle d’un jeu bien pathétique.

    Alors pour la remise de couvert sur fond de Front Pop et de bons sentiments, comme toi, Camarade Mouloudovitch, je dis niet ! D’ailleurs, j’ai du mal à t’imaginer Oh Grand Charles vénéré, passant de ton propre chef un après midi entier dans une salle obscure à te tirlipoter les zigomatiques en solo, le fessier (mal) engoncé dans le velours fut-il rouge ou d’extrême gauche comme les années 36.

    Tu étais invité (comme d’hab).

    Te voilà pardonné (amen).

  • ZABULLE
    ZABULLE
    Bloger
    • Posté à 17h14 le 04/10/2008
    • Internaute 55001
      Bloger

    Ce film est totalement raté. Inutile de tourner autour du pot ou d’employer des périphrases, c’est deux heures d’ennui.
    Le casting est parfait, trop parfait. Les gentils jouent des rôles de gentils, les méchants des rôles de méchants mais il manque de l’huile dans la mayonnaise. Aucune âme ne rode dans ces décors même s’il y neige à profusion.
    Les travellings sont géniaux, les images magnifiques mais la fusée ne décolle pas.
    Les ringards qui doivent devenir des étoiles à la fin du film restent des ringards. La diva reste une gentillette gagnante de star’ac de quartier, les airs ne cassent pas des briques et personne ne les fredonnera comme le furent ceux des choristes.
    Bref, ce film ne tiendra pas la rampe qu’il voulait éblouissante et disparaitra, dans le mois, des programmations des salles.
    Le bouche à oreille devrait être, à mon avis, totalement négatif.
    Je ne sais pas si je me dérangerai au prochain Barratier car il n’y aura pas l’effet « Les choristes » et je n’aime pas me gourer deux fois.

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