Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Martinique : le changement de statut ne changerait rien

Jean Matouk
Economiste
Publié le 08/01/2010 à 11h04

Pour répondre aux attentes des Antillais, exprimées violemment durant les grèves de janvier-février 2009, Nicolas Sarkozy, après les Etats généraux des DOM, est venu avec un paquet cadeau économique et institutionnel.

D’une part, une batterie de mesures économiques en faveur de l’agriculture, des énergies, du tourisme et de l’hôtellerie qui, toutes, aboutissent à faire payer un peu plus l’Etat français. D’autre part, la proposition faite aux Antillais de voter sur le passage du statut de département d’Outre-mer à celui de collectivité d’Outre-mer avec une seule assemblée délibérative et une autonomie plus grande.

Le statut de COM ? Une simple diversion

Seuls les Martiniquais vont se prononcer dimanche. Les élus guadeloupéens ont eux demandé 18 mois pour « préparer les esprits ». Les Martiniquais approuveront-ils le passage au statut de COM ? Franchement, je ne crois pas qu’ils y aient réellement intérêt. Cette mesure apparaît comme une diversion face aux vrais problèmes économiques et à un problème culturel spécifique.

L’épargne d’origine béké, issue de l’exploitation de la banane et de la canne, du commerce d’importation ou, depuis une trentaine d’années, de la grande distribution et des concessions automobiles, ne s’est guère aventurée ailleurs.

La petite épargne d’origine afro-antillaise, issue des revenus salariaux, ne s’est pas investie directement dans l’économie antillaise, à l’exception de l’artisanat et du petit commerce, et les banques locales n’ont pas recyclé cette épargne dans la construction d’un tissu industriel et de service.

Comment un simple changement institutionnel peut-il pallier cette carence d’investissements privés ? Seulement si la loi organique autorisait la COM à de vastes investissements publics et à des « collectivisations ». Encore faudrait-il que la collectivité d’Outre-mer en ait les moyens financiers. Ce qui la renverrait un peu plus vers l’Etat français ou la contraindrait à une levée massive d’impôts.

D’autres solutions sont possibles

Si l’on veut vraiment inciter les épargnes antillaises à prendre le risque d’entreprise, il faut créer des véhicules financiers spécifiques très incitatifs et à risque faible. Les fonds collectés localement sur ceux-ci seraient destinés à l’investissement en fonds propres ou à long terme dans des entreprises industrielles et de service.

Ces véhicules financiers pourraient bénéficier d’une forte bonification de l’Etat et de sa garantie, mais toutes deux déclinantes au fur et à mesure que les nouvelles entreprises créées se consolideraient. Ces aides de l’Etat seraient pour ce dernier préférables aux subventions directes et aux dépenses fiscales des lois Pons-Girardin, qui ont davantage servi les riches épargnants que l’économie antillaise.

Il faudrait aussi générer, parmi les Antillais en formation ou ceux cadres de la fonction publique en Métropole et aux Antilles, des candidats sérieux à la création et la gestion d’entreprises. De telles orientations, qui pourraient parfaitement être prises dans le cadre institutionnel actuel, seraient certainement plus prometteuses que le changement de statut.

Blocage culturel

Il y a un deuxième frein, culturel celui-là, à la prise de risque d’entreprise aux Antilles. Etant de culture française, Martiniquais et Guadeloupéens sont, comme leurs compatriotes métropolitains, peu enclins à prendre ce risque.

Mais en Martinique, et plus encore en Guadeloupe, cette aversion au risque d’entreprise est augmentée par la difficulté particulière de gestion que créent des relations sociales très antagoniques. C’est aussi une caractéristique française, mais elle est aux Antilles fortement renforcée par l’implicite permanent de l’ancien esclavage.

Ce « blocage » culturel spécifique dans les relations sociales peut-il être réduit par le passage au statut de COM ? On veut bien le croire. Mais pourquoi les deux présidents des collectivités territoriales actuelles n’y sont-ils pas déjà parvenus ? L’un ou l’autre ferait-il mieux à la tête du nouvel exécutif ? On ne les a pas remarqués, un certain soir de février dernier, quand il s’est agi d’éviter le pire...

La COM et la Polynésie

Ancien territoire d’Outre-mer devenu COM par une loi organique de 2004, la Polynésie est un contre-exemple. Le nouveau statut n’a rien apporté aux citoyens. Leurs dirigeants politiques locaux n’ont donné aucun élan aux territoires.

Les fonds d’Etat ont souvent été détournés de leur objectif initial, au point qu’aux Marquises, par exemple, nombre de maires préfèreraient la départementalisation et que, dans l’océan Indien, Mayotte l’a choisie. Sans doute les présidents des conseils régionaux de Martinique, Guadeloupe et Guyane peuvent-ils voir cette perspective avec faveur. Mais elle n’aura aucun effet économique.

Ajoutons qu’un vote positif des Antillais ne manquerait pas de faire poindre dans l’esprit des Métropolitains une question logique : pourquoi allons nous continuer à allouer tant de dépenses publiques aux DOM, si ceux-ci souhaitent s’éloigner de nous ? La comparaison, aujourd’hui juste, avec certaines régions et département français très subventionnés deviendrait désormais sans fondement. La Creuse ne revendique pas l’autonomie !

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  • Désinscrit le 15-7
    • Posté à 11h19 le 08/01/2010
    • Internaute 992
      nc

    La comparaison, aujourd’hui juste, avec certaines régions et département français très subventionnés deviendrait désormais sans fondement. La Creuse ne revendique pas l’autonomie !

    J’aime bien l’article et les quelques points qu’il developpe...et la chute est tres remarquable ; car certains semblent avoir ces etranges « capiots » sur le cerveau qui troublent leurs jugements quand ce genre de questions se posent dans la France metropolitaine...

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 11h47 le 08/01/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « La petite épargne d’origine afro-antillaise, issue des revenus salariaux, ne s’est pas investie directement dans l’économie antillaise, à l’exception de l’artisanat et du petit commerce, et les banques locales n’ont pas recyclé cette épargne dans la construction d’un tissu industriel et de service. »

    - Quelle petite épargne ?

    Les Antillais qui travaillent (et ceux qui ne travaillent pas aussi) sont tous endettés jusqu’à plus soif : N’importe qui vous le dira !
    - La plupart des véhicules en circulation sont des véhicules Sofinco, Cetelem, ou Somafi...(le principal acteur du crédit à la consommation).
    ° Les saisies sont légion, et tout le monde marche sur des oeufs !

    PS : Les Martiniquais ne sont pas totalement cinglés.
    Rares sont ceux qui voteront OUI a une modification de statut, d’autant que la nature du changement proposé est loin d’être très claire pour tous et n’a vraiment pas été expliqué comme il faut aux populations concernées...
    ...à dessein ? ...très probablement !

    ° Après cela, Domota veut « remettre le couvert » en Guadeloupe, alors que les grèves de l’an passé ont fait perdre plus de 20 000 emplois dans ces départements.

    Une chose est sure :
    Dans le doute, les gens sérieux n’ont pas intérêt à jouer l’abstention...
    ...car les indépendantistes, eux, iront massivement aux urnes !

  • Anonyme

    Je me suis forgé une opinion sur la question lors de nos vacances en Martinique en 2004, un enfer !

    Depuis, je suis pour l’indépendance et pour Papa Doc et les tontons macoutes au pouvoir !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 13h48 le 08/01/2010
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Forcément, si vous êtes arrivé là bas pendant un conflit social, il est évident que les prestations que vous étiez en droit d’attendre n’auront pas été au rendez vous, et c’est fort navrant ! - (aucun vacancier n’aime voir gacher ses vacances)

      - Sachez toutefois qu’il en va de même partout, et par exemple lorsqu’un roosbeef débarque à Paris pendant les grèves de trains ou de métro.
      ° En temps normal, les Antilles fr. sont charmantes à visiter...
      ...et les antillais sont toujours d’un naturel sympathique et accueillant !

      * Pas de chance donc pour vous, et pas de chance non plus pour l’activité touristique des iles, qui, il faut bien le dire...en a pris une sacrée claque !

    • lilissweet
      lilissweet
      un peu de tout
      • Posté à 17h09 le 08/01/2010
      • Internaute 101040
        un peu de tout

      Cyril , je suis extrêmement choquée de ce que vous souhaitez à la Martinique tout ca parce que vous avez mal vécu vos petites vacances à 1500 €. Vu la rudesse de vos propos vous avez vraiment du passer un enfer sous les tropiques , je suppose qu’elles étaient du même accabi que celle des deux jeunes françaises qui ont été emprisonnées à Saint-Domingue dans des conditions exécrables pendant 1 an et demi. Vous souhaitez donc aux martiniquais « Papa Doc » (culte de la personnalité, corruption et dictature) des « tontons macoutes “ (viols tortures, arrestations sans motifs, meurtres terreur) . Merci mon cher Cyril de souhaiter cela à vos compatriotes, des français comme vous qui se battent pour survivre et qui dans l’histoire ont subis bien plus que vous ne pouvez l’imaginer.
      Je vous rappelle que la Martinique n’a été un département qu’en 1946 avant cela il étaient des sous individus, des sous français et étaient victime de discrimination et d’injustice (je ne parle meme pas de l’esclavage). Alors encore une fois je vous demande pardon pour vos vacances à 1500 ou 3000 € exécrables en 2004 et merci de souhaiter le pire aux martiniquais et merci de leur souhaiter de devenir un 2eme Haïti

      • Anonyme répond à lilissweet

        Qui êtes-vous pour vous opposer au principe intangible de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour contester ici l’aspiration profonde des Martiniquais et des Martiniquaises à l’indépendance ?

        Une fois ceci définitivement admis, le choix de leurs leaders, ce sera leur affaire, sans ingérence d’aucune sorte de notre part !

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 18h03 le 08/01/2010
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « et pour contester ici l’aspiration profonde des Martiniquais et des Martiniquaises à l’indépendance ? »

          ° D’où sortez vous votre conviction que les Antillais souhaitent l’indépendance économique, alors que tous savent (il suffit de le leur demander) qu’en cas de rupture, l’avenir les emmène tout droit en enfer...comme à Haïti - ainsi que le dit Lilissweet - et le tout en moins d’une vingtaine d’année...je vous l’assure !
          - Il suffirait d’une seule génération pour que tous sombrent dans la plus noire détresse et la plus désespérante pauvreté.

          ¤ Une perspective qui cependant, semblerait vous réjouir !

          • Anonyme répond à Yvon le Zébulon

            Loin d’être une perspective qui me réjouisse, cher Zébulon, c’est hélas une évaluation que je fais, sur la base de précédents régionaux (pas seulement Haïti mais aussi la Grenade ou d’autres) si jamais les indépendantistes arrivent un jour à leurs fins.
            Souhaitons que les Martiniquais (tout comme les Guadeloupéens ou les Guyanais) puissent continuer à faire partie de la République tout en bénéficiant de l’autonomie la plus large au bénéfice de leur plein épanouissement économique, culturel et social.
            Me suis-je bien expliqué ?

            [ Pour les vacances gâchées en 2004 - rien à cirer ! ]

        • lilissweet
          lilissweet
          un peu de tout
          • Posté à 18h11 le 08/01/2010
          • Internaute 101040
            un peu de tout

          Svp, vous ne parlez pas d’indépendance ni de la « liberté des peuples à disposer d’eux même » , vous avez exprimé votre pensée après avoir passé des vacances dans cette île, vous ne voulez pas que les martiniquais choisissent leur sort , vous choisissez pour eux ! Evidemment qu’il y a des martiniquais qui veulent l’indépendance, mais si vous étiez au courant de ce qui se passe la-bas, vous sauriez que les indépendantistes pronent l’autonomie et plus l’indépendance - par calcul politique- car le peuple n’en veut pas pour l’instant. Ils voteront et choisiront et comme dit Becaly « au moindre signe de protestation, la réponse du français moyen est simple “ils n’ont qu’à prendre leur indépendance”. “ L’autonomie ce n’est pas l’indépendance .

        3 autres commentaires
  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 15h06 le 08/01/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Quels secteurs d’entreprise souhaiteriez vous voir se développer aux antilles ?
    Le coup logistique est si important que seules les gdes entreprises peuvent être rentables et ces entreprises ne respectent pas les lois de la concurrence car elles sont aux mains d’une seule et mêm « famille » ... à quand des mesures visant à casser ce monopole de financement aux antilles françaises ?

    • Becaly
      Becaly répond à amonhumbleavis
      • Posté à 16h08 le 08/01/2010
      • Internaute 99196

      Ce monopole ne sera jamais cassé dans les DOM, cela profite à trop de monde, de plus la population française ne soutient pas les DOM, au moindre signe de protestation, la réponse du français moyen est simple « ils n’ont qu’à prendre leur indépendance ».
      Il n’est pas bon de venir d’une ile française pour réclamer la justice social, mieux vaut encore être facteur ou agent SNCF....

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h16 le 08/01/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est clair, c’est pas devenir plus ou moins indépendant qui changera grand chose. Si l’indépendance ça rendait prospère, on l’aurait déjà remarqué en Afrique.

  • Jean Matouk
    Jean Matouk
    Economiste
    • Posté à 18h31 le 08/01/2010
    • Internaute 1101
      Economiste

    A Yvon le Zebulan
    je vous suggère d’aller dans INSEE.fr et de demander les « Comptes économiques de la Martinique 2008 » . Vous y verrez la progression de l’épagne liquide
    Certes, les antillais en général sont plus endettés que les métropolitains, mais il y a une petite épargne que les banques pourraient mieux mobiliser pour l’économie.
    Amicalement

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Jean Matouk
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 20h50 le 08/01/2010
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Je n’ai quand même pas voulu dire que tout le monde naviguait au dessous de la ligne de flottaison, et quelques uns on très certainement une petite épargne, mais mise bout à bout, ce ne sont pas les quelques livrets A ou autres qui seraient en mesure de consituer le cash-flow nécessaire à la relance économique.

      ° Si vous mettez en balance l’endettement et l’épargne, y’a pas photo.

      • Jean Matouk
        Jean Matouk répond à Yvon le Zébulon
        Economiste
        • Posté à 10h24 le 09/01/2010
        • Internaute 1101
          Economiste

        Bonjour Yvon Zebulon

        L’endettement des particuliers est élevé. Il sert une sur-consommation, à des prix fixé par l’oligopole du grand commerce concentré avec la complicité tacite des Collec locales qui vivent des droits de mer. Ce qui manque, c’est de l’inve privé. pour le financer, le peu de petite épargne qui existe, recyclé pet amplifié par les banques serait utile.
        Amitiés

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Jean Matouk
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 11h01 le 09/01/2010
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « pour le financer, le peu de petite épargne qui existe, recyclé pet amplifié par les banques serait utile. »

          C’est bien là que le bât blesse : « amplifié par les banques »

          ° La plupart des décisions d’octroi de prêts bancaire dans le sens de la création d’entreprise sont déterminées par la volonté des Békés qui tiennent à s’assurer principalement que l’entreprise en gestation (prévue par un local) ne grignottera pas leur pré-carré et n’entrera pas en concurrence avec ce qu’ils ont déjà.
          - Une sorte de petit quasi-monopole organisé avec la complicité des directeurs de banques qui n’hésitent pas à accepter en échange quelques petites sorties en mer sur un trawler et un ti-ponch et un bon blaff d’oursins à partager sur un ilet privé.

          ¤ Nombreux sont certains de mes amis qui se seront vu ainsi bloquer tout accès à la création d’entreprise, même si économiquement les idées étaient excellentes et prometteuses.

          - Pour ce qui est de la sur-consommation entrainant les Antillais à leur perte par crédit abusifs...c’est aussi une prise en main et une façon de tenir en laisse quelques personnes désargentées.
          ° L’antillais est un consommateur forcené : c’est une chose vérifiée.

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 13-01-2012 5
    • Posté à 01h50 le 09/01/2010
    • Internaute 98137
      non connue

    « Il faudrait aussi générer, parmi les Antillais en formation ou ceux cadres de la fonction publique en Métropole et aux Antilles, des candidats sérieux à la création et la gestion d’entreprises. »

    Cette approche communautariste voire ethnique me semble révéler en creux le fond du problème.
    Cela signifie qu’un « non antillais » de la métropole qui souhaiterait venir investir et créer une affaire aux Antilles n’est pas le bienvenu, assimilé qu’il est à un colon.

    Le problème, c’est que si c’est ça, alors ce n’est pas la France. Et si ce n’est pas la France, l’indépendance s’impose.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à A déménagé le 13-01-2012 5
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 10h17 le 10/01/2010
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Votre raisonnement tient fort bien la route : hélas !

    • PwèlKabrit
      • Posté à 23h48 le 10/01/2010
      • Internaute 101224
        Misanthrope

      Cette situation n’est elle pas la même dans tout département ou le chauvinisme est présent ?
      N’y aurait il pas une situation comparable en Corse ou au Pays Basque ?

      De plus, un Métropolitain qui vient s’installer aux Antilles a souvent un certains mépris pour les entreprises locales, un sentiment d’arrivé en « Terrain Conquis » ou personne ne sait faire mieux.

      Lier le seul communautarisme ethnique au malaise dans le Monde du travail antillais fait partie du problème, mais n’en est qu’une parcelle.

      J’ajouterais que le taux de chômage des Martiniquais natifs est près de 9 fois supérieur à celui des Métropolitains.

      Enfin, je tiens à dire à répondre à l’auteur du Commentaire faisant référence aux Tontons Makoute.
      Comment ne pas avoir de problèmes avec les Métropolitains devant une volonté de certains de ceux ci de plonger une part de la France dans la Misère et l’absence de Liberté la plus totale ?
      Il est difficile de penser que ces gens nous considère, nous, Martiniquais, comme leurs compatriotes.

  • ninaneux
    ninaneux
    retraité
    • Posté à 14h27 le 09/01/2010
    • Internaute 60234
      retraité

    le changement de statut est souvent demandé par les élu(e)s pour se distribuer un plus grand de poste et de pouvoir et des « responsabilités » avec le (émoluments qui vont avec)sur le dos des départements (DOM ou même métropolitain,) (a voir la fiscalité et l’évolution des régions ) ; mais en réalité cela arrange aussi l’état qui économise des subventions ou la distribution financière et plus mesurée et ciblée sur un copinage d’entreprises douteuses qui sont internationales lorsqu’elles font des bénéfices et nationales ou locales lorsqu’elles sont déficitaires. Mais cela ne redonnent en rien un meilleur niveau de vie aux citoyens , et l’on utilise pour faire passer cette pilule, le contexte, culturel ou religieux sans parler de l’éloignement. C’est une faillite de la réflexion des citoyens qui se font toujours leurrés par les discours démagogiques et de langue de bois des élu(e)s souvent même de tous les bords politiques.
    Nous en sommes aujourd’hui à supprimer des emplois de petits fonctionnaires (cadre C) au service de la population pour mieux payer toutes cette flore de représentants politiques ou chaque jour de nouveau poste se créent et n’apportent rien à la vie et au bien être des habitants.

  • ninaneux
    ninaneux
    retraité
    • Posté à 14h29 le 09/01/2010
    • Internaute 60234
      retraité

    le changement de statut est souvent demandé par les élu(e)s pour se distribuer un plus grand de poste et de pouvoir et des « responsabilités » avec le (émoluments qui vont avec)sur le dos des départements (DOM ou même métropolitain,) (a voir la fiscalité et l’évolution des régions ) ; mais en réalité cela arrange aussi l’état qui économise des subventions ou la distribution financière et plus mesurée et ciblée sur un copinage d’entreprises douteuses qui sont internationales lorsqu’elles font des bénéfices et nationales ou locales lorsqu’elles sont déficitaires. Mais cela ne redonnent en rien un meilleur niveau de vie aux citoyens , et l’on utilise pour faire passer cette pilule, le contexte, culturel ou religieux sans parler de l’éloignement. C’est une faillite de la réflexion des citoyens qui se font toujours leurrés par les discours démagogiques et de langue de bois des élu(e)s souvent même de tous les bords politiques.
    Nous en sommes aujourd’hui à supprimer des emplois de petits fonctionnaires (cadre C) au service de la population pour mieux payer toutes cette flore de représentants politiques ou chaque jour de nouveaux postes de « secrétaire, président de ceci ou de cela se créent et n’apportent rien à la vie et au bien être des habitants.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 18h38 le 09/01/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Jean Matouk a des visions depuis son bureau et de l’imagination (pas trop quand même : c’est finalement ce qui lui manque le plus).
    1) Fonds et subventions dans les Antilles arrivent toujours dans les mêmes poches de l’oligarchie.
    2) La trouille et le rejet savamment distillée depuis la métropole et intégrée depuis longtemps dans une grande partie de la population empêche - ou plutôt ralentit - la claire volonté de reprise en mains par les populations elles-mêmes des leviers de l’économie.
    3) « blocage culturel » : traduiser « lutte de classes. Il faut savoir parler non pas le creyol mais le matouk...
    4) Point anecdotique à méditer cependant : la crise a fait peut être fuir les touristes...mais surtout les touristes français ! Les touristes, en ce moment, sont essentiellement canadiens et allemands.

  • Zaratouchetoi
    Zaratouchetoi
    profession libérale
    • Posté à 02h06 le 10/01/2010
    • Internaute 101161
      profession libérale

    Monsieur Matouk aurait pu signaler que la Guyane, dernier territoire non indépendant d’Amérique du Sud (plus vaste que l’Autriche) vote également dimanche pour dire oui ou non à une évolution statutaire dans le cadre de l’article 74 de la Constitution.

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