Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Faillite du marché, retour de l'Etat et plan pour l'Europe

Jean Matouk
Economiste
Publié le 01/10/2008 à 16h24

Après le rejet du Plan Paulson par la Chambre des représentants américains, nul ne peut dire quand le retournement de confiance se produira permettant d’affirmer que le plus gros de la crise est derrière nous. Mais on peut tirer quelques conclusions d’étape.

Le marché peut être chaotique, surtout en finances !

Le constat c’est la faillite de l’auto-régulation du marché financier. La véritable origine de cette crise, ce sont, en effet, les déréglementations qu’ont pratiquées, au début des années 80, Ronald Reagan et Margaret Thatcher, suivis, en Panurge, par tous les autres dirigeants européens, sous la pression des intégristes du marché.

Ceux-ci, affirmaient, à la suite d’une cohorte de prédécesseurs, réincarnations successives du Candide de Voltaire, que le marché retrouvait toujours tout seul son équilibre, et qu’il fallait le laisser fluctuer et faire confiance aux opérateurs de chaque marché pour s’auto-réguler. Outre la libéralisation quasi-totale de l’imagination financière, furent alors décidés les « big bang » boursiers, c’est-à-dire la possibilité donnée aux banques d’opérer par filiales en bourses, et aux « intermédiaires » d’opérer aussi bien pour propre compte que pour tiers.

Pourtant, les scientifiques avaient déjà démontré que, comme tout système complexe, le marché peut dérailler jusqu’au chaos, même après avoir donné, durant dix ans ou plus, l’illusion de retours automatiques à l’équilibre.

Gonflement hypertrophique de la sphère financière

Dés lors, banquiers et boursiers s’en sont donné à cœur joie dans l’imagination d’instruments de plus en plus complexes et risqués, la City et New York menant la sarabande. Ils les ont poussés à l’extrême du risque, afin de dégager le maximum de profit, selon le principe de base de la finance : le rendement augmente avec le risque.

Exemples : les ventes à terme à découvert. On vend un bien ou un titre « à terme », c’est-à-dire à une échéance donnée, sans en disposer, espérant que son prix va baisser et qu’on pourra, à l’échéance, le racheter moins cher pour le livrer. Si plusieurs opérateurs font ce même pari sur un titre, ils provoquent d’ailleurs la baisse qu’ils attendent… Mécanisme d’autoréalisation !

Comble de sophistication : on achète simultanément des certificats d’assurance contre la baisse du bien. Dès lors, plus son prix baisse, plus la valeur de ces certificats monte. On est gagnant des deux côtés. Les fameux « hedge funds » , qui promettaient aux apporteurs de capitaux des rendements mirifiques, étaient particulièrement gourmands de ces ventes à terme. Autre exemple : la titrisation, dont l’usage massif dans le refinancement des « subprimes » a été déjà largement décrit.

On peut mesurer la sphère réelle des échanges de biens et services par le PIB mondial de 50 000 milliards de dollars. On estime la sphère financière à… 2 500 000 milliards. Elle a grossi de manière hypertrophique. Elle devait exploser un jour ou l’autre. C’est fait ! La dérive vers le chaos est largement amorcée. Une restructuration en catastrophe du système bancaire est en cours. Les petits moineaux de la bourse y laisseront toutes leurs plumes ; les plus gros peuvent, au contraire, y faire les meilleures affaires. La masse des citoyens ne peut que regarder passer la tornade ; leurs dépôts en banque ou assurances-vie y échapperont sans doute, mais peur être pas, ensuite, leurs emplois.

L’Etat sauveur mais surtout re-régulateur !

La première conclusion a tirer de tout ce maelström, c’est l’obligation du retour de l’Etat. Il est déjà engagé sous forme de l’apport de capitaux, c’est-à-dire de l’appel aux contribuables. La Grande-Bretagne avait donné le « top », avec la nationalisation de Northern Bank, puis les Etats-Unis avec la nationalisation de Fannie Mae et Freddie Mae, et le rachat des actifs dits toxiques de Bear Stearns, ou la nationalisation de l’assureur AIG.

Les Allemands viennent de suivre avec l’injection de 35 milliards d’euros dans la banque immobilière Hypo Real Estate, puis les gouvernements du Benelux avec la prise de 49% de Fortis, sans oublier le sauvetage de la franco-belge Dexia.

Mais ce genre d’intervention n’est pas vraiment bien accueillie par le public, ce qui explique le rejet la nuit dernière par le Congrès américain du plan Bush de sept cents milliards. Les contribuables ont l’impression de payer les pertes alors que des milliers d’actionnaires se sont goinfrés pendant des années, et avec eux, les dirigeants des banques, à travers bonus et parachutes dorés.

L’opération n’est légitime que si il y a véritable nationalisation à un prix d’action très bas, voire nul. Elle est discutable, si elle se limite à un rachat d’actifs pourris par l’Etat, en laissant les bons actifs au marché, c’est-à-dire aux petits malins qui disposent de liquidités.

Retour du long terme et, pourquoi pas, un plan pour la zone euro

Mais le retour de l’Etat doit surtout se manifester par une re-réglementation des activités financières. L’interdiction temporaire des ventes à terme à découvert, qu’ont décidée les autorités boursières américaine (SEC) et anglaise (FSA) va dans le bon sens, et il faudra ensuite ne les autoriser qu’avec des normes strictes sur l’ampleur et la durée des positions.

Sans doute faut-il contraindre les établissements de crédit à nourrir eux-mêmes une part substantielle des prêts qu’ils accordent et limiter strictement la titrisation. Sans doute faut-il aussi laisser moins de l’attitude aux banques pour évaluer les risques de leurs actifs ou de leurs « hors-bilan » dans le calcul de leurs ratios. Cesser, pour tout dire, de prêter une oreille complaisante à la mouvance, toute aussi récurrente que les crises, des libéraux dogmatiques qui reviendront à la charge, mandatés par ceux qui en tirent profit, pour une nouvelle vague de libéralisation extrême.

Le plus important, pour l’avenir, c’est cependant le retour du long terme dans les calculs des décideurs. La substitution de la bourse à la banque, ce qu’on a appelé la « désintermédiation » dans les années 90, a fortement raccourci l’horizon économique. Les gestionnaires de Sicav et de fonds divers, contraints d’être constamment prêts à rembourser les apports, ont pratiqué une gestion très courte, qui, elle-même s’est imposée à toutes les entreprises cotées. Gestion courte donc très exigeante en rentabilité immédiate qui, à son tour, s’est imposée aux sous-traitants non cotés. On ne supporte pas le moindre recul de la prévision de bénéfices. La Bourse les sanctionne immédiatement. Les « managers » ont un impératif : la « valeur » - traduisez la plus value- récurrente « pour l’actionnaire ».

Un mot sulfureux à redécouvrir : le plan

Les capitaux bondissent donc d’un secteur à une autre, d’un continent à un autre, à la seule recherche de plus values rapides. C’est aussi une des « expressions » du gonflement de la sphère financière. Or, pour tous les pays développés, l’heure est, au contraire, à des investissements en recherche et développement, ou même des investissements de transport, ou énergétiques, qui ne peuvent « rendre » vraiment de l’argent qu’à long terme (dix, quinze ans).

L’heure est au retour du dividende à la place de la plus value immédiate. Nous sommes dans une sorte de nouvelle reconstruction. Ce à quoi doivent réfléchir nos dirigeants, c’est donc à la manière de sortir du « court-termisme » financier, et aussi des voies et moyens de maintenir la compétitivité de nos pays développés, sans trop perdre de notre niveau de vie, dans la concurrence mondiale. Or, une telle réflexion ne peut plus être menée au seul niveau de la France. Elle doit au moins se faire, en continu, au niveau européen, et, pour être plus réaliste, car les incorrigibles anglais n’y participeront jamais, au niveau de la zone euro. Une telle réflexion portait autrefois en France, un nom devenu sulfureux : le plan.

Ne nous y trompons pas. Des pays très libéraux, comme le Japon, pratiquent cette collaboration public-privé pour le long terme. Sur certains points, les américains aussi. Pourquoi pas l’Europe ?

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  • Thierry Ribault
    Thierry Ribault
    Economiste au CNRS
    • Posté à 17h29 le 01/10/2008
    • Internaute 34999
      Economiste au CNRS

    Les économistes à la corbeille

    Les économistes récitent leurs bréviaires et continuent de ne pas voir l’évidence : ils n’ont plus rien à dire lorsque l’écroulement survient et sont les derniers à croire … en eux-mêmes.
    Certains invoquent le bien fondé d’un sain(t) retour au Welfare State en rappelant que dans les Etats-Unis d’après 1929, décision fut prise de relever les taux de prélèvement d’impôt sur les grosses fortunes (T. Piketty).
    D’autres s’obstinent. La prospérité continue d’être au coin de la rue, il suffit d’avoir une bonne paire de lunettes, et de réciter chaque soir trois ou quatre fois le pater noster de l’autocréationnisme du marché : « Le capitalisme financier n’est pas une création arbitraire, comme pouvait l’être un système de type soviétique. C’est l’expression d’innombrables processus spontanés créés pour répondre aux besoins des êtres humains » (P. Salin). Bref, Darwin appliqué aux organisations humaines, un programme dont on croyait avoir déjà vu dans le passé où il pouvait mener.
    D’autres encore prennent le parti de la poésie : « Tout le travail des prochaines années consistera à élaborer des règles qui remettront le dentifrice du capitalisme financier dans son tube » (sic) (D. Cohen). Sans se demander toutefois si le tube en question n’est pas un peu percé. Enfin au moins cela va donner de l’activité aux réglementeurs en tout genre qui vont devoir travailler à en perdre haleine.

    Le fin du fin c’est qu’un « nobélisable » français, nommé « chief economist » par le président du FMI, lui-même économiste non moins talentueux plébiscité par les électeurs français de gauche, s’est vu attribuer pour feuille de route « d’expliquer les mécanismes ayant abouti à la crise des subprimes aux Etats-Unis ». On ne doute pas que la science du désordre fera des progrès remarquables, même si en attendant il y a donc urgence d’attendre. Keynes, encore un économiste, disait qu’à long terme nous serions tous morts. Et le pire c’est que çà lui est arrivé. Il est à craindre qu’à l’allure où çà va nous ne mourrions même bien avant le court terme.

    Ce n’est pas le capitalisme qu’il faut mettre à la corbeille ce sont les économistes et leurs gris-gris. Mais surtout, ne pas oublier de « vider la corbeille », afin de libérer de l’espace mémoire et de ne pas les retrouver le lendemain matin sur votre bureau au moment du redémarrage.

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 18h19 le 01/10/2008
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Une analyse que je partage...

    Ils ont bonne mine maintenant, nos « socialistes », après leurs récentes odes au libéralisme....

    Pour ce qui est de l’UMP, ne vous y trompez-pas, l’aide de l’état ne se conçoit que pour les riches.

    • pablico
      pablico répond à Tophee
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 19h55 le 01/10/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      oui , ils vont faire du socialisme pour les riches, et continuer le libéralisme pour les ’pauvres’.

      le monde à l’envers..

      paradoxal non ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 18h43 le 01/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Le probleme , c’est qu’ il faudrait appliquer une vraie politique de gauche , mais les dirigeants liberaux de droite d’ aujourd’hui ne savent meme pas a quoi ca ressemble et les socialistes ont oublié ce que c’etait . Le secret en est perdu . Il a été enterré et personne ne sait plus à quel endroit .

    Et comme faisait remarquer un commentateur dans un autre sujet « Rue89 est -il gauchiste ? “, des concepts Fordistes , Rooseveltiens, les economies mixtes, les secteurs nationalisés , les plans quinquennaux , le Gaullisme , l’ indexation des salaires sur les prix , des indemnités de chomage correctes, les 35 h , les contrats de travail , voire meme le capitalisme Rhenan , on dirait des conceptions ultra gauchistes et utopistes, en 2008 , tellement les ultra-liberaux ont tout foutu en l’ air , dans le monde entier et y compris dans les esprits , depuis 25 ans !

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h43 le 01/10/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Ouais... On ne m’ôtera pas si facilement de l’esprit l’idée que tout écart entre la croissance financière et l’expansion de l’économie réelle (celle des biens et services créés par et mis à la disposition des véritables acteurs économiques) représente une « valeur » entièrement fictive. En fait, c’est au sens propre une excroissance pathologique consubstantielle au système capitaliste ; plus on retarde son excision, plus l’opération est lourde et plus ses conséquences sont graves pour le commun des mortels.

    Le problème a même une dimension politique : à force de grossir indument, cette « valeur » en est arrivée à discréditer la notion même de croissance et, en corollaire, à promouvoir la croyance dans les vertus de la décroissance. On atteint même le comble suivant : au moment où il faudrait rediriger toutes les forces de l’économie pour faire face aux énormes enjeux environnementaux qu’il faut bien affronter, s’est renforcée la conviction de certains (de plus en plus nombreux dans nos contrées) que le mal est imputable au phénomène économique de base !

    Cette variante du malthusianisme n’affecte guère ceux qui nous gouvernent (à de rares exceptions près), mais que de mal elle fait parmi beaucoup de gouvernés !

    Les libéraux ont beaucoup raillé l’utopie marxiste fondée sur la « conscience » que pourraient avoir les forces productives du bien de l’humanité. Mais que dire de l’utopie libérale basée sur l’inconscience des forces improductives (=parasitaires) ? C’est du culte de cette dernière utopie, moralement hyperscandaleux au demeurant, que nous pâtissons aujourd’hui.

  • Thomas GREDAT
    • Posté à 18h47 le 01/10/2008
    • Internaute 23794

    Pas mal, le Shadock en guise d’illustration. La devise des Shadocks colle bien au sujet : « Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller, et le plus vite possible ! »

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 20h25 le 01/10/2008
    • Internaute 24237
      prof. en province

    « Sans doute faut-il aussi laisser moins de l’attitude aux banques..... »

    Je suis parfaitement d’accord avec ce que JM a voulu exprimer, mais « ....laisser moins de latitude.. » irait mieux !

    Cela dit, cette analyse est néanmoins excellente !

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 20h32 le 01/10/2008
    • Internaute 45440
      Consultant
  • zorbeck
    • Posté à 22h25 le 01/10/2008
    • Internaute 9110

    Je ne suis pas convaincu par cet article.

    Ce n’est pas parce qu’une bulle financière éclate à un moment donné que tout s’écroule ni que l’étatisme à outrance présente une solution à long terme, l’échec de toutes les économies planifiées au XXeme siècle sont là pour nous le rappeler. S’il est clair que l’abandon de la distinction stricte entre banques d’affaires et banques d’épargne, établie par Roosevelt pour contrer la crise de 1929, et démembrée par Bush, est une erreur magistrale et la cause tangible de la crise actuelle, je ne vois pas en quoi une économie étatique et planifiée ne serait pas un remède pire que le mal, il serait peut-être temps de prendre un peu de distance et de s’en rendre compte. Une bulle financière qui éclate est une chose, l’écho qu’on lui donne une autre, mais surtout l’économie de marché ne s’y résume pas même si elle peut y conduire quand certaines protections sont volontairement enlevées (dans l’intérêt exclusif d’un très petit nombre d’investisseurs). Je crois savoir par exemple que les Chinois et les Indiens ne se portent pas plus mal d’avoir intégré une économie de marché, le niveau de vie à peu près partout dans les économies libérales a augmenté plus qu’ailleurs. J’ajouterai qu’une économie de marché ne peut fonctionner valablement que si un état de droit est là pour en fixer les limites et les garde-fous, en gros ça s’appelle la social-démocratie et c’est ce que l’humanité a connu de mieux comme régime jusqu’à présent. Ce n’est pas une économie autarcique sous un dédale de législations plus contraignantes les unes que les autres à l’abri de nos frontières (abri de quoi au juste ?) qui rendra les gens globalement plus heureux ni surtout moins pauvres.

    J’en profite pour signaler que sans l’Euro, les conséquences en Europe auraient été nettement plus graves, par l’inévitable spéculation monétaire et l’affaiblissement de nos économies (pour ceux qui ne le sauraient pas, la valeur d’une monnaie se fixe sur les marchés des changes, et quand une banque centrale intervient, c’est forcément aux frais de l’état, qu’il soit communiste ou libéral). Si nous ne subissons pas ici de faillites comparables à celles des US, c’est grâce à l’Europe, n’en déplaise à certains passéistes…

    • Gotch
      Gotch répond à zorbeck
      • Posté à 16h23 le 03/10/2008
      • Internaute 15306

      Pour l’Euro, le grand dommage a été l’adoption du traité de Maastricht, en raison de l’article 14 qui contraint les Etats à recourir à l’argent des banques privées même pour des dépenses d’investissement : puisque les banques centrales n’ont plus le droit de prêter, ce sont des sommes considérables qui ont plombé les budgets des Etats, sous forme d’intérêts reversés aux banques privées.

      La situation est très favorable pour les spéculateurs, bien sûr, aux dépens des simples citoyens contraints de régler cette ardoise avec leurs impôts : l’emploi de ces fonds serait bien plus judicieux ailleurs, et un Etat comme la France aurait une marge de manoeuvre bien plus importante. Le bouclier fiscal a bien entendu beaucoup aggravé cet état de fait, mais il ne semble pas qu’au plus haut niveau on accepte de revenir en arrière sur ce point.

  • helios33
    • Posté à 23h01 le 01/10/2008
    • Internaute 33580

    Cet article est particulièrement ridicule du fait que la crise actuelle est due en grande partie à des phénomènes de nature étatique. La FED est la principale responsable avec ses taux ridiculement bas ayant permis la constitution de bulles, et qu’y a-t’il de plus étatique que la fixation autoritaire de taux d’intérèts par une banque centrale.
    La bulle immobilière américaine (et aussi la française) doit aussi énormément à des interventions de l’état, qu’on songe aux organismes semi-étatiques comme Freddy Mac ou Fannie Mae aux USA.

    • Pierre973
      Pierre973 répond à helios33
      désanusseur de porcs
      • Posté à 04h41 le 02/10/2008
      • Internaute 21836
        désanusseur de porcs

      ...certes, mais il s’agit d’Etats qui mènent, via leurs banques centrales, une politique économique purement libérale, sur le thème du marché qui s’équilibre par lui-même. Ou qui « s’auto-régule »... jusqu’au bord du gouffre, on continue dans la même voie. Puis on rame à l’envers pour eviter de sombrer et on fait alors appel au contribuable pour renflouer les caisses ! ! !
      Si les politiques économiques des Etats étaient centrées sur autre chose que le profit à court terme de quelques bienheureux (souvent mal placés et bien mal inspirés ...), si quelques règles simples et de bon sens venaient inspirer les marchés, la confiance dans les valeurs et les acteurs économiques reviendrait ... Mais on en est encore loin.
      En tout cas les gesticulations de Bush et consors (Sarko en tête de liste) sont bien pathétiques aujourd’hui, quand on les voit tenter d’imposer des idées qui sont à 180 ° de leurs funestes plans initiaux !
      Vous parliez de « ridicule », mais heureusement pour eux qu’il ne tue pas, car l’hécatombe les aurait emportés en même temps que les milliards de Dollars qu’ils s’apprêtent à soutirer à leurs contribuables, pour sauver le système débile qu’ils ont engendré. En attendant, leur honneur, en tout cas, n’est pas sauf ...

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 09h01 le 02/10/2008
        • Internaute 33755

        Salut, cher compagnon d’arme !

        Hé oui, le profit à court terme ! Pas besoin d’être marxiste-léniniste-gôchiss pour constater son extrême suffisance et sa nature dévastatrice pour l’homme. Surtout lorsqu’il est conté par des évangélistes et autre intégristes.

        Engels disait « l’amour du prochain, c’est comme une vieille guitare » ; alors prenons en compte seulement l’attention au prochain, et nous raccorderons notre économie sur une musique plus humaine, plus spirituelle.

      • helios33
        helios33 répond à Pierre973
        • Posté à 09h37 le 02/10/2008
        • Internaute 33580

        En tous cas les critiques les plus radicales et les plus convaincantes que j’ai lues sur le système actuel viennent des libertariens américains, qui ont d’ailleurs prévu ce qui allait arriver. Ce qu’on considère ici comme la « gauche », c’est-à-dire le parti démocrate, soutient massivement le replatrage du système, après avoir contribué à sa construction, notamment en encourageant l’accès à la propriété de ceux qui n’en avaient pas les moyens. Les seuls vrais opposants eh bien c’est l’aile libertarienne du parti républicain.

  • lancienz
    lancienz
    libre penseur
    • Posté à 08h40 le 02/10/2008
    • Internaute 53994
      libre penseur

    2000 milliards, 700 milliards, 300 milliards le re-réinterventionnisme étatique, cher à Keynes, entre autre lorsque que le Marché se « dérégule », devient le crédo de sauvetage de l’économie planétaire.
    Quelle billevesée, il s’agit simplement de limiter les pertes d’escrocs pris au piège de leur incroyable voracité.
    Une fois le systeme finançier consolidé quelles seront les marges de manoeuvre d’Etats exangues pour faire face à la cruelle crise économique à venir, qui durera de trés longs mois.
    A part envoyer les forces de l’ordre maintenir la securité publique le long des queues de la soupe populaire, il ne restera à l’Etat que quelques incantations chamaniques.
    L’idéologie prime sur l’humaniste, la protection de castes prime sur la survivance des populations, la « bunkerisation » des intérêts particuliers pourrait créer de sanglantes émeutes qui pourraient conduire à des répréssions mortelles.
    En économie, science et étude qui dirige vers une adaptation des mécanismes sociétaux d’harmonisation et d’équilibre entre les acteurs socio-économiques, la sectarisation des bénéficiaires de l’action économique ne peut que conduire à un déséquilibre mortifère, ceci étant valable pour toutes les idéologies politico-économiques. A ceci près que la faiblesse liée à ces pratiques, sont-elles, qu’elles ouvrent la porte à des préceptes totalitaires, ! Quelle meilleure pratique pour rassurer une sociétè anxiogéne, dont les peurs se transforment en rage voire en violence, que de lui promettre un rétablissement par une politique ultra sécuritaire par la désignation de « coupables » servant d’éxutoires.
    A suivre

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 08h50 le 02/10/2008
    • Internaute 33755

    Le système s’effondre car son objectif est misanthropique : si la recherche de profit est une fin en soi, la spiritualité est écrasée. De ce système il n’y a plus d’idée à trouver, que du profit.

    Et c’est un libéral qui vous dit ça. Non, le marché n’est pas responsable : son utilisation par l’homme est erronée. Si vous n’incluez pas la philanthropie dans les objectifs d’une entreprise, il n’y aura que des conflits.

    Monter une entreprise avec pour seul but de rechercher un profit qui sera mis à la disposition d’une minorité est une absurdité. Tout autant que de dire aujourd’hui « il n’y qu’à réguler ». Non, il faut changer le système en redéfinissant les objectifs de l’entrepreneuriat.

    Une seule solution, et je vous invite à vous penchez très sérieusement dessus, le social business. Notre salut vient des pays du tiers monde, et c’est tant mieux !

    @ la Rue : je vous prie d’informer vos lecteurs sur la doctrine de Muhammad Yunus, élevé par le père de la décroissance, et homme extra lucide quant à la nature humaine.

  • Jean Matouk
    Jean Matouk
    Economiste
    • Posté à 09h39 le 02/10/2008
    • Internaute 1101
      Economiste

    A Zorbeck

    Ou avez vous lu que je proposqis le retour a l ’ econimie etatique ? Je suis un partian faroche de l’ economie de marche, mais j ne suis pas de ces integristes qui croient que tout doit etre en marche et qu il se reequuilibre toujours tout seul. Et je pense qu le long term doit revenir dans les reflexions de tous, eventuellement avec une concertation plus etroite entre Etat et secteur prive.
    Cordialement

  • lancienz
    lancienz
    libre penseur
    • Posté à 11h04 le 02/10/2008
    • Internaute 53994
      libre penseur

    suite
    L’économie de marché, certes, fondamentalement dès qu’il y a échange, il peut y avoir marché.(il serait bon de revenir sur la valeur économique de ces deux données)
    Mais quid du marché ?
    Le marché existe naturellement lorsque l’offre est confrontée à la demande.
    Sans offre pas de marché, sans demande pas de marché !
    Deux domaines sont à étudier :
    Quelle offre ?
    Quelles sont les conditions d’expression de l’offre ?
    Là se déterminent les théories économiques !
    Pour certains le gain profitable prime.
    Pour d’autres le gain sociétal prime.
    Pour les libéraux tout ou presque est permis pour s’assurer un gain profitable.
    Les dérives sont nombreuses et particulièrement les atteintes humaines, environnentales mais restent acceptables tant que la majorité des populations trouvent un « plus produit » suffisant et supérieur aux contraintes vécues.
    Exemple :
    Tel industriel de la pétrochimie crée et produit une gamme large de pesticides, désherbants ou autres semences transgéniques.
    Cette activité génére un profit financier considérable mais aussi un pouvoir qui pourrait devenir hégémonique donc monopolistique donc encore plus profitable.(économiquement, finançierement et politiquement)
    Bénéficiaires directs les actionnaires et les employés de cet industriel et les emplois induits (indirects), l’état par la perception d’impots et taxes, les retraités dont le fonds de pension a investi dans cette entreprise.
    Les victimes d’ores et déjà sont les employés dont les conditions de vie sont altérées par leur environnement et conditions de travail et de vie ( entre autre pollution).
    Les utilisateurs de ces produits-rapport coût/productivité- et perte d’autonomie et de choix.
    Les consommateurs par la consommation de produits néfastes à leur santé.
    L’Etat par une action de santé publique plus importante.( obligation politique- éléction)
    Tant que le rapport gain/contraintes est positif ou ressenti comme tel il y a une acceptation du risque, lors que ce rapport s’inverse il y a désaffection voire mobilisation contre.
    Et que dit le marché ?
    Le marché aime cette entreprise, je dis bien cette entreprise pas ses produits.
    Pourquoi ? parce qu’elle est profitable dividendes confortables, renouvellement de gamme ou cosmétisation des gamme de produits, puissance politique de l’entreprise tout se conjugue pour aider à penser que cette entreprise est pérenne et trés profitable.
    A suivre

  • lancienz
    lancienz
    libre penseur
    • Posté à 12h14 le 02/10/2008
    • Internaute 53994
      libre penseur

    D’aucuns, libéraux prosélytes soft ou échevelés,feront valoir que le marché est :
    Liberté
    Créateur de richesses
    Progressiste.
    Liberté :
    Chacun est libre dans la confrontation de l’offre et la demande !
    Cependant, chacun a une liberté limitée à sa propre possibilité finançière.
    Tout un chacun peut désirer s’offrir tel ou tel produit sans avoir les moyens financiers de le faire.
    Les libéraux vous diront que la frustration est un levier important pour se donner les moyens d’accéder à la possibilité de s’offrir les biens désirés. Notre président est de ceux-là.(travailler plus pour gagner plus)
    Ce précepte est un tonneau des Danaïdes.
    Il n’est vanté que pour alimenter un (soi-disant) moteur ( nous pouvons nous interroger sur le fait que ce moteur soit devenu primordial) de la croissance : la consommation
    Quelle liberté !
    De se soumettre au diktat ou bien de se marginaliser ! (précarisation)
    Bien entendu, créateur de richesses.
    Certes, de quelle richesse ?
    Essentiellement finançière, profit, capitalisation boursiére !
    Quid de la répartition de la richesse ?
    Les profits vont directement dans la poche des actionnaires, peu nombreux en regard des populations et bien évidemment plus de profits aux gros actionnaires qu’aux petits porteurs.(voir lutte des petits porteurs pour leur reconnaissance)et en affectation aux fonds propres de l’entreprise.(gouvernance de l’entreprise)
    La capitalisation boursière profite aux porteurs de titres.
    Mais cette richesse est extremement volatile et aléatoire, ceci étant du,entre autre, à sa virtualité.(spéculation).
    Nous en vivons un exemple depuis plusieurs années ou la ruine de porteurs de titres se généralise, affectant ainsi tout les acteurs économiques.
    Le CAC est passé de 7000 points au plus haut à 3500 en quelques mois.Des pertes considérables rapides et inéluctables, mais aussi une quasi-impossibilite de re-capitalisation par levée de fonds pour les entreprises cotées.L’épargne prend d’autres chemins, plus sûrs.
    Nous pourrions penser que d’autres richesses sont crées, connaissances, techniques innovantes etc.
    A ceci prés que ces domaines n’appartiennent pas à la richesse mais à la VALEUR, SACHANT QUE LA VALEUR EST UN DES FONDAMENTAUX DE LA CREATION DE RICHESSES.
    Progressiste :
    La création de richesses ne serait etre considée comme progressiste.
    SEULE LA CREATION DE VALEUR EST CONSIDEREE COMME PROGRESSISTE.
    Un commerçant achetant une orange 1 euro pour la revendre 2 euros crée de la richesse mais pas de VALEUR et son activité ne PEUT pas etre considérée comme progressiste.
    a suivre

  • Humain
    • Posté à 15h48 le 02/10/2008
    • Internaute 21387

    Pourquoi vendre nos industries, pour ensuite les financer avec le fonds du logment social ?

    L’argent...Mais ces 700 miliards ne sont pas de l’argent ! !

    Les milliards de Natexis et autre Fortis... de même.

    Quand à prendre l’argent du livret A pour re-financer les industries.... ! !

    Même les Américains nomment leur plan financier « Bailout ».... Et non pas « injection de milliards » comme nous le faisons en France.

    Les FRançais ne sont pas si stupides... La preuve ils ont limité (un peu) la casse en votant non. Et c’est tant mieux,

    Malgrè Strauss Khan « grand ouitiste » avec Ségolène et autres qui se rongaient les ongles....Par peur de Bruxelles.

    Maintenant nous en sommes au retour de l’Etat pour réparer les incuries....

    En France nous faisons maintenant du Socialisme pour les nantis, et du libéralisme pour les pauvres...

    C’est un peu le monde à l’envers !
    (Voir le post de pablico ci dessus)

  • mass0
    mass0
    athée et citoyen du monde
    • Posté à 00h34 le 03/10/2008
    • Internaute 21240
      athée et citoyen du monde

    L’argent de la caisse des depots pour Dexia et autres voleurs, qui a dit inique ?

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