Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Arrêtez d'agiter le hochet des 35 heures !

Jean Matouk
Economiste
Publié le 26/01/2011 à 12h34

Où en est le débat économique ? Jean-François Copé ne cesse de clamer son désir de mettre un terme aux 35 heures, pour complaire à la partie la plus droitière de l’électorat UMP et du groupe parlementaire ; Manuel Valls l’agite de son côté pour s’attirer à bon compte, et pour quelques jours, la curiosité des médias. Pourtant, les 35 heures n’ont rien à voir avec les problèmes économiques de la France.

La durée du travail ne plombe pas notre compétitivité

Ce qui différencie les pays européens, c’est le recours au travail à temps partiel, et non la durée légale ou contractuelle du travail dans les pays où elle n’est
pas fixée par la loi.

Corrigée du temps partiel, la durée du travail est à peu près analogue dans tous les pays de l’Union : 41 heures, en moyenne, si l’on prend en compte les non-salariés ; autour de 39 heures pour les salariés.

Par conséquent, ce n’est pas la durée du travail qui explique les écarts de compétitivité, d’autant que, pour la productivité par heure travaillée, la France se situe au quatrième rang mondial.

Malheureusement, malgré cette productivité, la « compétitivité-prix » de la France (coût salarial à l’unité produite) a fortement reculé depuis dix an. (Voir le graphique de la compétitivité en France et à l’étranger)


Compétitivité de divers pays (source : OCDE, prévisions économiques, 2008)

On voit clairement la compétitivité allemande se détacher depuis 2001/2002 et la la compétitivité française plonger. Ceci tient, d’abord, aux évolutions divergentes du coût horaire du travail, que montre le graphique ci-dessous publié par La Tribune. Aujourd’hui
 : 37 euros en France contre 30 euros en Allemagne.

Les plans Hartz sous le chancelier Shroeder, qui ont eu un coût social élevé et fait perdre la majorité aux socio-démocrates, ont considérablement freiné les salaires. Cela tient aussi aux charges sociales
qui restent clairement plus élevées en France. L’écart s’est même
creusé.

La baisse du chômage et la croissance allemande devraient permettre aux salaires allemands d’augmenter plus vite, mais l’écart entre charges sociales reste. (Voir le graphique de l’évolution du coût horaire de la main d’oeuvre)


Pour rétablir notre compétitivité-prix, il faut donc baisser le poids du financement de notre protection sociale sur les salaires.

Une partie du poids de la protection sociale sur l’impôt

Comment ? D’abord en contrôlant mieux le coût de notre protection sociale, sans trouer le filet indispensable qu’elle représente. Par exemple, en plaçant les allocations familiales sous condition de ressources. En faisant aussi véritablement la chasse aux abus de tous ceux qui considèrent le régime général de l’assurance maladie comme une « vache à lait ». Et ils sont nombreux, tant parmi les professionnels de santé, que parmi les patients...

Mais c’est évidemment sur le financement de cette protection sociale qu’il faut agir en transférant une partie des charges sociales sur les impôts.

Lesquels ?

  • certainement la CSG (contribution sociale généralisée) qu’il va falloir augmenter un peu, en alternative à une hausse de la TVA, la fameuse
    TVA sociale que les économistes les plus libéraux affectionnent ;
  • mais certainement aussi l’IRPP (impôt sur le revenu), dont le poids sur le PIB est, en France, contrairement aux boniments réitérés depuis 2002, parmi les plus faibles ! La hausse de 40% à 41% qui a été décidée pour le financement des retraites est ridicule. C’est une augmentation à 50% des taux marginaux, voire plus, qui devrait être envisagée, avec, évidemment, une profonde modification du bouclier fiscal. Car d’autres mesures doivent aussi être financées par l’impôt.

Les entreprises doivent investir massivement

En effet, notre faiblesse à l’exportation ne tient pas seulement, et même pas principalement, à la compétitivité-prix.

Des facteurs qualitatifs sont au moins aussi importants. Notre appareil productif est tourné vers les biens de consommation, sur le marché desquels la concurrence–prix est la plus vive. A part Airbus, les armes, jusqu’à
présent le matériel ferroviaire et les centrales nucléaires (avec des
échecs récents assez inquiétants) nous n’avons pas la gamme des biens d’équipements dont ont besoin les pays émergents et que vend si bien l’Allemagne.

Notre industrie du luxe qui, compte tenu des marges, pourrait relocaliser des pans entiers de sa production en France, ne peut à elle seule compenser notre faiblesse sur les biens d’équipement.

De plus, nos PME ont de grandes difficultés à grossir et à devenir exportatrices, en investissant dans le commerce extérieur.

C’est donc d’une vague massive d’investissements dans ces secteurs et dans les nouvelles technologies dont la France a besoin, assise sur une réorientration contrainte des actifs des banques vers le crédit aux entreprises.

Mais, c’est le secteur public qui doit amorcer le déferlement de cette vague. Les investissements en France des grandes entreprises, qu’on dit « françaises » parce qu’elles sont dirigées par des PDG français et heureux de vivre en France, sont très réduits par rapport à leurs capacités financières. Ainsi, en 2009, 9% seulement des 13 milliards de bénéfices de Total ont été investis ici.

Pire : pratiquant une « optimisation fiscale » systématique, elles n’acquittent que 8% d’impôt sur leurs bénéfices, alors que pour les PME, le taux réel est de 30%.

Mais pour que l’Etat puisse initier cette vague sans laquelle, cette fois, le déclin est inéluctable et sera rapide, il faut revenir à l’imposition directe des personnes antérieure à 2000.

Pas ou peu d’« emprunt » pour financer les investissements proposés par Michel Rocard et Alain Juppé, mais un prélèvement fiscal par lequel ceux qui ont profité largement depuis dix ou vingt ans de la « défiscalomania » » qui a atteint la France comme les autres pays, concourent en proportion légitime au redressement économique

C’est de tout cela qu’on aimerait entendre parler pendant cette campagne, plutôt que de voir deux jeunes hommes politiques ambitieux agiter le hochet des 35 heures.

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  • Dadourunrun-
    Dadourunrun-
    mange son bao ze
    • Posté à 13h06 le 26/01/2011
    • Internaute 124435
      mange son bao ze

    « Ainsi, en 2009, 9% seulement des 13 milliards de bénéfices de Total ont été investis ici. »

    Une entreprise pétrolière qui n’investit pas ses bénéfices dans un pays sans pétrole... Quel scandale !

    On va bientôt découvrir avec horreur que le club med délaisse le pas de calais ou que les sales capitalistes français vont chercher leurs sardines et saumons en mer plutot qu’en bourgogne... Et ce au détriment de l’emp’oi.

    Vivement une DDE de l’innovation et un grand service public de l’investissement pour mettre de l’ordre dans tout ça.

    • Gorn
      Gorn répond à Dadourunrun-
      Geek farceur
      • Posté à 13h07 le 26/01/2011
      • Internaute 92890
        Geek farceur

      Exact, on reproche pas mal de choses aux boites du CAC40 (parfois a raison aussi) mais les faits sont que leurs actionnaires sont principalement etrangers, leurs clients aussi, de meme souvent que leurs employes et les benefices realises.

      Pour en revenir a l’article, on peut souligner l’intelligence de la classe politique allemande qui a su conserver une politique economique intelligente que ce malgre la transition du SPD a la CDU/CSU. En France, on en est loin.

    • A déménagé le 9-8
      • Posté à 00h49 le 27/01/2011
      • Internaute 5710

      Une entreprise pétrolière qui n’investit pas ses bénéfices dans un pays sans pétrole..

      Ah, bon, parce que les bénéfices de Total ne sont réalisés que et uniquement sur l’ extraction du pétrole ? ? ?

      De deux choses l’une :
      - ou vous êtes un parangon de malhonnêteté
      - ou vous êtes un idiot

      Je vous laisse choisir

      • Dadourunrun-
        Dadourunrun- répond à A déménagé le 9-8
        mange son bao ze
        • Posté à 09h13 le 27/01/2011
        • Internaute 124435
          mange son bao ze

        Quelles sont les activités de total en france ?

        le raffinage et la distribution.

        Y a t il un manque de capacité de raffinage en france ? non y a t il une pénurie de pipe line ? non. Y a t il pénurie de station service ? non.
        Une entreprise n’investit pas ses profits en fonction des profits réalisés dans le passé, mais des profits futurs générés par ses investissements. Y a t il des investissement particulièrement rentables pour un groupe pétrolier en france ? Pas vraiment.

         
        • A déménagé le 9-8
          • Posté à 09h44 le 27/01/2011
          • Internaute 5710

          Y a t il pénurie de station service ? non.

           : -)))))))
          En vingt ans, le nombre de stations-service a été divisé par trois, passant de 40.000 à 13.500. Certaines parties du territoire sont un désert en ravitaillement.

          Y a t il un manque de capacité de raffinage en france ? non
          Sur le raffinage, lisez ce document officiel, Monsieur l’ expert auto-proclamé

          Lien

          extrait
          Cependant le marché a évolué à la fois en qualité avec la réduction des teneurs en soufre des produits, et en quantité avec l’accroissement de la demande de gazole, au détriment des essences ; déséquilibre qui n’est résolu actuellement que par le jeu des importations/exportations

          et la meilleure
          y a t il une pénurie de pipe line ? non

          pas de commentaire, je ris trop ! !

          Bref, on a compris que dans les hypothèses proposées dans mon post initial, vous avez choisi les deux

          En plus d’avoir changé d’argument en cours de route.

          Vous êtes lamentable.

          • Dadourunrun-
            Dadourunrun- répond à A déménagé le 9-8
            mange son bao ze
            • Posté à 12h03 le 28/01/2011
            • Internaute 124435
              mange son bao ze

            rapport de 2005. Pas d’investissement de total dans ses raffineries depuis ? pas de baisse de consommation de carburant ?

            Penser que 5 ans est une période courte est un manie de vieux.

            • A déménagé le 9-8
              • Posté à 12h18 le 28/01/2011
              • Internaute 5710

              Penser que 5 ans est une longue période concernant ce sujet est une manie de con.

              et en plus, lisez ça, concernant la prétendue baisse de consommation de carburants

              Lien

              Ballot !

              • Dadourunrun-
                Dadourunrun- répond à A déménagé le 9-8
                mange son bao ze
                • Posté à 13h32 le 28/01/2011
                • Internaute 124435
                  mange son bao ze

                Baisse PAR RAPPORT A 2005.

                .

                • A déménagé le 9-8
                  • Posté à 15h16 le 28/01/2011
                  • Internaute 5710

                   : -)))))))))))))))))))))))

                  Alors là, c’est trop drôle

                  Mossieur le goujat ( mais oui, les fines allusions à l’ âge de son interlocuteur, l’ attaque ad hominem à défaut d’arguments, typique du troll ) suggère que remonter à 5 ans, c’est une « manie de vieux » ( le rapport que je lui citais datait de 2005), et maintenant il nous balance un tableau en prenant 2005 comme référence ! ! ! ! ! ! !

                  MORT DE RIRE ....

                  De plus, son fameux tableau nous montre bien une évolution positive depuis deux ans, ce qui contredit son propre argument de départ.( baisse de la consommation justifiant un défaut d’investissement EN 2010 )

                  enfin, pour mémoire, le document de 2005 venait en illustration du déséquilibre Essence/gazoil, et les sous capacités de raffinage en France qui imposent d’importer massivement ce carburant , plus que jamais d’actualité (et pas du tout sur la consommation globale, hausse ou baisse, ça ne change rien à ce fait )

                  Vous êtes un troll de la pire espèce.
                  Continuez sans moi.

        5 autres commentaires
    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Dadourunrun-
      Economiste
      • Posté à 10h23 le 27/01/2011
      • Internaute 1101
        Economiste

      Quelle bonne réponse !

      Mais total pourrait investir dans de nouveaus secteurs énergétiques,( et pas dans les shistes !) et même non énergétiques
      la diuversification, ca existe, et elle la pratique déjà, mais elle pourrait le faire plus en France !
      Je ne vois pas le rapport avec la DDE ?
      Cordialement

      • Dadourunrun-
        Dadourunrun- répond à Jean Matouk
        mange son bao ze
        • Posté à 12h56 le 27/01/2011
        • Internaute 124435
          mange son bao ze

        Je ne vois pas bien quelle serait la valeur ajoutée industrielle de total dans l’éolien ou le photovoltaique. Reconstituer des konzerns n’est pas nécessairement une stratégie industrielle payante.
        De surcroit, total est un producteur majeur de gaz naturel. Il suffit de voir que chaque MW de puissance installée dans l’éolien entraine le besoin de plus ou moins 2MW de centrale au gaz en backup pour voir le conflit d’intérêt majeur en cas d’investissement dans les deux secteurs.
        On aurait un modèle économique à la nesspresso ou pour un kw/h éolien à prix malin, total fournirait 3 kw/h de gaz naturel au prix fort. Et plus les sites éoliens sont mauvais, plus les besoins en gaz naturels sont importants. Pas forcément dans l’intérêt général...

        Après je ne suis pas économiste...

         
        • Rittmeyer
          Rittmeyer répond à Dadourunrun-
          Le vrai plutôt que le bien
          • Posté à 14h50 le 27/01/2011
          • Internaute 123279
            Le vrai plutôt que le bien

          Il existe une petite boîte de construction de panneaux photovoltaïques que personne ne connaît, qui s’appelle Tenesol, et dont les 2 actionnaires sont (ô surprise) : Total et EDF.
          Je vous laisse le soin de googler afin de voir les données économiques de cette entreprise ;)

          Face à l’appréhension du pic pétrolier, il semble opportun (voire inéluctable ?) de diversifier ses sources d’activité et de revenus et ma foi, les entreprises « énergétiques » ont déjà lancé le mouvement, sans doute à contrecoeur (rentabilité à court terme faible et besoins en recherche énormes) expliquant un investissement aussi faible. Et peut être aussi un peu à cause du fait que l’on cherche d’abord à récompenser généreusement les actionnaires ?

        • A déménagé le 9-8
          • Posté à 12h12 le 28/01/2011
          • Internaute 5710

          Après je ne suis pas économiste...

          ça, on s’en était aperçus.. : -)))

          • Dadourunrun-
            Dadourunrun- répond à A déménagé le 9-8
            mange son bao ze
            • Posté à 13h37 le 28/01/2011
            • Internaute 124435
              mange son bao ze

            Il y a un élément faux dans le dernier post ou c’est juste histoire de sortir une mauvaise vanne entre deux infusions lipton douceur sénile ?

            • A déménagé le 9-8
              • Posté à 13h44 le 28/01/2011
              • Internaute 5710

              Mon pauvre petit ami... celà fait deux fois que vous vous permettez de petites allusions délicates à mon âge...

              Passons sur la grande élégance du procédé, il vous honore et vous grandit, n’en doutez pas.

              En croyant mépriser votre interlocuteur, vous méprisez en fait vos parents, vos grands-parents, et vous même en devenir par la même occasion.

              Je vous fais un petit cadeau. Ne me remerciez pas , c’est bien naturel, vous allez vous reconnaître

        4 autres commentaires
  • no register
    • Posté à 13h03 le 26/01/2011
    • Internaute 120050

    le pouvoir d’achat avec les dents , rétro commission , vivement 2012 que je rigole .

    Lien

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 13h26 le 26/01/2011
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    C’est vrai que le poids de l’impôt sur le revenu... Si je me souviens bien, il sert tout juste à financer le budget annuel de l’Ed Nat.

  • Blue_tail_fly
    Blue_tail_fly
    Dans l'Air du Taon
    • Posté à 13h35 le 26/01/2011
    • Internaute 123618
      Dans l'Air du Taon

    Compétitivité, IRPP, ISF, CSG, CGT, CAC40, ISB, Temps de Travail, Fonction Publique, Sécu, Taxe Carbone, TVA, Dette, Emprunts, IR, Dette sociale, Privatisations, PME, PMI, Retraites, Obligations, Actions, Marché, PDG, Europe, commerce équitable, explosion démographique, allocations, chômage, bourse, Impôts locaux, Médicaments génériques, taux d’intérêt, banque centrale, spéculation immobilière, plafonds, planchers, développement, délocalisations, balance commerciale, économie souterraine, prix de l’énergie, coûts de productions, coûts de gestion, relance, croissance, décroissance sélective, capitaux, fonds de roulement, déficit public, rentabilité, impôts sur les sociétés, salaires, taxe sur les hauts revenus, heures supplémentaires, RTT, dérèglementation, assiettes, redevance télé, taxe sur les télécommunications ...

  • guy honi19
    guy honi19
    retraité actif
    • Posté à 13h33 le 26/01/2011
    • Internaute 136191
      retraité actif

    Pourquoi nos éminents experts en économie ne nous parlent pas plutôt du plein emploi et du comment faire pour y arriver,
    La baisse du temps de travail en est un élément,ainsi que l’abaissement de l’age de la retraite au lieu de le relever.
    Mais aussi l’augmentation du pouvoir d’achat qui relancerait la consommation et par là même la production.
    Les éminents experts vont me dire,OK,mais qui va payer tout cela ?
    D’abord,en taxant tous ces supers bénéfices qui servent la spéculation en bourse au lieu d’être réinvestis dans la production ou la protection sociale.
    D’autre part en relançant le pouvoir d’achat et par voie de conséquence , l’emploi ,cela ferait des cotisations en plus pour la retraite et la sécu , mais aussi plus d’impôts pour l’etat.
    En interdisant les décolisations et en aidant les PME et PMI ,l’artisanat et le commerce pour qu’ils puissent embaucher le personnel dont ils ont besoin.
    Et bien d’autres mesures qui sont connues de nos éminents experts mais qu’ils se gardent bien de proposer car cela mettrait en cause les supers profits des grands trusts industriels et banquaires et amènerait un manque à gagner à tous ces actionnaires qui s’en mettent plein les poches au détriment de ceux qui travaillent et créent les richesses de ce pays.
    Le débat des 35 heures est dépassé,on devrait plutôt engager celui des 32 ou voir 30 heures.

    • Wildleech
      Wildleech répond à guy honi19
      révolutionnaire en devenir
      • Posté à 13h57 le 26/01/2011
      • Internaute 81842
        révolutionnaire en devenir

      Le « plein emploi » n’a jamais été réellement plein, surtout depuis que les femmes sont des employés (presque) comme les autres.
      Et, à moins que je ne m’abuse, le progrès technique à été conçu en parti pour réduire les efforts des employés tout en augmentant la productivité.
      Alors, le plein emploi c’est un leurre, à moins de revoir la définition du mot emploi et l’organisation de la société dans tous ses aspects.

      • guy honi19
        guy honi19 répond à Wildleech
        retraité actif
        • Posté à 14h37 le 26/01/2011
        • Internaute 136191
          retraité actif

        Vous évoquez le progrés technique,c’est justement lui qui doit permettre ,d’une part le plein emploi en réduisant les efforts de chacun et il doit permettre de travailler moins en terme de temps , puisque vous le dites vous même,les progrés technique augmentent la productivité.
        Alors le plein emploi n’est pas du tout un leurre,bien au contraire,sachant tout de même qu’il y en aura toujours,qui pour une raison ou une autre , ne travaillerons pas.
        Mais comme je le disais tout cela remettrait en cause le système capitaliste lui même , et ça nos dirigeants n’en veulent pas car se serait la mise en place d’une autre société basée sur l’égalité et la justice dont nos capitalistes ne veulent pas .
        Vous pensez bien qu’ils veulent conserver leurs privilèges,tant pis si le peuple en souffre

      • Snolucera
        Snolucera répond à Wildleech
        traducteur de-en
        • Posté à 14h40 le 26/01/2011
        • Internaute 130663
          traducteur de-en

        Ce n’est pas un leurre - c’est un « widget ». C’est à dire parmi les economistes on s’est accordé à une definition de « plein emploi ». Ce n’est qu’ un consensus.

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à guy honi19
      sans
      • Posté à 22h03 le 26/01/2011
      • Internaute 30050
        sans

      « Si un homme du XIXème siècle pouvait débarquer dans notre actualité la première chose dont il s’étonnerait, serait l’épuisement complet, l’assèchement radical, le tarissement de toute imagination politique ! Comment est-il possible qu’avec tant de possibilités technologiques, qu’avec autant des richesses matérielles et immatérielles accumulées, avec une telle diffusion de savoir-faire, avec un tel développement de la science, les syndicats et les partis politiques accouchent d’un vide d’action et de proposition ? Un militant de gauche serait tout simplement effaré par la proposition majoritaire de la gauche : “un emploi pour tous’. À ses oreilles éveillées par des débats autrement passionnés sur les mille manières d’abolir et de dépasser l’esclavage du travail salarié, ce mot d’ordre sonnerait comme celui d’une nouvelle servitude : ‘nous voulons des patrons’’.
      Maurizio Lazzarato (sociologue et philosophe, cofondateur de la revue Multitudes), extrait de ‘ Garantir le revenu : une politique pour les multitudes ’, in Multitudes 8, Mars-Avril 2002, &1.
      Lien

      • guy honi19
        guy honi19 répond à Naradamuni
        retraité actif
        • Posté à 10h21 le 27/01/2011
        • Internaute 136191
          retraité actif

        Ne pas travailler,ce serait peut être bien,mais en attendant , on a encore rien trouver de mieux,pour vivre , que de travailler.
        En tant que militant de gauche,je partage le mot d’ordre : un emploi pour tous.
        Mais travailler pour vivre ne veut pas dire être esclave.
        C’est vrai que les avancées technologiques et la productivité qui s’ensuit,devait nous permettre de travailler tous mais moins longtemps.

      • guy honi19
        guy honi19 répond à Naradamuni
        retraité actif
        • Posté à 10h21 le 27/01/2011
        • Internaute 136191
          retraité actif

        Ne pas travailler,ce serait peut être bien,mais en attendant , on a encore rien trouver de mieux,pour vivre , que de travailler.
        En tant que militant de gauche,je partage le mot d’ordre : un emploi pour tous.
        Mais travailler pour vivre ne veut pas dire être esclave.
        C’est vrai que les avancées technologiques et la productivité qui s’ensuit,devait nous permettre de travailler tous mais moins longtemps.

      • guy honi19
        guy honi19 répond à Naradamuni
        retraité actif
        • Posté à 10h21 le 27/01/2011
        • Internaute 136191
          retraité actif

        Ne pas travailler,ce serait peut être bien,mais en attendant , on a encore rien trouver de mieux,pour vivre , que de travailler.
        En tant que militant de gauche,je partage le mot d’ordre : un emploi pour tous.
        Mais travailler pour vivre ne veut pas dire être esclave.
        C’est vrai que les avancées technologiques et la productivité qui s’ensuit,devait nous permettre de travailler tous mais moins longtemps.

      • guy honi19
        guy honi19 répond à Naradamuni
        retraité actif
        • Posté à 10h21 le 27/01/2011
        • Internaute 136191
          retraité actif

        Ne pas travailler,ce serait peut être bien,mais en attendant , on a encore rien trouver de mieux,pour vivre , que de travailler.
        En tant que militant de gauche,je partage le mot d’ordre : un emploi pour tous.
        Mais travailler pour vivre ne veut pas dire être esclave.
        C’est vrai que les avancées technologiques et la productivité qui s’ensuit,devait nous permettre de travailler tous mais moins longtemps.

         
        • Naradamuni
          Naradamuni répond à guy honi19
          sans
          • Posté à 13h57 le 27/01/2011
          • Internaute 30050
            sans

          Un emploi pour tous ! ?

          La rhétorique de l’employabilité ne peut qu’évoquer le fantasme d’unité qui a été à l’œuvre tant pendant la Terreur révolutionnaire que dans les régimes totalitaires du XXème siècle. L’employabilité, élément d’une idéologie travestie, ne cherche pas à expliquer le réel, mais à l’abolir. Il y a ainsi une inquiétante et dérangeante ressemblance entre le chômeur ontologiquement inemployable et l’Untermensch, le sous-homme des nazis, ou encore avec le parasite social qu’incarnait le koulak durant le Stalinisme.

          Or, il est bon de se remémorer que :
          « “Le travail intermittent a été vécu comme une liberté [par les travailleurs] jusqu’à l’invention du chômage, dans les années 1910.” Ainsi, Christian Topalov explique-t-il qu’à cette époque “être employé par la même entreprise et travailler tout au long de l’année, parfois même de la semaine, est une expérience étrangère à la plupart des ouvriers.” “La notion de chômage [...] a été inventée expressément pour lutter contre la pratique du travail discontinu.”

          Ainsi William Beveridge préconise-t-il en 1910 la création au Royaume-Uni d’un “réseau national de bureaux de placement public” dont le but est “tout simplement de détruire une catégorie populaire, celle des travailleurs intermittents : il fallait qu’ils deviennent soit salariés réguliers à plein temps, soit chômeurs complets”. Ainsi, explique-t-il, “pour celui qui veut travailler une fois la semaine et rester au lit le reste du temps, le bureau rendra ce souhait irréalisable.” Il devient évident à cette lecture que le souhait d’un emploi stable n’est certainement pas, à l’origine, une revendication ouvrière et que ce mode de salariat a, au contraire, été imposé sous la pression institutionnelle.
          L’imposition du salariat ne s’est pas faite sans heurt et il a fallu un processus d’oubli collectif pour ne plus se souvenir des résistances énormes de la société d’alors. Ce n’est que progressivement, et grâce à cette amnésie collective, qu’a été développée ce qu’André Gorz nomme “la régulation incitative par le consommationnisme”, c’est-à-dire “éduquer l’individu à adopter vis à vis du travail une attitude instrumentale du genre : ‘Ce qui compte, c’est la paie qui tombe à la fin du mois’ ; et [...] l’éduquer [...] à convoiter des marchandises [...] comme constituant le but de ses efforts et les symboles de sa réussite.”
          Et de là l’enchaîner à ce que il y a plus de 2000 ans Solon avait pourtant abolit : “l’esclavage pour dette” ! Car déjà à son époque l’esclavage pour dettes réduisait fortement le nombre d’hommes libres, et alimentait les conflits.

          Lien

        1 autres commentaires
    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à guy honi19
      Economiste
      • Posté à 10h29 le 27/01/2011
      • Internaute 1101
        Economiste

      Le plein emploi, d’abord, c’est quand même 3% à 4% de chômage dit « frictionnel » incompressible
      Comment donc , en France , passer du 10% actuel et de longue durée à , disons , 5%, ce qui serait déjà bien et équilibrerait les régimes sociaux. ? En investisssant tous azimuths dans les activités susceptibles de trouver leur place dans le commerce international, ce qui permet ensuite, par un prélèvement raisonnable sur le supplément de valeur ajoutée, de financer les fameux emplois de service non délocalisables. Mais si les PME EXISTANTES font leur part d’investissement en France, 1) elles ne grossissent pas assez vite et n’exportent pas assez 2) il n’en apparait pas assez de nouvelles (( à ne pas confondre avec les autoi-entreprises !)3) les grandes entreprises vont trop chercher à l’étranger une MO moins chères, ne se diversifie pas assez en France et ne donnent même pas leur quote part d’impots sur les sociétés
      Problème de fond : si une telle vague d’investissement se déclanche, ele ne prouira ses effets que dans cinq/dic ans

      • guy honi19
        guy honi19 répond à Jean Matouk
        retraité actif
        • Posté à 10h51 le 27/01/2011
        • Internaute 136191
          retraité actif

        D’accord avec vous,mais qu’attend on pour « lancer une telle vague » ?
        Il suffit d’une politique qui rompe avec le système capitaliste,mais je sais que ce n’est malheureusement pas à l’ordre du jour

    • Monique34
      Monique34 répond à guy honi19
      retraité-invalidité
      • Posté à 12h28 le 28/01/2011
      • Internaute 141074
        retraité-invalidité

      ouf, merci.
      C’est pourtant simple. Et ce n’est pas de l’humour.
      N’oublions pas la nationalisation des banques.
      Si seulement nos concitoyens pouvaient ouvrir les yeux.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 13h40 le 26/01/2011
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Oh, Jean , des graphiques et des pourcentages à cette heure ?

    Vous voulez nous couper l’appétit et troubler notre jugement... ?

    On est pas sur Eco89, bordel ...

    Tiens, ce matin sur Francintaire, Larcher avouait son ancienne liaison avec ces fameuses Trantecinkeures ...

    Alors que ....

    Lien

  • Wildleech
    Wildleech
    révolutionnaire en devenir
    • Posté à 13h59 le 26/01/2011
    • Internaute 81842
      révolutionnaire en devenir

    Cher Monsieur Matouk, pourquoi ne pas changer de nationalité et aller prêcher ailleurs une fois pour toute.

  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 14h05 le 26/01/2011
    • Internaute 98602
      Klingon
  • Snolucera
    Snolucera
    traducteur de-en
    • Posté à 14h28 le 26/01/2011
    • Internaute 130663
      traducteur de-en

    Le premier graphique : pas de lien à la Tribune, pas de légende pour comprendre les chiffres.

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Snolucera
      Economiste
      • Posté à 10h31 le 27/01/2011
      • Internaute 1101
        Economiste

      Le premier graphique n’est pas de La Tribuen mais de moi qui l’ait bâti à partir des chiffres de Perspectives économiques de l’OCDE 2008

      • Snolucera
        Snolucera répond à Jean Matouk
        traducteur de-en
        • Posté à 18h17 le 27/01/2011
        • Internaute 130663
          traducteur de-en

        Mais que sont les unités en ordonnée ?

      • Snolucera
        Snolucera répond à Jean Matouk
        traducteur de-en
        • Posté à 13h16 le 28/01/2011
        • Internaute 130663
          traducteur de-en

        Alors c’est le taux de change effectif nominal, n’est-ce pas ?

        « La comparaison internationale entre prix ou coûts nécessite leur conversion dans une monnaie de référence commune, généralement le dollar américain. La compétitivité représentée par un différentiel de prix (ou coûts) est alors mesurée par un taux de change effectif réel (voir l’annexe technique). Le taux de change effectif nominal, qui est en fait un indicateur souvent mentionné dans la littérature, ne fournit qu’un élément l’appréciation de la compétitivité ; le prix (ou coût) relatif nominal,
        beaucoup moins souvent calculé, constitue le second élément. ... » etc.
        Lien

        Pas de légende. Nous ne sommes pas tous les économistes.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 14h46 le 26/01/2011
    • Internaute 55044
      trouveur

    Bravo Mr Matouk.
    Malheureusement, vous riquez de ne pas être compris par des gens qui s’imaginent que l’Etat providence résoudra nos problèmes.
    Je reprends une de vos idées :
     » D’abord en contrôlant mieux le coût de notre protection sociale, sans trouer le filet indispensable qu’elle représente. Par exemple, en plaçant les allocations familiales sous condition de ressources. »
    Oui, on peut également supprimer totalement ces allocations, mais dévelloper la gratuité pour de nombreuses actions sociales aux enfants : cantines scolaires, transports scolaires, internat, bourses d’études, etc...
    On peut également supprimer les parts liés aux enfants dans le quotient familial de l’impôt sur le revenu. Pourquoi les riches auraient ils plus intérêt, avec leur déduction d’impôts, que les pauvres à avoir un maximum d’enfants ? Simplifions les impôts avec une progressivité dépendant essentiellement des revenus réels.

    • Dadourunrun-
      Dadourunrun- répond à Marcantoines
      mange son bao ze
      • Posté à 15h21 le 26/01/2011
      • Internaute 124435
        mange son bao ze

      « Pourquoi les riches auraient ils plus intérêt, avec leur déduction d’impôts, que les pauvres à avoir un maximum d’enfants ? »

      Peut être parce qu’ils sont plus à même de les élever...

      • Yp2
        Yp2 répond à Dadourunrun-
        Sale gauchiste d'IEP
        • Posté à 08h47 le 27/01/2011
        • Internaute 71496
          Sale gauchiste d'IEP

        Et en plus vous êtes sérieux... Vous êtes vraiment grave dans votre genre.

        Je tenais à vous le dire.

    • Marcantoines
      Marcantoines répond à Marcantoines
      trouveur
      • Posté à 12h10 le 27/01/2011
      • Internaute 55044
        trouveur

      6 Nazes !
      Les conservateurs ( qui s’estiment de Gauche) ont eu peur ?
      Quoi ! Que nous raconte ce Marcantoines ! Il veut supprimer nos allocs !
      Oui, ce système est ridicule. Les enfants ne doivent pas rapporter de l’argent aux riches ; Et trop coûter aux pauvres.
      Il faut soit, comme l’indique Matouk, que les allocs dépendent d’un coefficient de ressources.
      Soit, encore plus simple, les supprimer mais rendre gratuit de nombreuses actions sociales aux enfants. L’intérêt de ce système est la création d’emplois : surveillants, éducateurs, transporteurs, cuisiniers,...Emplois directement payés avec les allocs.
      Trop social ... ! ! !

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 14h49 le 26/01/2011
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    L’évolution de la crise économique mondiale

    Sur l’origine de cette crise, on aura tout dit et rien dit.
    Tout dit car les explications techniques les plus absconses auront été énoncées. Et ce pour en arriver à diviser ladite crise en séquences et à se focaliser sur son aspect financier. Des mesures pour empêcher la spéculation seraient-elles suffisantes pour sauver le système durement touché ? Pourquoi ne pas évoquer les 35 heures comme Jean Matouk ?
    Mais on n’a rien dit tant qu’on n’a pas expliqué l’origine même des crises qui frappe régulièrement le système capitaliste.
    En définissant clairement son origine l’explication devient fort simple à comprendre. Mais tout le monde a-t-il intérêt à rendre compréhensible lesdites crises ? Ne serait-ce pas au final remettre en cause la légitimé du système libéral qui nous gouverne depuis des siècles ?
    Cela commence par une histoire de tulipes…
    Au XVIIe siècle la tulipe, jolie fleur déjà cultivée par les Hollandais, remporte un succès considérable. Et la fleur, ses oignons, prend d’autant plus de valeur, voient leurs prix atteindre des sommets. Aussitôt les commerçants se rendent compte de l’opportunité et ordonnent aux paysans de planter de la tulipe. Tout le monde ne va-t-il pas y gagner ? Et le marché européen se trouve bientôt inondé d’oignons …et s’effondre. Les prix baissent considérablement au point que commerçants et paysans soient poussés à la faillite. Trop d’offre et pas assez de demande. La solvabilité des acheteurs n’est pas au rendez-vous et n’aurait pu être palliée provisoirement que par l’émission de monnaie, c’est-à-dire une inflation.
    Cette histoire de tulipes qui déboucha sur une véritable crise économique, ne put servir vraiment de leçons. Car ces crises semblaient ineluctables. Tout au contraire, elles servirent la spéculation. Car on allait pouvoir mettre sur pied des compagnies d’assurances garantissant les transactions. La première fut la Lloyd, inventée par un douteux parieur, pilier de taverne,. On sait depuis la fortune qu’il advint pour ladite compagnie.
    Aujourd’hui, malgré Keynes ( ) , ce type de crise existe toujours bien sûr. Mais il est doublé par la préminence d’un système financier hypertrophié. C’est le moyen, c’est-à-dire la monnaie, qui devient l’enjeu et non la production de biens, fruit du travail. Certes lesdits produits sont toujours mis sur le marché mais l’enjeu va être la spéculation avant même l’échange proprement dit. La spéculation sur le produit mais aussi la spéculation sur les assurances qui « couvrent » les transactions.
    Mais au bout du compte sur quoi repose réellement la valeur des transactions ? Cela personne ne le sait vraiment. Ou plutôt on s’en rend compte quand il y a insolvabilité. Comme au temps des tulipes. On vend des maisons en accordant du crédit à tout le monde ou presque. Et on vend à tour de bras. Le prix des maisons prend de la valeur. Mais crise de surproduction générale à partir de 2006. Chômage s’accentuant. Impossibilité de rembourser les prêts immobilier. Faillites et très vite mise en question des assurances qui couvraient lesdits prêts des candidats malheureux à la propriété. Comment les banques vont-elles recouvrir leur argent ? ....
    De ce pic de la crise survenu en 2008, le monde ne s’en est pas remis. Retrouvant des accents romains, en dehors de toute logique, la principale parade est de tenter de rétablir la confiance alors que les accrocs dans le rideau troué du système ne font que s’agrandir. Un peu comme Lloyd l’avait fait du fond de sa taverne alors qu’il n’avait pas un sou en poche.
    A l’aube de 2011, le monde capitaliste et financier veut encore y croire. Il se raccroche à des bribes d’espoir. Certes la Grèce est toujours dans un marasme inquiétant sans espoir de pouvoir régler un jour sa dette, mais le Portugal n’a-t-il pas levé facilement son offre d’obligations ?
    Les taux sont prohibitifs concernant les prêts que l’ont fait à ces pays en crise. Mais c’est une aubaine pour la spéculation. Quel est l’espoir d’un quelconque remboursement des dettes publiques ? Mince, très mince. Alors on se transforme en joueur de bonneteau. Et on fait passer, en Europe, la dette des états sur une dette communautaire.
    Mais bien sûr on a bien compris que jamais les banques ne se feront hara kiri ou que l’on va se décider à les contrôler sérieusement et à les épurer. Dans la logique capitaliste c’est à l’ensemble des populations de payer les dettes de la spéculation, les faillites des sociétés financières « pour nous sauver tous ». Noter l’absurdité du raisonnement ou plutôt l’absurdité d’un système.
    La Chine, la Tunisie, tous ces pays pourvoyeurs de main d’œuvre bon marché ne sont-ils pas présents ? Dans ces pays une nouvelle classe moyenne ne va-t-elle pas consommer…consommer. Une bagnole pour chaque Chinois. Le rêve…qui risque au gré de l’inflation grandissante dans ces pays, de la spéculation notamment immobilière, de la faiblesse du système bancaire de se transformer, en débordant, en une crise encore plus grave que celle apparue en 2008. Pour cette prochaine catastrophe, sur laquelle on garde une discrétion de « bon aloi », l’année 2012 serait fatidique. Ne quitterait-on pas l’année du lapin sautillant – calendrier chinois – pour rejoindre alors l’année de la grande casserole ?

    Ceux qui critiquent ce monde qui s’écroule ne peuvent être que d’affreux gauchistes issus d’une époque révolue. Car pas d’avenir hors du libéralisme. C’est le limes qui doit être rendu infranchissable. A partir de là le débat est escamoté.
    Le mensonge règne, constamment distillé par les médias. En janvier 2011, le « canard » lancé par les journalistes – ou plutôt leurs commanditaires – est d’affirmer que le coût du travail en France est bien plus cher qu’en Allemagne. « Personne ne peut fournir des chiffres » reconnait cependant avec honnêteté, le journaliste Stéphane Somier sur BFM, poussé dans ces retranchements.
    Economie, économie…C’est-à-dire accélération du démantèlement de la protection sociale, baisse des retraites (voir les dernières mesures du gouvernement Obama, par exemple).
    Et résistance. Résistance en France contre la baisse des retraites. Résistance et révolte dans les pays qui devaient « sauver » le système. En Tunisie, en Chine où éclatent grèves et émeutes.
    Nous n’avons rien à perdre dans un changement qui ne peut être sur le plan économique que radical. Mais bien sûr spéculateurs et menteurs patentés devront rendre des comptes.
    Nemo, le 26/01/2011

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à nemo3637
      sans
      • Posté à 22h17 le 26/01/2011
      • Internaute 30050
        sans

      3 impôts peuvent remplacer les 224 impôts existants aujourd’hui, mettre en mouvement 2000 milliards d’euros par an au lieu des 800 milliards actuels et donner 1000 euros par mois sans condition à chaque citoyen.

      Ceci étant, il est notable que présenter une véritable alternative économique est relativement long. Dès lors, sans avoir la prétention d’être exhaustif, sachez que le programme politique annoncé et établi par - l’Inoppression Active - n’est pas QU’IDEOLOGIQUE. Il est notamment simple, mécanique, automatique, et suspect ou non, il pourrait être mis en place immédiatement.

      Actuellement, l’erreur de raisonnement concerne le recyclage (fiscal/social) d’argent. L’économie ne consiste pas à créer ou ôter de l’argent mais à en faire tourner (recycler) plus ou moins vite une petite quantité ; c’est le contraire de la finance !

      Cette erreur économique magistrale qui n’avait pas trop d’importance quand l’Offre était inférieure à la Demande, nous a fait oublier de bien raisonner et nous maintient dans l’oppression du système.

      La règle fondamentale en matière de recyclage, c’est d’étudier le bon endroit des prélèvements pour que le service public et social soit parfaitement doté, pour que la Demande soit parfaitement satisfaite. L’économie consiste à la fois à promouvoir l’Offre en favorisant concrètement sa création et à permettre à la Demande, c’est-à-dire à chaque personne de la maison, d’y avoir concrètement accès.

      Ce programme (démontré et chiffré) est le résultat d’un travail laborieux qui rassemble depuis 40 ans des spécialistes et concepteurs en économie politique de France et d’Angleterre. Ce mouvement s’appelle l’Inoppression Active.

      Leurs propositions sont fondées sur le passage dans les années 1960, de la société de pénurie à la société de surabondance. Le principe est de partager cette surabondance au lieu de la détruire, en donnant à chacun un revenu mensuel accordé par une fiscalité mécanique.

      Les propositions chiffrées ont été élaborées après examens attentifs des comptes de la Nation. La dite crise n’en est pas une. La situation actuelle n’est due qu’à la gestion néfaste de l’Etat. Cette gestion est financière (équilibre de la balance), alors qu’elle devrait être économique (qui tourne).

      L’économie ne joue pas sur la ponctualité mais sur la fréquence des ponctualités. La finalité de l’économie n’est pas le bénéfice ou l’équilibre financier mais le service du citoyen.

      Alors que le raisonnement financier correspond à un arbitrage ponctuel, le raisonnement économique ne joue pas sur la ponctualité mais sur la fréquence des ponctualités. En faisant circuler d’avantage d’argent, on donne plus de pouvoir d’achat et l’on perçoit dans le même temps d’avantage d’impôts. Il n’y a aucune autre façon de bien raisonner en économie.

      Lien

      • xaxa
        xaxa répond à Naradamuni
        • Posté à 11h37 le 28/01/2011
        • Internaute 88669

        « 3 impôts peuvent remplacer les 224 impôts existants aujourd’hui, mettre en mouvement 2000 milliards d’euros par an au lieu des 800 milliards actuels et donner 1000 euros par mois sans condition à chaque citoyen. »

        2000 milliards d’imposition par an ?

        Ca vous met le PIB à quel niveau, sachant qu’actuellement il est 1900 milliards ?

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h48 le 26/01/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Les économistes ne parlent jamais de quantité de travail c’est à dire du porte feuille des contrats en cours ou à venir, c’est un indicateur aussi pertinent que la compétitivité.
    Quand une entreprise n’a en porte feuille que 80% de sa capacité de production, ses couts étant fixes (salaires, charges, impôts, taxes,....) sa productivité diminue par rapport à un porte feuille qui serait à 100%.
    La France est comme cette entreprise, l’espérance des contrats est en constante diminution de par le peu de gout de nos entrepreneurs pour démarcher et créer et aussi par l’Etat qui ne s’investit que pour démarcher des centrales nucléaires, des Airbus ou des matériels militaires, les PME et PMI sont complètement délaissées dans cette stratégie.
    Les 35 heures ne sont qu’un moyen de répartir le peu d’heures de travail qu’il reste en France, ils coutent aux contribuables 22 milliards d’euros par an en allègement de charges.
    Si des iconoclastes comme Copé ou Valls veulent supprimer les 35 heures, qu’ils trouvent d’abord un moyen pour faire revenir le porte feuille des commandes qui ont été délocalisées.

    • nemo3637
      nemo3637 répond à padiran
      Déchoukeur
      • Posté à 23h47 le 26/01/2011
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Juste une petite question, cher Padiran : est-il plus intéressant de vouloir faire tourner une entreprise ou alors vaut-il mieux spéculer sur les marchés ?
      Vouloir faire tourner raisonnablement une entreprise ne revient-il pas à vouloir continuer à fabriquer des chars à boeufs, à se référer à une époque dépassée, et ce au nom de la délocalisation ?
      Ce qui est moderne, ce qui rapporte c’est d’être un trader tel un surfeur se jouant des vagues. Quelle griserie !
      Je ne vous y vois pas trop. Moi non plus d’ailleurs.

      • padiran
        padiran répond à nemo3637
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 09h45 le 27/01/2011
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Le sujet était les 35 heures et la productivité, par contre si l’on aborde les aspects financiers, je peux effectivement me transformer en avocat du diable et démontrer qu’il vaut mieux investir dans des produits dérivés qui rapporteront 15% par an que dans une PME dans le Limousin, ce que je ferais jamais si j’en avais les moyens.

         
        • nemo3637
          nemo3637 répond à padiran
          Déchoukeur
          • Posté à 03h29 le 28/01/2011
          • Internaute 44521
            Déchoukeur

          Oui, c’était une disgression.
          Mais ça me conforte dans l’idée que les 35 heures ne sont qu’une vétille pour les capitalistes qui, en réalité, s’en tapent.
          On trouvera toujours le moyen d’exploiter les gens en ne les faisant travailer que 20 heures - moins encore parfois - par semaine pour un salaire dérisoire. Quand on leur dira qu’ils exagèrent, ils diront toujours « retenez moi où je vais m’établir en Tun... euh enThaïlande bref là où il n’y a pas des emmerdeurs comme vous »
          Et puis comme vous le dites investir dans lesproduits dérivés, ça c’est dans l’air du temps...en attendant le prochain krach.

          • padiran
            padiran répond à nemo3637
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 09h32 le 28/01/2011
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Les 35h sont un point dur idéologique et seulement idéologique. Copé s’en sert pour se démarquer de Sarkozy vis à vis du premier cercle des contributeurs et ainsi se mettre en position favorable au cas où Sarko déraperait avant 2012

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