Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Darcos se trompait de cible dans sa réforme de l'Education

Jean Matouk
Economiste
Publié le 23/12/2008 à 12h24

L'entreprise de demain a besoin de scientifiques et d'ingénieurs. Mettons le paquet sur ces filières, enseignons l'économie dans toutes les classes générales, et surtout, revoyons à la hausse les crédits alloués à l'Eduction nationale, avant d'en envisager la réforme, comme l'a fait Xavier Darcos, qui se trompait d'objectif.

L'échec de Xavier Darcos à engager la réforme des lycées, et qui tient beaucoup à sa maladresse, n'est pas très grave car malgré quelques bonnes dispositions, cette réforme ne visait pas l'essentiel.

Car le but de l'enseignement, s'il est de donner des bases culturelles et de former des citoyens, est aussi, en partage avec la formation continue, de préparer les générations successives aux métiers nécessaires à l'avenir de l'économie.

Notre économie, malade depuis longtemps, comme en témoigne notre déficit commercial 2008 (au moins 56 milliards d'euros, contre un excédent allemand de l'ordre de 175 milliards) ), souffre d'une insuffisance durable d'investissements techniques et scientifiques et de recherche-développement privée.

Pour préparer l'avenir, valoriser les filières scientifiques

Or l'enseignement secondaire est le lieu où se prépare, où germe, l'assise humaine des futurs progrès technologiques, des futures performances en recherche-développement. Il faut donc avoir le courage de dire la vérité aux jeunes collégiens et lycéens. Ce dont a besoin la France aujourd'hui, c'est beaucoup moins de psychologues, sociologues, juristes et économistes, historiens, et financiers que de techniciens, d'ingénieurs qui ne s'orientent pas, dès la sortie de leur école vers les mathématiques financières, et de chercheurs en mathématiques et dans toutes les sciences de la matière et de la nature.

Là est le cœur de cible de toute réforme sérieuse de l'enseignement secondaire. Il est essentiel à notre avenir économique que la section S, les classes des lycées techniques et les IUT, les facs de sciences se remplissent, au moins temporairement, au détriment des autres filières.

L'Education nationale
en chiffres


L'Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l'Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l'OCDE est 5343.

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l'Allemagne, au quatrième rang européen, n'étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l'OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800 ; l'écart est surtout important dans le secondaire.

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1). Elle est à la moyenne dans le premier cycle du secondaire (13,8), et mieux lotie dans les lycées (moins de 10 contre 13) ; ce dernier chiffre tient compte des classes techniques à moindres effectifs.

Après quinze ans d'exercice, un professeur des écoles gagne 22 154 euros, un professeur de collèges 23 950 et un professeur de lycée 24 236. Tous ces chiffres sont inférieurs à la moyenne OCDE et très en deçà des salaires allemands, britanniques, japonais et américains (28 600 et plus).

Plus en amont, une indispensable réforme de la pédagogie des mathématiques et des sciences est indispensable. Comment peut-on comprendre que, dans un monde de plus en plus technologique, ou l'informatique et l'électronique truffent notre quotidien, un pourcentage d'élèves bien plus élevé qu'autrefois, sortent de l'enseignement secondaire sans connaissances scientifiques et se dirigent tout naturellement vers les faculté de lettres, droit, ou sciences humaines qui accueillent 800 000 étudiant sur 1 600 000.

Dans ce cadre, d'ailleurs, pouvait prendre place la généralisation à toutes les sections de l'enseignement de l'économie. 80% des lycéens actuels iront en entreprise ; il est donc essentiel qu'ils en connaissent le fonctionnement des entreprises. Quant à la macro-économie elle est essentielle à la formation de tous les citoyens. Supprimer la filière ES pour élargir cet enseignement à toutes les autres était donc légitime et les enseignants de sciences économiques et sociales auraient tout à y gagner.

Le primaire, parent pauvre

Mais parviendra-t-on à convaincre les enseignant, et les lycéens de la nécessité d'une telle réforme ? Pourquoi les enseignants sont-il toujours si rétifs ? La situation de notre système éducatif est-il si mauvaise par rapport aux autres ?

Les derniers « Regards sur l'Education » de l'OCDE (2007), seule source de comparaison internationale, montrent que du point de vue des moyens, notre Education nationale, sans être budgétairement la plus choyée, est au-dessus de la moyenne OCDE, tant pour la dépense par élève que pour son rapport au PIB, et plus encore au PIB par habitant. Mais les pays économiquement les plus efficients font mieux.

Là où l'effort français est bien moindre, c'est dans le primaire. Dans l'ensemble, les temps d'enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c'est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l'étranger, les collèges étant à la moyenne et les lycées français mieux lotis que leurs homologues.

Par contre, nos enseignants sont sensiblement moins bien payés que ceux des autres pays. Sue ce point, il faut, en partie, incriminer les syndicats d'enseignants qui, pendant des décennies, ont négligé les rémunérations et ont fait instaurer des péréquations absurdes des notations, qui interdisent aux meilleurs enseignants de bénéficier de leurs efforts, générant une frustration contagieuse.

En s'attaquant aux effectifs de l'enseignement primaire, à travers la réintégration des RAZED, ces enseignants spécialisés dans les cas psychologiquement difficiles, Xavier Darcos a donc miné lui-même le terrain pour sa réforme. Il a aggravé la situation, en claironnant des suppressions de poste sans préciser où ni pourquoi.

Un effort budgétaire indispensable, avant de réformer

A ce stade, compte tenu des données statistiques comparatives de notre système éducatif, cette indispensable réforme de l'éducation secondaire doit être précédée de l'annonce d'un effort budgétaire supplémentaire, ciblé sur le primaire, pour le porter à 4,5% du PIB global. Un tel effort devrait prendre place dans l'inévitable seconde phase du plan de relance et devrait être assis sur l'annulation des mesures fiscales de juillet 2007.

Puis une négociation devrait être engagée avec les syndicats d'enseignants, ciblant prioritairement le renforcement des enseignements scientifiques, et réduisant le nombre d'élèves par classe dans les zones sensibles (qui le restent même si le nom a été supprimé), augmentant les primes des enseignants qui y professent, mais revenant aussi sur les péréquations de notes afin de récompenser les meilleurs.

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 13h43 le 23/12/2008
    • Internaute
      actif et militant ?

    Ne commettons pas la même erreur !
    Parés au lancer de couches (usagées ! ) ?

    Lien

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 13h53 le 23/12/2008
    • Journaliste
      journaliste, auteur

    Encore une vision purement utilitariste de l'école au service de l'économie. Il ne vient pas à l'idée de l'auteur que ce n'est pas seulement les besoins de la société telle qu'elle est qui sont à prendre en compte, mais le besoin à venir d'une autre société. Dans laquelle les sciences et techniques auront toutes leur place, mais pas toute la place, au détriment de la littérature, des sciences humaines, de la philo, de l'histoire, de l'art.. ;
    NB. et si on ne raisonne qu'en termes économiques les industries culturelles sont le premier poste d'exportation du Royaume uni !

    • Hugues Serraf
      • Posté à 14h26 le 23/12/2008

      La vision « utilitariste » de l'école n'est pas forcément au seul service de l'économie. Elle est aussi au service des élèves qui trouvent à s'insérer sur le marché du travail. Ce n'est pas un point de vue idéologique mais un point de vue pratique : que faites-vous de tous ces gens dont les compétences de haut niveau en sciences humaines ne correspondent à aucun débouché ?

      • guerzit-
        guerzit- answers to Hugues Serraf
        • Posté à 15h06 le 23/12/2008

        Le « point de vue pratique », c'est bien pratique n'est ce pas pour éviter de réflechir, et pour maintenir les choses en l'état... Il suffit d'un sens de l'observation correct et d'une absence totale d'imagination, et bien sur d'une capacité à s'oublier totalement pour le bien commun, n'est ce pas ?

        La dictature de la « situation actuelle » est la pire de flemmes intellectuelles et idéologique. Ce devient pitoyable quand cela provient d'un vaticinateur autoproclamé qui se croit grand clerc...

      • guyome
        guyome answers to Hugues Serraf
        • Posté à 15h41 le 23/12/2008
        • Internaute

        Le pire avec cette idée c'est que ça ne marche pas. On a connu ses filières à la mode, dans les années 90, on a formé en veux-tu en voilà des ingénieurs informatique : 2001 fin de la bulle internet et merde... En 2000, c'était le tour des maths-financière. 2008, crise financière et merde... Cette idée d'école pour l'économie n'as pas de sens car personne ne sais prédire l'avenir de notre économie.

        D'autre part, je vous trouve bien léger avec tout la partie pédagogique, le fond finalement, des réformes Darcos. Les vrais questions sont : la suppressions des filières permettra-t-il une meilleur formation des élèves ? La semestrilisation ( ? ) aussi ? Mais, comme il n'y a pas eu d'expérimentation, personne ne sait (on en déduit donc que ce n'était donc pas le sujet principal de la réforme). D'ailleurs, on se demandera pourquoi le lycée devrai imité l'université alors qu'il plus de 30% d'échec en première année...

      • jabier
        jabier answers to Hugues Serraf
        consultant dans les Landes
        • Posté à 17h31 le 23/12/2008
        • Internaute
          consultant dans les Landes

        Pourquoi n'as t'on pas encore compris ? L'école n'est pas destinée à fournir des bras, des cerveaux à l'ensemble du monde économique.
        Ou alors il faut décréter qu'une partie des êtres humains est destinée définitivement à enrichir l'autre partie qui aurait assez de fric pour investir en bourse. Que l'école ne serait destinée qu'à produire de la main d'œuvre.
        Ou plus tôt que l'école serait un lieu où notre esprit se développe pour qu'après nous fassions librement le choix d'orienter notre existence (ouvrier ou paysan, chercheur ou poète, etc.)
        Je me demande si ce n'est pas c'est état d'esprit, l'école utilitaire, instillé inconsciemment, qui fait que l'école soit devenu cette machine à produire des illettrés à la rentrée en 6ème.

    • guerzit-
      guerzit- answers to Valdo Lydeker
      • Posté à 15h01 le 23/12/2008

      Très bien dit

    • Jean Matouk
      Jean Matouk answers to Valdo Lydeker
      Economiste
      • Posté à 10h43 le 24/12/2008
      • Internaute
        Economiste

      Réponse , entre autres, à Javier et Lydeker

      A force de dire que l'école ne doit pas, absolument pas, préparer à s'insérer dans le monde du travail - discours anti-utilitariste décennal de certains intellectuels- on obtient 800.000 étudiants sur 1.600.00 dans les filières littéraires et sciences humaines qui deviennent.... caissières de supermarché.... et un chômage structurel persistant. Il ne s'agit aucunement de nier l'utilité des autres enseignements que les maths et les sciences. D'ailleurs, très souvent, les élèves des sections S sont tout ussi bons que les autres en lettres et philo. Il s'agit de permettre à des élèves de s'insérer dans le tissu économique et de gagner leur vie, tout en exercant aussi bien leur rôle de citoyens et de parents.

      Etre vraiment bon en lettre et sciences humaines est très difficile. Peut-être plus difficile que bons en maths et sciences. Mais il semble plus facile, plus aisé, de rédiger une dissertation sur un thème que de résoudre un problème de math. Il semble ! .

      C'est faux. Mais cela fait illusion. Le médiocre se voit moins bien en lettres et sciences humainesDe plus la pédagogie des maths et des sciences est mauvaise, comme nombre d'études que je n'ai pas pu citer le montre. Avec d'autres méthodes, tous les élèves ont le niveau dans ces matières au moins jusqu'en classes prépa.

      J'ajoute que préparer des élèves à être , à la fois, citoyens et salariés, ce n'est pas favoriser le systèmle actuel. On peut très bien, comme citoyen , s'efforcer de le changer, tout en ayant quand même de quoi vivre avec un emploi.

       

      Joyeux Noël

      • Grigri_
        Grigri_ answers to Jean Matouk
        Infréquentable
        • Posté à 22h14 le 24/12/2008
        • Internaute
          Infréquentable

        M Jean MATOUK vous êtes un sensationnaliste pas un économiste manifestement.

        Vôtre article flirte avec la prose avec la qualité littéraire en moins.
        Licence de Maths Phy ! Mais où est passée votre rigueur scientifique ? Vous avancez des chiffres sans les mettre en perspective. La comparaison des salaires des enseignants n'a aucune pertinence si vous n'intégrer pas les bénéfices et revenus secondaires (Secu, retraite, sécurité de l'emploi, revenus secondaires…).
        Vous comparer les dépenses scolaires……….mais comment prenez vous en compte l'efficacité de l'enseignement si l'on peut parler ainsi ?

        « Notre économie, malade depuis longtemps, comme en témoigne notre déficit commercial 2008 (au moins 56 milliards d'euros, contre un excédent allemand de l'ordre de 175 milliards) ) » Pure idéologie !

        Depuis quand le performance économique se mesure t elle seulement à l'excèdent commercial (ou déficit) ? Doit on vous renvoyer à une des définitions du PIB ? Et le FBCF ? et La consommation ? Et les flux monétaires ?

        « Il est essentiel à notre avenir économique que la section S, les classes des lycées techniques et les IUT, les facs de sciences se remplissent, au moins temporairement, au détriment des autres filières. »
        Le mot « essentiel » est très largement exagéré ici. Les effectifs dans le secondaire scientifique et technique est un paramètre minime dans le progrès technique et l'innovation…… c'est la recherche qui est ESSENTIELE.

        Conclusion :
        L'Ecole sert à apprendre aux élèves à réfléchir et s'adapter à un avenir IMPREVISIBLE.
        Eviter d'avoir des gens comme vous aux manettes qui ne souhaitent que de la main d'œuvre qualifié pas chère qui connaît le principe de la compression MP3 mais que ignorent qui était Balzac !

         
        • guyome
          guyome answers to Grigri_
          • Posté à 19h41 le 25/12/2008
          • Internaute

          « L'Ecole sert à apprendre aux élèves à réfléchir et s'adapter à un avenir IMPREVISIBLE »

          Pas mieux.

        1 other comments
  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 14h01 le 23/12/2008
    • Internaute
      prof. en province

    Ce passage de l'article a retenu mon attention :

    « Il est essentiel à notre avenir économique que la section S, les classes des lycées techniques et les IUT, les facs de sciences se remplissent, au moins temporairement, au détriment des autres filières. »

    Un avis de quelqu'un qui se trouve au coeur de l'enseignement scientifique et technique, tout cela n'est pas gagné, au contraire, toutes les « filières » citées dans ce paragraphe se vident depuis de nombreuses années !

    Pourquoi ? Sous couvert de réformes successives pour les rendre « attractives », les programmes ont été « élargis » parallèlement à des diminutions d'horaires déguisées et un éloignement relatif de leur « substance » !
    En fait les réformes avaient un but premier qui était de diminuer le coût de ces enseignements, qui ont pour principal défaut, d'être onéreux. Tout cela étant conjugué à une dévalorisation dans les faits, des professions visées par ces filières malgré une communication soutenue.

    Les « professionnels » risquent maintenant de n'avoir d'autre choix que la délocalisation ou le recrutement hors frontières, si les choix ébauchés dans les réformes reportées ne sont pas revus !

  • Hugues Serraf
    • Posté à 14h22 le 23/12/2008

    Il faudrait tout de même rappeler que la réforme en question, celle qui a mis les lycéens, et bien souvent les collégiens, dans les rues au risque de provoquer un « nouveau Vietnam » selon Lang, concernait la « semestrialisation » de la seconde et la possibilité de choisir plus d'options avec l'idée de mieux préparer les lycéens à la fac (développement de l'autonomie). Elle concernait aussi la généralisation de l'enseignement de l'économie. Franchement, je n'ai pas vu le débat se concentrer sur la réalité de ces propositions : on parlait de la « réforme Darcos » de manière générique et même les articles consacrés aux manifs faisaient généralement l'impasse sur le factuel.Vous n'abordez pas, vous-même, la question de la réforme de la classe de seconde. Qu'en pensez-vous ? En quoi est-elle si terrible ? Un dernier point par ailleurs : l'OCDE indique bien que les salaires des enseignants français sont parmi les moins élevés, mais il faudrait les rapporter au temps de services (hebdomadaires + annuels). 

    • andriouchka
      • Posté à 15h04 le 23/12/2008

      au « temps de service » des enseignants, j'espère que vous rajoutez le temps de préparation des cours et de correction des copies ?

      La réforme Darocs, c'est encore des suppressions de postes, c'est obliger des jeunes de 15 - 16 ans à choisir déjà des options et donc se spécialiser (ce n'est pas un peu jeune ? ). Rendre des jeunes autonomes ? pour Darcos, c'est supprimer des heures de cours et les remplacer par du travail individuel ? C'est donné à tout le monde de pouvoir travailler individuellement ? Tout le monde va aller en fac ? C'est du grand n'importe quoi et laisser un peu plus de jeunes sur le carreau.

      • Hugues Serraf
        • Posté à 15h09 le 23/12/2008

        Les enseignants des autres pays préparent également leurs cours et corrigent aussi leurs copies. Et l'inspiration de Darcos sur la classe de seconde vient directement de Finlande, le pays dont les résultats dans l'enquête PISA de l'OCDE sont les plus probants en termes de réussite des élèves et de niveaux de connaissance. 

         
        • guerzit-
          guerzit- answers to Hugues Serraf
          • Posté à 15h20 le 23/12/2008

          Vous faites exprès ? Vous qui refusiez de parler de la Grèce que vous ne connaissiez pas, du fait de votre honneteté intellectuuelle refusez aussi de comparer la france et la finlande, svp...

          Restez honnete avec vous si vous ne l'êtes avec les autres.

          Et en plus de cela vous continuez à défendre la méthode de notre gouvernement, celle d'uned'imitation pure et simple, sans médiation ni interprétation, de politiques locales ayant pour la majorité d'entre elles montré leurs limites et les conséquences néfastes sur les personnes.

          • Hugues Serraf
            Hugues Serraf answers to guerzit-
            • Posté à 15h30 le 23/12/2008

            Ce n'est pas parce que je considère que la Grèce et la France sont deux pays économiquement, culturellement, politiquement, historiquement totalement différents que je ne peux pas regarder une enquête internationale sur les structures scolaires de pays de l'OCDE.Je refuse simplement les a priori qui font que toute réforme qui ne reçoit pas l'agrément des profs et des lycéens, et qui est présumée vouloir rétablir « l'oligarchie » parce qu'elle est proposée par un gouvernement de droite ne peut pas être discutée pour ce qu'elle est. Sur le forum de la FIDL, j'ai vu un commentaire qui disait que les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour les élèves de seconde, ce sont les élèves de seconde. Et bien je ne suis pas d'accord. Et j'ai moi-même des enfants, des enfants qui vont à l'école. Et je ne crois pas être l'apôtre du retour de l'oligarchie qui fera d'eux les esclaves du patronat.

            • guerzit-
              guerzit- answers to Hugues Serraf
              • Posté à 15h39 le 23/12/2008

              Entièrement d'accord avec vous pour dire que les profs et les élèves ne sont pas seuls habilités à juger du bien fondé de telle ou telle politique en matière d'éducation.

              De même je suis d'accord pour dire que les fruits d'une politique ne sont pas forcément perceptible immédiatement.

              Mais parfois une mesure donnée aura des effets données. C'est mon point de vue sur la politique éducative de la droite actuellement. Et si certaines mesures paraissent interessantes, l'ensemble doit être rejeté en bloc pour ce qu'il représente.

            • Vingtras
              Vingtras answers to Hugues Serraf
              • Posté à 22h01 le 23/12/2008

              Tandis qu'Hugues Serraf, lui, il est très bien placé pour savoir ce qui est bon pour les lycéens. D'ailleurs, la preuve, Hugues Serraf, il approuve la réforme de la Seconde sans même savoir ce que sera celle de la Première et de la Terminale. C'est vrai que ces trois classes n'ont aucun rapport hein.

              Purée, ils ont été le chercher où celui-là ? C'est le fils caché d'Allègre et Besson ou le petit mignon de Kouchner et Bockel ?

        4 other comments
    • papy55
      papy55 answers to Hugues Serraf
      prof. en province
      • Posté à 15h26 le 23/12/2008
      • Internaute
        prof. en province

      La semestrialisation de la classe de 2nde et l'amélioration supposée de l'autonomie suite à la possibilité de choix de plus d'options, ça c'est pour l'habillage !
      Dans les faits c'est autre chose, car en terme d'options c'est passer d'un plat de résistance à quelques amuse-gueules, dans la pratique c'est un horaire divisé par 4 pour la plupart des enseignements (regroupements obligent ! ), voire disparition !
      Quant au plus d'autonomie, elle est effectivement de plus en plus lointaine, mais il ne s'agit pas d'un problème d'options mais de méthodes.

    • Vingtras
      Vingtras answers to Hugues Serraf
      • Posté à 21h52 le 23/12/2008

      X. Darcos a annoncé la réforme de la Seconde sans être en mesure de dire ce que sera la réforme de la Première et encore moins celle de Terminale (alors qu'elle concerne les mêmes élèves : que c'est rassurant ! ). Un architecte ne débute pas la construction d'un immeuble en ayant dessiné seulement le plan du parking, et en l'espèce, une visibilité sur trois ans, ce n'est pas trop demander.

      X. Darcos chouine que personne ne le croit plus : comment croire un type qui retire sa réforme quelques heures avant de la présenter alors qu'il affirmait la veille qu'il ne la retirerait pas, et affirme dès le lendemain qu'il ne l'a pas retirée ?

      Comment croire un type qui affirme qu'en maternelle on change les couches alors que tous les parents savent qu'il faut que leur gamin soit propre avant d'entrer à l'école ?

      Comment croire un type qui martèle que c'est une honte de ne pas maîtriser les fondamentaux et qui se vautre sur une vulgaire règle de trois ?

      Comment croire un type qui prétend réformer l'école et dont on apprend dans la presse qu'il a déclaré que son rôle se limitait à habiller les suppressions de postes ?

      Cette gabegie a assez duré, dehors les guignols.
      Et le tas de lèche-slips qui les soutiennent avec.

  • sigismund
    sigismund
    autre/ne se prononce pas
    • Posté à 14h23 le 23/12/2008
    • Internaute
      autre/ne se prononce pas

    Un auteur anglais disait qui si le monde anglo-saxon est hypocrite au niveau sexuel, les Français eux sont des hypocrites économiques... bien sur que la culture personnelle et surtout l'envie de se cultiver sont essentielles à la formation d'individus épanouis, mais il faut arreter d'envoyer chaque année entre 700 et 900 étudiants en DEUG de psycho, alors qu'il n'y a que 30 places dans le DESS final qui les autorisera à CHERCHER UN EMPLOI de psychologue...

    ... Et qu'on ne me sorte pas l'argument « enrichissement personnel » : la plupart ne savent pas pourquoi ils sont là, j'ai meme recroisé une ancienne déléguée étudiante qui avait arreté après la licence... pour faire un lycée hotelier, qui d'ailleurs lui reussissait très bien ( pas d'ironie ici ).

    ... Le gout de la culture et l'esprit critique doivent s'apprendre justement au plus tot, dès la primaire. Après, n'est-ce pas déja trop tard ?

    ... Et pour conclure, oui l'immense majorité des jeunes français va à la fac pour trouver un EMPLOI, alors que la fac sert presque exclusivement à former des CHERCHEURS. Arretons l'hypocrisie économique ! ! !

    • hagalma
      hagalma answers to sigismund
      • Posté à 15h16 le 23/12/2008
      • Internaute

      Le grand programme qui optimiserait les orientations n'existe heureusement pas. Quelque fois il essaye d'exister : « Politique de Civilisation ». On voit où cela mène.

      Je ne suis pas sûr que la majorité des étudiants aillent à la fac pour trouver un emploi. Ou alors ça mériterait d'être développé. Certains par exemple y vont par passion pour un domaine. D'autres y vont parce qu'ils se cherchent. D'autres parce qu'ils sont encore dans l'enfance (tout cela, même chose avec les grandes écoles).

      Notre culture semble confrontée à (au moins) deux problèmes majeurs : l'ascenseur social n'existe plus avec la financiarisation, les enfants ne peuvent plus prendre appui sur leurs géniteurs pour se représenter un avenir ; les études s'allongent, et ça n'est certes pas la faute aux étudiants et aux choix de filère.

      Une chose qui ne change pas : statistiquement, si vous êtes fils d'ouvrier, il y a une forte malchance que vous ne puissiez aller très loin dans la recherche, sauf celle de l'emploi !

      • sigismund
        sigismund answers to hagalma
        autre/ne se prononce pas
        • Posté à 16h01 le 23/12/2008
        • Internaute
          autre/ne se prononce pas

        en effet, il faudrait developper, mais je crois que le débat deviendrait beaucoup trop large ! ! ! « Que voulons transmettre à nos enfants ? » avec sous-entendu « Qu'est-ce qu'une vie normale de nos jours ? “ Surtout que nous sommes dans un pays qui fait tout pour nous infantiliser, et qui nous le reproche ensuite...

  • Chris.A
    Chris.A
    Ni pour,ni contre,bien au (...)
    • Posté à 14h27 le 23/12/2008
    • Internaute
      Ni pour,ni contre,bien au (...)

    Je ne sais pas pourquoi votre article me laisse perplexe. Peut-être parce que, à mon sens, l'économie n'est pas une science. Vouloir généraliser un enseignement aussi dogmatique, c'est un peu se moquer des gens. Je n'évoque même pas ces vrais matheux qui font de la finance juste pour se faire un bon pactole avant de finir consultants ou auditeurs. Vous pensez vraiment qu'il maitrise plus l'économie globale.

    Les citoyens de demain, ce n'est pas juste des économistes ( madame soleil ) et des ingénieurs. Mais aussi des artistes, des philosophes, des enseignants, des médecins, des fonctionnaires, etc.
    En définitive, quoique nous partagions le même constat sur l'EN, vous ne pouvez vous empêcher de penser comme un économiste. Toujours naviguer à vue et proposer des solutions qui, sur le long terme, se révèlent être catastrophiques.

  • Charles_N
    Charles_N
    Etudiant
    • Posté à 14h39 le 23/12/2008
    • Internaute
      Etudiant

    Bonjour,

    Deux informations de la part d'un inutile étudiant en Histoire. A Paris-Sorbonne (Paris IV), la baisse des éffectifs d'étudiants en première année se situe entre 25% et 50% selon les filières en Sciences-Humaines depuis 2003.
    Autre information plus subjective. De mon cercle d'amis en Histoire, nous sommes tous d'anciens bacheliers S ou ES spécialités mathématiques, avec un bon niveau dans les matières scientifiques.

    La « rationalité économique » fait toujours des ravages. Elle au moins ne connait pas de crise des « vocations » chez ses prêtres.

    Cordialement.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 14h45 le 23/12/2008
    • Internaute
      Déchoukeur

    L'objectif de Monsieur Darcos et celui,plus général, de la politique du Président Sarkozy est de faire des économies et de cacher les coupes sombres dans les budgets par quelques postiches cache-misère. On pourrait corroborer cette analyse par les déclarations d'un ancien ministre comme Luc Ferry. A ce sujet, le reste, c'est blablater pour rien.
    Bien vu ici du primaire et des limites du syndicalisme enseignant. En ce qui concerne les filières c'est vrai qu'il nous faudrait plus de techniciens. Mais pour ce qui est de l'Economie, science finalement « inexacte », l'analyse devrait être ciblée de façons à obtenir des solutions, des gens susceptibles de proposer des solutions pratiques et lisibles rapidement. Ce qui n'est pas la situation actuelle où beaucoup de prétendus économistes ont continué leur délire tranquille alors que tout s'effondre autour d'eux. Qu'en pensez-vous Monsieur Matouk ?

    • Hugues Serraf
      Hugues Serraf answers to nemo3637
      • Posté à 15h00 le 23/12/2008

      Je suis honnêtement intrigué par cette idée que Darcos ne cherche vraiment qu'à faire des économies. Quel est donc son but ultime si toutes les raisons avancées officiellement ne sont qu'une mascarade. Pensez-vous qu'il existe un plan concerté pour détruire l'école, abaisser le niveau général de la formation des Français et supprimer les sciences humaines ? Pensez-vous que tous ces gens qui s'engagent dans une carrière politique, même s'ils sont de droite, n'ont qu'une idée en tête : se mettre au service du patronat ? Un patronat dont cet abrutissement général du pays serait également le but, évidemment.

      • andriouchka
        • Posté à 15h11 le 23/12/2008

        avez-vous entendu parler de l'AGCS et la mise en concurrence des services ? L'école fait partie de ces services (au même titre que les hôpitaux), moins d'argent pour le public = favoriser le privé. Le patronnat n'est pas en reste, c'est lui qui dicte d'un manière ou d'une autre la politique gouvernementale : moins de cotisations sociales, postes aidés, formation à la main etc etc etc. C'est le grand chantage à l'emploi.

         
        • Hugues Serraf
          • Posté à 15h24 le 23/12/2008

          Oui, j'ai entendu parler de l'AGCS, mais si vous voulez introduire la question du commerce international dans le débat sur la réforme de la classe de seconde (je ne crois pas que les lycéens soient allés aussi loin eux mêmes), pourquoi ne pas y mêler les OGM, le réchauffement de la planète et Cesare Battisti.En France, l'éducation est de la compétence exclusive de l'Etat et on doit pouvoir regarder la question de la semestrialisation et des options pour ce qu'elle est. C'est bien : pourquoi ? C'est pas bien : pourquoi ? Le concret et le pratique, ça sert aussi à quelque chose.

          • guerzit-
            guerzit- answers to Hugues Serraf
            • Posté à 15h43 le 23/12/2008

            « Oui, j'ai entendu parler de l'AGCS, mais si vous voulez introduire la question du commerce international dans le débat sur la réforme de la classe de seconde (je ne crois pas que les lycéens soient allés aussi loin eux mêmes), pourquoi ne pas y mêler les OGM, le réchauffement de la planète et Cesare Battisti. »

            Relisez vous sérieusement. Cesaer Battisti n'a rien à voir avec la notion d'enseignement. L'AGCS, si, et de très près...

        2 other comments
      • guerzit-
        guerzit- answers to Hugues Serraf
        • Posté à 15h09 le 23/12/2008

        La deuxième partie de votre paragraphe est entièrement exacte.

        Il s'agit de décridibiliser toute action publique pour justifier son passage au privé et rétablir plus profondément un système oligarchique total.

        Etes vous naif ou faites vous partie du premier cercle ?

         
        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf answers to guerzit-
          • Posté à 15h17 le 23/12/2008

          « justifier son passage au privé et rétablir plus profondément un système oligarchique total“Vous êtes réellement convaincu que le but de Darcos est de privatiser l'EN et de rétablir ‘l'oligarchie’ ? Et si ne je vous suis pas dans cette direction, je suis un naïf, a fortiori si je veux faire dans le pratique ? Mais d'où vient cette conviction, puisque ce but secret n'est pas affiché et qu'il n'appartient même pas au discours militant de l'UMP ? Et les réformes précédentes de gauche ou de droite, également refusées par les enseignants et les élèves, étaient-elles aussi un moyen vers ce projet (prenons le contrôle continu au bac, par exemple) ? 

          • guerzit-
            guerzit- answers to Hugues Serraf
            • Posté à 15h35 le 23/12/2008

            J'imagine que vous connaissez l'AGCS, qui prévoit la privatisation de tous les secteurs de la vie en société hors les activités comprises dans les pouvoirs régaliens (armée, justice et police) ?

            J'imagine que vous connaissez la notion de SIEG, service d'intéret économique général, qui remplace le terme de service public dans le textes européens, ne peut exister qu'en cas de carence de l'initiative privée et doit répondre aux règles de la concurrence.

            J'imagine aussi que vous remarquez que l'ensemble des mesures proposée par Darcos, en plus d'être frappée du coin du bon sens et de ne chercher que le bien de l'élève, font faire des économies drastique et non justifiées à l'état ?

            J'imagine que vous avez un avis sur l'écart entre les besoins grandissants dans les années à venir, et les suppressions d'emploi massives à venir.

            J'imagine que vous savez pourquoi depuis des années on use de vacataires mal préparés et que l'on met dans le même temps des profs au chomage, faute d'affectation pour eux...

            Je ne ferais pas la liste des phrases prononcées par des gens de l'UMP en faveur de la privatisation de l'EN. Elles sont bien trop nombreuses.

        2 other comments
      • nemo3637
        nemo3637 answers to Hugues Serraf
        Déchoukeur
        • Posté à 17h05 le 23/12/2008
        • Internaute
          Déchoukeur

        Pour une fois je trouve vos questions intéressantes, car reflet d'une fraction de l'opinion, même s'il s'agit d'une frange conservatrice.
        Non, il n'y a pas de « plan concerté pour détruire l'école ». Néanmoins il y a une volonté plus générale de déléguer au privé ce qui appartient encore au secteur public. Ce qui hier était payé par nos impôts devra l'être une seconde fois si l'on veut un service convenable. Tout est fait pour réduire les moyens - pas seulement matériels - d'un secteur public afin de pouvoir ensuite le mettre en concurrence avec le privé plus « richement doté » au départ. Ce serait un peu long de développer ici ce que peut ou pourrait représenter un élargissement de l'enseignement privé. On peut néanmoins constater ses limites actuellement dans un pays comme la Grèce où les familles se ruinent pour payer des études - dans des écoles privées - à leurs enfants qui finissent par obtenir une pseudo-formation, tout à fait inadaptée aux besoins professionnels, économiques et sociaux.
        Oui,en la circonstance, sans l'avoir prémédité - il a travaillé longtemps avec Lang - Monsieur Darcos s'est mis au service d'une politique qui est faite de restrictions pour les plus démunis. Ce qui est le plus souvent la politique de la droite.
        Il y a certainement de bons prétextes, des raisons justifiées à certaines des réformes avancées. Mais elles ont pour caractère commun - non sans hasard - de justifier finalement la baisse des moyens mis en place dans le secteur public de l'éducation.
        Quant au patronat, sans vouloir l'abrutissement du pays - ce serait se tirer une balle dans le pied que d'avoir des employés qui soient tous des imbéciles - il sauvegarde, comme tout le monde, ses intérets, et sait quand il le faut, délocaliser et embaucher très loin d'ici des cadres qui lui reviennent moins chers et qu'il n'a pas eu besoin de former.
        Continuez Monsieur Séraph à poser des questions : c'est comme cela que l'on progresse.

         
        • Hugues Serraf
          Hugues Serraf answers to nemo3637
          • Posté à 18h34 le 23/12/2008

          Ah aidez-moi à progresser davantage : ce plan secret, où le trouve-t-on ? Ce privé « richement doté », tous ces éléments diaboliques qui ne figurent sur aucun agenda officiel mais sur lequel vous êtes si bien renseigné... Où trouve-t-on ces informations exprimées de manière officielle ? Car il faut bien qu'elles le soient, ou nous sommes bien dans le procès d'intention et l'idéologie, non ?

          • nemo3637
            nemo3637 answers to Hugues Serraf
            Déchoukeur
            • Posté à 23h27 le 23/12/2008
            • Internaute
              Déchoukeur

            Encore une fois il n'y a pas de plans préétablis, ni de conspiration. Le génie du capitalisme résidait jusqu'à présent dans son pragmatisme et sa faculté à récupérer ce qui dans un premier temps peut sembler antagoniste. Il lui faut même une opposition pour progresser - « libéral » que vous êtes, vous connaissez les bases politiques du libéralisme. Mais vous savez comme moi qu'il est entré dans une phase de crise affectant aussi sa pensée et ses élites, incapables d'envisager un renouveau, une accumulation de capital sur des bases nouvelles.
            A moins que vous, Hugues Séraf...
            De même, en face, du côté des victimes de ce système, il n'y a pas non plus de complot mais à chaque fois défense de ses intérets que ce soit de manière collective ou individuelle.

        2 other comments
      • papy55
        papy55 answers to Hugues Serraf
        prof. en province
        • Posté à 17h36 le 23/12/2008
        • Internaute
          prof. en province

        Pour moi, ça ne fait aucun doute, Monsieur DARCOS, par la réforme qu'il veut mettre en oeuvre, ne cherche qu'à s'intégrer dans la logique de dynamitage de tout le secteur public au profit du secteur privé.....tout peut être livré au secteur marchand.
        En matière d'enseignement, il suffit d'assécher l'enseignement public auquel il ne restera qu'une mission minimaliste à destination des plus démunis, les autres pouvant, contre monnaie sonnante et trébuchante et « défiscalisation », se tourner vers le privé !

  • hagalma
    • Posté à 14h54 le 23/12/2008
    • Internaute

    Ainsi donc trop d'étudiants en psycho, socio, juristes, techniciens, financiers, et pas assez en ingénierie et technologies, recherche fondamentale ! Que ne nous l'a-t-on pas dit plus tôt ! La France va mal parce que les mathématiques appliquées aux technologies et aux sciences ne seraient choisies QUE par la moitié des étudiants français ! Il faudrait alors dire-la-vérité-aux-jeunes-français. En économiste, l'auteur de l'article voit un monde régit par l'Economie, où comptent les mathématiques et la synchronisation entre les marchés des entreprises et les viviers de main d'oeuvre. Peut-être était-ce un article écrit avant la crise ? Depuis, parce que ça chauffe, les effectifs du Razed sensibilisés à psycho, socio, pédago, philo, redeviennent utiles. Faut dire que ça peut servir aux assises humaines des humains en devenir !
    L'auteur me rappelle la droite-à-papa, quand y « avait De Gaulle, et puis les matières sérieuses, et puis les moins sérieuses. C'était l'bon temps, n'est-ce pas ? C'est vrai qu'aujourd'hui, on a la “'politique-de-civilisation” ! Alors les français, et bien ils lui ont envoyé un coup-de-pied au derrière à la politique-de-civilisation. Quant à l'économie, elle a certainement besoin de plus de juristes et de prisons dédiées aux cols blancs, que de petits inventeurs de gadgets, excusez du peu, déjà forts nombreux.

    Avec mes voeux de bonnes fêtes de fin d'année.

  • sinclair
    • Posté à 15h17 le 23/12/2008

    Surprenant article ! !

    Mais quand comprendra t on que le but est de réduire drastiquement les effectifs des enseignants de la maternelle a la fac. De manière a laisser le champs libre au privé ou l'on pourra avoir un enseignement de qualité sous réserve de payer ledit enseignement. Tout le reste n'est que littérature et poudre aux yeux.

    Exemple de la maternelle qui est vouée a disparaitre au profit des garderies et jardin d'enfant payant évidemment. Sauf quelques places municipales.

    Mais regardez les systeme américain et anglais c'est cela vers quoi on tend.

    Arrêtez de nous bassiner avec des nuages de fumées et des considérations éducatives qui n'ont plus cours dans le discours actuel de l'UMP et ou tout est la faute des syndicats d'enseignant passéistes et rétrogrades.

    Le temps des rêveurs de l'éducation pour tous et de l'égalité des chances est révolu bonjour aux lois du marché. Seuls les plus riches ou les plus fort (adieu les valeurs de solidarité)survivront.

  • guerzit-
    • Posté à 15h16 le 23/12/2008

    « Ce dont a besoin la France aujourd'hui, c'est beaucoup moins de psychologues, sociologues, juristes et économistes, historiens, et financiers que de techniciens, d'ingénieurs qui ne s'orientent pas, dès la sortie de leur école vers les mathématiques financières, et de chercheurs en mathématiques et dans toutes les sciences de la matière et de la nature. »

    M.Matouk, vous etes un dangereux personnage. Vous souhaitez un monde de techniciens hyper spécialisés. C'est votre choix. Pas le mien. Et n'oubliez pas que la technologie et l'innovation sans buts ne sont pas constitutifs de l'homme et de la société, et s'avèrent résolument nocifs pour le monde. C'est un choix de défendre vos thèses mais ne niez pas que vous choisissez la voie du suicide collectif à ne rien remettre en cause.

    Et bien sur vous fantasmez vous aussi devant les sciences de la nature( ? ? ? ) et les super hyper méga champs d'investissment que sont les pipos écologiques.

    Penser que l'industrie de l'éolienne et de du panneau photovoltaqiue est l'avenir de l'économie ne peut provenir que de ceux la meme qui défendent notre système économique actuel. C'est de la betise ou plus surement de la malhonneteté.

  • Ouko
    • Posté à 15h24 le 23/12/2008

    Des révolutions en marche ...

    Rappel citoyen...

    Il y a eu une première révolution, les jours de grève ne sont plus payés ; une seconde, l'instauration d'un
    service minimum à l'école qui, malgré tant d'obs­tacles, fait apparaître que le déclenchement d'une grève
    entraîne une contrepartie, un début de sanction.

    Il en faudra d'autres pour que certains professeurs comprennent enfin que leur métier ne consiste pas à faire
    défiler leurs élèves dans la rue.....

    Encore une fois de plus nous constatons une presse qui, au mépris de toute déontologie professionnelle, a
    troqué : le respect du lecteur et son droit à une information équitable, contre la manipulation gauchiste de
    bas-étage et la désinformation systématiquement orchestrée...........

    Bref ; saluons le talentueux ministre de l'Education mr Xavier Darcos ....

    N'en déplaise aux brêles nihilistes habituelles....

    cqfd

  • Saheyus
    • Posté à 15h33 le 23/12/2008

    Qu'il faille investir davantage dans la recherche, je n'en doute pas. Que le primaire soit affreusement délaissé, c'est sans doute un problème majeur. Que les enseignants ne soient pas assez payés, c'est un fait.
    Cependant je n'abonde dans votre sens pour presque aucune de vos analyses. Et j'aimerais surtout m'attarder sur votre vision de l'éducation et, plus largement, de la société.

    « Ce dont a besoin la France aujourd'hui, c'est beaucoup moins de psychologues, sociologues, juristes et économistes, historiens, et financiers que de techniciens, d'ingénieurs qui ne s'orientent pas, dès la sortie de leur école vers les mathématiques financières, et de chercheurs en mathématiques et dans toutes les sciences de la matière et de la nature. »

    Ainsi, les humains sont au service de la société. Ils ne la façonnent pas, ils sont façonnés par elles. Les métiers, les professions, découlent directement d'un « besoin » que dicterait le marché. Dans de telles conditions, autant établir des quotas et répartir automatiquement les gens dans les métiers où l'on a besoin de main-d'œuvre.
    Je ne partage pas cette vision. Je crois que nous construisons le monde, et que tant que nous nous bornerons à le subir, nous sommes condamner à obéir aux désirs des puissants plus qu'à nos propres désirs. Je crois aussi que tant que l'on ne poussera pas les gens à faire ce qu'ils désirent vraiment, que tant que l'on passera son temps à combattre les passions des gens, on ne pourra qu'aller dans le mur. Et si vous voulez mon avis, nous avons grand besoin de véritables philosophes, de vrais artistes, de psychologues compétents, et de juristes honnêtes.
    Mais quoi qu'il en soit, mon analyse du « problème » n'est pas la même que la vôtre.

    « Comment peut-on comprendre que, dans un monde de plus en plus technologique, ou l'informatique et l'électronique truffent notre quotidien, un pourcentage d'élèves bien plus élevé qu'autrefois, sortent de l'enseignement secondaire sans connaissances scientifiques et se dirigent tout naturellement vers les faculté de lettres, droit, ou sciences humaines qui accueillent 800 000 étudiant sur 1 600 000. »

    J'aimerais savoir d'où vient cette affirmation. Celle selon laquelle « un pourcentage d'élèves bien plus élevé qu'autrefois, sortent de l'enseignement secondaire sans connaissances scientifiques ». Toutes mes connaissances me portent à croire, bien au contraire, que la filière L se meurt et est en passe de disparaître dans de nombreux lycées, tandis que la filière S est la plus cotée. Ceci car on considère, fort injustement à mon avis, qu'un élève de S peut « tout faire » (et c'est vrai en ce sens que les S ont un choix plus large dans leurs études supérieures) tandis qu'un élève de L n'est potable que dans son domaine.
    Par la suite, l'enseignement supérieur littéraire public accueille beaucoup de monde, c'est certain, mais la faute est plus à rejeter sur une absence d'orientation que sur une mauvaise orientation. Les bancs vides des amphis en témoignent. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut se mettre dans la tête d'envoyer tous les lycéens vers la science et l'informatique, de gré ou de force. Et le manque d'orientation n'est pas que chez les étudiants littéraires qui se découvrent peu d'appétit pour la langue et l'art, mais aussi chez les étudiants scientifiques et économiques qui se demandent ce qu'ils foutent là. Car il y en a, et l'on a trop tendance à l'oublier.

    Par ailleurs, le prix élevé de certaines études n'est pas étranger à certains soucis d'orientation.

  • A déménagé le 16-01-2012
    • Posté à 17h04 le 23/12/2008
    • Internaute
      non connue

    Ce qui est navrant, c'est que sans cesse ce gouvernement semble mettre la charrue avant les boeufs ; n'y a t-il personne de bons sens dans tout le gouvernement ?

    • Saheyus
      • Posté à 21h04 le 23/12/2008

      Le problème n'est pas de vouloir mettre la charrue avant les boeufs, mais de tuer les boeufs avant de mettre la charrue. Là est la véritable politique du gouvernement. Le but étant d'obtenir un peu de viande à court terme.

  • Léonard
    • Posté à 17h14 le 23/12/2008

    Mettons les points sur les i :

    - L'idéologie de l'article est claire. Ce qui définit l'objet de l'école, c'est le « besoin de l'entreprise de demain ». Notons que les expressions clés « besoin » et « entreprise de demain » ne sont nulle part définies.

    - Si encore il s'agissait d'un plaidoyer pro domo, on se dirait : bon l'auteur est économiste, il aime beaucoup l'économie et c'est normal qu'il fayotte un peu pour sa discipline. Mais il n'a pas cette excuse.

    - Je cite : « Or l'enseignement secondaire est le lieu où se prépare, où germe, l'assise humaine des futurs progrès technologiques, des futures performances en recherche-développement. » Eh bien non, c'est un cliché éculé. L'auteur a de toute évidence oublié - ou fait mine d'oublier - l'époque du lycée ou du collège. L'enseignement secondaire est le lieu où se découvrent, en général au contact d'un professeur, les futures vocations. Ce n'est pas du tout la même chose. Le rapport humain n'est justement pas une « assise des futurs progrès technologiques » ainsi qu'une certaine histoire du XXème siècle tendrait à démontrer.

    - Je cite : « Ce dont la France a besoin aujourd'hui » : toujours cette idée du « besoin », toujours non définie et donc à la merci de n'importe quelle idéologie (ou marchand de lessive), qui s'oppose précisément à ce que l'éducation véritable enseigne : se cultiver, s'élever, et distinguer encore, et toujours, entre valeur et besoin.

    - Je cite : « Il est essentiel à notre avenir économique ». Là apparaît l'adjectif personnel à la première personne du pluriel « notre ». Cet avenir économique, jamais défini, est d'emblée appelé « notre » avenir. Comme si l'avenir économique des enfants de Bolloré ou de Bouygues avait un semblant de rapport avec le nôtre ou celui de nos enfants. Cet adjectif personnel présuppose un accord sur ce qu'est ou doit être cet avenir économique, jamais vraiment défini. Or cet accord n'existe pas. (En revanche, en gros, on se doute à quoi l'avenir économique auquel songe l'auteur risque de ressembler...)

    - Ensuite, l'auteur plaide pour un renflouement des élèves dans les filières scientifiques ; puis « plus en amont » pour une nouvelle pédagogie des mathématiques et des sciences. Il ne dit rien de cette nouvelle pédagogie, mais le contexte est heureusement assez clair : la vieille pédagogie – comprendre, la substance des enseignements scientifiques – est dépassée, il faut injecter d'urgence les concepts de macro-économie et de mathématiques financières dans le cursus dès le collège.

    - L'auteur poursuit en se demandant comment un nombre aussi élevé d'élèves n'ont « sortent de l'enseignement secondaire sans connaissances scientifiques ». La charge serait ingénue, on serait tenté de l'excuser par l'ignorance de l'auteur. En effet, d'abord, le constat est factuellement inexact. Même en lettres, il y a un enseignement scientifique. Il est vrai que cet enseignement a regressé d'année en année. Cependant, cette régression n'est pas le fait d'une idéologie des enseignants mais une réalité – économique – qui leur a été imposée.

    - Cet « argument » prépare le terrain pour la proposition suivante de l'auteur : « la généralisation à toutes les sections de l'enseignement de l'économie ». L'auteur ne précise pas le fond de sa pensée, en particulier quel type d'enseignement de l'économie il préconise ni s'il s'agit uniquement ou non de l'année de seconde. Mais là encore, le lecteur doit comprendre d'après le contexte. La suite est là pour le guider, au cas il n'aurait pas saisi :
    « 80% des lycéens actuels iront en entreprise ; il est donc essentiel qu'ils en connaissent le fonctionnement des entreprises. » Ils « iront » en entreprise, dit l'auteur, il faut donc qu'ils « connaissent » leur fonctionnement et que cet apprentissage fasse partie de l'enseignement de base de tout lycée. La chronologie alliée à la statistique explique la finalité de l'enseignement de base. Si le lecteur est prêt à accepter cet axiome, alors probablement il lira sans sourciller la phrase suivante (« Quant à la macro-économie elle est essentielle à la formation de tous les citoyens ») que l'auteur ne se donne pas même le soin de justifier.

    - Le reste de l'article (environ la moitié) part désormais que la question centrale est de « convaincre les enseignants ». La finalité, elle, est acquise ; qu'au moins les enseignants se disent, c'est pour la bonne cause, ce serait déjà ça. Mais l'alibi a malgré tout du mal à tenir (« Pourquoi les enseignants sont-il toujours si rétifs ? »), alors l'auteur a recours à l'analyse statistique pour « analyser » ces enseignants « si rétifs ».

    - La première phrase faisant allusion au dossier « Regards sur l'éducation » de l'OCDE tente de calmer le jeu : on est « au-dessus de la moyenne OCDE, tant pour la dépense par élève que pour son rapport au PIB, et plus encore au PIB par habitant ». Mais à la phrase suivante, l'auteur lache le masque : « Mais les pays économiquement les plus efficients font mieux. » Bien sûr, rien n'est dit sur l'économiquement efficient, notion qui pour être définie correctement, requiert un choix de critères pertinents...
    Pertinents au regard de l'auteur, qui est probablement différent du vôtre.

    - Suivent deux paragraphes rapides, l'un pour critiquer les syndicats d'enseignants, l'autre pour critiquer (pro forma) Darcos.
    Noter que la première critique (« les syndicats d'enseignants ont négligé les rémunérations ») se présente comme une évidence indépendante du contexte économique, justement, dans lequel vivent des enseignants ; comme si l'accroissement de la rémunération (qui est au mieux une stagnation du pouvoir d'achat, et la réalité est bien pire) était une revendication en soi. Mais précisément, nombre d'enseignants sinon la majorité ont opté pour cette profession précisément en connaissance de cause et pour d'autres valeurs (temps libre (qui va en rétrécissant certes), plaisir d'enseigner et de partager, etc). Le second paragraphe fait semblant de viser Darcos : il aurait miné le terrain pour sa propre réforme, autrement dit, il avait de braves idées, le gars, mais il s'est pété les mains avec sa grenade.

    - En gros, selon l'auteur, le défaut de Darcos, c'est de n'être pas allé assez loin. Le démantèlement en effectifs, sans précédent, n'est même pas cité. Or la France justement aurait les moyens d'engager une part beaucoup plus substantielle de son PIB dans l'éducation (et la recherche). Il suffit de citer de petits pays qui ont des difficultés d'une toute autre amplitude de celle de la France pour le montrer (Islande, Israël...) et qui y investissent bien davantage.

    - il ne s'agit pas de réforme, il s'agit d'un démantèlement. En gros, le gouvernement actuel fait ce que Reagan a fait. Avec 25 ans de retard. Et les résultats que l'on sait. L'objectif ici est la disparition à terme de l'école publique.

    - A titre d'exemple, le dernier paragraphe de l'auteur préconise « le renforcement des enseignements scientifiques », « la réduction du nombre d'élèves par classe dans les zones sensibles (...) », « l'augmentation des primes des enseignants qui y professent, mais revenant aussi sur les péréquations de notes afin de récompenser les meilleurs ». Or l'auteur - qui est un économiste ! - ne dit rien sur les moyens (sans parler de la forme...). Va-t-on prendre sur les postes libérés par les départs en retraire et donc ne pas les remettre au concours ? Sur d'autres budgets ?

    - Le problème n'est pas de charger de valeurs (que l'on peut défendre ou non d'ailleurs) les programmes, mais il est de les enrichir. Pour cela, il faut des moyens et à ma connaissance, encore une fois, toutes les « réformes » se font à budget constant, c'est-à-dire sur les économies faites sur les postes non renouvelés. Ensuite, à partir de 25 élèves, un élève supplémentaire, cela ne se comptabilise pas de manière linéaire pour l'enseignant à l'école ou au collège : c'est exponentiel.

    - Dans ces conditions, le fait de donner « plus d'options », la « semestrialisation », c'est se moquer du monde (et je reste poli).

    - Réactualiser certains enseignements, pourquoi pas, mais le fond n'est pas là – et ne l'a jamais été. En deça d'un certain nombre d'heures en français ou en maths, avec un groupe de 35 élèves inhomogène, vous ne pouvez enseigner un programme : vous faites de la maintenance.

    - Pour élargir le débat et montrer qu'il y a une logique d'ensemble hélas et sans pourtant crier à la théorie du complot généralisé, il suffit de regarder ce qui se passe à l'université, c'est le même schéma. Il y avait auparavant des cours semestriels de base qui se suivaient, avec un nombre limité de passerelles. Depuis vingt ans, les passerelles ne font que se multiplier et le volume des cours baisser. La logique est purement comptable : vos étudiants ne réussissent pas ou sont moins nombreux dans les filières scientifiques, alors vous recevez moins d'argent ; donc il y a moins de cours de bonne qualité, donc moins d'étudiants. La boucle est bouclée. Sans compter le fait que le calcul des étudiants qui réussissent échappe dans une large mesure aux universitaires puisqu'à de rares exceptions près, ils n'ont pas les moyens de les sélectionner ni de faire valoir la proportion de doubles inscriptions (de l'ordre de 20%).

    - A côté de cela, on peut réfléchir aux choix de société. Ces choix sont avant tout politiques, bien avant d'être économiques, quoi qu'en pense l'auteur.

    • nelmezzodelcamin
      • Posté à 10h33 le 24/12/2008

      Bravo

      je rajouterais juste une petite chose, c'est que d'ores et déjà 60% des bacheliers généraux (à la louche) sortent avec un bac S. Donc ils sont censés avoir étudié les sciences, ces jeunes gens là.... à quel pourcentage donc peut-on évaluer le « besoin » en bacheliers scientifiques ? 80 % ?

      D'autant que dans ceux-là un certain nombre (difficile d'être précise, mais un tiers, je dirais, d'après mon expérience) ne sont pas là pour les sciences mais parce qu'ils considèrent que c'est « la meilleure filière » dans l'absolu... une partie va avoir son bac S grâce aux autres matières et s'orienter ensuite vers tout autre chose que des sciences.

      Une autre partie va avoir son bac tout juste (ce n'est pas si difficile d'avoir le bac, tout est fait pour) ; on voit tous les ans des gamins aller s'inscrire en fac de médecine sans avoir la moindre idée du niveau exigé et encore moins l'habitude de travailler, ou présenter des dossiers de prépas qui doivent avoir au moins l'avantage de bien faire rigoler les membres de commissions d'admission...

      Avec la réforme on avait la possibilité d'étudier plus d'options, certes, mais à condition de changer en cours de cursus... hop, 6 mois de chinois, ensuite 6 mois de lettres, 6 mois de philo, 6 mois de physique.... et au bout, quoi ? et évidemment plus d'options, mais mois de tronc commun donc au final moins de matières... sinon comment continuer à réduire le nombre de postes ? ? ? et un choix d'options réduit par rapport à la situation précédente, puisqu'il faut rationaliser.

      Moins de matières, peut être, s'il faut faire un peu plus les choses « à fond », c'est un choix, on sort encore un peu plus de l'idée de formation générale (le bas général, comme son nom l'indique, n'est pas une formation professionnelle). Pourquoi pas, je n'en sais rien. Mais pas avec une réduction des heures des matières en question ! ni un éparpillement !

      désolée d'avoir été si longue

      • Léonard
        • Posté à 15h40 le 24/12/2008

        L'éparpillement des heures fait partie d'un programme. De ce point de vue-là, il y a une analogie – formelle – entre les caissières et les étudiants...

        Ailleurs il y a à peu près un an j'ai alerté les riverains sur le fait que pendant que des postes sont supprimés (ou non renouvelés), ce gouvernement mettait en place un système de primes et de subventions pour officiellement le soutien des étudiants de 1ere année d'université. Je n'ai toujours pas de chiffre sur le plan national, mais cela se chiffre en millions d'euros par an (j'ai obtenu quelques chiffres sur l'université de Toulouse III : 400 000 euros en sciences en 2007-2008, 1M en 2008-2009)

        Or ce soutien se fait entre les deux sessions d'examen, désormais entre mai et juin, puisque la session de septembre a disparu. Il n'est guère nécessaire d'être très malin pour comprendre l'absurdité de la manoeuvre (si l'objectif poursuivi était la « réussite des étudiants en licence »). On peut légitimement penser que l'objectif réel est tout autre.

        Ce financement inclut une observation statistique des étudiants à l'université et la création de postes à mi-temps ou temps plein de statisticiens à cet effet. On comprend mieux : les universités vont être d'autant plus autonomes qu'elles répondront aux critères non pas de l'état, mais des intérêts que celui-ci promeut de plus en plus ouvertement, c'est-à-dire les intérêts des empires commerciaux.

        Que les empires commerciaux pressurisent les pouvoirs locaux et nationaux pour affaiblir leurs contraintes sociales, cela se conçoit. (Encore qu'il faille faire une différence fondamentale : je ne parle pas ici de votre PMI, tout citoyen honnête qui a cherché ou qui cherche à en monter une sait de quoi je parle. Le point capital est que les empires commerciaux ne jouent pas avec les mêmes règles, et certainement pas avec les « règles du marché ».)

        Mais que le politique et certains intellectuels ou économistes délivrent tout un discours qui en font une finalité, c'est encore autre chose.

  • survivant
    • Posté à 17h28 le 23/12/2008

    Pourquoi les enseignants traînent-ils les savates sur la réforme de l'Education Nationale dites-vous mon cher Jean Matouk ? Pour un économiste vous semblez être un peu en décalage avec la réalité. Depuis le ler janvier 2006 la LOLF est entrée en vigueur.

    Petit rappel sur la LOLF :

    Issue du gouvernement Jospin la réforme de la loi organique de 1959 remplacée par la LOLF(loi organique loi de finances) est adoptée le 1er août 2001.

    La LOLF proposée par le PS était censée de mieux répartir l'impôt dédié au fonctionnement des dépenses de l'état en régulant l'impôt en fonction des besoins de chaques administrations. L'octroi du montant de leur enveloppe budgétaire au cas par cas en dépend.
    Tout ça, sous contrôle de divers bureaux dont les informations remontent du niveau local jusqu'aux ministres concernés( Lagarde et Woerth dans le cas présent) par le biais des gestionnaires des administrations locales sur les besoins matériels et en emplois.

    En définitif, la LOLF préconisée par le PS devait être au plus près des usagers par la performance et l'utilité du matériel et des fonctionnaires et faire payer l'impôt le plus justement possible. Ce qui en théorie aurait dû réconcilier les salariés du privé et les citoyens vis à vis des fonctionnaires qui se font passer pour des nantis. La loi organique de 1959 ne donnait aucun droit de regard aux citoyens quant à l'usage de ses impôts.

    Hors la LOLF contrairement aux idées reçues promulguées par la droite, a servi de véritable rouleau compresseur en explosant toute la fonction publique( hospitalière, d'état, territoriale). A commencer par la loi de décentralisation du 13 août 2004 par le transfert des personnels de l'éducation nationale (les tos), de la DDE, les routes nationales, l'hôpital ect.

    Viennent ensuite les privatisations EDF, GDF la poste ect. Puis vint la réforme de la notation par une évaluation du fonctionnaire lui imposant des responsabilités sur les objectifs que l'état s'est fixé à l'économie des dépenses ; Introduisant dans le même temps les primes au mérite pour les bons élèves(en imposant les heures supplémentaires, la suppression des RASED transformé en soutien scolaire, les fermetures prochaines des maternelles ou lorsqu'un collègue est malade ou non remplacé pour départ à la retraite faire son boulot.) En clair être le bon lèche cul des chefaillons. Tout ça bien entendu, sous couvert d'économies budgétaires.

    La réalité est toute autre ; L'économie réalisée sur le dos des fonctionnaires sert au bouclier fiscal ; plutôt que d'améliorer la fonction publique. Autres effets pervers de la LOLF sauce sarkozienne ; Les gestionnaires des administrations locales sont quasiment autonomes de leur budget. Pour exemple : Un gestionnaire peut utiliser de l'argent pour acheter du matériel qui aurait dû servir à embaucher. Par contre l'inverse ne peut pas se faire : Prendre l'argent servant à acheter du matériel pour à la place embaucher.

    En revanche ce qui aurait dû se faire c'est réduire pour commencer les dépenses des militaires et du matériel stationnés en Afghanistan, des députés, des sénateurs et autres voyages et orgies, des formations coûteuses des gestionnaires pour leur apprendre que la fonction publique doit se gérer comme une entreprise privée basée sur l'économie de personnels et qui ont lieu une fois par mois. En ré impulsant ce trop perçu dans les secteurs les plus demandeurs ce qui doit être dans la logique d'un état proche de la nation. sarkozy, lui, a préféré réduire le nombre de fonctionnaires pour satisfaire les plus aisés avec 15 milliards d'euros. Et il continue…

    Les citoyens qui ne payent plus pour certain d'impôts sur le revenu se sont vus répercuter ces impôts sur les impôts locaux. Mieux les retraités qui ne payaient plus la redevance TV à partir de 70 ans se sont retrouvés à la payer à nouveau et dernière nouveauté en date les femmes qui avaient élevés seules leurs enfants nés en 62 qui bénéficiaient d'une demi part supplémentaire se la verront sucrée. Les impôts locaux tout le monde les payent et ceux qui sentent le plus la note se sont les bas revenus. Le problème c'est que l'état dans son bouclier fiscal a omit les dépenses des collectivités territoriales qui ont vu leur taxe locale exploser par les nouveaux transferts de compétences sans les fonds ; puisque l'état ne s'est pas acquitté de ses dettes envers les collectivités. Il s'est tout bonnement défilé en refilant la patate chaude aux conseils généraux et régionaux obligés d'augmenter les impôts locaux aux risques de déplaire à leurs électorats. Il faut bien que quelqu'un paye et ce quelqu'un c'est toujours le même, le peuple.

    La réforme de l'éducation Nationale que veut le gouvernement n'a qu'un but : Faire des économies réalisées sur le dos des fonctionnaires pour plaire aux plus aisés qui se verront réduire leurs impôts. D'où l'introduction d'une option économie imposée et voulue dans la réforme des lycées par darcos à partir de la 2nd. Eduquer, formater la jeunesse à l'économie libérale.

    Dans la politique sarkozienne il ne faut pas confondre réforme des chiffres et réforme pour le bien être de la nation qui est un autre débat dans une autre politique.

  • A.Pierrat
    A.Pierrat
    Lycéen
    • Posté à 19h50 le 23/12/2008
    • Internaute
      Lycéen

    En gros, l'auteur de l'article nous propose une gestion de l'éducation nationale à flux tendu(s) ?
    C'est une vision irresponsable et à court terme, ça sent bon l'utilitarisme...
    Cela dit, je suis d'accord qu'il faut encourager la recherche, la création de biens et de services plutôt que de produits financiers : c'est là que se trouvent les racines d'une meilleure santé économique.

  • Herbie
    Herbie
    Pulli
    • Posté à 22h21 le 23/12/2008
    • Internaute
      Pulli

    « Les enseignants des autres pays préparent également leurs cours et corrigent aussi leurs copies. “ Ce que j'en ai vu au Royaume Uni : recopie exacte du protocole - à la virgule près- pour les programmes, et totalisation des cases justes de QCM pour les corrections. Par ailleurs, les enseignants y sont mieux payés. A ce propos, voir l'article d'Eco89 sur le traitement des fonctionnaires : Lien

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