Chez Jean Matouk

Un blog sur l’économie, la finance, et quelques autres sujets d’actualité, par Jean Matouk.

La fracture sociale a atteint les collèges français

Jean Matouk
Economiste
Publié le 08/06/2011 à 16h50

Dans Le Monde du 27 mai, une enseignante en collège lance un cri de détresse :

« Un des fléaux qui touche l’Education nationale, c’est le déni de violence. »

Un climat épouvantable règne dans un nombre croissant de collèges, de nombreux livres en ont témoigné ces dernières années. Les incidents, souvent violents, entre collégiens et professeurs, ou pire, entre ces derniers et les parents des collégiens, se multiplient. Passée l’émotion du témoignage à la télévision, on « fait comme si » tout était rentré dans l’ordre. Les principaux de ces collèges, dont la plupart veulent à tout prix être mutés ailleurs, « étouffent » au maximum les affaires, plus ou moins sur ordre.

Les incivilités ne sont plus occasionnelles mais quotidiennes, quasi-permanentes. Les enseignants font des rapports qui s’entassent sur les bureaux et ne sont pas transmis aux rectorats. Rien n’y a fait ! Pas plus les collèges « Ambition réussite », sauf rares exceptions, que les changements de programmes scolaires. On envisage, maintenant, la suppression du Collège unique.

Insultes religieuses, exclusions temporaires

La réalité est celle-ci : certains enseignants passent 35 à 45 minutes par cours à faire de la discipline, et ne pratiquent donc leur métier que durant le quart de l’horaire normal. Les 15 à 20% d’élèves qui ont envie d’apprendre en sont empêchés par les autres. Un exemple entre mille de ces « incivilités » se trouve dans un collège réputé difficile d’une grande ville du midi. Classe de troisième, cours de langue : un grand gaillard d’origine gitane se lève et hurle à l’adresse d’une malheureuse élève d’origine maghrébine :

« J’enc... Mahomet ! »

La demoiselle fond en larmes. Sa voisine se lève et crie :

« Je nique Jésus ! »

Expulsion temporaire ! Rapport ! Mais aucune suite. Si une expulsion définitive est décidée incidemment, c’est de toutes manières un autre collège qui héritera du collégien en rupture.

La notation aveugle est un facteur d’exclusion

Autre comportement absurde de la hiérarchie : le problème des notes. Il n’y a pas de notes avant 13 ans en Finlande, pays qui obtient les meilleurs résultats aux enquêtes PISA de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Seule une évaluation annuelle est organisée, suivie les années suivantes de notes de 4 à 10. Sans doute est-ce une bonne méthode, conçue de façon à ne pas dégoûter ni exclure de facto l’enfant qui a raté le test.

Si les résultats sont là, il faut oser le dire clairement et l’appliquer officiellement, sans craindre de choquer un électorat de droite potentiellement borné sur le sujet. Au lieu de, comme il se fait actuellement, intimer aux enseignants en catimini lors des inspections de ne pas mettre moins de 8 aux élèves... Si l’on ne supprime pas officiellement la notation, les élèves continuent à y croire et à affronter voire agresser le professeur si la note est trop basse.

Les 11-15 ans, notre « génération sacrifiée »

Quelques enseignants d’excellence tiennent le coup et obtiennent même des résultats. Il est pourtant malhonnête de laisser croire que leurs exemples sont généralisables, d’autant que les futurs professeurs ne sont désormais même plus formés à leur métier. Ceux qui réussissent le concours sont jetés dans la fosse aux lions dès le lendemain.

Avec un tel climat, la génération des 11-15 ans qui est actuellement dans les collèges comprend 20% à 25% de ses effectifs destinés à être « sacrifiés », comme me l’avouait un haut magistrat du parquet. Il faut oser le dire. Quand Nicolas Sarkozy et Claude Guéant affirment que l’intégration a été ratée, ils ont raison. Mais il est ignoble d’en tirer leur conclusion implicite que c’est la faute des immigrés, qui « ne se seraient pas intégrés ». C’est bien la France toute entière qui ne les a pas intégrés et aujourd’hui, ce sont les entreprises ou les hiérarchies intermédiaires, celles qui embauchent et font les promotions, qui mettent des plafonds de verre contre les candidats issus de l’immigration, les frères aînés voire les pères des collégiens.

Des mesures évidentes qui exigent une hausse des impôts

Les mesures à prendre sont évidentes :

  • la réduction drastique à dix élèves par classe dans au moins 15% à 20% des collèges,
  • la création ultra-rapide d’une centaine d’internats pédagogiques disciplinaires,
  • l’association étroite des parents d’élèves, notamment des mères maghrébines. Relancer au fond, et sur grande échelle, une « école » de ces parents que l’on a pas intégré.

Pour mener cette réforme, il faut des fonds, mais il faut cesser de réduire les effectifs de l’Education nationale. Ce qui n’empêche pas de demander un effort aux enseignants car, même en Finlande, leur emploi du temps est plus dense que celui des professeurs français.

Pour obtenir ces fonds, il faut aller à rebours de la cure de défiscalisation que Nicolas Sarkozy a menée depuis quatre ans en faveur d’une partie bien ciblée de sa clientèle électorale : nous devons retrouver le niveau d’impôts des années 1980. On y revient toujours.

La stratégie de détérioration de l’enseignement

En réalité une stratégie politique est en cours : on ne revient que très marginalement sur la politique d’allègement fiscaux, dans l’enseignement comme dans d’autres services publics. C’est une stratégie implicite pourtant très consciente de la part du « cœur » de la majorité parlementaire actuelle. Privatisation globale d’autant plus volontiers mise en œuvre dans l’Education nationale que les enseignants du secteur public sont réputés être des adversaires politiques.

Il s’agit « d’accompagner », et même d’amplifier par les suppressions de postes, la détérioration de l’enseignement public, dans le but de reporter l’effort sur l’enseignement privé. Un report déjà largement engagé. Les établissements privés ne peuvent plus faire face aux demandes : des familles à faibles ressources se saignent aux quatre veines pour y inscrire leurs enfants.

Toutes les réformes que met en œuvre l’actuelle ministre ne sont que des caches misères tentant de masquer cette stratégie, cette nécessité historique de la majorité libérale.

Aller plus loin
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  • 107 réactions
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  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 17h18 le 08/06/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Un des fléaux qui touche l’Education nationale , c’est le déni de violence. »

    Un des fléaux de ce ministère, C’est aussi l’incompétence flagrante en calcul mental de Xavier Bertrand, Ministre de la réduction des effectifs de l’Education Nationale.

    Il a fait ce matin une démonstration de ses talents chez Bourdin.

    J’espère que d’autres comptent à sa place, et qu’il ne se gourre pas ainsi lorsqu’il comptabilise les postes à pourvoir en fonction du nombre d’écoliers ou de classes.

    Sinon, bientôt...en primaire, on pourrait avoir 200 élèves par classe de 30 places assises, en oubliant de leur affecter un instit.

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Yvon le Zébulon
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 17h20 le 08/06/2011
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Je n’ignore pas que mon commentaire déplaira, car je ne suis pas
      assez gentil avec Xavier Bertrand, qui nous prend pour des cons !

      • nono le simplet
        nono le simplet répond à Yvon le Zébulon
        nihil scio nisi scio quod nihil (...)
        • Posté à 17h58 le 08/06/2011
        • Internaute 9767
          nihil scio nisi scio quod nihil (...)

        d’un autre côté, s’il est là, c’est qu’on a eu raison de nous prendre pour des cons :)))

         
        • Mozart
          Mozart répond à nono le simplet
          salarié
          • Posté à 09h50 le 09/06/2011
          • Internaute 114877
            salarié

          ARTICLE DÉBILE

          La fracture sociale existe depuis toujours à l’école.
          La fracture ethnique depuis 20 ans minimum.

          La Finlande a supprimé les notes avec un public scolaire radicalement différent de celui de nos banlieues.
          La Corée du Sud également en haut des évaluations PISA, n’a pas du tout supprimé les notes. Il y en a plus qu’en France.

          Il faut sortir la France du processus de désindustrialisation.
          Il faut sortir de cette construction d’une économie de consommateurs.

          On transforme le professeur en animateur.
          Les professeurs, contre les parents d’élèves incultes et mal élevés, veulent pouvoir conserver ces trois prérogatives qui structurent leur métier : L’évaluation, l’orientation, la sélection.

          Tous les dix ans, un million de personnes passent au vote fn.
          Le PS se rend-il compte qu’il est en train de perdre les professeurs ?

          • nono le simplet
            nono le simplet répond à Mozart
            nihil scio nisi scio quod nihil (...)
            • Posté à 13h31 le 09/06/2011
            • Internaute 9767
              nihil scio nisi scio quod nihil (...)

            supprimons le Fn , dans un premier temps, répondit il, surpris que ce discours lui soit adressé :)))

            • Mozart
              Mozart répond à nono le simplet
              salarié
              • Posté à 14h00 le 09/06/2011
              • Internaute 114877
                salarié

              En fait je ne m’adressais pas à vous, c’était juste pour que mon message soit en début de commentaires.
              merci

              • nono le simplet
                nono le simplet répond à Mozart
                nihil scio nisi scio quod nihil (...)
                • Posté à 17h02 le 09/06/2011
                • Internaute 9767
                  nihil scio nisi scio quod nihil (...)

                ah ! , l’envie d’être lu (e) ... je comprends mieux :)))

        4 autres commentaires
    • bloozmarch
      bloozmarch répond à Yvon le Zébulon
      indocile heureux
      • Posté à 20h19 le 08/06/2011
      • Internaute 15731
        indocile heureux

      Me permettez vous un petit rectificatif, ce n’ est pas le déni de violence le plus grand fléau qui touche l’ Education nationale, c’ est le déni de l’ incompétence de son ministre en particulier, et de ce clan au pouvoir en général !

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à bloozmarch
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 20h32 le 08/06/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        « Un des fléaux qui touche l’Education nationale, c’est le déni de violence. »

        Cette remarque n’est pas de moi. Elle est juste reprise de l’article, et est
        attribuée à une enseignante. Je l’ai simplement rapportée « entre guillemets »

         
        • bloozmarch
          bloozmarch répond à Yvon le Zébulon
          indocile heureux
          • Posté à 20h57 le 08/06/2011
          • Internaute 15731
            indocile heureux

          Alors elle devait parler du déni de la violence des attaques de ce pouvoir contre l’ Education nationale, j’ avais lu trop vite !

        1 autres commentaires
    • Nemed
      Nemed répond à Yvon le Zébulon
      • Posté à 20h36 le 08/06/2011
      • Internaute 60703

      Luc Chatel, pas Xavier Bertrand.

      Mais vous êtes pardonnés car rien ne ressemble plus à un incompétent qu’un autre incompétent.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Nemed
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 21h03 le 08/06/2011
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Merci grandement de votre généreuse mansuétude.
        Il s’agit en effet de Luc Chatel.
        ))

  • Jacques Bolo
    Jacques Bolo
    Auteur-Editeur-Libraire
    • Posté à 17h18 le 08/06/2011
    • Internaute 37329
      Auteur-Editeur-Libraire

    Bon, la campagne présidentielle est commencée. Pourquoi ai-je toujours des doutes quand je lis quelque chose sur l’école.

  • Kokkino
    Kokkino
    ..
    • Posté à 17h23 le 08/06/2011
    • Internaute 50321
      ..

    Ah, les fameuses incivilités et autres joyeusetés !

    Si la plupart des chefs d’établissement actuels n’étaient pas des pétochards obsédés par leur « carrière » et donc avant tout soucieux de ne pas déplaire à leur hiérarchie, les choses iraient peut-être mieux...
    Mais formatés comme ils le sont, on peut craindre que la situation ne fasse qu’empirer.

    • lhérétique
      lhérétique répond à Kokkino
      en fuite
      • Posté à 09h03 le 09/06/2011
      • Internaute 128118
        en fuite

      Vous énoncez une vérité fondamentale, il est bon de préciser qu’ils sont financièrement intéressé à adhérer au syndrome du larbin depuis qu’ils sont sortis de la grille indiciaire des corps d’enseignement.
      Ils ont depuis une quinzaine d’année statutairement basculé du coté obscur !

  • mick69
    • Posté à 17h30 le 08/06/2011
    • Internaute 2907

    Rêvons un peu : il y quelques décennies, l’alternative peu coûteuse (pour les finances publiques) aux classes de 10 élèves, c’était les classes de 35 avec discipline de fer (discipline au demeurant tout à fait supportable)

    Mais bon, en plus de couper les crédits (boulot de la droite), on a voulu être cool (pédagogie gauchiste) et on a récolté l’enfer

    • Malavita
      Malavita répond à mick69
      Pfff...
      • Posté à 18h06 le 08/06/2011
      • Internaute 116342
        Pfff...

      Vous avez raison, il vaut mieux revenir en arrière : il y a quelques décennies beaucoup d’élèves (n’accédaient pas aux secondaires (lycées notamment) aujourd’hui si. Laissons les enfants du plus grand nombre dans l’ignorance, cela règlera le problème : baisse des effectifs dans les classes et moins de discipline à faire car c’est bien connu sur le bas peuple pose problème !

      • mick69
        mick69 répond à Malavita
        • Posté à 18h58 le 08/06/2011
        • Internaute 2907

        1/ C’est vrai que l’article parle du collège mais pour moi c’est inséparable de l’état désastreux de l’école primaire. Donc je parlais de la discipline comme ingrédient pour par exemple apprendre à lire sérieusement dès le CP, de façon à ne pas être cassé pour toute la suite (comment profiter des livre d’histoire ou de maths de CE1 si on ne sait pas les lire ?)

        2/ Le système de « massification démocratique » a de toute façon abouti au fait qu’il y a moins d’enfants d’ouvriers dans les grandes écoles aujourd’hui qu’en 1960. Aujourd’hui presque tout le monde a le bac mais que ce bac représente à peu près le niveau du certificat d’études de 1960 (et en plus le bac actuel a une valeur zéro sur le marché de l’emploi)

         
        • Malavita
          Malavita répond à mick69
          Pfff...
          • Posté à 22h41 le 08/06/2011
          • Internaute 116342
            Pfff...

          « Le système de “massification démocratique” a de toute façon abouti au fait qu’il y a moins d’enfants d’ouvriers dans les grandes écoles aujourd’hui qu’en 1960. »
          En pourcentage oui, mais pas en chiffre absolu.

          « Aujourd’hui presque tout le monde a le bac mais que ce bac représente à peu près le niveau du certificat d’études de 1960 (et en plus le bac actuel a une valeur zéro sur le marché de l’emploi) »

          Seulement 65 % d’une classe d’âge a le bac (chiffre Éducation Nationale) et a certains bac pro sont très recherchés.

          J’ignorai aussi que l’on demandait aux élèves des années 60 de faire un rapport de stage présentant les entreprises et les activités réalisées pendant ce stage le tout en utilisant ordinateur, vidéoprojecteur et Power Point ! Et pourtant ce sont les oraux de bac que j’ai fait passer aujourd’hui. Ah oui, pardon, l’outil informatique n’existait pas il y a 50 ans.

          Conclusion, la comparaison de diplômes à des « années lumières » d’intervalle est absurde, les compétences demandées ne sont pas les mêmes car la société a changé et les diplômes se sont adaptés (même s’il reste encore sans doute des progrès à faire sur cette adaptation).

          • Celan1971
            Celan1971 répond à Malavita
            bibliothecaire
            • Posté à 08h41 le 09/06/2011
            • Internaute 75549
              bibliothecaire

            « En pourcentage oui, mais pas en chiffre absolu. »
            Années 50 : 30%d’enfants de classe populaire dans les grandes écoles .
            Années 2000 : 7% .
            En chiffre absolu , et relatif donc , la « démocratisation » de l’enseignement menée depuis le mitan des 70 par les gouvernements de droite et de droite morale (ce que vous appeler la gauche !) a été très consciemment un laminoire de ce peuple qui vous fait vomir .

            • Malavita
              Malavita répond à Celan1971
              Pfff...
              • Posté à 11h15 le 09/06/2011
              • Internaute 116342
                Pfff...

              « ce peuple qui vous fait vomir . »
              Absolument pas au contraire, je le côtoie tous les jours et en suis moi-même issue ! Vous ne comprenez sans doute pas l’ironie.

          • Saba
            Saba répond à Malavita
            • Posté à 09h53 le 09/06/2011
            • Internaute 9356

            Vous avez tout à fait raison. Cela me fait rire les gens qui ressortent une lettre de l’arrière grand mère sans une faute d’orthographe et en tirent la conclusion qu’autrefois on savait enseigner..... En parlant d’orthographe , je suis toujours étonnée qu’on en fasse l’alpha et l’oméga de la connaissance et que l’on s’indigne par exemple que les étudiants ne sachent pas accorder le participe passé, quand dans la langue orale des élites ,on n’entend pas cet accord . Encore dernièrement j’ai entendu Fillon répéter à plusieurs reprises « la politique que nous avons conduit »..
            Avant que le choeur des pleureuses ne s’indigne, je précise que je ne suis pas contre l’enseignement de l’orthographe mais je pense qu’on devrait surtout apprendre aux élèves à se relire : lorsqu’un élève écrit : » les oiseaux chante » ce n’est pas parce qu’il ne connaît pas la règle de l’accord mais parce qu’il ne s’est pas relu ou qu’il ne sait pas se relire.

          • mick69
            mick69 répond à Malavita
            • Posté à 11h33 le 09/06/2011
            • Internaute 2907

            Attention, ordinateur, vidéoprojecteur et Power Point, ce sont des savoirs techniques périssables et fragmentaires. Je parie que la plupart des étudiants fondraient en larme si pour l’épreuve on remplacait Windows/Power point par Linux/OpenOfficeImpress et le projecteur LCD par un projecteur tritube.

            Quant aux rapports de stage sur une entreprise, bof, on serait surpris du contenu adulte des livres d’écolier des années 50, les fameuses « leçons de chose » : comment construire une maison, comment gérer un budget familial, comment gérer des terres agricoles, etc

            • Malavita
              Malavita répond à mick69
              Pfff...
              • Posté à 12h13 le 09/06/2011
              • Internaute 116342
                Pfff...

              Tous les savoirs sont périssables si on ne les cultive pas et si on ne les réactualise pas. L’école est là pour apprendre à apprendre (même si elle ne le fait sans doute pas assez).

              En somme si les élèves ne savent pas utiliser Linux et Open Office (très discutable d’ailleurs car mes élèves savent mieux utiliser Open Office que le pack Microsoft Office, le premier étant gratuit, ils l’ont chez eux et sur le plupart des postes info du lycée qui sont aussi équipés de Linux !) , c’est tout simplement parce qu’on ne leur apprend pas et surtout qu’on le leur apprend pas à s’adapter.

        • PGC
          PGC répond à mick69
          Impair Impasse89
          • Posté à 08h44 le 09/06/2011
          • Internaute 147266
            Impair Impasse89

          Un enfant de primaire a jusqu’à la fin de CE1 pour maitriser la lecture, c’est le programme. Lire à Noel en CP, c’est un fantasme de parent : on confond déchiffrer et comprendre ce que l’on lit.

          Quand à la massification démocratique, elle n’existe pas et elle n’a jamais existé. Les ouvriers accédant à l’élite, l’élite n’en veut pas, trop dangereux.

          On amène 80% d’ une classe d’âge au bac,elle est donc mieux instruite qu’avant, globalement, je ne compte pas les cas particuliers.

          Quant à la discipline... La violence de la ségrégation sociale des quartiers entre dans les salles de classes, quoi de plus normal. Demandons des comptes aux urbanistes, aux élus, aux industriels, dont les politiques ont abouti à la création parfaitement volontaires des ghettos que l’on connait aujourd’hui, il est là le véritable déni.
          Le collège devait être un lieu d’acquisition et d’apprentissage comme l’est l’ecole primaire, il ne l’est plus.
          Or insidieusement, les profs de collège se transforment en prof de lycée, pour s’en protéger. Ce qui est humain.

          • mick69
            mick69 répond à PGC
            • Posté à 11h49 le 09/06/2011
            • Internaute 2907

            « La violence de la ségrégation sociale des quartiers entre dans les salles de classes, quoi de plus normal. »

            Non ce n’est pas normal. Il y eu dans l’histoire de très nombreux exemples d’écoles en quartier misérable où l’instituteur était respecté. D’ailleurs les gamins dont vous parlez, respectent l’imam et le caïd du quartier. Pourquoi pas l’instituteur ? Parce que les 2 premiers pratiquent la tolérance zéro aux incivilités à leur égard, tandis que l’école a pris le pli de la tolérance maxi aux incivilités : on est compréhensif, on dialogue, on passe l’éponge et on n’est pas respecté.

            • PGC
              PGC répond à mick69
              Impair Impasse89
              • Posté à 12h07 le 09/06/2011
              • Internaute 147266
                Impair Impasse89

              Ce sont les institutions dans leur ensemble qui ne sont plus respectées, car elles ont perdu de leur valeur symbolique de protection publique ou d’utilité publique.
              Les médecins, les pompiers, les instits, tout le monde y passe, l’argent et la force sont les seuls outils qui subsistent.

              J’ai vu des instits, des animateurs ou encore des éduc de la protection judiciaire qualifiés de compétents il y a dix ans, et qui perdent le contrôle des enfants qui leur sont confiés aujourd’hui.

              Le problème n’est pas seulement une question de personne, des gamins on les éduque, les dresser ne suffit pas. Les fauves quand le dresseur n’est pas là, redevienent des fauves.
              la question sécuritaire a bouffé les questions d’éducation, d’instruction et de prévention. On a aujourd’hui le résultat de politiques publiques sous dimensionnées, cela dès la petite enfance.

              • mick69
                mick69 répond à PGC
                • Posté à 14h01 le 09/06/2011
                • Internaute 2907

                Je pense qu’à partir du moment où certains enfants deviennent des monstres (incendiaires, caillasseurs, dealers, violeurs...), alors il faut les traiter comme tels. Punitions, châtiments corporels, suppression des allocs, dictature absolue des profs, etc

                Il n’y a pas de ségrégation en France, il y a juste des gens normaux qui fuient les quartiers ou sévissent des monstres en liberté. C’est flagrant par exemple à la Villeneuve qui était un quartier magnifique de Grenoble avec parc, piscines, théâtre, etc.

                La sévérité à l’école, c’est la seule solution qu’on n’ait pas essayée. Même le gouvernement facho actuel n’ose pas toucher aux allocs des cités (alors qu’il taxe sans pitié la classe moyenne depuis 5 ans). On peut d’ailleurs penser qu’il s’agit plus d’une volonté de pourrissement que de conversion aux idées bisounours. Quant au prof qui ose une gifle ou une insulte, il a les pires ennuis, ce qui est un choix de société complètement inadapté à la gestion de fauves.

                • PGC
                  PGC répond à mick69
                  Impair Impasse89
                  • Posté à 14h41 le 09/06/2011
                  • Internaute 147266
                    Impair Impasse89

                  Un enfant délinquant est un adulte en devenir mais aussi un délinquant, donc punition mais aussi continuité de l’éducation. Il n’a plus sa place dans une structure normale, mais l’embastillement seul ne suffit pas, sinon il restera un bandit.

                  Pour le reste je ne suis pas d’accord avec vous, une société de plein emploi et un partage des richesses plus équitable, avec moins de précarité donc, créérait de l’espoir et plus de stabilité dans toutes les couches de la société.
                  Une société ou les modèles proposés : médiatiques, politiques ou même ceux de la société civile, ne sont le plus souvent basés sur le spectacle, la possession, le pouvoir et l’impunité, tournent les têtes des bruleurs de bus mal élévés par son immoralité criante.

                  La suppression des allocs ne changeraient rien à cette perte -absence-de valeur tous azimuts. Il est sans doute trop tard, nous allons tranquillement vers des quartiers bunkers, ou seuls les riches pourront s’extirper de la fange.
                  Un modèle économique unique mondial-qui n’est qu’un outil sans âme- a pris le pas sur tous les modèles politiques, là ou pouvaient encore être définies des valeurs du vivre ensemble.
                  L’avidité va gagner sur l’humanité.
                  Sauf sursaut civique, c’est pas les urnes qui nous sauveront, ni la police donc.

                • D-503
                  D-503 répond à mick69
                  U topos
                  • Posté à 18h22 le 09/06/2011
                  • Internaute 116654
                    U topos

                  Vous êtes sérieux là ? Parce qu’à vous lire, la meilleure solution c’est la solution finale : l’extermination d’une partie de la société.
                  A votre place, je me méfierai parce que rien ne dit que vous ne ferez pas partie (vous ou vos enfants si vous en avez) des « heureux élus » aux châtiments corporels et autres dictatures absolues. A moins que vous ne vous débrouillez pour faire partie des bourreaux. Mais là encore, rien n’assure que vous soyez protégé non plus que vos (éventuels) descendants.

        • kakoulite
          kakoulite répond à mick69
          Intermediation & Imprecation
          • Posté à 10h49 le 09/06/2011
          • Internaute 126452
            Intermediation & Imprecation

          J ai vu des sujets du certificat d etude des annees 60 et des annees 20 en Maths et Francais (donc niveau fin de 6 eme) et j ai demandee a un prof de maths ce qu’il en pensait : Il ma dit que parmi tous les eleves de troisieme qu il a pu avoir (il a juste 5 ans d anciennete donc avec 20/25 classes de 20/25 eleves cela fait en gros 500 eleves) il en voyait 2 pour lesquels cela n aurai pas pose de probleme particulier et que pour commencer a trouver une grosse majorite d eleves pour lesquels cela n aurai pas pose de problemes il me faudrai aller voir a partir de la 1 ere S ! ! ! Je suis passee a une prof de Francais qui elle avait plus d anciennete et ma dit qu a la vue du bareme de l epoque (4 pts pour une faute de grammaire, 2 pour l orthographe et 1/4 pour tout ce qui est ponctuation/accent) elle m a dit qu elle n en voyait pas un ! ...pas un avec la moyenne ? Non...tous zero et si l on s amusait a aller dans le negatif tres probablement des -40/-60/-80 etc... ! ! ! Elle m a expliquee que la norme de l epoque etait en fait l equivalent d une ’Dictee de pivot’ mais sans ses pieges elabores. Impressionnant d autant plus que l’autre ’norme’ etait des classes de 40 !

          • LG240
            LG240 répond à kakoulite
            • Posté à 14h05 le 09/06/2011
            • Internaute 23978

            Bien maintenant, il faut faire passer rétrospectivement une épreuve d’anglais, puis d’une deuxième langue vivante au choix aux candidats aux certificats d’études de 1960. Qu’est-ce que vous dites ? Ils n’en apprenaient pas ? Oui, c’est ce qui arrive quand on compare des choux et des carottes : ca ne prouve rien du tout.
            P.S : dans le village de mon père, il a été le seul de sa classe d’âge à être présenté aux certificats d’études. Les autres allaient directement en apprentissage. Donc quand vous comparez les résultats scolaires des collégiens de maintenant et ceux d’il y a 50 ans, vous comparez les résultats des 10 ou 20% meilleurs élèves d’il y a 20 ans avec les 100% des collégiens d’aujourd’hui : pas étonnant que vous ayez l’impression que le niveau baisse.

            • kakoulite
              kakoulite répond à LG240
              Intermediation & Imprecation
              • Posté à 16h39 le 09/06/2011
              • Internaute 126452
                Intermediation & Imprecation

              Mais si ils avaient du apprendre une seconde langue (d ailleurs certains devaient faire du Grec/Latin) je suis sure que les criteres aurai etes tout aussi selectifs (je n ai eue que ces sujets la mais j aurai etee curieuse de voir les sujets d histoire/geo ou comment gerer une maison/budget ce que les Anglais appelle les home economics...connais pas le terme en Francais). Paradoxalement je ne pense pas que le niveau ai baisse mais plutot que ceux qui savent en savent de plus en plus et ceux qui ne savent pas en savent de moins en moins. La reflexion que j ai eu de ces deux profs a aussi etee plus ou moins la meme : ’Avec ce niveau la faire cours devient quelquechose de completement different’.

        15 autres commentaires
      • Mozart
        Mozart répond à Malavita
        salarié
        • Posté à 09h27 le 09/06/2011
        • Internaute 114877
          salarié

        « laissons les enfants du plus grand nombre dans l’ignorance »

        Il est évident qu’au Lycée ils ne sont plus en contact avec l’ignorance...

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à mick69
      Economiste
      • Posté à 17h40 le 12/06/2011
      • Internaute 1101
        Economiste

      Bien sûr, cher Monsieur, sauf qu’il y a quelques décennies, comme vous dites, nombre d’enfants arrêtaient leur scolarité après le certificat d’études et les 35 que « nous “étions au collège et lycée étaient de famille moyenne ou aisée, avec une préculture familiale bien plus grande que la moyenne de nos collégiens actuels.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 17h30 le 08/06/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Ce qui fait institutionnellement chier la droite c’est que l’EN vote traditionnellement à gauche. Donc faire péricliter ce système en favorisant discrètement l’enseignement privé, et favoriser à terme l’émergence d’une éducation nationale à la charge des parents, comme dans les pays anglo-saxons, c’est faire d’une pierre deux coups : politique et budgétaire.
    Maintenant ce qui me choque c’est que dans cette logique la gauche n’a pas donné sa part au lion, et ne s’est souvent pas gênée de couper de grosses tranches dans le mammouth, sans compter que certains comme SR se montrait fort enclins à mettre fin à la carte scolaire.
    Pourtant la carte scolaire c’était encore le seul moyen de préserver un peu de mixité sociale, et permettre une répartition des moyens.
    Aujourd’hui la bête n’est pas loin d’être à genou.

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 17h50 le 08/06/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Cet article reflète bien l’état d’esprit qui règne dans les collèges : tout le monde a démissionné : Les profs, les parents, le système qui en profite pour faire des coupes sombres financières et soutenir une politique d’extrême droite, les gosses dont ils savent de toute manière qu’ils ne sont pas les bienvenus dans cette société qui les marginalise, et qui les exploitera si jamais ils trouvent un travail.
    Vous avez une solution, des solutions ?
    oui ? menteur, pardon , politique !

    • Mozart
      Mozart répond à vieilanarfatigué
      salarié
      • Posté à 09h28 le 09/06/2011
      • Internaute 114877
        salarié

      Vous voulez dire, une école d’extrême gauche ! ?

      • vieilanarfatigué
        vieilanarfatigué répond à Mozart
        Changer le monde, c'est se (...)
        • Posté à 11h02 le 09/06/2011
        • Internaute 125168
          Changer le monde, c'est se (...)

        N’ayant jamais vu l’extrême gauche au pouvoir en France, je ne comprends pas votre question. Par contre, on parle peu des écoles libres, mais je peux vous dire qu’il y a aussi quelques petits problèmes....avec les profs , les élèves et le système. C’est moins évident, mais ça ne va pas tout seul non plus.
        Ceux ci viennent à mon avis - je peux me tromper - du décalage entre l’institution vénérable de Jules Ferry qui a assez peu évolué et la société telle qu’elle est devenue aujourd’hui. D’un côté un monolithe, de l’autre côté la vie. D’un côté la règle , la soumission aux consignes, le travail, être assis toute la journée, de l’autre une énergie de la jeunesse à tout péter, un société qui vante le plaisir, des parents qui ne frustent plus leurs gosses du fait de l’application d’une psychologie de magazines et du fait aussi de l’américanisation de notre culture , etc...etc....
        ça donne des profs qui ne peuvent plus endiguer cette énergie, car le système éducatif n’est plus adapté, n’a plus le pouvoir sur des gosses et sur des parents - qui en plus ne trouvent pas non plus leur place dans la société. L’institution n’est plus crédible, et de toute manière ne l’a jamais été pour une frange de la population.
        Sans compter que les profs ne veulent pas perdre leurs petites victoires syndicales et tiennent à leurs petits privilèges.L’histoire de luc Ferry n’étant aujourd’hui qu’une caricature de ces petits privilèges...

         
        • D-503
          D-503 répond à vieilanarfatigué
          U topos
          • Posté à 18h39 le 09/06/2011
          • Internaute 116654
            U topos

          Je suis globalement d’accord avec vous. Le seul point qui me gêne, c’est la question de la perte de crédibilité de l’Ecole. Je ne le crois pas.
          Au contraire, l’Ecole a pris une place démesurée dans notre société (voir les travaux de Dubet) : 30 de chômage de masse et de précarité y sont pour beaucoup. Les parents sont, comme leurs enfants, très stressés, redoutent le verdict scolaire, y compris dans les familles populaires. Pendant que les classes favorisées choisissent leur lieu d’habitation en fonction de la réputation des écoles (maternelles et primaires), des collèges et des lycées, les classes populaires font le forcing pour obtenir le passage de leur enfant au niveau supérieur, avec un sentiment diffus d’illégitimité plus ou moins affiché ouvertement. Quant à la violence de certains élèves contre l’institution, elle répond à une violence symbolique de l’Ecole et montre, si on prend la peine de regarder sérieusement le problème, que c’est parce que l’Ecole jour un rôle crucial que cette violence éclate. Dans le cas contraire, aucune raison qu’il n’y ait de la violence envers une institution sans crédit et sans signification quelconque.
          L’une des raisons de la ségrégation sociale spatiale des classes supérieures (plus forte que celle des classes populaires) tient à la recherche du « bon établissement », de l’entre-soi pour leurs enfants. D’où une ségrégation scolaire - à ce propos, la plus forte ségrégation scolaire a lieu dans la capitale.
          Quant à mes « petits privilèges » (puisque je suis enseignant), je vois bien de quoi vous voulez parler. Personnellement, j’appelle cela des avantages acquis : j’y tiens parce que en tant que personne normale, je tiens à mes conditions de travail et de vie. Et je ne vois toujours pas en quoi il s’agit de privilèges puisque je ne les ai pas hérités de mes parents et qu’ils sont attachés à ma fonction. Ainsi en va-t-il des avantages acquis dans d’autres professions : par exemple, que les personnes qui travaillent de nuit soient davantage payées (et gagnent parfois plus que moi), je ne trouve pas que ce soit un privilège. Mais on peut aussi vouloir que tout le monde travaille jusqu’à la mort, qu’il n’y ait aucun revenu minimum, aucune sécurité, etc.
          Enfin, le combat syndical est beaucoup plus complexe que vous ne le pensez même s’il y a beaucoup à dire.

          • vieilanarfatigué
            vieilanarfatigué répond à D-503
            Changer le monde, c'est se (...)
            • Posté à 20h14 le 09/06/2011
            • Internaute 125168
              Changer le monde, c'est se (...)

            C’est une sacré réponse et merci de l’avoir rédigée. J’ai trois enfants , de 15 et 18 ans ; de la famille à l’EN, et été délégué syndical (j’ai abandonné récemment ) et mes meilleurs potes sont profs.
            Concernant la crédibilité, nous sommes le 9 juin, et mes petits qui sont en 3ème ont arrêté les cours depuis 3 semaines ( !), le conseil de classe étant ce soir d’ailleurs. Ma fille qui est en terminale a eu l’an dernier en 1ere ,8 profs de français différents (je vous raconte pas les courriers au rectorat, au lycée, au ministère etc...). Depuis la maternelle je me suis battu avec des instits et des profs pour qu’ils fassent travailler mes gosses au lieu que ce soit moi qui fasse les cours, puis au collège , il a fallu que je me mette en colère pour que les profs rendent les devoirs à la maison, au moins dans un minimum de deux mois....quant au lycée, les problèmes de drogue, d’alcool, y compris les profs d’ailleurs, bref.
            Et pourtant, nous habitons dans le département où il y a le moins de délinquance ! J’imagine ce que ça doit être ailleurs.
            Pour les « privilèges » et sans remettre en cause la pénibilité du travail que vous accomplissez et la dose de courage quotidienne pour supporter l’administration , les parents et les élèves, vous bénéficiez quand même d’avantages - peut être pas pécuniers - mais de temps.ça rend jaloux plus d’un à commencer par moi !
            Un prof de Lycée avec bac+5 +6 sans l’agrégation à combien d’heures de cours ? Moi , ingé, je fais entre 45 et 50 h en moyenne par semaine ! et la paye n’est pas mirobolante.
            Ceci dit, dans toutes les corporations, il y a des bons , des moins bons et des fainéants et dans les mêmes proportions qu’ailleurs : 5% qui tirent, 35% qui avancent, 30% qui stagnent et le reste qui fait charrette !

            • D-503
              D-503 répond à vieilanarfatigué
              U topos
              • Posté à 20h31 le 09/06/2011
              • Internaute 116654
                U topos

              Désolé que les écoles environnantes soient assez mauvaises. Il me semble que ce ne soit pas le cas partout, y compris dans le 93. Mais j’ai sans doute une vision partielle (sinon partiale) de la chose.
              Par contre, ce que vous décrivez me semble emblématique de ce que l’Ecole devrait améliorer : les relations avec les parents sont trop peu importantes et parfois très compliquées. Je n’ai pas de solution miracle mais il faudrait trouver un moyen d’instaurer un vrai dialogue, y compris et surtout avec les parents très éloignés du système scolaire, que l’on ne voit quasiment pas, et pas parce qu’ils sont démissionnaires. Très souvent les affrontements avec les parents se résument à l’opposition stérile de points de vue (trop passionnés) où le prof se drape dans sa conscience professionnelle et son expertise, et le parent se montre indigné, non écouté et très en colère que l’institution ou le prof n’ait pas pris en considération son intérêt (parfois consumériste). Bref, j’aimerais que l’Ecole soit un service public au service des usagers, ce qui supposerait des les associer davantage. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour et je doute que ce soit le cas avant très longtemps. En même temps, le problème est complexe.

              Vous avez raison quant aux parts de « mauvais », de « moyens » et de « bons », il y en a dans toutes les professions. Pour en revenir à notre temps de travail : il date d’un décret de 1950 et n’a pas bougé depuis. L’éducation nationale estime à plus de 40 h (en moyenne) notre temps de travail effectif. Mais c’est vrai que j’apprécie de pouvoir gérer librement mon temps de travail en dehors des heures devant les élèves. Ceci dit, ce temps hors de la classe peut être très important à certains moments.
              Pour vous rassurer, je pourrais vous dire que chaque profession regarde les avantages des autres sans jamais se soucier des contraintes et difficultés qui vont avec : si j’ai pris l’exemple de ceux qui travaillent de nuit, c’est que parfois les personnes travaillant de jour leur envient leur paye ou leur repos compensatoire. Sans voir que travailler de nuit a aussi des désavantages très nombreux.

        3 autres commentaires
  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h52 le 08/06/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Un économiste qui découvre la stratégie politique de Sarkozy et Bertrand pour dégouter les parents d’élèves, les enseignants et les élèves de l’éducation nationale, c’est émouvant.
    L’obsession de notre « bon Président » pour casser l’éducation nationale, la justice, la police, l’hôpital en ne renouvelant pas leurs effectifs et en supprimant les budgets de façon autoritaire, est devenu tellement flagrante que même les économistes s’en aperçoivent. Sa volonté de nous faire aller vers une société anglo-saxonne où le privé remplace le public, le mérite remplace le labeur, la répression remplace la prévention, la peur remplace la sérénité est une évidence. L’éducation nationale n’est que le reflet de notre société et si la violence y est entrée et la compétence en est sortie, il n’y faut y voir que le contre coup de cette volonté destructrice de la part de l’Etat.

  • Grunge
    Grunge
    l'innocence n'existe pas, il n' (...)
    • Posté à 18h53 le 08/06/2011
    • Internaute 115996
      l'innocence n'existe pas, il n' (...)

    Un article intéressant, seulement travaillant dans l’enseignement au collège, je crois que vous avez oublié un facteur très important. Vous parlez des élèves, des enseignants, des établissements, des institutions responsable de cette situation et des répercutions économique et humaine. Mais à aucun moment vous ne parlez des parents.
    Je peux vous garantir qu’ils sont responsable de pas mal de problème auquel nous devons faire face nous les enseignants. Si on envoie aujourd’hui les futur prof sans formation dans la cage au lion, nous laissons l’éducation des futures générations a pas mal de parents complètement incapable d’éduquer un enfant, je le dis bien souvent à mes amis, certain de mes élèves ont moins de contraintes que les Rois de France(pour les miens, les parents vont de 30 à 50 ans).
    C’est un triste constat que j’ai compris dans mes toutes premières semaines. Il y a certain élèves que je ne peux pas aider, pas parce qu’il sont bêtes, bien au contraire, mais parce que leurs parents sont complètement fou et j’ai pas honte de le dire.
    Je reste d’accord avec vous, je fais parti d’une génération sacrifié moi aussi, 1982, reforme au groupe scolaire-collège-lycée-faculté-concours. Mais ce n’est rien par rapports à ce qui attends les élèves des futurs prof qui sortiront des nouveaux M2 enseignement. Après, c’est sur que ca fait un moment qu’ils sabotent l’enseignement public pour forcer l’opinion à se diriger vers du privée, les bons diplômes pour les biens nées, c’est ce qui nous attend
    . Bon allez, c’est pas tout mes j’ai encore du boulot, je vais remplir le socle commun de compétence et donner 80% des items à tout mes 3eme vu qu’ils ne correspondent pas avec le nouveau programme...VDM

    • verseau
      verseau répond à Grunge
      • Posté à 21h30 le 08/06/2011
      • Internaute 29808

      « à aucun moment vous ne parlez des parents.
      Je peux vous garantir qu’ils sont responsable de pas mal de problème auquel nous devons faire face nous les enseignants ».

      Exemple flagrant datant de ce week end :
      Une collègue enseignante invitée par les parents d’une de ses élèves (3 ans) au baptême de celle-ci, offre un cadeau :
      la maman :
      - dit merci
      la petite
      - non,
      la maman - ah, ben elle a pas envie !
      Point final.

      Bon courage aux adultes de son entourage quand elle aura 14 ans !

      Accessoirement, nous enseignants de maternelle constatons à longueur de journée le décalage entre les règles que l’école essaie de faire intégrer aux enfants (respect et prise en compte de l’autre, politesse) et ce que beaucoup vivent au quotidien dans leur famille ou ce sont eux qui décident.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à verseau
        In enculo cum vibro
        • Posté à 13h01 le 09/06/2011
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Un agent de l’Etat qui va au baptême d’un de ses usagers...

        Accessoirement, nous, citoyens, constatons à longueur de journée le décalage entre les règles que la république essaie de faire intégrer à ses agents (respect et prise en compte de l’autre, neutralité en matière de conscience individuelle, laïcité) et ce que beaucoup vivent au quotidien dans leur institution ou ce sont eux qui décident.

    • Celan1971
      Celan1971 répond à Grunge
      bibliothecaire
      • Posté à 08h48 le 09/06/2011
      • Internaute 75549
        bibliothecaire

      21 fautes d’orthographe dans un texte pondu par un enseignant , c’est assez significatif ...

    • kakoulite
      kakoulite répond à Grunge
      Intermediation & Imprecation
      • Posté à 11h02 le 09/06/2011
      • Internaute 126452
        Intermediation & Imprecation

      Absolument ! le systeme scolaire Francais est extremement egalitaire par contre la fracture se situe au niveau de l attente de resultats et de comportement que les parents exigent de leurs enfants et je parle de tous milieux sociaux confondus.

    • D-503
      D-503 répond à Grunge
      U topos
      • Posté à 18h48 le 09/06/2011
      • Internaute 116654
        U topos

      Je suis également enseignant.
      Je trouve votre commentaire très hypocrite et totalement à coté de la plaque. Puisque ce n’est pas la faute des profs (on ne va tout de même pas se tirer une balle dans le pied), ni des élèves (ce sont des enfants, on ne va pas leur faire endosser la responsabilité de l’échec du système scolaire), alors accusons les parents !
      Que savez-vous des parents ? De leur quotidien, de leur rapport à l’institution scolaire, de leurs valeurs et normes - variables d’un groupe social à un autre (subculture) - du rapport qu’ils entretiennent avec leurs enfants ? A mon sens rien que des anecdotes, quelques exemples, d’autant plus fragmentaires qu’ils sont issus de votre vision nécessairement partielle des choses.
      Enfin, pour terminer, si c’est l’éducation des parents qui pose problème - on remarquera que c’est toujours l’éducation des autres parents qui pose problème, jamais la sienne -, faut-il faire passer un test aux parents en matière d’éthique ou de morale avant de scolariser leurs enfants ?

    • Jean Matouk
      Jean Matouk répond à Grunge
      Economiste
      • Posté à 17h44 le 12/06/2011
      • Internaute 1101
        Economiste

      Vous avez tout à fait raison. le rôle des parents est essentiel. Mais j’en parle. Sans doute cela vous a-t-il échappé. Pour une question de taille, je n’ai pas cité ce qui s’est passé dans le même collège du midi, lors d’une sortie au théâtre . des mères maghrébines accompagnaient la classe. Elles ont été horrifiées de voir l’attitude de leurs fils, complètemlent excités, très diufférente de ce qu’elles constataient chez elles ; Il aurait fallu, depuis 30 ans un « école des parents » ( il en existe une d’ailleurs, mais pas assez connue). Il est tard. mais il est encore temps.

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