Les plans cul[ture] de la rédac

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Howard Greenberg chez Cartier-Bresson : « le bon tirage de la bonne image »

Pierre Haski
Cofondateur
Publié le 25/01/2013 à 18h45

Henri Cartier-Bresson parlait du « moment décisif » pour ses photos ; Howard Greenberg, lui, est l’homme du « bon tirage de la bonne image, trouvé au bon moment ».

Il n’est pas étonnant que la collection personnelle de photographie de l’Américain Howard Greenberg se retrouve sur les murs de la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris : elles étaient faites pour se rencontrer et pour s’entendre.

Howard Greenberg est l’un des galeristes new-yorkais qui ont donné leurs lettres de noblesse à la photographie noir et blanc des XIX° et XX° siècles.

Il est tombé dans la photographie par amour ... d’une photographe. Il s’y est d’abord mis lui-même, avant d’exposer puis de vendre les tirages des autres. D’abord à Woodstock (oui, la ville du festival), puis dans une minuscule galerie du quartier de Soho, à New York, et dans un magnifique espace des beaux quartiers où il se trouve encore.

Cet amoureux de la photo est devenu incontournable dans ce qui est progressivement devenu un marché, sans toutefois connaître les extravagances de l’art contemporain.

Au passage, Howard Greenberg a constitué sa propre collection, une sorte de musée idéal pour les amoureux de la photo noir et blanc « à la Cartier Bresson »...

On retrouve dans sa collection tous les grands classiques, comme cette photo de Dorothea Lange, véritable icône de la Grande dépression des années 30 aux Etats-Unis.


Dorothea Lange, Migrant Mother, Nipomo, Californie, 1936 (© Library of Congress / Courtesy Howard Greenberg Gallery)

Quelques clichés historiques de HCB ont repris naturellement le chemin de la fondation qui porte son nom, tout comme son ami mexicain Manuel Alzarez Bravo dont on a pu voir récemment le travail plus complet au Jeu de Paume, de l’autre côté de la Seine.

André Kertész, Josef Sudek, Walker Evans, Lewis Hine, Berenice Abbott, Weegee, Helen Lewitt, Lisette Model, Robert Capa, Saul Leiter... Tous les grands photographes noir et blanc du XX° siècle sont dans sa collection.

Dans le livre qui accompagne l’exposition, Howard Greenberg explique à Sam Stourdzé, le directeur du Musée de l’Elysée de Lausanne, où l’exposition a d’abord été montrée, ses débuts accidentels de collectionneur.

« Bien sûr, cela allait poser un certain nombre de problèmes. Problème numéro 1, je n’étais pas vraiment riche, il faudrait donc que je fasse attention. Problème numéro 2, j’étais un marchand confronté à la question éthique du vendeur qui veut aussi être collectionneur. J’étais conscient que certains allaient penser que je garderais le meilleur le meilleur pour moi-même. “

Mais sa philosophie n’a pas changé au fil du temps :

‘Je ne suis pas à la recherche du graal. Il y a beaucoup de photographies que j’aime et que je ne possède pas. Certaines intègreront peut-être ma collection dans les années à venir. Mais elles y entreront pour les mêmes raisons que les précédentes : ce sera le bon tirage de la bonne image, trouvé au bon moment. Je ne cours pas après une liste de photos, ce n’est pas ma manière de collectionner’.

Amoureux de la photo, à ne pas manquer !

Infos pratiques
Collection Howard Greenberg

Du 16 janvier au 21 avril 2013, à la Fondation Cartier-Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris. Informations sur le site : www.henricartierbresson.org

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    Juif errant
    • Posté à 15h43 le 26/01/2013
    • 181210
      Juif errant

    Vous allez trouver encore une fois que je suis mauvais coucheur, mais au passage, Howard Greenberg ne dit pas combien la « misère » des autres lui a rapporté dans sa vie parce qu’entre le moment où il a commencé et le moment où il a exposé, le marché de la photo d’art a lui aussi explosé.

    Il a lancé HowardGreenberg.com en 2000, les visiteurs du site pouvant parcourir et acheter les photographies de la collection de la galerie.
    Time-Life a récemment accordé à Greenberg le droit exclusif de vendre les tirages originaux des ses archives photographiques ainsi que le magazine Fortune.

    Une jolie et avantageuse success-story de l’œil américain, assez loin du « Vive Bakounine » de Cartier-Bresson, l’œil du siècle.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à .666
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 18h01 le 26/01/2013
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je ne vais pas « defendre » Greenberg, mais pourquoi est-ce la « misère » des autres qui lui aurait rapporté ? Je ne comprends pas la logique, d’autre part, vous savez aussi qu’il n’est pas dans la partie du marché de la photo qui a le plus explosé, même un Cartier Bresson reste peu cher comparé à Gursky ou des photographes artistes contemporains.

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        .666 répond à Pierre Haski
        Juif errant
        • Posté à 20h43 le 26/01/2013
        • 181210
          Juif errant

        C’est votre faute, à nous mettre sous le nez du Steinbeck illustré, mon sang de bisounours n’a fait qu’un tour...

  • Tabac
    Tabac
    De passage
    • Posté à 20h33 le 26/01/2013
    • 177241
      De passage

    A chaque fois que j’atterris à Genève, je file cash en train à l’Elysée : c’est toujours une bonne surprise. Quand j’en sorts, j’ai toujours envie de faire le photographe. Mais c’est pas si facile.
    D’ailleurs ça me fait pareil quand je sort de l’Art brut : j’ai toujours envie de faire le momo.
    Et pour le coup, ça commence à le faire.

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