Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Le plagiat, une maladie dont l'université doit se débarrasser

Jean Matouk
Economiste
Publié le 11/02/2011 à 18h59

L’épidémie de plagiat se développe et choque profondément les universitaires qui ont élaboré seuls leurs travaux de recherche. Nouveau cas flagrant : la présidente de l’université de Polynésie, Louise Peltzer, a plagié Umberto Eco, dans un livre de 2000. Les passages ci-dessous sont illustratifs du plagiat et presque du copier-coller.


Exemples de passages controversés du livre de Louise Peltzer

Le collectif des enseignants de cette université, auxquels se sont joints de grands noms de la linguistique (Claude Hagège) et de l’anthropologie (Maurice Godelier), signalent d’autres multiples similitudes entre les pages 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 32, 33, 35, 37, 40, 41, 43 et 45 de son livre et les pages 95, 96, 97, 98, 104, 105, 106, 107, 116, 117, 118, 119, 120, 122, 123, 125, 126, 132, 133, 307, 308, 309, 334, 346, 347 et 368 du livre d’Umberto Eco.

Louise Peltzer s’est défendue en disant qu’elle cite Umberto Eco en bibliographie. Mais contrairement à tous les usages, les passages copiés ne sont même pas entre guillemets ou en italiques, et aucune note de bas de page ne renvoie à Eco. Peut-être était-ce la conséquence d’un manque de temps, puisqu’elle était, à l’époque, ministre de la Culture dans le gouvernement de Gaston Flosse. Sa réponse, en tous cas, ne convainc évidemment pas.

Il y a même tentative de récidive récente sur le travail de Jean-Michel Charpentier, chercheur du CNRS, spécialiste de linguistique, qu’elle avait fait venir en Polynésie pour contribuer à la rédaction de l’« Atlas des langues polynésiennes ».

Le cas est d’autant plus scandaleux qu’elle est présidente d’une université. Elle se débat en expliquant qu’il s’agit d’un complot d’enseignants métropolitains contre la « petite » Polynésienne qui a réussi...

Si son origine a été sans aucun doute pour quelque chose dans sa proximité politique avec Gaston Flosse, donc sa nomination comme présidente, tous les universitaires locaux étaient au contraire tout à fait satisfaits de cette nomination... jusqu’à découverte du plagiat. Devant un tel scandale, le ministère des Universités ne pouvait rester sans réaction. La ministre, Valérie Pécresse, a envoyé a Louise Peltzer un rappel à la loi. On attend sa démission

Mais ce cas flagrant de plagiat est loin d’être unique dans le monde universitaire. Le Monde daté du 11 novembre 2010 présentait une analyse dont il ressortait que le plagiat était devenu fréquent dans les universités, non seulement chez les étudiants pratiquant le copier-coller pour leurs mémoires divers, mais aussi chez les enseignants.

Hélène Maurel-Indart, professeur de littérature française à l’université de Tours, qui avait publié « Du plagiat » (PUF) en 1999, se voit obligée d’ajouter, dans la réédition de 2011, un chapitre intitulé « Pillage à l’université » !

Mais pourquoi donc cette nouvelle maladie de l’université française ? On peut avancer trois raisons .

  • la pression à publier. Le fameux « publish or perish » anglo-saxon, « publie ou disparais », s’exerce de plus en plus sur les enseignants chercheurs qui n’ont pas tous été recrutés sur leurs capacités à produire des travaux de recherche véritablement innovants. Grâce à la loi LRU, les universités peuvent recruter à des salaires bien plus élevés que ceux de la fonction publique. Le niveau moyen des universités doit donc s’élever. Mais il n’est pas étonnant que certains universitaires en place depuis plusieurs années en mal de véritable créativité, et donc soumis à concurrence plus relevée, aient eu recours au plagiat ;
  • le souci permanent de citations par les autres universitaires ou chercheurs, dont va dépendre l’obtention de prix ou de distinctions. Il faut multiplier les parutions, en se répétant soi-même -ce qui n’est pas condamnable mais témoigne encore de cette faible productivité scientifique- ou en copiant les autres.

  • la formidable facilité qu’apporte l’usage d’Internet, qui permet de trouver très aisément les textes antérieurs et, éventuellement, de les « copier-coller » en espérant que le collage, noyé dans le reste du texte, passera inaperçu. Certaines universités se sont dotés de logiciels anti-plagiat à l’encontre des étudiants peu scrupuleux.

Les universitaires, pour leur part, tous spécialisés, suivant donc régulièrement les travaux dans leur discipline, se rendent vite compte du plagiat par simple lecture. Il est, en tout cas, grand temps que des sanctions soient prises, car l’indispensable relance des universités françaises serait sans effet si cette triste habitude persistait.

Image : exemples de passages controversés du livre de Louise Peltzer

  • 7183 visites
  • 45 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Emmanuel M
    Emmanuel M
    Commentateur liberal
    • Posté à 20h03 le 11/02/2011
    • Internaute 39528
      Commentateur liberal

    Vous oubliez la raison principale de la fraude : parce que ses auteurs sont très insuffisamment sanctionné.

    Le renvoi immédiat de cette « dame » ainsi que la mis en cause de sa responsabilité civile (elle était payée pour faire de la recherche sur les sciences, pas de la recherche sur Google) permettraient à sa chaire d’être occupée par un chercheur digne de ce nom.

    • Pi.K
      Pi.K répond à Emmanuel M
      Vilain Parisien
      • Posté à 09h54 le 12/02/2011
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      « Vous oubliez la raison principale de la fraude : parce que ses auteurs sont très insuffisamment sanctionné. »

      C’est un peu facile, comme raisonnement, et surtout un peu daté. C’est ne prendre en compte que les incitations extérieures dans la prise de décision, et oublier aussi bien les motivations intrinsèques que les normes sociales.

      Motivation intrinsèque : je ne plagie pas mes pairs parce que je n’ai pas envie de les plagier. Quand je cite le travail de quelqu’un, je le signale explicitement et je mets la référence dans ma bibliographie, comme la plupart de mes pairs.

      Norme sociale : si je m’amusais à plagier le travail de mes pairs, je deviendrais un paria de l’université. Renforce la motivation intrinsèque.

      Les incitations, y compris sous forme de sanctions, entrent évidemment en compte, mais il ne faut pas surestimer leur importance. Et pas besoin d’aller chercher un féroce gauchiste pour le souligner : c’est la substance de l’article de Jean Tirole « Motivation intrinsèque, incitations et normes sociales », qui n’a pas été publié dans une obscure officine marxo-trotskiste mais dans la Revue économique 60/3, p. 577-590.

      • Jadore
        Jadore répond à Pi.K
        verseau
        • Posté à 21h07 le 12/02/2011
        • Internaute 127928
          verseau

        Il n’empêche que la fraude est insuffisamment sanctionnée, que ça n’a rien de dâté. Le cas de la présidente d’université en question l’illustre clairement. Alors peut-être faut-il introduire dans votre grille une (plusieurs ?) contre-motivation telle que le sentiment d’impunité ou l’appat du gain symbolique, et peut-être pratique puisque la reconnaissance via publication implique une possible accélération de carrière...

  • Zigpoc
    Zigpoc
    transitoire
    • Posté à 20h21 le 11/02/2011
    • Internaute 104004
      transitoire

    J’ai étudié dans une université suédoise. Après le mot de bienvenue, la première chose que les pontes de l’université ont tenu d’évoquer est la question du plagiat, nous conseillant de ne pas essayer, sous peine de sanctions irrévocables.
    En France, des co-universitaires ont été confondus pour plagiat ... on leur a proposé de refaire l’exercice.

  • tlaloc
    tlaloc
    Retraité
    • Posté à 20h21 le 11/02/2011
    • Internaute 47359
      Retraité

    Tout à fait d’accord Mr Matouk, il y a 20 ans des thèses françaises en sciences étaient complétement piratées par des étudiants de pays francophones avec la complicité d’au moins 1 membre du jury français.

    • tlaloc
      tlaloc répond à tlaloc
      Retraité
      • Posté à 11h15 le 12/02/2011
      • Internaute 47359
        Retraité

      ce site devient complétement débile on donne une information on se fait nazer pauvre france .

  • geneviève421
    geneviève421
    medecin
    • Posté à 20h39 le 11/02/2011
    • Internaute 121096
      medecin

    même martin luther king a plagié, keskonanaafoutre, ptin faut se reveiller là !

    • Cortonimo
      Cortonimo répond à geneviève421
      apachenaute
      • Posté à 17h56 le 12/02/2011
      • Internaute 136086
        apachenaute

      Il y a bien une différence entre répéter des discours ou leurs fragmenst (Luther King) pour diffuser des idées et piller le travail des autres.
      Si je ne veux pas m’embêter à payer un autoradio, je vais vous voler le vôtre voire même la voiture pendant que j’y suis.
      Vraiment vous n’en n’auriez rien à « foutre » ?
      Cordialement, de la part d’un docteur, Paris 5.

  • kikekoi
    kikekoi
    toujours de bonne foi
    • Posté à 21h20 le 11/02/2011
    • Internaute 29279
      toujours de bonne foi

    c’est une tendance qui est généralisée
    on peut mettre en cause les critères d’évaluations d’un travail, souvent plus portés sur le volume que sur la pertinence

  • A déménagé le 10 mai
    • Posté à 21h31 le 11/02/2011
    • Internaute 102287

    Bientôt une loi PPDA ? : p

  • A déménagé le 10 mai
    • Posté à 21h32 le 11/02/2011
    • Internaute 102287

    syntax error

  • actiondiscrete
    actiondiscrete
    Terroriste
    • Posté à 22h13 le 11/02/2011
    • Internaute 141532
      Terroriste

    Je ne suis pas certain que le plagiat universitaire se généralise. Avec Internet, on a également plus de chances de se rendre compte d’un plagiat

    Et le plagiat est mal vu, les chercheurs prennent un risque...
    Egalement, les chercheurs travaillent grâce aux résultats déjà obtenus, pour en trouver d’autres ; c’est un travail collectif

    Quelques idées supplémentaires de plagiat par l’équipe d’Action Discrète

    Lien

  • xavier-xavier
    xavier-xavier
    muntagnolu
    • Posté à 09h03 le 12/02/2011
    • Internaute 23086
      muntagnolu

    Dans Libé du 8 février, Louise Peltzer se justifie :

    « Elle évoque plutôt un “travail d’édition trop vite fait” et des guillemets qu’elle aurait pu, dans la précipitation, “ouvrir et oublier de refermer”. »

    On dirait du PPDA.
    Aurait-elle plagié jusqu’à ses justifications ?

  • marc44
    • Posté à 22h27 le 11/02/2011
    • Internaute 24488

    Heureusement, comme le dit cet article, la loi Pécresse permettant de payer plus cher les stars va sûrement résoudre le problème.

  • Arthur31300
    Arthur31300
    étudiant
    • Posté à 01h44 le 12/02/2011
    • Internaute 107955
      étudiant

    A l’université de Montréal où j’étudie cette année en programme d’échange, il est constamment rappelé aux étudiants que le moindre plagiat est passible d’un 0 puis de l’exclusion à vie de l’université si récidive, l’auto-plagiat étant également concerné, c’est vraiment une des priorités de l’université d’empêcher cette pratique. Autre chose, ça me rappelle un prof de littérature en hypokhâgne qui nous racontait qu’un étudiant qu’il faisait passer à l’oral lui avait présenté une magnifique analyse du texte qu’il devait étudier, sauf que le prof lui dit « Oui, c’est une bonne analyse, sauf que c’est moi qui l’ai écrite ! ! ! Quand vous plagiez au moins vérifiez vos sources ! ! ! » . Les plagiaires, en plus d’être des gens inutiles ne sont en plus pas très malins...

  • haggis
    • Posté à 09h58 le 12/02/2011
    • Internaute 1777

    vous oubliez aussi une autre catégorie, très répandue quand j’étais à l’université : les chercheurs - enseignants qui utilisent les travaux, des étudiants dont ils ont la charge, sans les citer bien sur, après parfois leur avoir dit que ce n’était pas terrible ce qu’ils avaient fait, et qui en publie les meilleurs passages sous leur propre nom..... Je l’ai vu plusieurs fois .... et comment peut on se défendre ? le petit stagiaire de DEA ou thésard, qui va dire que le grand manitou aux multiples publications lui a piqué son boulot...Certains se reposent sur leurs travaux passés et utilisent les petits jeunes pour continuer sans trop se fatiguer.

    • Gaston le roux
      Gaston le roux répond à haggis
      ami des bêtes
      • Posté à 10h09 le 12/02/2011
      • Internaute 120601
        ami des bêtes

      Je vous top un 5/5, effectivement (et malheureusement) votre exemple n’est pas un cas isolé.
      Une amie qui travaillait en thèse toute seule et qui malgré tout avançait bien dans ses travaux s’est fait virée parce qu’elle était enceinte !
      Ils ont repris ses résultats et les ont publié sans même la citer ! (alors qu’elle aurait du être cité en premier selon les conventions).

      Attention, tous les scientifiques ne sont pas pourris, hein ? ^^
      Juste une poignée...

  • Gaston le roux
    Gaston le roux
    ami des bêtes
    • Posté à 10h06 le 12/02/2011
    • Internaute 120601
      ami des bêtes

    Avant d’avoir été des plagiaires, ces adultes ont été des enfants.
    Les enfants « copient » ce qu’ils voient.
    Quand ils voient à la télé des hommes et femmes politiques qui ont trempé dans des magouilles et qui passent entre les mailles du filet ou bien des joueurs de foot qui marquent de la main et qualifie leur équipe par la triche, etc.... forcément à un moment donné la facilité fait TILT dans leur petit cerveau.
    Il n’y a pas de gène de la triche, juste un environnement propice....
    D’un autre côté l’économie d’énergie est un facteur sélectionnant, mais c’était il y a 10 000 ans....

  • luminalbe
    luminalbe
    L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
    • Posté à 10h11 le 12/02/2011
    • Internaute 68745
      L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

    Quand il n’y a pas de créativité il y a plagiat.
    Quand il n’y a pas d’imagination il y a plagiat.
    Quand les idées manquent il y a plagiat.
    Quand il n’y a pas travail personnel il y a plagiat.

    Les plagiaires sont des personnes « vides ». Ils remplissent ce vide en s’attribuant la « richesse » des autres.
    Ils sont des imposteurs.

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 10h25 le 12/02/2011
    • Internaute 50571
      chien de talus

    D’un autre coté la configuration polynésienne incite particulièrement au « vamos a la plagiat », hein.

  • A déménagé le 10-11-2011
    • Posté à 12h26 le 12/02/2011
    • Internaute 124772
      -

    Pour éviter la tentation du plagiat ne lisez pas les autres ...

  • A déménagé le 23-6
    • Posté à 12h59 le 12/02/2011
    • Internaute 85924

    Je doute que cette maladie soit très « nouvelle »... On s’en aperçoit plus maintenant, puisque les écrits circulent plus, c’est tout. Que le plagiat soit présent à l’université autant voire plus qu’ailleurs est somme toute assez logique ; on s’inspire toujours des travaux précédents et la limite entre la citation, l’influence et le plagiat est assez fine.
    La seule solution, à mon avis, est d’exposer très explicitement ces limites aux étudiants, qui prennent l’habitude de plagier parfois par manque de confiance, en ayant l’impression qu’on leur demande une réflexion personnelle qu’ils ne se croient pas capables de fournir. J’ai dit à mes élèves plusieurs fois qu’il n’y avait aucun mal à aller chercher des idées ailleurs, à condition de reformuler (pour être sûr d’avoir compris) et de citer la source ; ces deux conditions permettent aussi de fournir un travail cohérent, ce qui est rarement le cas lorsqu’il y a plagiat (mais bien sûr cela dépend de l’habileté de celui qui s’y livre !).
    Cela dit, les scandales qui entourent les cas de plagiat sont probablement le meilleur moyen de dissuasion.

    • Pi.K
      Pi.K répond à A déménagé le 23-6
      Vilain Parisien
      • Posté à 13h58 le 12/02/2011
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      On peut établir assez simplement une typologie élémentaire de l’« inspiration ».

      (1) Plagiat :

      Comment les humains raisonnent-ils dans des situations complexes ou indéterminées ? Les psychologues modernes nous indiquent que nous autres humains ne maîtrisons que médiocrement la logique déductive, et que nous en usons seulement modérément.

      (2) Référence :

      Ainsi que le montre Akerlof [1970], l’asymétrie d’information constitue une défaillance majeure du processus de marché.

      (3) Citation :

      Elster [2009] note qu’« au-delà d’un certain point, les constituants ont dû comprendre le sens inévitable des événements et essayer de les devancer plutôt que d’en être la proie ».

      La distinction paraît assez claire : dans un cas, je fais comme si l’idée m’était venue spontanément, dans les deux autres, je rends justice aux auteurs en signalant d’où vient l’idée exprimée ou la citation utilisée.

      (1) Plagiat de Brian Arthur, « Inductive Reasoning and Bounded Rationality », American Economic Review 84/2, p. 406-411.
      (2) Akerlof (George), « A Market for “Lemons” », Quarterly Journal of Economics 84/3, p. 488-500.
      (3) Elster (Jon), Le désintéressement, Seuil, Paris, 2009.

  • watashi_baka
    • Posté à 13h04 le 12/02/2011
    • Internaute 47330
      ...

    Le Plagiat c’est quoi ?

    Dans une thése Française il est quasi-obligatoire d’avoir 1/3 de généralité présentant le contexte général, les outils utilisés, et pourquoi les résultats qui viennent dans la thèse sont important.
    C’est bien pratique car l’on y trouve tout ce dont on a besoin, c’est ch… car c’est très dur de savoir exactement ce qu’a fait le jeune docteur (dixit un Physicien Slovène). Le problème c’est que ce 1/3 de présentation générale à une tendance à être copié-coller.
    d’une part du bouquin de référence, d’autre part de la thèses des X précédents thèsard du groupe. Par contre quand c’est bien fait (donc compris et ré-écrit) c’est très enrichissant pour le candidat qui parfois comprend ce qu’il a admis pendant son travail de recherche. Quand c’est mal fait on retrouve des fautes qui se propage d’une thèse à l’autre, c’est pas nouveau je me souviens d’un quinquagénaire qui dans les années 80 avait son logiciel pour chercher des copier-coller dans les thèses.
    Reste une question si sur 150 pages il y a 50 pages de plagiats et 100 de résultats originaux est-ce du plagiat ?

    Quid de l’autoplagiat, i.e. j’ai un résultat, j’en fait un papier et je le montre à 3 conférence au final il est publié 3x pour le prix d’une.

    Quid des revues de sujet, le principe, une personne écrit en un nombre de page donné (suivant le type du publi ça va de 4 pages à un bouquin) un résumé d’une thématique, ça implique forcément de montrer les résultats de beaucoup de personnes impliquées, Si c’est bien fait ça termine avec une biblio à rallonge !

    Et puis j’oublie une dernière catégorie, très classique chez les états-uniens c’est pas un plagiat mais un papier sans intérêt : J’ai pris le modèle/logiciel de toto et al. j’ai comparéà des points expérimentaux qui trainait dans mon ordi, et ça marche (déjà vu quelques fois) niveau contenu scientifique c’est un stage de 3 mois de licence mais ça fait une publi…

  • pekinoscope
    • Posté à 13h39 le 12/02/2011
    • Internaute 8886

    « Grâce à la loi LRU, les universités peuvent recruter à des salaires bien plus élevés que ceux de la fonction publique. Le niveau moyen des universités doit donc s’élever. »
    Ca c’est la théorie. Dans les faits, les universités dont le budget permet de faire cela se comptent sur les doigts de la main. Pour toutes les autres, la stratégie est plutôt de recruter à des salaires bien MOINS élevés que ceux de la fonction publique, en multipliant par exemple les vacations. Cela se fait au DETRIMENT de la qualité des enseignements et de la recherche. Le plagiat n’est pas seulement le fait des vieux universitaires « en mal de créativité », mais aussi de l’ensemble des enseignants et chercheurs qui doivent désormais assumer des charges de travail ingérables à des prix dérisoires tout en publiant un maximum pour ne pas disparaître du paysage. C’est donc à mes yeux une conséquence directe de l’exacerbation de la concurrence au sein des facs.

    • iFFLYG
      iFFLYG répond à pekinoscope
      • Posté à 14h09 le 15/02/2011
      • Internaute 30165

      « Grâce à la loi LRU, les universités peuvent recruter à des salaires bien plus élevés que ceux de la fonction publique. Le niveau moyen des universités doit donc s’élever. » Ce n’est pas de la théorie, c’est de l’idéologie. Ce système de punition/récompense cher aux hagiographe du tout libéral n’engendre pas la qualité mais la fraude, le copinage, le clientélisme et la mandarinat. D’ailleurs, les « papes » des libéraux le reconnaissent puisqu’ils excusent d’avance les fraudes et les fraudeurs, de David Ricardo à Milton Friedman.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 13h48 le 12/02/2011
    • Internaute 29241
      Observateur.

    La frontière entre la citation et le plagiat a toujours été floue ( c’ est le dilemme des fleurs de Tarbes de Paulhan)... y compris pour (et par) le lecteur : n’ y a t il pas plus de plagiat tout simplement parce que l’ accès aux sources qui le rend manifeste est plus toujours plus facile ? L’ exploitation (certains parlent de pillage ) des travaux d’ étudiants par ceux qui les encadrent n’ est il pas une pratique de toujours rendue visible par la facilité de se faire éditer en ligne ? Bref, comme partout, internet fait reculer le secret...

    • luminalbe
      luminalbe répond à Albufera
      L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
      • Posté à 14h45 le 12/02/2011
      • Internaute 68745
        L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

      « .La frontière entre la citation et le plagiat a toujours été floue »
      Non, la frontière n’est pas floue, c’est une question d’honnêteté intellectuelle. La citation évoque la connaissance acquise par la personne, le plagiat montre le vide de la personne.

  • Ylv
    Ylv
    ...
    • Posté à 15h59 le 12/02/2011
    • Internaute 25671
      ...

    juste pour l’anecdote :

    l’AERES a imposé manu militari un mémoire type fac aux étudiants des écoles d’art ne le pratiquant pas encore,

    aussi, au lieu de deux ans, nous avons (au total) 7 mois pour le réaliser...

    si le plagiat est très loin de la culture des écoles d’art, l’écrit l’est tout autant, notamment du fait qu’une partie des étudiants n’aient pas le bac...

    est-ce le plagiat qu’il faut condamner ou la sacralisation de la publication ?

    • Okotoks
      Okotoks répond à Ylv
      Amateur de paléontologie et d' (...)
      • Posté à 17h39 le 12/02/2011
      • Internaute 58147
        Amateur de paléontologie et d' (...)

      J’ai bien relu votre commentaire et je ne comprend ni ce qu’il y a de scandaleux à rédiger un mémoire en 7 mois ni le rapport qu’il y a avec le plagiat dans les publications académiques. Pourriez-vous éclairer ma lanterne ?

      • Ylv
        Ylv répond à Okotoks
        ...
        • Posté à 18h19 le 12/02/2011
        • Internaute 25671
          ...

        les écoles d’art ne sont pas des écoles de l’écrit en fait.

        C’est à dire que le travail est mesuré d’une part via la production plastique et d’autre part au cours d’entretien dont la forme varie.

        aussi les étudiants écrivent assez peu...

        par ailleurs, bien que le bac soit nécessaire pour suivre ces études, les dérogations sont monnaies courantes tout comme l’intégration d’étudiants étrangers baragouinant à peine le français.

        Ce qui comptait c’était la production plastique, avant que l’AERES ne viennent mettre son souk. Désormais, il nous faut rédiger un mémoire de type universitaire.

        Nous rédigions déjà un mémoire mais dont le principe était d’introduire à notre travail dans l’optique du passage de diplome avec un jury. De sorte à passer les généralités et aller directement au coeur du travail de l’étudiant.

        Désormais, les étudiants en écoles d’art doivent réaliser un mémoire de type universitaire durant leur cinquième année. La cinquième année était, avant, vouée à ce que les étudiants organisent l’après-diplome (recherche de résidences artistiques, de cursus supplémentaires, etc.). Cette année tout le monde rédige. L’année prochaine risque pour nous d’être casse gueule.

        Aussi, le rapport avec le plagiat est simple :
        que risquent de faire des étudiants dont la formation ne les entraine pas à rédiger de longs textes synthétiques et dont le temps est précieux pour l’après-diplômes ?

        pour les 7 mois, nous avons été prévenu mi-octobre qu’une réforme était passée durant le mois d’aout et que nous devions rédiger ce mémoire... les années précédentes le mémoire, très court (une vingtaine de pages), se focalisait exclusivement sur le travail de l’étudiant. Cette année, il ne doit pas porter sur le travail de l’étudiant mais sur un sujet en lien avec ce dernier. WTF ?

        en écoles d’art, nous ne sommes absolument pas des historiens d’art. les cours d’histoires de l’art et de philosophie de l’esthétique représentent une part mineure de notre enseignement (quelques heures par semaines durant les trois premières années, puis plus rien).

         
        • Okotoks
          Okotoks répond à Ylv
          Amateur de paléontologie et d' (...)
          • Posté à 18h31 le 12/02/2011
          • Internaute 58147
            Amateur de paléontologie et d' (...)

          Merci de vos explications !

        1 autres commentaires
  • Okotoks
    Okotoks
    Amateur de paléontologie et d' (...)
    • Posté à 17h45 le 12/02/2011
    • Internaute 58147
      Amateur de paléontologie et d' (...)

    La communauté scientifique dans son ensemble se sent de plus en plus concernée par plagiat et la manipulation de résultats, pas seulement les université française. Ces deux problèmes donnent régulièrement lieu à des articles dans Sciences et Nature. Il me semble même qu’il y avait eu une controverse il y a 1 ou 2 ans sur des universitaires américains qui voulaient durcir les sanctions en cas de fabrication de résultats.

  • Cortonimo
    Cortonimo
    apachenaute
    • Posté à 17h47 le 12/02/2011
    • Internaute 136086
      apachenaute

    Le plagiat est aux chercheurs ce que le dopage est aux sportifs : un très dommageable résultat de la pression et de la course aux subventions et aux reconnaissances.
    C’est dû à un système qui prône la vitesse -alors que la recherche nécessite du temps- et le « se mettre en avant à tout prix » au détriment de la pensée et de l’humilité nécessaire.
    Ainsi on décourage les honnêtes gens, les véritables chercheurs et... on obtient les (mauvais) résultats qu l’on mérite. L’exemple vient de haut, oui, mais ce n’est pas un excuse.

  • Jadore
    Jadore
    verseau
    • Posté à 21h01 le 12/02/2011
    • Internaute 127928
      verseau

    Les PPDA du copié-collé se foulent pas et ramassent les lauriers, comme cette présidente d’université.
    Ce doit être sanctionné, la création exige du travail et de l’originalité, en littérature comme en sciences et ses fruits doiven revenir aux créateurs.

  • Jean_Karl
    Jean_Karl
    Rasta-quouère désabusé
    • Posté à 21h20 le 12/02/2011
    • Internaute 130805
      Rasta-quouère désabusé

    « Mais il n’est pas étonnant que certains universitaires en place depuis plusieurs années en mal de véritable créativité, et donc soumis à concurrence plus relevée, aient eu recours au plagiat ; “
    C’est dégueulasse.
    Soyons serieux 5 minutes. Pour une université, ce qui compte, ce n’est pas le nombre d’article que publie ses profs, mais d’avoir un certain nombre de bestseller qui lui redonne du prestige.
    Il est normal qu’on surveille ce que fait un prof, dans mon université par exemple, certains vieux profs ne produisent quasiment plus rien, à par des comptes rendu et des synthèses des recherches de leurs thésards.
    Punissons fort et bien !
    Car si on est pas sur que cela change la quantité de tricheurs, mais au moins on aura du plagiat de qualité.

  • pecu
    pecu
    retraité
    • Posté à 21h46 le 12/02/2011
    • Internaute 140471
      retraité

    Si le plagiat était la seule maladie dont l’Université devrait se débarrasser, il n’y aurait pas « péché »...

  • very
    very
    enseignant
    • Posté à 22h20 le 12/02/2011
    • Expert 134079
      enseignant

    Poivre d’Abord, sous diplômé, a donc des concurrents ? Il est vrai qu’il gagnait 1 million d’euros à TF1/an , alors que les minables de l’ Université ,sur-diplômés, n’émargent qu’à trois mille euros/mois...

    • michesive
      michesive répond à very
      retraité
      • Posté à 11h46 le 13/02/2011
      • Internaute 142303
        retraité

      A l’évidence cette injustice est due à la reconnaissance de certains ventres mous, singeant d’illusoire, les cerveaux propres aux destinées d’argent, finalité ! Eux aussi !

  • Kolyse
    Kolyse
    psy
    • Posté à 07h06 le 13/02/2011
    • Internaute 124863
      psy

    Question à celles et ceux qui savent :

    Est-ce que Lautréamont aurait pu aujourd’hui être accusé de plagiat pour ses Poésies 1 et 2 ?

  • michesive
    michesive
    retraité
    • Posté à 11h40 le 13/02/2011
    • Internaute 142303
      retraité

    Quand la haute fonction est d’oublier la pâleur de copier, et, s’universalise jusqu’au poste directeur, l’université polynésienne souffre, elle, d’un plagiat directorial trop facile, pour faire carrière, sous les tropiques et les alisées rafraîchissants au travers des barrières de cocoteraies ! C’est juste, de l’éco, parcimonie lettrée souterraine !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 15h06 le 13/02/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Le plagiat, une maladie dont l’université doit se débarrasser »

    écrit Par Pierrrrre | énieme commis | 13/02/2011 | 15H04

    Nos professeurs d’universités sont perturbés par la recrudescence de travaux de recherche complètement copiés
    On a même trouvé chez Louis Peltzer, présidente de l’université polynésienne, des passages douteux en provenance de l’ouvrage Umber Eco.
    Les enseignants de cette niversité de Polynésie ont rejoint Maurice Godelier, anthropologue et Claude Nadège, linguiste pour dénoncer de graves plagiats.
    Evidemment la président accusée a réagit en avançant la citation qu’elle mentionne d’Umberto Eco, sachant qu’on l’accuse de déroger à l’usage de mise entre guillemets et mention des passages copiés.
    Il est à noter que son appartenance comme ministre de la culture dans le gouvernement présidé par Monsieur Gaston Flosse ne lui laissait effectivement que peu de temps pour peaufiner son ouvrage.
    Citons aussi le linguiste du CNRS JM Charpentier qui s’est fait subtiliser des lignes entières de son travail sur l’ « Atlas des langues polynésiennes »
    Elle se défend contre ce scandale en avançant la jalousie supposée de ceux voulant remettre en cause la réussite d’une polynésienne de souche.
    Soulignons tout de même que sa nomination comme présidente d’Université par Gaston Flosse avait été salué, notamment à cause du fait qu’elle était du pays et que les protestations ne sont apparues qu’à la découverte du plagiat.
    La réaction de Valérie Pécresse, ministre à l’encontre de Louise Peltzer devrait conduire à sa démission.

  • Zzzzz
    Zzzzz
    Ici
    • Posté à 17h56 le 13/02/2011
    • Internaute 102708
      Ici

    un bel exemple de plagiat ici :

    Lien

    trouvé alors que je voulais confondre un élève de term...

  • expat
    • Posté à 19h05 le 13/02/2011
    • Internaute 25627

    Pour les livres ca va etre difficile d’eviter que certaines phrases citees le soient telles que, par contre pour les articles originaux ils suffirait de changer pour un format plus approprie ou l’introduction et la discussion des resultats seraient simplement supprimes, laissant simplement les figures avec les conclusions des auteurs et une serie de references sur le sujet.

    Pour la lecture se sera moins informatif mais totalement sans plagiat.
    Il y a aussi des gens qui publient le meme article avec un titre a peine different dans 2 journaux differents..

  • expat
    • Posté à 19h05 le 13/02/2011
    • Internaute 25627

    Pour les livres ca va etre difficile d’eviter que certaines phrases citees le soient telles que, par contre pour les articles originaux ils suffirait de changer pour un format plus approprie ou l’introduction et la discussion des resultats seraient simplement supprimes, laissant simplement les figures avec les conclusions des auteurs et une serie de references sur le sujet.

    Pour la lecture se sera moins informatif mais totalement sans plagiat.
    Il y a aussi des gens qui publient le meme article avec un titre a peine different dans 2 journaux differents..

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.