Mafikeng, la plus botswanaise des villes d'Afrique du Sud

Publié le 08/06/2010 à 15h16


Centre-ville de Mafikeng (Steven Jambot)

Chaque mois, près de 250 000 voitures franchissent la frontière séparant le Botswana de l’Afrique du Sud. Située à 25 kilomètres de la frontière, Mafikeng est la première ville sud-africaine à en bénéficier. Avec ses cinq centres commerciaux et ses centaines de petits magasins en centre-ville, Mafikeng fait un peu office de supermarché géant pour la région.

Au Botswana, de nombreux produits importés d’Afrique du Sud

« La vie est moins chère, plus facile ici », explique Oupha, 38 ans. Née au Botswana, elle a décidé de s’installer à Mafikeng il y a une quinzaine d’années. Car ce que viennent chercher les Botswanais, c’est une variété de produits qu’ils ne retrouvent pas chez eux à bon prix.

Benjamin, 43 ans, traverse régulièrement la frontière pour son travail de charpentier. Somnolant à moitié, le sourire aux lèvres, il veille sur la palette d’œufs qu’il ramène, en mini-bus collectif, à Gaborone au Botswana. Il confirme :

« Presque tout ce qu’on utilise au Botswana vient d’Afrique du Sud, même si les choses sont en train de changer car le Botswana se développe de plus en plus. »

Si Mafikeng ne dépend pas que du commerce transfrontalier, les Botswanais représentent tout de même une part non négligeable dans l’économie de certains secteurs. « Ils constituent près de 18% de notre clientèle », indique ainsi Jeffrey Mabunda, responsable des produits au « North West Parks and Tourism Board », sorte d’office régional des parcs de la province du Nord-Ouest de l’Afrique du Sud.

Mafikeng, ancienne capitale du Bechuanaland

La proximité géographique et la rapidité des formalités administratives au poste de frontière -comptez une quinzaine de minutes - n’expliquent qu’en partie ce transit permanent. C’est que les Botswanais et les habitants de Mafikeng parlent la même langue, le setswana, et partagent une histoire commune.

Jusqu’à l’indépendance du Botswana en 1966, Mafikeng était, bien qu’en dehors du protectorat britannique de l’époque, la capitale du pays. Depuis, la ville a complètement réintégré l’Afrique du Sud et perdu un peu de son faste.

Mais les liens entre les Botswanais et les habitants de Mafikeng n’ont pas pour autant changé. Des liens continuent de se tisser chez les jeunes générations puisque les Botswanais représentent, selon les filières, jusqu’à 25% des effectifs des lycées et de l’université.

Un sentiment d’appartenance à une même communauté

D’ailleurs, qu’ils vivent d’un côté ou de l’autre de la frontière, beaucoup d’entre eux considèrent qu’ils font partie d’une seule et même communauté.

Vusi, 32 ans, est parti de l’un des townships de Soweto, là où habitait Nelson Mandela, pour trouver du travail à Mafikeng. Il nous livre son sentiment sur les relations qu’entretiennent les Botswanais avec cette région d’Afrique du Sud. (Voir la vidéo)

Avec Steven Jambot.

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h23 le 08/06/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Merci d’avoir mis une carte car - j’ai un peu honte de l’avouer - je savais pas trop où était le Botswana et je le prenais pour un de ces pays enclavés dans l’Afrique du Sud.
    Désolé, mais quand on nous cause de l’Afrique à l’école, on oublie de préciser qu’on ne parle que de l’Afrique de chez nous, celle où l’on parle français : D

  • David Servenay
    David Servenay
    Ex-Rue89
    • Posté à 21h04 le 08/06/2010
    • Internaute 8946
      Ex-Rue89

    Bonjour Jean-Louis,

    C’est quoi le salaire moyen d’un instit’ et d’un ouvrier dans cette partie de l’Afrique du sud ?

    Idem pour les Botswanais : ont-ils à peu près le même niveau de vie ?

    Bonne chance pour la suite de votre périple !

    • Jean-Louis Dell’Oro
      Jean-Louis Dell’Oro répond à David Servenay
      Journaliste
      • Posté à 19h29 le 10/06/2010
      • Journaliste 115846
        Journaliste

      Désolé pour la réponse tardive. D’après une consultante spécialisée en économie qui travaille dans un cabinet botswanais à Gaborone, le salaire de base des Botswanais qui ont un diplôme universitaire se situe autour de 4000 / 5000 pulas par mois (soit, de tête, environ 450 à 550 euros par mois). En Afrique du Sud, c’est au moins le double. Mais, attention, il faut tenir compte du coût de la vie (comme l’achat d’une maison par exemple) qui est plus élevé en Afrique du Sud.

      Au final, la classe moyenne botswanaise a un niveau de vie inférieur à celle de l’Afrique du Sud.

      Après, tout dépend de quelle partie du Botswana ou de l’Afrique du Sud on parle. Par exemple à Mafikeng, les prix des biens de consommation sont moins chers que dans la région frontalière du Botswana mais il y a un fort taux de chômage. Et Gaborone est bien plus développée que Mafikeng. C’est donc assez compliqué.

      J’espère avoir répondu à ta question. A bientôt

  • Désinscrit le 15-6
    • Posté à 07h56 le 09/06/2010
    • Internaute 83404
      nc

    Bonne continuation dans votre reportage, envoyez nous pleins d’infos.

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