Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

Les « béquilles » du grand et du petit capital

Jean Matouk
Economiste
Publié le 02/03/2011 à 17h33


« Les Béquilles du capital », par Anicet Le Pors.

Il y a une trentaine d’années, Anicet Le Pors publiait un livre titré « Les Béquilles du capital ». Pour une bonne partie de la gauche, le « capitalisme monopoliste d’Etat » courrait à sa perte, malgré un soutien massif de l’argent public. C’était décrire d’une autre façon, le rôle des dépenses publiques dans la survie du capitalisme dont Keynes avait souligné l’importance.

Les grandes « béquilles » subsistent

Le même modèle résiste. Le drame économique du Rafale en est la caricature. L’avion, une perfection technique – à l’instar du Concorde à son époque – ne se vend pas, et les armées françaises, vont probablement, seules ou presque , en être équipées.

C’est le budget, donc nos impôts, qui ont et vont supporter la charge des amortissement non couverts pendant des décennies, afin de maintenir l’emploi chez Dassault et de gonfler ses profits que la seule construction d’avions civils ne garantirait pas.

Mais certaines des béquilles classiques ont changé de forme du fait des privatisations des équipements publics. Les autoroutes, construites aux frais de l’Etat, ont été privatisées. Pour en densifier la trame on charge aujourd’hui des grands groupes privés de financer eux mêmes la constructions des nouveaux tronçons. Mais l’Etat gardant la main sur les péages, assure ensuite, aux grands groupes de BTP, une rente de trente ou quarante ans, qui leur garantit un bon débit de profits. Ainsi vient-on d’augmenter les tarifs de 2% pour les voitures et 3% pour les poids lourds alors que la hausse générale des prix n’est que de 1,5%. L’Etat ne paye plus directement, mais il donne en quelques sorte l’usufruit du domaine public à ces groupes.

Les collectivités locales agissent de même pour la construction puis la gestion des parkings des villes. Il faut bien que ces « délégations » soient fort rentables pour que les groupes de BTP se précipitent aux appels d’offre, même s’ils s’entendent certaines fois en sous-main.

Mais à côté de ces grosses béquilles, directes ou indirectes, de nouvelles petites béquilles sont apparues qui assurent à une kyrielle de professionnels, un flux permanent de chiffre d’affaires aux frais des consommateurs.

De multiples petites « béquilles » nouvelles

Au prétexte qu’un malheureux enfant s’est tué dans une cage d’ascenseur délabrée, comme c’est souvent le cas dans les HLM, tous les propriétaires de France ont été tenus à des investissements lourds dans leurs immeubles, payables en trois étapes 2010, 2013 et 2018.

A y regarder de près, nombre des prestations ainsi demandées n’apportent aucun avantage réel et n’ont qu’un rapport lointain avec la sécurité des habitants. Ils ont, par contre, l’avantage majeur d’assurer un flux permanent de chiffre d’affaires aux quatre « ascensoristes » qui se partagent le marché français. A titre d’exemple, le changement des cellules photo-électriques (alors que les précédentes fonctionnaient fort bien) aux trois étages d’un immeuble est facturé, par la firme Kone, 2 700 euros.

Les mêmes propriétaires sont « tenus » d’assurer à diverses filiales des grands groupes d’agences immobilières, qui les ont créées à cet effet, des inspections payantes régulières sur les termites, le plomb, l’amiante etc. toujours au prétexte que dans des immeubles totalement insalubres, ces pollutions et parasites ont conduit à des catastrophes sanitaires.

Si l’on y réfléchit, toutes ces réparations et contrôles obligatoires, sont complètement contraires au simple droit de propriété quand elles sont imposées dans des immeubles occupés par ses propriétaires et dont le syndicat devrait avoir l’absolue maîtrise des dépenses, sauf si d’autres propriétés voisines sont menacées.

Tous les véhicules, si régulièrement révisés qu’ils aient été, doivent passer un « contrôle technique » extérieur aux réseaux de garagistes et succursalistes, ce qui assure , lui aussi, une activité rentable à plusieurs centaines de PME crées à cet effet.

Les « béquilles » du secteur de la santé

Des millions de patients assurés sociaux, s’ils sont contraints d’avoir recours à un spécialiste, doivent acquitter directement, ou à travers la hausse résultante des cotisations aux mutuelles, des dépassements d’honoraires. Ces patients iraient-ils chez lesdits spécialistes si ceux-ci étaient entièrement en honoraires libres donc sans part remboursable par l’assurance maladie ? Evidemment pas ! Ils ont déjà souvent du mal à acquitter le dépassement. En tolérant cette pratique, l’Etat garantit donc une autre véritable rente aux médecins spécialistes.

Et que dire des cliniques privées, de plus en plus regroupées, dont l’assurance maladie et les mutuelles réunies assurent la totalité du chiffre d’affaires.

Et que dire des notaires qui restent un passage obligé pour tous les contrats fonciers et immobiliers, alors qu’une informatisation totale autour d’un cadastre modernisé pourrait très aisément leur être substituée.

Que les administrations, à court d’argent, demandent au capital privé de se substituer à lui peut être acceptable. Mais la pratique de ces béquilles, limitées hier à quelques grandes sociétés, s’est aujourd’hui généralisée du haut en bas de l’échelle du capital. Sans elles, des dizaines de milliers de professionnels verraient leurs revenus diminués de 30% ou 40%.

Ceci démontre bien, ou plutôt re-démontre, cinquante ans plus tard, que la thèse libérale, à nouveau en vogue depuis vingt ans, est fausse. Sans ces béquilles, le capitalisme laisserait tant de monde au chômage et/ou dans la pauvreté, qu’il ne survivrait pas longtemps.

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  • Molly Hatchet
    Molly Hatchet
    d'an emgann ! d'an emgann !
    • Posté à 17h55 le 02/03/2011
    • Internaute 125979
      d'an emgann ! d'an emgann !

    Sauf que ces béquilles ne sont pas justifiées !
    Elles ne servent même pas à sauvegarder des entreprises ou des emplois mais à accroître les profits !

    Les entreprises cajolent leurs actionnaires. Cette année, ­elles vont leur verser des dividendes records. La moitié environ des groupes du CAC 40 ont déjà publié leurs résultats pour 2010 et dévoilé ce qu’ils comptent distribuer dans les prochains mois. Selon les premières estimations, près de 40 milliards d’euros devraient au total tomber dans la cagnotte des actionnaires. C’est-à-dire 13% de plus que l’an dernier.

    « Cela pourrait même être un peu plus, car les bonnes surprises sont nombreuses cette année, comme Michelin, avec un dividende en hausse de 80%, Danone ou encore Sanofi », remarque Jean-Charles Mériaux, directeur général de DNCA Finance.
    En 2010, comme en 2009, les entreprises avaient réduit les montants servis aux actionnaires. Aujourd’hui, elles se rattrapent. Les dividendes vont même dépasser les niveaux historiquement élevés de 2007. « Au total, les entreprises du CAC 40 devraient distribuer en moyenne 45% de leurs bénéfices sous forme de dividendes »,

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    • Hulk
      Hulk répond à Molly Hatchet
      Gros con de droite
      • Posté à 02h09 le 03/03/2011
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      40 milliards distribués aux actionnaires du CAC40, ce n’est rien, à peine mieux que le livret A en rendement.

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 02h41 le 03/03/2011
        • Internaute 61755

        40 milliards de brouzoufs c’est rien ? ah bon. je ne mérite donc pas mon livret a qui tutoie les 2000 épargnés. travaillez plus pour épargner et réparer la caisse et acheter des fringues au gamin.

        heureux hulk.

         
        • Hulk
          Hulk répond à A déménagé le 1-6
          Gros con de droite
          • Posté à 09h56 le 03/03/2011
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          C’est rien en pourcentage. C’est même pas 2% du capital investi (valeur des actions).

          • sarkophage_xyz-
            sarkophage_xyz- répond à Hulk
            • Posté à 10h38 le 03/03/2011
            • Internaute 24987

            Elle est bonne celle-là !
            * 2% de subvention, ce n’est rien
            * 0.01% de taxe sur les transactions financières c’est inacceptable !

          • ShredBluZ
            ShredBluZ répond à Hulk
            Ingénieur Agronome
            • Posté à 11h07 le 03/03/2011
            • Internaute 50286
              Ingénieur Agronome

            Il y a un moment où les pourcentages ne sont plus capables de refléter la réalité ou même d’avoir un sens. 2 %, c’est effectivement peu en terme de taux d’intérêt. 40 milliards d’euros, c’est absolument inconcevable, pour le citoyen lambda, de se rendre compte du pouvoir que cela représente. Quand on parle de chiffres aussi énormes, les chiffres seuls sont plus parlant et ont plus de sens que le pourcentage. On a même le droit de se dire qu’heureusement, le pourcentage n’est pas très fort, car les volumes d’argent sont gargantuesques.

          • yabon
            yabon répond à Hulk
            Klingon
            • Posté à 15h38 le 03/03/2011
            • Internaute 98602
              Klingon

            « C’est rien en pourcentage. C’est même pas 2% du capital investi (valeur des actions). »

            2% c’est tout ? Ce système est encore plus merdique que je ne pensais. Moi qui croyais benoîtement qu’il permettait, au moins, à certains de crouler sous le pognon pendant que d’autres faisaient les poubelles pour manger, je suis déçu.

        4 autres commentaires
      • Vigiepirate
        Vigiepirate répond à Hulk
        veille
        • Posté à 08h27 le 03/03/2011
        • Internaute 139171
          veille

        Parce que le produit de l’épargne est comparable aux profits dégagés par l’activité... ?

        La situation économique française s’explique mieux si l’on est ainsi au courant des théories économiques de la droite.
        Théories d’inspiration raëlienne qu’elle met en application avec vigueur et détermination..

        Avec le succès que l’on constate.

         
        • Hulk
          Hulk répond à Vigiepirate
          Gros con de droite
          • Posté à 09h58 le 03/03/2011
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          Placer son argent en bourse, c’est une forme d’épargne comme une autre.

        1 autres commentaires
      • framboise92
        framboise92 répond à Hulk
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 08h59 le 03/03/2011
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        et un voisin de moins. J’en avais trop, ça tombe bien. Tu fatigues un peu, tout compte fait ! Tu t’en fous d’ailleurs, alors voilà.

         
        • Hulk
          Hulk répond à framboise92
          Gros con de droite
          • Posté à 22h31 le 03/03/2011
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          Je ne m’en fous pas : je m’en fous avec totalitude.

          • framboise92
            framboise92 répond à Hulk
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 07h10 le 04/03/2011
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            LOL tout de même, faut le reconnaître !

        2 autres commentaires
  • viva zebda
    viva zebda
    Ni maître, ni croquettes
    • Posté à 17h55 le 02/03/2011
    • Internaute 25029
      Ni maître, ni croquettes

    c’est cela le national libéralisme.... ?

  • pier31
    pier31
    reprendre la main
    • Posté à 18h12 le 02/03/2011
    • Internaute 64394
      reprendre la main

    On fait quoi ? On renationalise tout ?

    • pablico
      pablico répond à pier31
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 23h34 le 02/03/2011
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      un mouvement d’essuie glace... essuie toujours la pluie, et les cochonneries collées du pare-brise..

      c’est de l’alternance du mouvement... qui finissent par casser les cochonneries collées.

      il en est de même pour tout..
      si l’on garde la même recette économique, cela va générer des défauts.. (rien n’est parfait, et les même causes génèrent les mêmes effets). il suffit légèrement de changer, cela va nettoyer, et générer d’autres cochonneries (rien n’est parfait)..

      mais le tout c’est de changer assez souvent... et on a un truc plus ou moins propre, jamais parfait mais plus propre..

      mais qui aime le changement, et la propreté ? ? ?

      pas grand monde, on s’habitue vite à sa crasse, et aux ornières qu’on nous impose.

      (ironie)
      « Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » Albert Einstein.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h46 le 02/03/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Une société de subvention, non pas pour améliorer les choses, mais pour truquer les statistiques et acheter les voix de l’électorat.

    Et bien entendu pour que le politicien puisse se payer des putes et de la drogue grâce au principe de l’investissement : une entreprise investit 100 000 € dans un politicien qui ensuite fera voter une loi qui rapportera 10 000 000 € à la compagnie.

    Mais faut sauver les emplois à tout prix, surtout pas en créer des nouveaux plus modernes, non ! Il faut garder les postes à l’identique, sinon c’est les syndicats qui vont être tristes...

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Keldan
      sans
      • Posté à 19h45 le 02/03/2011
      • Internaute 30050
        sans

      Et lorsqu’on apprend que les petits marquis, politiciens enrubannés de nos cours gouvernantes, veulent que les budgets de nos nations soient examinés, autorisés, par la faune technocratique de l’Union Européenne, avant leur vote et leur application ...
      Pour contraindre les Etats à réaliser vertueusement des « économies »…

      Rien qu’à lui seul, le président de la Commission Européenne, Barroso, a jeté par les fenêtres en frais de missions et déplacements, lors du dernier exercice budgétaire de cette plantureuse et gloutonne bureaucratie : € 730.230…
      Lien

      Oui : plus de € 700.000 de frais de déplacements. En un an… Une seule personne… Rajouter les autres membres de la vénérable « Commission », c’est se retrouver au pied d’une montagne de gaspillages. Or, tout gaspillage est pillage !

      Et, encore, ne s’agit-il que de la partie visible de l’iceberg…

      Il existe tellement d’astuces comptables, budgétaires, pour basculer, noyer, dépenses, gaspillages, détournements, d’un poste budgétaire à un autre. Alors, frais de location d’avion, de voiture, ou d’hôtel : rien de plus facile.

      Que dire des autres charges et gabegies de cette gigantesque usine à gaz que sont l’administration de l’Union Européenne et son « Parlement » aux dépenses somptuaires ? ... Des dizaines d’ouvrages d’analyses, de patients décorticages, n’y suffiraient pas.

      Qui vote le budget de cet abyssal fourre-tout kafkaïen ? ... Ce carrousel des lobbies, pompeurs de subventions mirobolantes et autres passe-droits dévastateurs.

      Le « peuple » européen ? ...

      Le « Déficit Public » d’un pays développé, pays riche par définition, ne représente que la part des impôts non payés par une catégorie de privilégiés.

      A ce cumul d’impôts, non encaissés par l’Etat, est substituée : la « Dette Publique ».

      L’exemple de la France est particulièrement éclairant. Il suffit de lire la feuille bla-bla-bla intitulée « A quoi servent nos impôts » envoyée à tous les foyers français, par le ministre des finances en accompagnement de la dernière déclaration fiscale, au titre du budget 2010. Que lit-on ? ...

      En recettes, la TVA payée par les français sur leurs consommations quotidiennes, y compris les plus modestes, les plus pauvres, exonérés d’impôts sur le revenu, rapporte : 126,5 milliards d’euros. Soit : 30% des recettes, établies à 270,5 milliards d’euros.

      En comparaison, l’Impôt sur le Revenu (IR) n’atteint que 48,9 milliards d’euros, soit 11,6% des recettes. Alors qu’on sait que 20% des français, possédant 80% de la richesse nationale, ne cessent de s’enrichir. L’IR devrait atteindre, au minimum, le montant de la TVA si l’assiette fiscale était équitablement appliquée.

      Pire pour l’Impôt sur les Sociétés (IS), son chiffre est inférieur à l’IR de 14 milliards : 34,9 milliards d’euros. Moins du tiers (28 %) de la TVA ! ... Soit : 8,3% des recettes fiscales.

      Ce ne sont pas les PME-PMI, à traçabilité du chiffre d’affaires et valeur ajoutée facile, mais les grandes entreprises et groupes multinationaux, industriels et financiers, qui échappent en grande partie à l’IS. Son produit devrait atteindre lui aussi, au minimum, le montant de celui payé quotidiennement par chaque français via la TVA.

      Ainsi, cumulés IR et IS atteignent difficilement le montant de 83,8 milliards. Permettant à nos castes au pouvoir (tous partis confondus), d’afficher un « déficit » de 149,2 milliards d’euros…

      Alors que notre pays, le cinquième plus riche du monde, affiche un PNB annuel de plus de 3.000 milliards d’euros…

      Le cœur du problème n’est pas un « déficit public », artificiellement créée par les castes au pouvoir. Ouvrant un boulevard à « l’endettement public », servant à culpabiliser et à pressurer les revenus faibles ou précaires.

      Pas plus, contrairement à la propagande qui en fait sa tarte à la crème et un leurre, que les hauts salaires, parachutes dorés et bonus, des dirigeants et traders. Même si une régulation s’impose, quant à leur amplitude par rapport à une moyenne salariale. Ils sont fiscalement transparents, aisément repérables et taxables.

      Par contre, c’est tout un pan de l’enrichissement d’une minorité privilégiée qui, par l’opacité et l’énormité des revenus qu’elle engrange, équivaut à un colossal détournement de la Richesse Nationale :

      L’arnaque des Grandes Fortunes

      L’essentiel du revenu des Grandes Fortunes, en progression constante et, pour certains, exponentielle d’une année sur l’autre, échappe à l’impôt. Pas seulement par les « niches fiscales », utilisées comme os à ronger pour polariser les frustrations de l’opinion et détourner son regard du gros steak... L’art du faux débat…

      Lien

  • yalienx
    • Posté à 18h51 le 02/03/2011
    • Internaute 66859

    Je suis assez d’accord dans l’ensemble, sur l’aspect choquant de ces « béquilles ». Sauf que pour moi, justement, ces béquilles existent parce que le capitalisme à la française n’est pas un vrai capitalisme. C’est tout le paradoxe de la France d’ailleurs d’appliquer une sorte de social-capitalisme. On est très loin, dans notre pays, du vrai libéralisme à l’américaine. Même le reste de l’Europe est bien plus libéral que nous.

    La France ayant le « cul » entre deux chaises, on retrouve cette situation peu confortable à tous les niveaux malheureusement.

    • Le_mouton_noir
      Le_mouton_noir répond à yalienx
      www.delaservitudemoderne.org
      • Posté à 20h01 le 02/03/2011
      • Internaute 119868
        www.delaservitudemoderne.org

      Ce phénomène, achat de responsables politiques contre contrats juteux, existe aussi au usa. Il est même plus développé là-bas qu’ici.

      • yalienx
        yalienx répond à Le_mouton_noir
        • Posté à 00h10 le 03/03/2011
        • Internaute 66859

        Nous ne parlons pas de la même chose, mais ce n’est pas grave...

         
        • Le_mouton_noir
          Le_mouton_noir répond à yalienx
          www.delaservitudemoderne.org
          • Posté à 01h40 le 03/03/2011
          • Internaute 119868
            www.delaservitudemoderne.org

          Vous prétendez que ce qui pénalise notre pays c’est de ne pas jouer franchement la carte du libéralisme et j’aimerai savoir avec quels arguments vous étayez cette opinion.

          Vous imaginez que les ultra-libéraux ne peuvent pas en même temps critiquer l’interventionnisme de l’Etat et obtenir des subventions, même au usa ?

          EDIT : Je viens de parcourir vos précédents commentaires et il semble que vous soyez plus douée pour les affirmations à l’emporte pièce que pour les démonstrations. Je ne m’attends donc pas à une réponse argumentée de votre part.

          • yalienx
            yalienx répond à Le_mouton_noir
            • Posté à 11h32 le 03/03/2011
            • Internaute 66859

            Je ne faisais que répondre à votre post, qui précisait qu’aux Etats-Unis les grands groupes « achètent » des politiques. Cela existe aussi en France, je suis d’accord. Mais je vous faisais simplement remarquer que (1) ce n’est pas le sujet de cet article et (2) ce n’était pas le sujet de mon premier post.

            En effet, l’article et mon post parlent des « béquilles » du capitalisme, pas de corruption (ou quasi-corruption).

            • Le_mouton_noir
              Le_mouton_noir répond à yalienx
              www.delaservitudemoderne.org
              • Posté à 12h05 le 03/03/2011
              • Internaute 119868
                www.delaservitudemoderne.org

              Faire en sorte qu’une loi soit votée dans le seul but de faire réaliser des profits à son entreprise, n’est-ce pas de la corruption ?

              • yalienx
                yalienx répond à Le_mouton_noir
                • Posté à 12h34 le 03/03/2011
                • Internaute 66859

                Non, c’est différent. Je ne dis pas que c’est mieux, que c’est plus défendable, loin de là même, je dis juste qu’il s’agit d’un autre sujet dont nous ne parlions pas ici).

                • A déménagé le 9-4-2012
                  A déménagé le 9-4-2012 répond à yalienx
                  Explore l'indéterminé
                  • Posté à 16h43 le 04/03/2011
                  • Internaute 22643
                    Explore l'indéterminé

                  Dans certains cas, est-ce que cela n’aboutit pas au même résultat ? L’état de la protection sociale et du régime de retraite aux EU, même corrigé par Obama, assure automatiquement une rente considérable aux compagnies qui fournissent ces prestations, d’autant plus que dans la plupart des entreprises, si je ne me trompe, les employés sont contraints d’y souscrire.

                  • yalienx
                    • Posté à 16h54 le 04/03/2011
                    • Internaute 66859

                    Par certains aspects, cela revient au même oui. Mais les Etats-Unis sont quand même très différents de la France, et on peut parler là-bas de vrai capitalisme, ou plutôt libéralisme, avec des situations totalement inhabituelles pour nous (et pas forcément souhaitable d’ailleurs, je précise).

        6 autres commentaires
    • iFFLYG
      iFFLYG répond à yalienx
      • Posté à 10h41 le 03/03/2011
      • Internaute 30165

      Que fait l’état américain avec Boeing, avec son industrie agro-alimentaire, avec son système de santé, et ont pourrait allonger la liste ? Lui aussi, il ne fonctionne qu’à coup de béquilles. Les États-Unis prônent le libéralisme quand cela les arrange, essentiellement pour prendre ou conserver sa domination à l’étranger, mais est l’un des pays les plus protectionnistes à l’intérieur. D’ailleurs l’histoire montre que ce genre de position a toujours existé, c’est notamment au nom du libre commerce de l’opium que le Grande-Bretagne et la France attaquèrent la Chine au XIXème siècle.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 19h06 le 02/03/2011
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    - On peut citer aussi les Agriculteurs, grands pourfendeurs de technocrates Bruxellois et généreux épandeurs de lisier au fronton des sous-préfectures, survivre grâce aux « béquilles » de la P.A.C. !

    ( bon je vous laisse, il faut que j’aille déposer mes propos anti-libéraux chez Atlantico ...)

    • Danielle29
      Danielle29 répond à Waldeck
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 20h42 le 02/03/2011
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      Ah oui, vous aussi !

  • Malzieux
    Malzieux
    Ex-chomeur
    • Posté à 19h19 le 02/03/2011
    • Internaute 124404
      Ex-chomeur

    C’est tout l’art du libéralisme.

    Supprimer l’Etat qui est un frein, mais faire systématiquement appel à lui pour soutenir l’économie, les actionnaires, les secteurs en difficulté, car le libéralisme s’englue de lui même dans des crises à répétition et ne peut s’en sortir sans l’Etat pour payer et trouver de nouveaux marchés.

  • Naradamuni
    Naradamuni
    sans
    • Posté à 19h23 le 02/03/2011
    • Internaute 30050
      sans

    Une des manipulations à la mode actuellement, qui m’amuse beaucoup, est celle de vouloir inscrire dans la Constitution des pays européens l’interdiction du « déficit public »...

    Sachant qu’un « déficit public » n’est que la transcription en « comptabilité publique » de la partie de « l’impôt non payé à l’Etat » par les grandes entreprises d’une part et, d’autre part, par « la rente » prospérant sur la spéculation (immobilière, boursière, etc.) et sur le capital non investi dans la production et la création d’emploi...

    De même pour le dogme de La Libre Concurrence qui n’est qu’un argument de propagande, car cela n’existe qu’à un seul niveau : celui qui n’a aucune prise sur le pouvoir politique. Ce ne sont qu’ententes occultes entre grands fabricants de ciments par exemple, qui, au-delà d’une entente sur les prix, se répartissent même les zones de commercialisation entre eux : les accords secrets de « zoning »... La concurrence n’existant qu’au niveau des petits distributeurs et autres petits.

    Dans la grande distribution même pratique. La concurrence n’est appliquée qu’aux petits agriculteurs et éleveurs, étranglés par un réseau de grossistes au service des grandes surfaces (leurs fameuses centrales d’achats, véritables oligopoles racketteurs), qui, elles, protègent soigneusement leur « non-concurrence », en s’assurant les marges les plus confortables...

    La réforme de nos institutions sera insuffisante, si un profond nettoyage au kärcher n’est pas effectué au niveau de l’organisation économique de nos collectivités. Collectivités, conçues et perçues par ces castes prédatrices comme un enclos à moutons qu’on tond à longueur d’année en les anesthésiant, chantage au chômage et autres épouvantails ...
    Lien

  • drn.clab
    drn.clab
    au travail
    • Posté à 19h35 le 02/03/2011
    • Internaute 78525
      au travail

    je ne comprends pas la logique de votre conclusion : de quelle thèse libérale voulez-vous parler ?

    ce que vous appelez béquille sont des choix politiques (liés a des questions de droit et de responsabilité me semble-t-il).

    la pratique libérale serait de renoncer à ces choix et de prôner la supériorité sociale du marché.

    Est-il possible de faire de la politique sans qu’elle se résume essentiellement à une pratique financière ?

    ou

    Est-il possible d’être de gauche (le verbe être est mal choisi) sans répéter les pratiques du parti socialiste ?

  • Le_mouton_noir
    Le_mouton_noir
    www.delaservitudemoderne.org
    • Posté à 19h51 le 02/03/2011
    • Internaute 119868
      www.delaservitudemoderne.org

    Si je comprends bien l’exemple du rafale, si l’avion se vend dassault engrange les bénéfices et s’il ne se vend pas nous amortissons les pertes ?
    Et si M dassault milite pour la suppression des aides sociales c’est sans doute pour nous construire pleins de jolis avions qui ne se vendent pas mais qui lui feront gagner bcp d’argent. C’est ça le capitalisme décomplexé ? Tant qu’a faire, pourquoi ne pas directement supprimer tous ces fainéants de fonctionnaires qui collectes nos impôts et nous demander de verser ceux-ci directement sur le compte du milliardaire ?

    • Waldeck
      Waldeck répond à Le_mouton_noir
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 20h05 le 02/03/2011
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« Si je comprends bien l’exemple du rafale, si l’avion se vend dassault engrange les bénéfices et s’il ne se vend pas nous amortissons les pertes ? »

      C’est également ce qu’on essayait de nous placer avec le paquebot « France » : pour pouvoir continuer de faire naviguer ce « joyau des mers » ( !) il aurait fallu que le contribuable français subventionne les croisières de quelques nantis .
      Cette théorie était celle de la mairie (communiste du Havre) et de la CGT des Chantiers Navals et du syndicat (CGT) du personnel de la Transat...
      ( ne m’appelez plus jamais France par l’autre poujadiste de Sardou :
      Lien )

      Idem pour le Concorde qui volait à perte pour quelques privilégiés avec le soutien du contribuable ...

      Et tous ces braves gens là fustigent ce « fonctionnariat qui nous coute si cher » !

      • Le_mouton_noir
        Le_mouton_noir répond à Waldeck
        www.delaservitudemoderne.org
        • Posté à 20h16 le 02/03/2011
        • Internaute 119868
          www.delaservitudemoderne.org

        S’ils se scandalisent que ça nous coutent si cher c’est uniquement parce qu’ils estiment que ça pourrait leur rapporter plus.

    • Danielle29
      Danielle29 répond à Le_mouton_noir
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 20h45 le 02/03/2011
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      Oui, en gros, ce système, c’est collectiviser les déficits, privatiser les bénéfices !
      Ni vu ni connu, j’t’embrouille, plus prosaïquement dit.

      • Le_mouton_noir
        Le_mouton_noir répond à Danielle29
        www.delaservitudemoderne.org
        • Posté à 20h52 le 02/03/2011
        • Internaute 119868
          www.delaservitudemoderne.org

        « Le libéralisme c’est la liberté du loup dans la bergerie. »

  • Tmal
    Tmal
    Parti rider...
    • Posté à 20h13 le 02/03/2011
    • Internaute 112672
      Parti rider...

    Et pendant ce temps là, les mêmes gens en ont marre de l’« assistanat »...

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 20h46 le 02/03/2011
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    Très bon article, tout cela est tellement vrai et vérifiable au quotidien !

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 23h38 le 02/03/2011
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Et qui sont les heureux bénéficiaires de ces « béquilles » ?
    Les patrons du CAC 40, bien évidemment... mais également ces béates « classes intermédiaires » (désolé, je déteste le terme de « classe moyenne » quand certains reçoivent pas semaine ce que les autres perçoivent annuellement mais qu’on s’arrange pour les fourrer dans le même sac quand il y a besoin « d’indignation fiscale ») qui croient que les bonifications de leur épargne spéculative « tombe du ciel ».
    Pour mémoire : quelles sont les façons de réaliser de la plus-value ?

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 11h30 le 03/03/2011
    • 49273
      Petit agité

    Tant mieux si le Rafale ne se vend pas, quand on voit tout ce qu’on était prêt à céder pour le refourguer. Il vaut mieux maintenir à flots l’industrie militaire française grâce aux impôts plutôt que littéralement brader notre technologie en matière d’armement comme cela a failli être le cas avec le Brésil.

  • mat_fr
    mat_fr
    Doctorant
    • Posté à 08h48 le 03/03/2011
    • Internaute 106142
      Doctorant

    « maintenir l’emploi chez Dassault et de gonfler ses profits que la seule construction d’avions civils ne garantirait pas. »
    Il me semble que l’aviation militaire plombe Dassault Aviation plus qu’autre chose et que la vente des bizjet, au contraire de ce que vous dites, rapporte la majorité des profits de DA.

    D’autre part, on a pas construit uniquement le Rafale dans l’idée de le vendre à l’étranger et de rentabiliser le programme. On a développé un avion de chasse indigène, vecteur de la dissuasion, et c’est donc bien d’abord et avant tout un outil d’indépendance, même s’il est cher.

  • ShredBluZ
    ShredBluZ
    Ingénieur Agronome
    • Posté à 11h15 le 03/03/2011
    • Internaute 50286
      Ingénieur Agronome

    C’est loin d’être étonnant. C’est exactement le même principe que l’obsolescence programmée. L’objectif est de privilégier la croissance des entreprises, donc du PIB, donc de donner confiance aux investisseurs et aux magiciens des flux financiers. Sans se soucier des conséquences de l’augmentation de la dépendance des citoyens, de leur niveau ou de leur qualité de vie, des problèmes d’environnement. Vous auriez aussi pu mentionner, dans la même veine, le manque de contrôle de l’état au niveau des prix lorsqu’une subvention est mise en place. Exemple criant : après le Grenelle de l’environnement, le photovoltaïque a été subventionné (crédit d’impôts ou aide financière pour les acquéreurs). Le prix du photovoltaïque a donc logiquement ... doublé. Et ça c’est les impôts qui payent.

    Dans une société qui adule la sacro-sainte croissance (allitération !), l’État n’est qu’une vache à lait qui arrose les enfoirés qui nous tiennent par la peau du coup.

  • pierreluche
    pierreluche
    retraité EN Montpellier
    • Posté à 12h14 le 04/03/2011
    • Internaute 33530
      retraité EN Montpellier

    Voilà un libéralisme de bon aloi.
    C’est clair : nous assistons à un désengagement de l’Etat en matière de services publics au profit du privé, mais l’Etat coûte cher, les prèlèvements sont élevés, parce que ce désengagement s’accompagne parallèlement d’une aide au privé (subventions, « béquilles » nombreuse et variées, sauvetages divers comme pour les banques, etc.).
    Le service public n’est plus un service au public mais est devenu un service au privé.

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