Swaziland : le modèle de paix en Afrique australe a la tremblote
Le Swaziland, c’est un peu la Suisse. Certes, le niveau de vie est très loin d’être le même, mais il y a beaucoup de grosses voitures, des montagnes, des vaches partout, un temps froid en hiver (0°C la nuit quand nous y étions, gla gla) et un certain sentiment de sécurité.
Au Swaziland, les gens sont « so nice », le pays est « peace » nous a-t-on répété depuis plusieurs semaines. On a voulu vérifier en mettant le cap sur Mbabane, la capitale, deuxième ville du pays en nombre d’habitants (60 000 habitants, soit la moitié de Manzini, l’ancienne capitale).
Comme partout ailleurs en Afrique australe, les locaux nous ont dit que c’était « pas très sûr » de sortir la nuit. Trop tentant de vérifier. Comme d’hab depuis le début de notre périple sur le continent, on a fait le mur, de nuit, pour trouver un truc à se mettre sous la dent. 4 km à pied, dans le noir. Résultat : aucun problème, des gens sympas et plutôt étonnés de nous voir dehors à cette heure-ci.
Visuellement -et même dans le noir- Mbabane change un peu des autres villes d’Afrique australe que nous avons traversées. Ici, peu de barbelés et moins de gardes aux entrées des entreprises, hôtels ou maisons trop grandes pour leurs occupants.
Règlements de compte mortels
Par contre, le Times of Swaziland et le Swazi Observer, les deux quotidiens nationaux, consacrent leurs affichettes et leurs premières pages à des « faits div » croustillants (à côté, Le Parisien c’est de la rigolade). Au milieu des suicides, accidents de la route et autres viols sur mineurs (on vous épargne détails et photos), l’arrestation d’un trafiquant de marijuana, des règlements de compte mortels et l’étonnante découverte de détonateurs chez un activiste politique.
Tout ne semble pas aussi rose que l’on aurait pu le penser, même dans des journaux plutôt bienveillants envers les autorités.
Le lendemain matin, direction le Police head quarters (le siège de la police nationale). Le Deputy Officer (en gros, le big boss) ne veut pas nous recevoir. Motif : nous n’avons pas de carte de presse à présenter (en bons étudiants bientôt diplômés) et un site Internet c’est bien trop insignifiant pour lui (dur de trouver du haut débit au Swaziland). OK, va pour la chargée des relations publiques qui se satisfait d’une carte d’étudiant-journaliste (heureusement qu’elle était en couleurs et avec une photo où je faisais sérieux).
Pas de statistiques sur les délits
L’officier Wendy Hleta me reçoit donc dans son bureau. Des dossiers, un ordinateur sous Windows : un bureau d’officier de police lambda. Seule touche locale, comme partout ailleurs au Swaziland, le portrait officiel de Sa Majesté Mswati III. La radio est allumée, il est 14 heures, un flash info en setswati, la langue des Swazi. « On diffuse des messages d’intérêt général, je vérifie qu’ils sont bien diffusés. »

On commence à discuter. J’apprends qu’au Swaziland, il y a 3 000 policiers pour 800 000 habitants. Puis, très vite, que « la plupart des affaires, notamment les plus sérieuses, sont le fait d’étrangers. » Elle poursuit :
« Il est de plus en plus évident que les délits les plus sérieux comme les braquages à main armée pour des montants élevés sont planifiés par des gens qui sont à l’extérieur du pays qui, quelquefois, ont des complices à l’intérieur de nos frontières. »
Je demande des statistiques :
« Nous n’avons pas trié les affaires selon la nationalité des personnes impliquées mais les plastiquages de distributeurs automatiques de billets sont le fait d’individus extérieurs au pays, en plus de locaux. »
Je n’en saurai pas plus.
On passe à la coopération avec les pays voisins. Wendy Hleta me rappelle que le Swaziland est membre d’Interpol et de la Sapco. Le gros des échanges se fait avec l’Afrique du Sud. Ils se concentrent sur le trafic de marchandises (notamment de denrées alimentaires), échangent leurs registres de voitures volées et se transmettent des infos sur le trafic de marijuana.
« Vous savez, le Swaziland est un petit pays, on sait où sont les plantations de marijuana et quand ont lieu les récoltes. » Pas de problèmes avec les drogues dures ; elles ne sont pas produites dans le pays et il n’y aurait qu’« une ou deux » arrestations par an concernant des drogues comme l’héroïne.
Paix avec les pays voisins mais insécurité intérieure
Quant à la violence contre les personnes ? Sujet sensible. Là, il ne faut pas inquiéter les touristes qui représentent une manne pour le pays (par exemple les 20 000 Français qui passent chaque année) :
« Dans la plupart des cas, ce sont des différends familiaux. Quelquefois une femme est frappée parce qu’elle a trompé son mari. Pas de nature à inquiéter un visiteur. Et les cas de cambriolages qui tournent mal sont très peu fréquents. »
Wendy Hleta m’explique que certains jeunes swazis tournent mal en voulant copier les façons de faire de certains étrangers en situation irrégulière et sans travail déclaré, notamment des Mozambicains. Là encore, pas de statistiques :
« Avec un minimum de surveillance, dans un pays comme le nôtre, vous pouvez savoir où et quand quelque chose va se passer. »
Le matin même, dans la page « Comments & analysis » du Times of Swaziland, un éditorialiste s’interroge « Quelle paix et quelle sécurité [au Swaziland] ? ». Il rappelle que le pays connaît la paix avec ses voisins mais que les gros titres des journaux prouvent que la paix n’est pas là au quotidien à l’intérieur des frontières et que la sécurité est toute relative dans un pays « de plus en plus violent et militarisé ».
« Quid de ceux qui ont des points de vue différents et veulent la liberté d’expression et d’association pour pouvoir poursuivre leurs aspirations ? », demande-t-il. Quelques jours avant notre arrivée, des bombes ont explosé au Swaziland, faisant plusieurs morts, sans que l’on ne sache vraiment qui était derrière.
- Sur times.co.szLe site du Times of Swaziland
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ici et là
ici et là
Bon vous avez visiblement passé quelques jours au Swaziland, c’est plutôt cool. Une des périodes les plus intéressantes est celle de la « Reed Dance » où le roi choisi ses nouvelles femmes pour l’année ; le dernier monarque absolu d’Afrique se porte plutôt bien.
Pour le reste, j’avoue ne pas trop comprendre l’objet de votre papier. On n’y apprend pas grand chose. Voire rien. Alors oui les journaux aiment les couv’ sensationnelles, un peu comme en Afrique du sud, non ?
Bon des étudiants en journalisme n’arrivent pas à rencontrer le chef de la police en débarquant comme des fleurs. Pour le moment, rien de bien étonnant. Ensuite vous posez des questions sans manifestement avoir fait un boulot de recherche avant au préalable. Difficile d’être pris au sérieux par vos interlocuteurs, mais ce n’est peut être pas votre but.
Je ne suis pas journaliste, mais n’est il pas plus constructif de préparer des questions du style :
« D’après les dernières statiques disponibles le Swaziland entre 1996 et 2000 a vu d’après Interpol son taux d’homicides passer des 15 à 94 pour 100,000 habitants, quelle est la situation aujourd’hui 10 ans après ? » Bon ça c’est 2mn de recherche google...
Peut être que je me trompe, mais votre papier me donne l’impression que vous êtes partis faire un peu la fête à Mbabane et que vous avez eu besoin d’un vague rendez-vous, sans recherche ni réel travail pour nous pondre ce papier, essentiellement basé sur vos enregistrement d’interview... D’ailleurs, pourquoi ne pas avoir discuté avec cet éditorialiste du Times of Swaziland, il vous aura sûrement plus appris que cette madame PR de la police...
Je m’interroge réellement sur la valeur ajoutée de ce papier, et je ne vois pas grand chose. je suis déçu de voir ça sur rue89, sur un vague blog perso d’étudiant en journalisme, pourquoi pas, mais sur un vrai media, non, trop léger, pas assez de contexte ni de réel travail documentaire. J’espère que vous ne rangez pas ça sous la rubrique enquête terrain ; tranche de vie à la limite, et encore il aurait été plus intéressant de rencontrer quelqu’un d’autre qu’un employé de la police.




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