Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Martinique et Guadeloupe ont besoin d'investissements privés

Jean Matouk
Economiste
Publié le 07/02/2009 à 12h53

Le conflit guadeloupéen n'est pas terminé. Sur les 146 revendications du collectif organisateur Liyannaj kont pwofitasyon, 60 auraient été abordées avec le secrétaire d'Etat Yves Jego, qui est en Guadeloupe depuis dimanche avec tout son cabinet.

Sur les produits de première nécessité, outre une baisse des droits de mer, qu'ont consentie les collectivités locales, le secrétaire d'Etat aurait convaincu les directions d'un certain nombre d'« hypers » d'opérer une baisse sur 100 produits.

On retrouve là une tactique qu'utilisa Nicolas Sarkozy, transitoire ministre des Finances d'un gouvernement Raffarin, sans grand résultat d'ailleurs.

Les Guadeloupéens risquent d'être d'autant plus déçus que le champs des commerces concerné est limité, et que les baisses de taxes indirectes, TVA, droits de mer et autres, ont une fâcheuse tendance à s'évaporer dans le flou des circuits commerciaux.

Le problème du prix des carburants n'est pas résolu ; Yves Jego doit s'en entretenir avec les dirigeants de la raffinerie. La vérité exige toutefois de dire que les prix des carburants sont au niveau de ceux pratiqués en France dans les pompes ordinaires, et, donc, plus élevés que ceux des pompes des hypermarchés, dont les gérants ont catégoriquement refusé l'installation dans les Antilles.

La revendication d'une hausse, évidemment excessive, de 200 € mensuels des salaires pensions et minima sociaux, n'a pas encore été abordée.

Au tour de la Martinique

Mais, à son tour, la Martinique se mobilise dans le même sens, après la manifestation très réussie de jeudi qui aurait regroupé 20 000 personnes, chiffre élevé pour l'île. Deux revendications principales : d'une part, ici aussi, une baisse, réclamée de 30%... des prix des produits de première nécessité, d'autre part une hausse des salaires et autres revenus oscillant, selon les porte-parole, de 300 € mensuels jusqu'à 449 !

Les pompes à essence n'étaient plus approvisionnées vendredi soir et les syndicats de transporteurs annoncent qu'ils se joindront au mouvement.

Quels que soient les accords finaux, les deux mobilisations auront payé. Ce que la Guadeloupe obtiendra sera évidemment étendu à la Martinique.

Mais pour autant, le problème de fond, commun aux deux îles, dont dépend le pouvoir d'achat, celui du sous-développement économique avec un chômage à plus de 20% (50% chez les jeunes dans certaines zones) de la population active, risque bien d'être occulté.

Il y a, répétons-le, une sorte de complicité objective, entre les détenteurs locaux de capitaux, souvent des « békés » martiniquais, et les collectivités locales, qui vivent, en partie, des droits de mer, faute d'une autre assiette fiscale qui serait générée par un vrai développement, pour privilégier les produits importés sur les productions locales.

Ce « blocage » est évidemment renforcé par le niveau des salaires et charges sociales antillais, légitimement égaux à ceux de la métropole, puisque les Antillais sont des citoyens français, mais qui disqualifie les Antilles dans l'exportation de produits locaux et même, en partie, dans le tourisme.

Des investissements privés sont nécessaires

Rien ne pourra changer fondamentalement si ne déferle pas une vague d'investissements privés, aidés par le secteur public, dans des outils de production d'avenir.

Les lois, qui depuis vingt ans ont fiscalement exonéré les investissements immobiliers outre mer, au profit des gens les plus aisés, ont évidemment créé des emplois dans le secteur BTP, et généré des revenus, mais, un peu à la manière de ce qui s'est passé en Espagne, qui a bénéficié dix ans durant des fonds européens, cet élan purement immobilier trouve sa limite et la défiscalisation aura une fin, compte tenu des contraintes budgétaires de l'Etat.

C'est d'investissements productifs privés dont ont besoin les Antilles et la Guyane. Et pour cela il faut que les capitalistes locaux, notamment les « békés », mais aussi d'autres métropolitains, acceptent de s'engager, hors de la banane, de la distribution et des concessions automobiles, dans de tels investissements. Ils y sont encore rétifs, en partie parce qu'ils craignent les mouvements sociaux sporadiques tels que ceux qui se développent actuellement.

Mais, à leur tour, les responsables syndicaux peuvent arguer de l'absence de toute perspective de développement, pour expliquer cette conflictualité. Comme on l'a expliqué précédemment, un mouvement « culturel », en ce sens semble s'amorcer.

Dans le journal France-Antilles, deux « békés » connus, Roger de Jaham et Eric Lucy de Fossarieu, affirment leur disponibilité en ce sens et l'écrivain Patrick Chamoiseau, chantre de la « créolité », leur répond dans un sens convergent. Ce n'est sans doute qu'une hirondelle, mais elle peut annoncer un printemps économique. La « culture », ici, est un préalable à l'économie.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
Guadeloupe : une économie ilienne en mal de créolité précédente note de blog de Jean Matouk
« La Guadeloupe n'est pas la priorité de Nicolas Sarkozy », interview de Jules Otto, vice-président socialiste du conseil général
La Guadeloupe n'est pas la priorité de Nicolas Sarkozy
Guadeloupe : le leader du mouvement s'explique

Ailleurs sur le Web
L'interview de Roger de Jaham, Eric Lucy de Fossarieu et Patrick Chamoiseau dans France-Antilles
Grève générale en Martinique : le deuxième jour en images, sur France Antilles Martinique
Chariot plein, porte-monnaie vide, France-Antilles a comparé les prix des grandes surfaces de l'île avec les prix de Paris et de la proche banlieue.
Le blog d'Yves Jégo

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  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 13h18 le 07/02/2009
    • Internaute
      info-espress.over-blog.com

    Elles ont besoin d'une économie qui respecte leur dignité et donc éloignée du capitalisme .
    Lien

    • petrus89
      petrus89 answers to Infovite
      plongeur
      • Posté à 23h37 le 07/02/2009
      • Internaute
        plongeur

      on s'en branle
      donnons leur independance et qu'ils emmerdent plus
      qu'ils se demmerdent seuls et basta

      • moa98
        moa98 answers to petrus89
        la France d'en bas
        • Posté à 00h05 le 08/02/2009
        • Internaute
          la France d'en bas

        Avant d'être si catégorique, que le Président qui n'a pas voulu s'exprimer jeudi, leur explique qu'ils n'existent que par les subventions. Après, si les indépendantistes se taisent un peu, les Guadeloupéens pourront comprendre. Le problème est que toutes les infos n'arrivent pas toujours dans les DOM ni dans les TOM. Bizarre non ? Aussi bizarre que dans l'hexagone on n'a pas toutes les infos. Qui a dit presse libre.....

      • pascalou974
        pascalou974 answers to petrus89
        • Posté à 00h28 le 09/02/2009

        Bel esprit...

  • affreuxjojo
    • Posté à 13h27 le 07/02/2009
    • Internaute

    Je reléve deux points dans l'exposé de Mr Matouk.
    - Les salaires et charges sont trop élevés ce qui disqualifie les Antilles dans l'exportation.
    -Il faut que les capitalistes locaux acceptent d'investir, mais ils craignent les mouvements sociaux.
    Matouk fait l'analyse néo-libérale la plus classique. Pour lui la seule solution pour le développement des Antilles Françaises c'est le développement de leur échanges. Cela suppose forcément une adaptation de la main d'oeuvre à la concurrence dans un contexte général de libre échange( sans normes sociales et environnementales). Pour être concurrenciel sur le marché mondial du travail, cette main d'oeuvre doit être soumise et peu couteuse.
    Venant d'un socialiste l'analyse peut étonner. D'autre part, connaissant la dérive des socialistes vers les idées néolibérales, cela étonne moins. A défaut de proposer des solutions positives pour les Antillais, l'article de Mr Matouk est un remarquable exemple de l'abondon par les gauche des classes sociales dont elle était historiquement la représentente.
    Après s'être ralliés aux fondamentaux du libéralisme, les socialistes se trouvent placés devant une redoutable alternative. Soit persister dans la défense d'un modèle qui s'effondre. Soit renier leurs orientations de ces trente dernières années et reconnaitre qu'il ont conduit les classes sociales pauvres et moyenne dans une impasse.

    • karlM
      karlM answers to affreuxjojo
      Précaire
      • Posté à 21h59 le 07/02/2009
      • Internaute
        Précaire

      merci, très clair ! !

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 13h36 le 07/02/2009
    • Internaute
      Déchoukeur

    « C'est d'investissements productifs privés dont ont besoin les Antilles et la Guyane... »

    Et quand les poules auront des dents, elles pourront mieux mâcher...
    Sur Rue89 Jean Matouk est le pendant économique d'Hugues Serraf en politique. Qui doit on prendre le plus au sérieux ?

    • ginkoland
      ginkoland answers to nemo3637
      Ginkonaute
      • Posté à 18h32 le 07/02/2009
      • Internaute
        Ginkonaute

      Pourquoi choisir entre le mauvais et le moins bon ?

  • bydxhm
    bydxhm
    abonné au gaz
    • Posté à 13h39 le 07/02/2009
    • Internaute
      abonné au gaz

    Des richesses il y en a aux antilles françaises [comme ailleurs du reste...]. Le problème est qu'elles sont très mal réparties. Pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, un documentaire éclairant alors que la grève générale contre la vie chère débute : Lien

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 14h39 le 07/02/2009
    • Internaute
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    je ne vois pas, dans l'article, le lien entre la situation aux antilles et la necessité des investissements privés
    et dans quels domaines ?
    l'article est v(raiment incomplet
    c'est n'importe quoi

    • mjcd
      mjcd answers to jyeden
      enseignante
      • Posté à 19h57 le 07/02/2009
      • Expert
        enseignante

      « je ne vois pas, dans l'article, le lien entre la situation aux Antilles et la nécessité des investissements privés »

      Je suis d'accord avec vous, d'autant plus que, me semble-t-il, c'est dans le privé que les bénéfices sont énormes et très mal répartis. Pouvons-nous encore avoir confiance en ceux qui gardent la majorité des bénéfices pour eux, qui ont peur d'investir car « le climat politique n'est pas stable », et qui n'ont pas intérêt à ce que les Antilles et surtout, les antillais, se développent, de peur de perdre le pouvoir ! ! !

  • Michel971
    • Posté à 14h56 le 07/02/2009

    En faisant pression sur les distributeurs ou en rabiotant sur les taxes, on s'occupe de la couleur du sparadrap, sans traiter le mal.

    Vous abordez le problème du refus de la concurrence. Aujourd'hui, les gérants de station-service bloquent toute implantation qui remettrait leurs marges sur le carburant vendu en cause. Hier, un centre commercial quasi monopolistique s'est imposé à Destrellan (sans la complicité des élus locaux ? ), distordant durablement la formation des prix à la distribution.

    Vous indiquez que les salaires minimaux sont « légitimement » aussi élevés qu'en métropole. Cela est peut-être vrai du point de vue du consommateur, mais certainement pas du point de vue du producteur, qui s'appuie sur les chiffres de la productivité. Qu'en est-il du point de vue du citoyen ?

    Le citoyen aimerait que le développement de son île ne s'arrête pas aux infrastructures construites par l'état, mais qu'y fleurissent aussi des activités créées par ses habitants. Or, la déferlante d'investissements privés que vous appelez de vos vœux et qui répondrait à ce besoin est en suspens.

    Pourquoi ?

    Ce n'est pas une question de moyens. Les capitaux privés existent en Guadeloupe et en Martinique, mais préfèrent s'investir ailleurs. La défiscalisation a tenté de saturer les îles en capitaux, mais ils se sont concentrés dans des projets immobiliers de moins en moins adaptés au marché, ainsi que dans l'achat de bateaux qui ne sortent parfois que deux semaines dans l'année.

    Ce n'est pas une absence de projet. Dans le domaine productif, il serait possible d'implanter quasiment n'importe quelle activité sans rencontrer de concurrence locale.

    Vous nous parlez de perspective culturelle pour répondre à cette question, de créolité. Vous nous proposez de remplacer la discussion sur la couleur du sparadrap par un débat sur la forme de son emballage.

    En fait, les vraies questions fâchent :

    Comment ajuster les coûts salariaux à la productivité locale ? A la fois pour susciter des investissements productifs et permettre aux marchés antillais d'offrir des productions locales.

    Et comment abolir les mécanismes incitant à l'assistanat ? Dans des régions où l'employabilité d'une partie significative de la population est en complet décalage avec celle où ont été définis les standards de salaire minimum, ils maintiennent une partie insupportable de la population hors d'activité.

    Comment extirper le mal du travail clandestin qui sévit dans les activités agricoles traditionnelles ? En effet, la production de bananes a un besoin vital de débouchés extérieurs et le régime des subventions est battu en brèche par les règles européennes : être compétitif ou mourir.

    Ces questions sont une facette de la question de la création d'activité et de l'investissement. La « créolité » n'y répond en rien.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 17h30 le 07/02/2009
    • Internaute
      Déchoukeur

    Martinique, vendredi 6 février.
    5 heures du matin.
    L'autoroute menant à Fort de France est bloquée par une manif en voiture. Ici on appelle ça une opération « molokoye ». D'autres automobilistes qui arrivent ensuite se joignent au défilé.
    Le nouveau « Collectif du 5 février » s'est constitué sur Fort-de-France.

    8 heures du matin.
    Une nouvelle manifestation parcourt Fort-de-France. Les manifestants sont moins nombreux que la veille où l'on avait vu le plus grand défilé de l'Histoire martiniquaise. Mais ils apparaissent encore plus résolus, déterminés. Les femmes, nombreuses, souvent mères de famille, sont véhémentes. Ils ne fait pas bon vouloir ouvrir un magasin ou vouloir jouer les « jaunes ». La métropole, le « pouvoir des blancs », est pris à partie. Une femme s'en prend aux entreprises qui préfèrent, à qualification égale, embaucher un blanc de métropole plutôt qu'un autochtone, entreprises qui systématiquement rénumèrent mieux les blancs, leur offrant les meilleures places.
    La Préfecture où débutent les négociations est assiégée par les manifestants. Les slogans fusent. Certains remettent en cause le capitalisme lui-même. Sarkozy est traité de voleur.

    10 heures. Quelque part en Martinique.
    Je me fais prendre en photo, poing levé avec des grèvistes. On s'essaie à chanter l'Internationale - en creyol - mais on se rappelle plus les paroles. A bas le capitalisme !
    Matnik a nou, Martnik pa a yo

    11 heures, au Lamentin, centre commercial La Galleria.
    Les manifestants font fermer les commerces de la galerie marchande. Les commerçants, parfois traités de voleurs s'exécutent, et tirent prestement leurs rideaux. Le supermarché est fermé après que l'on ait appelé les employés à rejoindre la grève.

    14 heures, au Lamentin.
    Après un meeting au hall des sports les manifestants se dirigent vers les commerces et les obligent à fermer. Au « Leader Price » certains clients en profitent pour tenter de partir sans payer. Le supermarché Carrefour et sa galerie marchande sont fermés.

    20 heures, à la télé, sur RFO.
    Les journalistes grèvistes émettent un journal régulier, une fois le matin, une fois le soir, sur les évènements. Cela change de la langue de bois habituelle ! Ce soir un débat est organisé entre les différents acteurs sociaux et politiques. Mais on a invité aussi des artistes, des militants de base. Même la toute nouvelle représentante de l'UMP dit qu'« il faut que ça change ». Rigal, un artiste fait une intervention véhémente mettant en cause le capitalisme. On évoque l'organisation d'un congrès des travailleurs où l'on élaborerait une alternative à l'organisation économique sociale actuelle.
    Sarkozy est traité de fou et de psychopathe.

    Un mot sur l'indépendance. Pour la métropole, tout larguer, après avoir refusé le développement d'une économie locale, après s'être servi pendant des décennies, des siècles, de la colonie pour satisfaire les intérets économiques de ladite métropole, serait peut-être une solution de facilité.
    Vous vouliez nous garder ? Nous sommes Français comme les habitants de la Creuse, de la Corrèze, ou de la Corse ?
    Alors assumez. Sinon je vais allez me battre moi aussi pour le front de libération de la Lozère. Au fait le PIB de la Lozère c'est quoi ?

    Ce samedi matin. Il est 7 : 30.
    Je vais déjà prendre mon café dans mon hamac sur la terrasse. Une belle journée commence.

    10 heures, à Rivière Salée
    J'ai réussi à faire des courses à « Leader Price », dévalisé, notamment par les blancs - les touristes ?

    11 heures, à l'Anse à l'âne.
    Je n'ai pas réussi à prendre du carburant. « Plus de carburant » signale une affichette.

    11 heures 15, golf de la Pagerie aux Trois-Ilets.
    En grève. On boit un pot et on se fait une photo : « Grève Générale ! ».
    On prévoit un lundi « chaud » et des manifs dans plusieurs communes
    Pas de nouvelles de ce qui a été décidé lors de l'assemblée avec le « Collectif »….
    Black-out ( ! ) total en métropole. C'est vrai, ne vaut-il pa mieux ? Cela risquerait de donner des idées aux petits blancs de là-bas.
    Pas vu Jean Matouk. Qui continue néanmoins à vaticiner sur Rue89. Quelle imagination !

  • parousnik
    • Posté à 19h14 le 07/02/2009
    • Internaute

    Depuis quand les investissement privés rapportent aux populations travail confort et respect ? Il y a des années qu'en métropole on nous bassine avec cet argument...et pourtant les privatisations et autres investissements privés ont créer ici non seulement un important chomage permanent et emploi partiels etc destruction des acquis sociaux...une baisse du pouvoir d'achat constante depuis 20 ans... et cerise sur le gateau ...plusieurs bulles spéculatives explosives...... Le libéralisme privé est sous perfusion avec nos sous est déséquilibres les avenirs de nos enfants et même de nos petits enfants.... Seule solution la révolution pour la liberté l'égalité la fraternité la jusitce... Faut arrêzter de croire les escrocs et autres esclavagistes « modernes »....

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 21h56 le 07/02/2009
    • Internaute
      Précaire

    c'est incroyable comme les économistes sont devenus les penseurs de notre société...Comme si ce qui se passe à Mada ne nécessitait pas, plutôt, une politique générale bienveillante.

  • bydxhm
    bydxhm
    abonné au gaz
    • Posté à 23h09 le 07/02/2009
    • Internaute
      abonné au gaz

    Parole d'expert ...

    Lien

  • petrus89
    petrus89
    plongeur
    • Posté à 23h34 le 07/02/2009
    • Internaute
      plongeur

    il faut leur donner leur independance
    rien a carrer de ces francais des dom tom

  • Jean Matouk
    Jean Matouk
    Economiste
    • Posté à 23h58 le 07/02/2009
    • Internaute
      Economiste

    Réponse à « affreuxjojo » et quelques autres

    Je maintiens que la Martinique comme la Guadeloupe ont besoin d'investisssements, qu'ils soient privés ou publics ( mentionnés dans le texte) . Nous sommes en économie de marché et le développement y passe par l'échange, que les hommes ont inventé dés néanderthal ; Celui-ci peut être équitable et s'insérer dans les échanges mondiaux, de la même façon que les premiers « marchés » se sont créés, La supression des marché a jeté des millions de russes dans la misère et la barbarie poendant 70 ans et ils en payent encore les conséquences. La position tribunitienne consistant à conspuer l'économie de marché sans proposer d'organisation alternative est enfantine. J'y réponds rarement , mais là, la coupe a débordé.

    Par ailleurs, dans l'économie de marché, il existe d « autres organisations que le capitalisme : coopératives et mutuelles, dont je m'efforce par ailleurs de re-promouvoir le développement. Mais les communistes du XX ème siècle les ont toujours consid.érées avec méfiance..Ces organisations respectent effectivement la dignité humaine ( Infovite). D'ailleurs les esclaves eux-mêmes les avaient inventées ici pour leurs funérailles, comme les serfs du Moyen Age en France. Je serais infiniment heureux que le mouvement coopératif se développe ici.

    A jvenden : les investissements installent des capacitésde production nouvelles , qui permettent de produire et de vendre donc de créerr des emplois, ce qui dans des îles ou le chômage atteint 22% de la population active, est souhaitable pour élever le pouvoir d'achat moyen, Il y a des opportunités à la fois dans les produits tropicaux “bio” pour lesquels la législatoion française a une réputation satisfaisante, dans les autres produits agricoles qui pourraient être produits ici, mais moins cher que les produits importés, alors que l'on s'efforce de maintenir l'inverse ( tomates à 6/7€ le kilog contre 4€), mais aussi dans les installations d'énergies nouvelles, ce qui permettrait de diminuer la dépendance pétrole et les émissions de gaz et de créer des emplois d'installation et de maintenances ( 3 éoliennes en Martinique...). Je suis , sans aucun doute, une économiste moins talentueux que nombre de lecteurs, mais ce que je dis là relève plus du bon sens que de la théorie économique

    Par ailleurs, j'ai envoyé une footnote à Rue 89, concernant le documentaire de Canal + sur les “ derniers maîtres” qui était assez bien fait et Rue 89 le recommand ci-dessus. Aucun de mes arguments ne va à l'encontre

    Bon dimanche

  • Jean Matouk
    Jean Matouk
    Economiste
    • Posté à 23h58 le 07/02/2009
    • Internaute
      Economiste

    Réponse à « affreuxjojo » et quelques autres

    Je maintiens que la Martinique comme la Guadeloupe ont besoin d'investisssements, qu'ils soient privés ou publics ( mentionnés dans le texte) . Nous sommes en économie de marché et le développement y passe par l'échange, que les hommes ont inventé dés néanderthal ; Celui-ci peut être équitable et s'insérer dans les échanges mondiaux, de la même façon que les premiers « marchés » se sont créés, La supression des marché a jeté des millions de russes dans la misère et la barbarie poendant 70 ans et ils en payent encore les conséquences. La position tribunitienne consistant à conspuer l'économie de marché sans proposer d'organisation alternative est enfantine. J'y réponds rarement , mais là, la coupe a débordé.

    Par ailleurs, dans l'économie de marché, il existe d « autres organisations que le capitalisme : coopératives et mutuelles, dont je m'efforce par ailleurs de re-promouvoir le développement. Mais les communistes du XX ème siècle les ont toujours consid.érées avec méfiance..Ces organisations respectent effectivement la dignité humaine ( Infovite). D'ailleurs les esclaves eux-mêmes les avaient inventées ici pour leurs funérailles, comme les serfs du Moyen Age en France. Je serais infiniment heureux que le mouvement coopératif se développe ici.

    A jvenden : les investissements installent des capacitésde production nouvelles , qui permettent de produire et de vendre donc de créerr des emplois, ce qui dans des îles ou le chômage atteint 22% de la population active, est souhaitable pour élever le pouvoir d'achat moyen, Il y a des opportunités à la fois dans les produits tropicaux “bio” pour lesquels la législatoion française a une réputation satisfaisante, dans les autres produits agricoles qui pourraient être produits ici, mais moins cher que les produits importés, alors que l'on s'efforce de maintenir l'inverse ( tomates à 6/7€ le kilog contre 4€), mais aussi dans les installations d'énergies nouvelles, ce qui permettrait de diminuer la dépendance pétrole et les émissions de gaz et de créer des emplois d'installation et de maintenances ( 3 éoliennes en Martinique...). Je suis , sans aucun doute, une économiste moins talentueux que nombre de lecteurs, mais ce que je dis là relève plus du bon sens que de la théorie économique

    Par ailleurs, j'ai envoyé une footnote à Rue 89, concernant le documentaire de Canal + sur les “ derniers maîtres” qui était assez bien fait et Rue 89 le recommand ci-dessus. Aucun de mes arguments ne va à l'encontre

    Bon dimanche

    • nemo3637
      nemo3637 answers to Jean Matouk
      Déchoukeur
      • Posté à 02h57 le 08/02/2009
      • Internaute
        Déchoukeur

      « Nous sommes en économie de marché et le développement y passe par l'échange, que les hommes ont inventé dés néandertalien »

      Les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique, à la différence de l'Europe et de la France, ont une population jeune, qui a « du sang », avec tous ses défauts et ses qualités.
      Vous êtes vieux.
      Vos idées sont vieilles.
      Ce sont celles du capitalisme et du libéralisme, du profit, dont les ravages nous font souffrir que vous essayer de nous refourguer à toutes les sauces.
      Votre camp bat en retraite de tous côtés et nous, nous avançons à présent en rase campagne, sans plus rencontrer de résistance autre que la censure de vos médias et les matraques de vos forces de l'ordre « républicain ». Dérisoire !
      Faut-il s'abaisser et contredire vos propos, rappeler vos articles que vous écriviez encore il y a quelques mois et les illusions auxquelles vous vous raccrochiez encore alors ?
      Dans « Le Monde » le journaliste économiste Artus a eu cette décence de présenter ses excuses et de reconnaître qu'il s'était trompé.
      L'Histoire est en marche, avec nous, et vous ne représentez plus que ce « néanderthalien du libéralisme » que vous évoquiez.
      Nous voulons un autre futur différent d'un monde basé sur la profitasyon. Ce que vous êtes bien incapable de concevoir. Comme vous, les néanderthaliens - excellent exemple -, et d'autres espèces, disparaissent. Aux poubelles de l'Histoire.
      D'ici peu, en Martinique et en Guadeloupe s'organisera un congrès des travailleurs qui fera des propositions.
      Et on en a déjà fait.
      A cette volonté de rupture avec le capitalisme,effectivement, vous et d'autres de vos collègues, n'avez rien à répondre.
      Bon dimanche.

    • ginkoland
      ginkoland answers to Jean Matouk
      Ginkonaute
      • Posté à 07h34 le 08/02/2009
      • Internaute
        Ginkonaute

      Moi j'ai une réponce plus « light » à votre post. Le commentaire d » affreuxjojo traduit très bien mon opinion sur votre article à moi aussi. Par contre on a l'impression que votre commentaire est un peu en contradiction avec votre article, non ? C'est déjà plus intéressant, meme si ça ne traduit pas ma pensée. Mais bon, c'est vrai, personne n'a la science infuse....

    • bling-bling
      bling-bling answers to Jean Matouk
      historien
      • Posté à 14h44 le 08/02/2009
      • Internaute
        historien

      Bonjour prof.
      Un indépendantiste estime à 400 milliards d'euros la facture de plusieurs siècles d'exploitation outrancière des békés avec la complicité des différents gouvernements, infligée au peuple de la Martinique. Quel est votre avis la dessus ?

      • jack-no
        jack-no answers to bling-bling
        • Posté à 17h47 le 09/02/2009
        • Internaute

        bonjour,

        400 milliards d'un côté, mais voyons l'autre côté de la balance.

        toutes les aides faites sur place, les emplois metropolitains rservés, notamment à la poste, etc.... représentent 750 milliards.

        un excedent en faveur de la metropole de 350 milliards, vous est fait cadeau avec notre bénédiction de bon vent de decolonisé.

    • parousnik
      parousnik answers to Jean Matouk
      • Posté à 17h24 le 08/02/2009
      • Internaute

      Tout d'abord les hommes n'ont pas « inventé » les échanges car avant même l'apparition de la vie sur la terre, dans les océans comme après aux temps des dinosaures il y a 200 000 millions et bien avant l'apparition même de l'ancêtre commun il y a plus de six millions d'années qui a aboutit a l'homo sapiens il y a quelques dizaines de milliers d'années les échanges entre espèces et ou entre individus de la même espèce existaient...c'est l'un des fondement de la survie… Vous n'avez certainement jamais été en Russie ou dan un des pays autres pays de l'union du temps du de l'URSS...pour affirmer une telle connerie... de plus ce n'est pas « le communisme “ qui est a remettre en cause mais la méthode de l'appliquer et surtout et a tous les niveaux les populations du haut au bas de la pyramide...sans compter toute l'énergie qu'a usé, en guerre l'occident…Corée Vietnam, Embargo Cuba, Assassinat d'Allende… 11 septembre, invasion de l'Afghanistan, puis invasion de l'Irak... incursions et bombardements au Pakistan… terrorismes et guerres de pillages et de colonisations sans compter en plus des manœuvres économique et financières et propagande médiatique qu'a usé l'occident ultra libérale pour déstabiliser ces tentatives communistes…eet que cela vous plaise ou non le communisme a de l'avenir car il n'y a qu'a observer les sociétés du vivant les plus anciennes du vivant pour se convaincre que le communisme adapté a l'humanité est possible il n'y a qu'a examiné ‘les fourmis’ colonisant la terre depuis plus de cent millions d'années... La crise actuelle est l'aboutissement inéluctable d'un capitalisme de coterie.. ou dix 10 % de la population s'accapare par tous les moyens y compris guerres, fraudes, spéculations, de 80% des richesses... Cette pratique utilisé depuis la nuit des temps sous diverses appellations n'ont conduit qu'a la ruine des Empires...petits et grands… Certes les échanges sont nécessaires mais les échanges de maîtres a esclaves sont nuisibles aux équilibres et c'est ce qui se passe aujourd'hui… La misère au 21éme siècle est encore plus importante qu'elle ne l'était au 20eme en France au Etats Unis en Angleterre etc… Les héritiers multi milliardaires qui plastronnent en haut de la pyramide de France se mettent eux même en péril en ne respectant pas les fourmis laborieuses qui forment le socle de cette pyramide… et ce ne sont pas les compagnies de la violence et de l'intimidation qui les protégeront encore très longtemps de la chute…car eux même sont méprisé par ceux qu'ils servent et protègent… Ils ont imposé Sarkozy par des années de propagande par la diffusion de faux résultats sur ses actions en tant que ministre de ci et de ça , aujourd'hui encore il faut qu'ils falsifient les chiffres en l'imposant sur plusieurs chaînes du lobotomiseur pour une émission contrôler par la servilité de journalistes issus d'écoles de formatage…( pourquoi n'est ce pas des journalistes de l'huma du canard ou de Siné hebdo qui l'interviewent ? ) ils falsifient les chiffres des sondages issu d'instituts appartenant tous a ceux qui a été désigné pour les servir en tant que Président…de la république bananière de France…et c'est ceux la même qui devraient investir l'argent provenant de bénéfices sur les produits toxiques qu'eux même ont édité… Plutôt que d'investir a perte dans les banques frauduleuses et autres instituts du même acabit c'est dans les peuples laborieux et créateursqu'ils faut investir…car les autres ne sont que des parasites quand ils ne sont pas carrément des truands….

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 09h04 le 08/02/2009
    • Internaute
      Précaire

    dES IDEES

    Monnaie, banque et finance...Approche proudhonnienne

    LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE mondiale née officiellement en août 2007
    (en fait, fin 2006) fait replonger dans les préconisations de Proudhon. Les positions de notre auteur sont éparses dans son œuvre. Cependant, on les trouve plus systématisées dans son ouvrage La solution du problème social, dans la troisième édition du Manuel du spéculateur à la Bourse et dans son projet de « Banque du Peuple ».
    Chez les libéraux, la monnaie n'est qu'un voile. Cela signifie qu'elle n'a qu'un rôle d'étalon de mesure de la valeur, de moyen de paiement et d'instrument de réserve de valeur. Proudhon observe que la détention de monnaie (le capital financier) est une réserve de puissance, bien au-delà
    de la thésaurisation et de la conservation du patrimoine. L'argent est aussi un stock de valeur affectable à différents usages, dont l'investissement. Mais c'est aussi un moyen de corruption des représentants politiques, de spéculation, d'enrichissement sans cause, de domination sur ceux qui en sont dépourvus. Mais la monnaie demeure le meilleur moyen de réalisation des échanges économiques, d'investissement et d'augmentation de la vitesse de circulation de la production.
    Chez Proudhon, la monnaie est avant tout une institution collective, une création sociétale ; elle sert à la circulation des biens et marchandises grâce à un équivalent général de mesure de la valeur fondé sur la confiance des acteurs socio-économiques. Cette confiance généralisée est sociale par
    construction, par définition une « force collective », une représentation commune. L'organisation même de la circulation monétaire est un processus social dont nul ne saurait avoir le monopole, ni l'État, ni les banques privées, pas même la Banque de France qui, à l'époque, était d'ailleurs privée. La monnaie, dont l'origine et le mode de circulation sont sociaux, doit donc être socialisée, mutualisée, fédérée, ce qui signifie que les conceptions financières de Proudhon sont indissociables de son fédéralisme politico-économique.
    Proudhon observe que la détention d'un stock de monnaie ou capital financier offre à ses propriétaires un privilège énorme, celui de la liquidité. Le « capitaliste » se trouve dans une relation de pouvoir asymétrique avec ceux qui n'ont pas d'argent et en ont besoin pour un achat ou un investissement. Il en profite pour fixer ses conditions à l'emprunteur qui n'a pas le choix. L'argent est donc non seulement une réserve de précaution mais encore et surtout un instrument inégalitaire de pouvoir, un moyen de puissance sans contrepartie, un vecteur d'asservissement. L'argent-capital en tant que propriété privée procure un pouvoir sur les autres alors que sa fonction est sociale et doit être mise au service de tous. Du coup, la justice est mise à mal ainsi que la liberté. Le financier, chez notre penseur social, est ainsi non séparable de sa conception d'un régime socio-politique fondé sur la liberté et la justice.
    Proudhon observe que, dans les sociétés modernes, ce n'est pas l'argent qui est le principal facteur du dynamisme économique, mais le crédit. Ce dernier permet d'avoir tout de suite ce dont on a besoin et qu'on ne peut pas payer d'un seul coup. Il permet d'acheter commodément des biens
    durables ou d'investir en étalant la dépense dans le temps par le biais de l'amortissement de l'emprunt. Le crédit accélère donc la circulation économique et l'échange, de même que l'investissement. Le crédit dans les sociétés capitalistes est rémunéré par le paiement d'un intérêt soi-disant présenté comme la contrepartie d'un risque pris par le banquier ou le prêteur. Le taux d'intérêt dépend certes de la demande et de l'offre de capitaux, mais il dépend aussi des rapports de force, des abandons consentis aux opérateurs privés par la puissance publique et des prédations
    bancaires (ou des organismes de crédit) qui, comme tout le monde maintenant, exigent 15 % de rémunération de leur argent. D'ailleurs, il suffit de constater les choses : les crédits à la consommation par carte de crédit en quelque sorte « revolving » (Cetelem, Cofidis, Sofinco, Cofinoga, etc.) atteignent des taux d'intérêt de 16 à plus de 20 % sans que les pouvoirs publics ne s'en émeuvent. L'intérêt est aussi justifié par les libéraux au nom de la préférence pour le présent, c'est-à-dire que consommer maintenant en empruntant reporte les choses dans le temps alors que la valeur actuelle du prêt est plus grande que dans le futur, sans même parler de la dévaluation de la monnaie. Sans doute, mais le temps compte pour tout le monde et il n'y a pas de raison pour que seuls les capitalistes financiers exploitent la préférence pour le présent.
    Par ailleurs, cette préférence reste à démontrer puisque très souvent les investissements montrent au contraire une préférence pour le futur, soit parce que l'on espère une rentabilité supérieure, soit parce que l'on veut laisser une trace dans l'histoire, par exemple avec un beau monument, soit
    pour épater la galerie par une dépense ostentatoire.
    Contre ce système capitaliste fondé sur la rentabilité des capitaux prêtés, Proudhon se révulse. Il observe déjà que ce n'est pas le banquier qui prend les risques réels. En fait, le banquier les « mutualise », les défaillances étant couvertes par tous les autres emprunteurs, à la différence près que cette mutualisation n'est qu'un foisonnement assurantiel des pertes, qu'un calcul financier d'intérêts à base de probabilités et de statistiques, très loin de tout projet moral de solidarité et de réciprocité, de tout projet politique d'équilibration des rapports de pouvoir.
    Par ailleurs, le banquier prend d'immenses précautions : gages, hypothèques, nantissements, réception des revenus de l'emprunteur. Où est le risque ? Il est, en fait, chez l'emprunteur qui peut, pour des raisons diverses, se trouver dans l'impossibilité de rembourser. Dès lors, l'intérêt n'est pas la rémunération d'un risque mais un prélèvement indu sur la production future de l'emprunteur. Dès lors, la prise de risque n'est pas un acte individuel du banquier, mais un processus social et
    assurantiel de couverture mutuelle. Enfin, ce n'est pas le banquier qui fait confiance à l'emprunteur ; c'est ce dernier qui croit malencontreusement que son banquier prend à cœur son intérêt. Pour ces
    raisons, Proudhon pense que le crédit doit être socialisé et « gratuit », c'est-à-dire que le taux d'intérêt disparaît au profit, si j'ose dire, d'agios limités aux frais de gestion.
    Ce n'est pas tout. Notre auteur analyse le mécanisme du crédit. C'est un mutiplicateur économique qui accélère la circulation et les échanges. Prenons un exemple. J'ai reçu 10 000 euros (ce qui ne fait que déplacer l'argent), je les mets en dépôt chez un banquier, lequel, par ailleurs,
    grâce à la bienveillance des gouvernants au service du capital, ne me verse aucun intérêt. Ledit banquier va pouvoir prêter disons 90 % de ce dépôt (les 10 % manquants sont dus au fait que les banques sont tenues à disposer de « réserves obligatoires » pour faire face aux remboursements de dépôts). Notre dépôt initial de 10 000 euros, en monnaie réelle et certifiée par l'État, ayant donné lieu à un prêt de 9 000 peuvent générer aussi 90 %, soit 8 100 de nouveau prêt à un troisième larron. Et ainsi de suite, ce qui fait qu'une même somme déposée en argent réel produit un volume de crédit imaginé très supérieur à son montant initial. Proudhon, évidemment, ne voit pas de raisons à ce que ce processus multiplicateur, dont l'origine est sociale, soit privatisé par des banques ou confisqué par l'État. La chose est d'importance puisque, aujourd'hui, 80 % de la masse monétaire en
    circulation provient de la monnaie de crédit ou monnaie scripturale ; la monnaie gagée sur du réel n'est donc plus qu'à 20 % au maximum. Si l'on tient compte des sommes en circulation avec la masse monétaire internationale de crédits (hypothèques et prêts en tout genre, dont LBO, titrisés, promesses de vente ou d'achat à terme, produits dérivés, etc.), on arrive à la somme fabuleuse de 40 fois le PIB mondial de 50 000 milliards de dollars. Il est clair que cette masse de crédits ne repose sur rien de tangible car la monnaie n'est plus assise sur quoique ce soit de réel et physique depuis 1973, date de l'abandon par les USA de l'étalon de réserve-or et début des monnaies dites flottantes. Par ailleurs, les gouvernements se sont échinés, socialistes en tête, à supprimer toutes les règles pouvant contraindre la finance mondialisée, créant ainsi le risque systémique dû au tout financier conjugué avec la libre circulation financière sur le globe tout entier et avec la rapacité des des fonds de pension capitalisés en titres boursiers. Avec le résultat que l'on constate : quand un fil de l'écheveau a été tiré, toute la pelote se défait.
    C'est la raison pour laquelle Proudhon se proposait, en enlevant la finance aux banquiers et aux assureurs, « de faire mourir la propriété à petits feux ». Aux yeux de notre financier libertaire, s'il y avait un seul secteur économique à socialiser, mutualiser et fédérer, ce serait naturellement la finance. Cependant, la réorganisation solidariste de la finance chez Proudhon ne saurait être séparée de la mise en place d'un ensemble de contre-structures régulatrices et coordinatrices de l'activité
    économique. Ainsi, dans l'ordre socio-économique, notre auteur préconise des contre-structures opposées au laisser-faire libéral : lois qui « font la police et laissent faire la boutique », docks, moyens de stockage, magasins généraux, expositions générales et foires autogérées, statistiques
    et mercuriales comparatives, comptabilité publique et privée, coopératives, assurances mutuelles, loyers ou fermages comme leasing (les payer fait que le locataire devient propriétaire au bout d'un certain nombre d'annuités), banque du peuple assurant le crédit et créant une monnaie fondée sur les biens matériels et leurs encours, éducation populaire, formation permanente, associations culturelles, autonomies locales, etc.
    Proudhon voulait socialiser et mutualiser la finance à la fois sur la base de l'intérêt mutuel et sur les valeurs de solidarité et de coopération en créant la Banque du peuple assurant le crédit gratuit et développant une monnaie de circulation, d'échange et de crédit assise sur des gages réels et sur la mise en réseau coopératif des acteurs sociétaux. La solution était simple : apports de personnes devenant ainsi coopérateurs sous forme de souscription de certificats de dépôt ou sous forme de titres représentant des matières et des produits, échanges financiers sous forme de lettres de change transmissibles au sein du réseau de producteurs, commerçants, consommateurs et payables à échéance par la banque au dernier détenteur en monnaie légale. Entre-temps, les lettres de change peuvent être rédigées en monnaie parallèle, sans cours légal ou forcé (appelons-la le proudhon) avec les effets multiplicateurs de crédit décrits plus haut dus à leur circulation et au possibilités d'escomptes ente échangistes. C'est pourquoi, en bout de course, avec cette circulation accélérée de la monnaie de crédit, il n'y a plus qu'à convertir le solde en monnaie légale, solde très inférieur au montant ayant circulé.
    Proudhon analyse que la monnaie, en régime capitaliste de son époque, est, en dernière instance, fondée sur une garantie réelle, à savoir le stock physique d'or (ou aussi l'argent, à une époque donnée) de la banque centrale (étalon or). L'or a été pris comme étalon pour des raisons de
    commodité : il est imputrescible, durable, stockable, transportable, divisible en pièces circulant facilement. Notre penseur et homme d'action estime que le gage physique de la monnaie circulante peut être une matière autre que le métal précieux. Proudhon a une idée géniale : ce sont les
    marchandises, les produits finis ou semi-finis, les matières premières qui peuvent constituer une grosse part des fonds de garantie de la Banque du Peuple par rapport à la monnaie qu'elle émet et aux prêts qu'elle consent. Par cette monnaie gagée sur la production et ses intrants, ce sont les
    producteurs et les consommateurs, les prêteurs et les emprunteurs qui se garantissent mutuellement. De plus, la Banque du Peuple, est une sorte de coopérative socialisée et mutualisée cogérée en mains communes entre toutes les parties prenantes, bien au-delà d'un groupe de tecnnocrates ou de
    banquiers. Le conseil de surveillance de la Banque du Peuple, composé d'une représentation directe des intéressés, doit faire le maximum pour conserver sa monnaie en étalon et en réserve de valeurs dignes de confiance. Il dépend d'un réseau socialisé de producteurs, de commerçants, d'acheteurs et
    d'emprunteurs organisés en coopérative de crédit. Par ailleurs, les garanties physiques de la banque ont encore pour énorme avantage de stabiliser les cours et les prix, puisque les valeurs stockées peuvent être réalisées au moment le plus favorable et en fonction de la demande que ladite banque permet de réguler dans le temps. On peut aller, comme l'a proposé le courant abondanciste (journal La grande relève), jusqu'à payer les salariés avec des bons de circulation directement gagés sur leur
    production, ce qui permettrait d'empêcher tout écart entre la demande et la production puisque la première serait mécaniquement calibrée sur la seconde.
    Il est clair que la proposition de Proudhon fut raillée par les capitalistes et les gouvernants qui firent toujours tout ce qu'ils purent pour empêcher sa réalisation. Marx, qui n'a rien compris au crédit, misant tout sur le capital productif des sociétés par action, s'en moqua aussi. Et, plus surprenant, les syndicats s'en désintéressèrent. Les syndicats veulent du pouvoir d'achat tout en ignorant le mode même d'extraction de la plus-value dans le capitalisme financier moderne et son caractère pervers. Espérons que la crise leur donnera enfin à réfléchir, comme aussi aux
    soi-disant partis de gauche, même le NPA.
    Les bonnes idées ne meurent pas et celles de Proudhon furent appréciées par Silvio Gesell et lord Keynes. Les « Sels » (système d'échange local) actuels sont proches des conceptions de Proudhon en matière d'échange et de financement mutuel et solidaire. L'idée demeure valide et plus que
    nécessaire aujourd'hui. Notamment, le tiers secteur social a bien besoin de financement pour se développer.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 10h52 le 08/02/2009
    • Internaute
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Bonjour Jean,

    Quand vous affirmez :

    -« Martinique et Guadeloupe ont besoin d'investissements privés »

    Cela sous-entend : défiscalisés (ou tout comme ) , non ?

    Mais il me semble qu'au temps du Chirarquisme pur jus de canne, une loi ( la loi Pons ) favorisait les investissements dans les Dom et les Tom...

    Où sont les fruits ( autres que les bananes...) de ce bouclier fiscal éxotique ?

    Les Antilles françaises sont-elles un paradis fiscal oui ou non ?

    Cette loi Pons a-elle favorisé d'autres secteurs économiques que le blanchiment sous les tropique d'argent de quelques nantis bien avisés ?

    Dites nous, Jean...

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 10h44 le 10/02/2009
    • Internaute
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Bonjour Jean,

    Vous nous laissez sur notre faim, et ne répondez pas aux messages de vos lecteurs, c'est pas très poli ça...

    Vous êtes reparti dans le même avion que Jégo ?

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