Les Moulouderies de Charles

Les pérégrinations de Charles-Mouloud au pays de l'info. Chroniqueur dilettante. Amoureux des mots et adepte d'un humour décalé. Je fais mienne la devise attribuée à Molière : "Castigat ridendo mores." Je reste un perpétuel révolté et pourfendeur de l'intolérance et du politiquement correct. Breton et amoureux de sa région. Autre devise : "Tout le monde n'a pas la chance de naître orphelin, et de mourir veuf !"

Etape corsée à Saint-Malo pour Charles Mouloud, routard du rock

Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau
Publié le 18/08/2009 à 12h50


A la Route du Rock (Audrey Cerdan/Rue89).

Happy birthday Woodstock, et bonjour aux résidents de la maison de retraite Janis Joplin. Ici La Route du rock, où pour commémorer le mythique festival de 1969, My Bloody Valentine, sans aucun doute sponsorisé par un vendeur de sonotones, a fait exploser des milliers de tympans, tapissant le site d'une coulée de cérumen.

« Noisy pop », sûrement... Foutage de gueule, sans doute aussi. Une « démarche » artistique qui selon moi, frise la mystification... D'anciens volontaires qui avaient nettoyé les côtes bretonnes après les naufrages de l'Amoco Cadiz et de l'Erika témoignent n'avoir jamais vu pire catastrophe écologique.

Conquis ou déçus, les festivaliers se rappelleront longtemps d'avoir assisté à un happening sonore qui fait passer le son de Motorhead pour du Carla Bruni.

Deerhunter, touchant dans sa façon d'évoquer sa passion pour la musique

Marie Gallic, du magazine VoxPop, m'invite à l'accompagner lors de son interview/séance photo avec Bradford Cox, le chanteur de Deerhunter, tout simplement magnifique sur scène, pour ce qui sera pour moi le meilleur concert du
vendredi. Le temps d'une photo, « je te tiens, tu me tiens » et concert dans la foulée.


Bradford Cox et Charles Mouloud joue à je te tiens, tu me tiens... (Audrey Cerdan/Rue89).

Ce type étrange, au physique improbable, est touchant dans sa façon d'évoquer sa passion exclusive pour la musique, et son monde un peu « autiste », mais il explose de talent dans ses compositions et nous invite dans un univers angoissé et émouvant. « Microcastle », son très bel album, se trouve magnifié en concert. Belles sensations.

J'ai zappé tous les concerts de la plage malouine, et les sets au Palais du Grand Large, deux autres lieux du festival... Trop galère de circuler un 15 août à Saint-Malo.

The Kills choisissent Rue89, « parce que le nom nous plaisait »

Samedi, rendez vous à 15h30 pour une rencontre avec The Kills, plutôt avares d'interviews : seuls deux médias ont la chance d'approcher le binôme Allison « VV » Mosshart et Jamie « Hotel » Hince. Pourquoi avoir choisi Rue89 ? « Parce que le nom nous plaisait »...

On avait déjà failli se faire pourrir la rencontre avec Bradford (Deerhunter) par deux petites culottes mouillées à l'idée d'approcher les zartisses qu'elles kiffent grave, et rebelote, ces apprenties webzineuses veulent nous refiler leurs questions « Voici » pour le beau Jamie.

Elles veulent savoir si Kate Moss, qui fricote avec le gazio, aurait bien jeté son ordi dans une piscine. Jamie se marre, et m'autorise lâcher un hoax : son prochain album s'appellera « Waterproof » !


The Kills en backstage après l'interview donnée à Rue89 (Marie Gallic).

Sinon, difficile de vous relater cet échange... improbable, avec le disert Jamie et la mutique Allison. Surréaliste et décalé, nous évoquons le pourquoi de leur nom, un meurtre rituel en Australie, une danse du kangourou, leur rencontre, leur adolescence, et puis, finalement cela ne vous regarde pas !

Un petit tour à la kermesse du village des bénévoles où la jolie et tonique Nanou me convie à une partie... de pêche à la ligne. (Mon lot : un badge, un malabar et un carambar... encore raté ! )

Peaches, sosie bricolé de Madonna-Nina Hagen pour fêtes de moisson

Toujours samedi, pas mal les Papercuts, mais pour les filles qui ne les trouvent pas beaux, conseil, les écouter de dos , ça fonctionne mieux !

Pas vu Caméra Obscura, mais le show de The Kills, ensuite, fut un des grands moments de l'édition.

Son nickel, et la présence sur scène des deux « âmes sœurs » est assurée. Allison tourne, arpente l'espace comme un fauve en cage, fumant clope sur cigarette. Sa voix grave se marie parfaitement aux riffs classieux de son compère. L'élégance, la présence, un rock classieux, et la magie fonctionne à plein.


Allison Mosshart lors du concert des Kills à la Route du Rock, samedi (Marie Gallic).

Moment comico-désespérant de l'exhibition de Peaches, qui dans sa jeunesse pouvait encore surprendre avec ses ceintures sextoys et ses prestations trashy sexy, mais là, ce mélange de sosie bricolé de Madonna-Nina Hagen pour fêtes de moisson à l'ancienne, me gave profondément...

Sauf sa guitariste en bottes- cuissardes-porte jarretelles-body noirs, qui à quatre mètres de moi, ne me fait pas regretter d'avoir choisi de mette un short suffisamment large pour dissimuler mon émoi.


Peaches (droite) et sa guitariste lors de leur concert à la Route du Rock, samedi (Audrey Cerdan/Rue89).

Déjà, en conférence de presse, Peaches avait commencé à me briser les zovaires par ces postures attendues et vulgaires. Répondant d'un air blasé et poissonnier aux questions sur la place de l'artiste, du féminisme, de l'art-performance, elle souhaitait qu'on lui parle de son album.

Donc, hélico presto, après lui avoir signalé ne connaître « ni son CD, ni son coiffeur », je lui demande ce que le premier proposait de plus que les autres :

« Des fiches cuisine, ou de bricolage, un patron pour faire ses fringues, ou des conseils capillaires ? Ça permettrait aux festivaliers fauchés de faire de économies après avoir participé au paiement de ton cachet ? »

Retour de passing-shot, par un « Il y a un manuel pour que tu puisses te mettre deux tampons dans ton “ass” ! » Je monte au filet en lui répondant que deux, ce ne serait pas suffisant... Rock'n'roll is not dead !


Bill Callahan lors de son concert à la Route du Rock dimanche (Audrey Cerdan/Rue89).

Dimanche, plus calme, et nouvelle ambiance, avec un grand moment pour démarrer la soirée. Bill Callahan n'est pas uniquement un excellent songwriter, mais aussi un excellent crooner qui embarque immédiatement la foule dans un set sublime. Un grand moment de grâce et de frissons.

Un de ces concerts qui nous font vraiment réaliser pourquoi on est là, chaque année à La Route du rock, et combien le « live » multiplie les émotions dans une communion collective.

Nous sommes des enfants gâtés, ce dimanche, avec dans la foulée Andrew Bird, et surtout Dominique A, magnifique de présence, seul sur scène et qui à le mérite de nous faire piger les paroles. Faut dire que trois jours de concerts nous rendent parfaitement polyglottes !


Dominique A lors de son concert à la Route du Rock, dimanche (Audrey Cerdan/Rue89).

Bravo à François Floret et à son équipe... Et merci encore à Marie Gallic de m'avoir servie de muse !

  • 17935 visites
  • 28 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 13h31 le 18/08/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    j'aime bien tes compte-rendus de festival. Ils sont toujours très personnels, loin du ton officiel de promotion ou de descente programmée d'artistes.
    On aime, on n'aime pas ...
    Généralement, ça donne envie d'aller voir, mais comme les manifestations musicales sont finies ...
    Reste que je vais aller chercher à écouter quelques chanteurs dont il est question et que, bien sûr, je ne connais pas, le rock, pour moi, s'est arrêté il y a quelques années
     ; -)

  • virginie78
    • Posté à 14h04 le 18/08/2009

    ouah
    merci pour ce ma-gni-fi-que article !

    mais toujours du rock et du rock, il ya une vie après le rock !
    en tout cas merci pour tous ces noms, ces commentaires, avis, çà donne une idée où chercher pour écouter de la zic simpa quand on est en mode rock

    et trop exclaffant ton humour Charles : )
    une p'te bouffée d'oxygène entre deux ronrons de la clim du burlingue ....

  • PhiLyon
    PhiLyon
    In tartiflette we trust !
    • Posté à 14h37 le 18/08/2009
    • Internaute
      In tartiflette we trust !

    Je vais en remettre une couche après jpouille : flinguer my bloody valentine et Peaches pour ensuite jeter des fleurs à Bill Callahan, Andrew Bird et Dominique A (lequel vient quand même de sortir un album parfaitement inutile mais humblement intitulé « la musique »…), ça vous pose un rocker ! Une chance que Deerhunter et The Kills aient trouvé grâce à vos yeux… Mais je reconnais une chose : un compte-rendu de festival, si ce n'est pas personnel, autant lire Télérama…

  • omega09
    omega09
    Retraité
    • Posté à 16h17 le 18/08/2009
    • Internaute
      Retraité

    Merci Charles, enfin quelque chose qui ne sent pas l'eau de Javel de la promo aseptisée...

  • Wladimir
    • Posté à 17h45 le 18/08/2009
    • Internaute

    Bonjour,

    Il ne s'agit, hélas, pas d'un reportage sur un festival mais d'un reportage sur M. Mouloud au festival.

    Content que ça lui ai plu !
    moi, perso, j'ai passé un bon W-E ( ah bon tout le monde s'en fout ? )

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.