Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Désolé collègues, j'approuve la réforme des universités

Jean Matouk
Economiste
Publié le 12/02/2009 à 12h18

Je n’approuve pas beaucoup de « réformes » de l’actuel gouvernement. J’ai condamné sa politique économique de 2007, qui nous prive aujourd’hui de moyens bien utiles, je condamne sa vision individualiste de la société, le « laisser plus aux riches pour qu’ils investissent ». Mais, au risque de déplaire à nombre de concitoyens dont je suis proche, je dois dire que je ne partage pas l’hostilité de mes anciens collègues pour la réforme des universités.

L’analyse qui suit est celle d’un économiste ; elle est sans doute moins pertinente pour les sciences de la nature et de la matière.

Le préalable budgétaire

Il y avait un préalable. Le budget ! Nous dépensions, par étudiant, 8600€ par an (OCDE 2005), alors que la Finlande en dépense 9300, l’Allemagne et l’Autriche 9500, le Japon 10000, les Pays-Bas 10400, le Danemark 10700, la Suède 12000, la Suisse et les Etats-Unis 19000.

Nos universitaires sont, en moyenne, beaucoup moins bien payés que leurs collègues étrangers. Avoir un bureau personnel est un privilège. Participer à des colloques exige souvent des acrobaties comptables, ou le recours à sa bourse personnelle.

Sur ces plans, l’effort fait n’est certainement pas encore suffisant, mais il est réel. La promesse de l’augmenter de un milliard d’euro par an n’est pas négligeable. D’ailleurs, la revendication financière est moins mise en avant par les opposants à la réforme. C’est le décret statutaire qui est en cause, avec enrôlement des étudiants, et c’est là que pointe mon désaccord.

Recrutement « incestueux » et cours inutiles

En trente-cinq ans, j’ai vu la majorité de nos universités s’enfoncer, et les contacts que j’ai eus avec les collègues de lettres et sciences humaines m’ont prouvé qu’il en allait de même chez eux.

Pendant trente-cinq ans, j’ai vu des recrutements d’enseignants obéir plus au principe de l’inceste intra-universitaire, quelquefois tout simplement familial, qu’au principe de compétence. Pendant la même durée, j’ai vu se poursuivre des enseignements optionnels pour la seule satisfaction de ceux qui les professaient, sans aucun souci de l’utilité pour les étudiants.

J’en ai vu se poursuivre, alors que le public se limitait à deux ou trois étudiants, alléchés par des notations laxistes destinées à éviter le vide total. Les programmes étaient reproduits d’année en année, pour la seule satisfaction des collègues, et sans aucun souci de leur utilité pour les étudiants.

Certaines facultés, bien entendu, sont restées hors de ce lot de médiocrité : Panthéon-Assas, Dauphine, Toulouse, Strasbourg, Lyon… à cause de quelques personnalités hors du commun.

Une autorité universitaire

Pour mettre un terme à ces travers, il faut, effectivement, dans chaque université, une autorité dégagée des connivences confraternelles, des « je te tiens, tu me tiens », capable de décider de l’organisation des enseignements la plus utile pour les étudiants, d’en changer quand besoin est, et de mettre un terme à un enseignement quand il ne correspond plus aux besoins.

Cette autorité doit aussi avoir un certain pouvoir sur l’orientation des recherches, en partage avec l’Etat et les entreprises quand elles financent. Que produit, en effet, une université ? Des savoirs nouveaux et des « sachants » auxquels ont été transmis les savoirs connus. Ces « sachants » iront, pour partie, dans la société, organiser la production ou l’administration, et pour partie resteront dans l’université pour poursuivre son œuvre.

Cette production spécifique de l’université, essentielle à la société, et qui, comme les autres, plus que les autres sans doute, puisqu’elle n’est pas régulée par le marché, doit être, elle aussi, organisée et ne peut être laissée à la seule discrétion de chaque « producteur » de savoir dans son coin.

Cette autorité doit donc pouvoir d’elle-même, ou par suite d’un contrat avec une entreprise, par exemple en France dans le cadre des pôles de compétitivité, bâtir une stratégie de recherche, et y affecter un ou plusieurs enseignants, éventuellement dégagés d’une partie de leur charge d’enseignement.

Il faut admettre que l’Etat , c’est-à-dire le contribuable, ne peut pas payer et laisser entière liberté à tous les universitaires de chercher dans le domaine qui convient le mieux à chacun. Loin de moi l’idée de réfuter le caractère essentiel de la recherche fondamentale dans les sciences « dures » ; mais celle-ci ne peut être orientée exclusivement en fonction de la curiosité humaine, si productive qu’elle soit. Même si cette liberté peut être accordée, comme dans tous les pays développés, à certains chercheurs d’excellence.

Cette autorité nécessaire dans toute université doit-elle « noter » les enseignants, notamment à partir du « facteur H » élaboré par le physicien Jorge Hirsch, que mentionne la philosophe Barbara Cassin dans son interview récente sur Rue89, et qui est fondé sur le nombre d’articles publiés et de citations de chacun.

Je partage son avis sur ce point. Ce mode d’évaluation est discutable, même s’il est largement utilisé aux Etats-Unis, pays dont les performances scientifiques ne sont pas nulles ! Mais s’agit-il vraiment d’évaluer ? Ou s’agit-il, pour chaque université, de s’efforcer de s’adjoindre les meilleurs enseignants dans les disciplines ou elle souhaite se spécialiser ?

Dans ce cas, il se peut, effectivement, qu’elle soit amenée à offrir à ceux-ci des salaires plus élevé que ceux des collègues en place. Est-ce scandaleux ? Rien n’empêche ces collègues, de « postuler » ailleurs, à partir de leurs travaux, et d’y obtenir le salaire plus élevé qu’ils souhaitent.

Un partage de temps variable entre enseignement et recherche

La combinaison statutaire des fonctions d’enseignants et de chercheurs a été un progrès, après 1968. La recherche nourrit l’enseignement. On pouvait d’ailleurs espérer que cette obligation d’enseigner et de chercher écarterait définitivement ceux qui rabâchaient des années durant le même cours.

Elle ne les a, hélas, pas fait totalement disparaître ! Mais le même universitaire peut souhaiter, à certains moments de sa vie, plus enseigner que chercher, et à d’autres moments, le contraire.

S’agripper aux 136 heures « magistrales » ou aux 192 heures de TD, pour tous, tout le temps, est inepte. Incidemment, par contre, il faut dénoncer le discours péjoratif sur les six ou huit heures de cours hebdomadaires des universitaires. Six heures d’un cours régulièrement actualisé et enrichi, valent largement un plein temps.

Il est, en tous cas, légitime que s’établisse entre l’autorité universitaire et chaque enseignant, un dialogue permanent sur le partage –variable- de son temps, entre recherche et enseignement. Et même, pour certaines spécialités, entre recherche, enseignement et immersion dans le secteur productif, dont il tirerait le plus grand profit, et pour ses recherches, et pour ses enseignements.

En d’autres termes, la loi Pecresse, qui, par précaution, a laissé de côté, à tort, la sélection à l’entrée des universités -la moitié des étudiants français dans la filière lettres-droit et sciences humaines, c’est évidemment beaucoup trop et nous manquons d’étudiants en sciences de la matière et de la nature- peut sans doute être améliorée sur certains points, mais son objectif, et l’essentiel de son contenu, restent pertinents.

D’autant, aussi, qu’elle a pour ambition de remettre les universités au centre de l’activité de recherche, où elles auraient toujours dû rester, comme à l’étranger.

Je n’ai pas la religion du classement de Shanghai et des autres qui ont été construits pour privilégier les universités américaines, mais le déclin de notre université est quand même patent. Les prix Nobel qu’elle parvient encore à « produire » sont le fait d’hommes exceptionnels qui ont travaillé dans un environnement bien peu favorable, voire hostile.

Il serait bien regrettable, comme le soulignait Axel Kahn hier, que par suite d’un engagement maladroit de cette réforme, aggravé par l’intervention plus maladroite encore de Nicolas Sarkozy sur ce thème, on recule une nouvelle fois devant l’indispensable réforme du fonctionnement de ces lieux de production de savoirs, évidemment essentiels dans une économie mondialisée de la connaissance.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
« On classe les chercheurs comme Google classe les sites »
Les articles de Rue89 sur la mobilisation des les universités

Ailleurs sur le Web
Axel Kahn, le président de Paris-V, lâche Sarkozy et Pécresse, sur le blog Sciences2
Classement de Shangai 2008 : tous les résultats par pays, sur Studyrama
L’Ecole des Mines dégaine son classement anti-Shanghai, sur L’Expansion

  • 22387 visites
  • 144 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Servais-Jean
    • Posté à 17h49 le 12/02/2009
    • Internaute 4591
      43

    Intrigué par le « score » de Jean Matouk qui ne nous avait pas habitué à de tels résultats je me suis lancé dans la lecture approfondie de son article et j’avoue n’y avoir rien trouvé de choquant.
    Il décrit ce qui se passe dans l’université et tente de répondre aux nombreuses dérives qu’il constate.
    En approuvant une réforme il ne soutient aucunement celle qui est proposée par le gouvernement qui placerait le président de l’université en position de big-boss qui deciderait de tout.
    Le seul argument contre cet article que l’on puisse avancer c’est celui de l’angélisme de son auteur mais n’est-il pas en droit de nous proposer « son » idéal ?

  • bromius
    • Posté à 22h14 le 12/02/2009
    • Internaute 19043

    Hé, les riverains ! Du calme ! Beaucoup de mauvaise foi, des attaques ad hominem, etc. Quelle ambiance ! Jean Matouk vient donner son avis de citoyen, à partir d’une expérience qui n’est pas plus omnisciente que ne l’est celle de chacun d’entre nous. J’apprécie d’entendre un effort d’analyse ne venant pas forcément du milieu universitaire d’où je proviens (Lettres et Sciences Humaines).

    Certes, j’aurais moi aussi tendance à penser que la réforme gouvernementale n’est pas animée des meilleures intentions du monde. Mais, puisqu’on parle réforme, il n’est pas interdit de se demander ce que pourrait être une réforme souhaitable, et de lister ce qui ne va pas (et pas seulement en terme de moyens, mais en terme de pratiques : sélection, recrutement, évaluation, etc.).

    Sachons reconnaître que nous avons vécu, depuis la Seconde Guerre mondiale, une séquence historique exceptionnelle : aucune société n’a consacré autant de revenu à rémunérer les métiers de la connaissance. Les « clercs » du savoir de Julien Benda l’ont effectivement emporté sur les ecclésiastiques de jadis. On doit s’en réjouir, mais il ne faut pas s’étonner de voir évoluer un jour ou l’autre ce paradigme. Dans quelle direction ? Pour quel projet de société ? C’est tout l’enjeu du débat. Sachons au moins accueillir poliment ceux qui viennent ici l’alimenter !

  • Jean-no
    Jean-no
    très occupé
    • Posté à 23h41 le 12/02/2009
    • Internaute 48490
      très occupé

    Je respecte votre avis (que je ne partage pas) et je salue le fait de ne pas avoir peur de l’exprimer dans une certaine solitude car peu d’universitaires vous suivront sur ce terrain.
    La question qui est posée est de savoir à quoi sert l’université. Pour l’homme de la rue, elle sert éventuellement à donner du boulot aux jeunes gens. Pour notre président, apparemment, l’université est une bouche inutile que l’état doit nourrir. Quoi que l’on pense des propositions de Valérie Pécresse, la vision de l’université exprimée par le président peut difficilement être considérée autrement que comme méprisante et les lois qu’il impose, surtout par décret, puisqu’elles sont portées par cette vision, pourraient difficilement être autre chose que nuisibles.

    L’université a fait sortir l’Europe des heures sombres du moyen-âge avec des gens comme Abélard, Grosseteste, Albert le grand, etc. L’université a créé des pôles intellectuels de premier plan : Bologne, Paris, Oxford, Salamanca, Prague...
    On n’y dispensait pas de cours d’économie, on s’y intéressait à la formation et à l’expression des idées, à la logique, aux mathématiques, à la biologie, à la botanique. On s’y est attaché à comprendre le monde et à se poser quelques questions existentielles.
    Pour certains, ces questions sont réglées si l’on peut conduire une porsche et porter une rolex au poignet. Ils ont sans doute raison, mais qu’ils laissent vivre ceux qui pensent un peu différemment et qu’on arrête de croire que la fac sert à transformer ceux qui y passent en bons petits boulons pour l’industrie et les services. Leave la fac alone ! Est-ce qu’on râle quand un stade est construit ? Dépenser des millions d’euros pour regarder vingt-deux personnes se battre pour donner des coups de pieds dans un morceau de vache morte, c’est normal ? Dépenser l’argent du contribuable pour créer des routes sur lesquelles vont rouler des véhicules bruyants et émetteurs de micro-particules cancérogènes, c’est logique ?
    Tout est question de choix de société.

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 12h10 le 13/02/2009
    • Internaute 38451
      pigiste

    Dommage que les commentaires soient essentiellement un duel entre factions rivales qui n’enrichissent pas le débat. La position de M. Matouk est certes dérangeante mais intéressante et certainement pertinente (tous ces « ente » me fatiguent).

    Il y a certainement une bonne chose à retenir dans l’autonomie des universités, c’est la proximité : un président d’université (compétent, de préférence) est certainement mieux placé pour gérer ses besoins en heures de cours ou recherche fondamentale que Paris. Une université gérée de près tendrait à améliorer son image, ses performances et recruterait ses enseignants comme ses étudiants dans l’idée de faire avancer l’enseignement ET la recherche.

    Aujourd’hui, nos enseignants sont relativement mal payés, peu reconnus et leurs étudiants échouent en grande majorité avant d’avoir bouclé un premier cycle. Il y a forcément mieux à faire...

  • meli
    meli
    rêveuse
    • Posté à 14h11 le 13/02/2009
    • Internaute 58071
      rêveuse

    personnellement,
    je rigole devant ces commentaires qui parlent de ces privilégiés d’enseignants-chercheurs...
    ça me rappelle les commentaires sur ces salauds de fonctionnaires de la SNCF, de ces trains toujours en retard, etc.

    Dès fois, je me dis, les gens n’ont que ce qu’ils méritent.
    Ils sont beaucoup plus occupés à se taper entre eux, plutot que de voir qui sont les réels profiteurs.

    On verra dans 10 ans, lorsque vos enfants n’auront plus accès à l’Université, car les études supérieures seront devenues bien trop cher On verra dans 10 ans quand des filières entières auront été tuées sous prétexte économique...Car l’économie est tout. Le savoir, l’éducation, ce n’est rien sauf si ça permet de faire de bons petits esclaves....

    On verra quand les trains tomberont encore plus en panne, qu’il y aura des accidents, que les lignes se dégradent encore plus, car privatisation oblige, l’entretien ne sera plus assuré (ou alors ce sera l’Etat qui paiera, mais les bénéfices iront au privé).

    Bonne chance à tout le monde.
    Bon courage dans ce monde de merde.
    Je comprends pourquoi cette élite de l’argent arrive à rester au pouvoir.

  • possible
    possible
    etre humain
    • Posté à 14h36 le 13/02/2009
    • Internaute 67615
      etre humain

    merci Jean Matouk, ca fait du bien ! ! !
    Soulage de savoir qu’il existe des personnes comme vous en France.
    une grande note d’espoir.

  • Canadien_volant
    Canadien_volant
    Waterloo... Morne plaine
    • Posté à 15h11 le 13/02/2009
    • Internaute 39993
      Waterloo... Morne plaine

    Merci pour cette contribution qui éclaire d’un autre regard les problèmes actuels. On mélange souvent les impératifs de recherche et d’enseignement, même s’il est nécessaire qu’ils aillent de concert à l’Université : un enseignant universitaire doit nourrir son enseignement de ses recherches ou d’autres recherches actuelles, non seulement d’un savoir ancien non renouvelé.
    Ceci étant dit, on constate encore les erreurs des méthodes à la hussarde, là où des propositions avaient été faites (Assises de la Recherche entre autres) qui auraient pu enrichir le dialogue avec la Ministre.
    Le système actuel voit le démantèlement des organismes nationaux (le CNRS n’est plus qu’une coquille vide après qu’on lui ait retiré la définition des politiques scientifiques (ANR), les moyens financiers (encore l’ANR), l’évaluation (l’AERES), la gestion des laboratoires (Universités) et bientôt la gestion de ses personnels (une Agence de moyens n’a pas de personnel pour faire le travail de recherche). Quant à l’INSERM, sa situation est similaire.
    Cependant, on devrait se rappeler cette lettre ouverte -parue dans le Monde- des Présidents d’Université, il y a quelques années. Ils expliquaient que 70% de la Recherche se faisait dans ces mêmes Universités, ce qui réduisait de facto l’influence du CNRS.
    Ces Présidents ont été entendus puisque nous sommes aujourd’hui dans une situation où les organismes nationaux qui pouvaient définir une politique à l’aulne des enjeux internationaux, sont dépouillés de leurs moyens d’actions alors que les Universités se sont trouvées investies de pouvoirs qu’elles ne peuvent mettre en action, compte tenu de leur fonctionnement, avec en particulier une tradition (pas générale mais étendue) de recrutement endogamique qui n’a pas contribué à l’élévation générale du niveau d’excellence.
    Quant à l’enseignement, on pointe trop souvent les individus qui tirent profit du système (nous en connaissons tous) en oubliant le dévouement de tant d’enseignants chercheurs se consacrant à un enseignement de qualité malgré la pénurie des moyens. Que tout critique du système aille faire un tour sur un campus universitaire (n’importe lequel) pour voir l’état de décrépitude des locaux...
    L’université a accepté un doublement de sa population avec des crédits qui n’ont pas augmenté en proportion. Et nous connaissons tous ces enseignants chercheurs qui combinent un enseignement de qualité et une recherche de niveau international : ceci ne se fait pas en travaillant 35 heures par semaine.
    Ceci étant dit, il faudra bien changer le fonctionnement d’une manière ou d’une autre. L’autonomie des Universités est plutôt une bonne chose : elle confère une liberté d’action que les personnels devraient saisir. Elle n’autorise cependant pas l’Etat à se décharger de ses responsabilités en termes de moyens. L’Etat a voulu montrer ses muscles en décrétant plutôt que de convaincre : il en paie le prix aujourd’hui. Pendant ce temps, les autres pays n’attendent pas pour effectuer les avancées scientifiques et technologiques qui seront les sources de richesse de demain.
    Cordialement

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.