Chez Jean Matouk

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Photovoltaïque (II) : Photowatt ou l'histoire d'une impotence industrielle

Jean Matouk
Economiste
Publié le 01/08/2011 à 17h31

Dans une première note de blog, Jean Matouk a évoqué l’échec du photovoltaïque français, estimant que la France est en train de passer complètement à côté du développement de ce secteur d’avenir. Dans le deuxième volet, il évoque un cas exemplaire : Photowatt.

L’histoire de Photowatt est parfaitement illustrative de notre impotence industrielle et, notamment, de notre échec sur la première phase, au moins, de la filière photovoltaïque.

Photowatt fut crée en 1979. Elle profita d’abord petitement, avec moins de 100 personnes, des débuts de l’énergie solaire, quand celle-ci n’était, aux yeux de tous les spécialistes, qu’un rêve de substitution d’une énergie renouvelable au pétrole ; elle était pratiquement seule en France à croire à cette nouvelle énergie ; elle vendit aussi ses panneaux et cellules en Afrique.

L’Allemagne, moins ensoleillée, est plus « photovoltaïque »

Il faut dire que, bien que moins ensoleillée que la France, l’Allemagne a, paradoxalement, cru plus vite, et plus intensément qu’elle, aux deux types d’énergie solaire ! Dès les années 70, elle lançait le solaire thermique, dans lequel la chaleur du soleil est récupérée directement et transportée dans un fluide caloporteur.

Mais dès l’année 1991, elle lançait un plan de 1 000 toits solaires puis en 1999, un plan de 100 000 toits photovoltaïques.

En 2000, elle créait, comme la France, un tarif de rachat de 50 centimes par kWh, plus avantageux, à l’époque, que celui de la France. En effet, ce prix de rachat était à comparer à un prix normal de courant de l’ordre de 6,5 centimes par kWh, alors qu’à l’époque, en France, les deux prix étaient de 15 centimes et 5,5 centimes.

Aujourd’hui, la capacité installée en Allemagne est de 120 Wc (ce qui signifie 120 « watts-crête » ou 120 watts de puissance électrique par habitant pour un ensoleillement standard de 1 000 watts par mètre carré à 25°C) contre 4,5 pour la France ; la seconde capacité par habitant est celle de l’Espagne avec 76,4 Wc/habitant. Il y a donc eu, plus précocement, en Allemagne, une demande très stimulée de matériels qui allait soutenir la naissance d’une filière.

La promotion française tardive de l’énergie solaire

En France, c’est en 2000 que le gouvernement Jospin fixa le prix de rachat de 15 centimes précité et 30 dans les DOM-TOM. Puis, comme dit dans ma première note, en 2006, le gouvernement a voulu « booster » cette énergie, et s’est aligné, donc avec retard, sur l’Allemagne, par un prix nettement plus élevé et un avantage fiscal.

Cela lança effectivement l’aval de la filière côté demande, et côté offre d’installation. Malheureusement, comme expliqué précédemment, prétextant une bulle spéculative, le gouvernement, en mars 2011, vient de réduire les avantages.

Malgré ce retard sur l’Allemagne on aurait pu espérer, dés 2000, que cette politique allait susciter la naissance et le développement d’une vraie filière industrielle française. Ce développement aurait dû, se faire autour de Photowatt, désormais installée à Bourgoin-Jallieu (Isère), et que Nicolas Sarkozy avait honorée de sa visite en 2009.

Cent installateurs, quatre ou cinq producteurs

Hélas, rien de tout cela n’est arrivé. L’annuaire des entreprises photovoltaïques compte plus de cent références. Mais sans qu’on ait pu les interroger toutes, on ne compte que quatre entreprises vraiment productrices, dont Photowatt, alors que l’Allemagne, par exemple, en compte 14.

Bien sûr, compte tenu de l’avantage salarial de la Chine, 80% des cellules photovoltaïques en sont importées, mais dans d’autres pays on en produit aussi et on assemble plus.

C’est le même constat que pour l’automobile allemande, qui peu après 1990 et l’« ouverture » des anciens satellites de l’URSS, s’est mise à faire fabriquer en Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, les pièces détachées des automobiles, notamment de haut de gamme, mais a gardé, en Allemagne, l’assemblage et ses emplois ouvriers qualifiés, quand la France, plus ciblée sur le bas de gamme, délocalisait carrément des fabrications.

Dans la liste des dix premiers fabricants mondiaux on trouvait, en 2008 :

  • deux allemands (Q-cells et Solarworld),
  • quatre japonais (Sharp, Kyocera, Mitsubishi, Sanyo),
  • deux chinois (Suntech Power, Boading Yingli),
  • deux américains (Sun Power, partiellement aux Philippines, BP Solar, en partie anglais),
  • un taiwanais (Motech).

Cette liste a sensiblement changé. Les Asiatiques y ont évidemment pris du poids. Suntech est devenu le premier mondial. Par pays, les cinq premiers producteurs sont :

  • la Chine,
  • le Japon,
  • l’Allemagne,
  • Taiwan,
  • les Etats-Unis.

Photowatt, un triste cas d’école

Et qu’est devenue Photowatt, qui, en 2007, pouvait encore rivaliser avec les plus grands ? Elle est 72e fabricant mondial, au bord de la faillite aujourd’hui, avec une production annuelle de 72 mégawatts (MW) contre... 1 250 MW à Suntech Power !

L’explication est tragiquement toujours la même. Non soutenus, et peut-être aussi moins désireux que leurs collègues étrangers d’augmenter leurs risques industriels, les fondateurs ont laissé un canadien, ATS, prendre le capital en 1997.

Celui-ci, au lieu de faire fabriquer ses cellules et panneaux en France pour ses installations au Canada, les importe de Chine et laisse plus ou moins tomber la filiale française. Celle-ci, faute d’investissements, n’a donc pas été en mesure de profiter de l’élan photovoltaïque national, tardif certes, mais réel, de 2006.

Autour de Photowatt, de plus, aucun lancement d’autres entreprises productrices de taille significative. Mais un foisonnement d’assembleurs légers et surtout d’installateurs, qui, effectivement, ont gagné de l’argent en installant les panneaux et en construisant quelques parcs.

La seule tentative cohérente est venue d’Areva qui, sous Anne Lauvergeon, voulait se lancer dans l’éolien – ce qu’on lui a d’abord refusé – et le solaire. Mais il s’agissait là, non pas de la création d’une filière industrielle de PME de 200-500 emplois, exportatrices potentielles aux techniques diversifiées, mais, bien à la française, de la diversification intelligente, mais centralisée d’un grand groupe d’Etat.

C’est bien la traduction d’une impotence industrielle nationale. Chez nous, il ne suffit pas, comme en Allemagne, au Japon, aux Etats-Unis que l’Etat favorise la demande. Il faut aussi qu’il cornaque les industries existantes, les banques, les financiers pour qu’ils investissent.

La France peut-elle encore prendre le train du photovoltaïque ?

Nathalie Kosciusko-Morizet a été obligée d’acter cet échec, tout en légitimant la reculade dans l’aide aux nouveaux clients du photovoltaïque, par le triple argument :

  • d’une « bulle spéculative »,
  • d’une importation massive de matériel (un déficit de 2 milliards sur la balance commerciale),
  • d’un dépassement du budget prévu pour la réduction d’impôt.

Elle affirme que la France ne vas pas rater, cette fois, la seconde génération de matériel photovoltaïque, notamment pour les grandes installations.

Semblant lui remboîter le pas, un fabricant mayennais de CD/DVD, MPO, à réuni, dans un projet « PV 20 », trois autres industriels, Emix, Semco et Tenesol, pour tenter de relancer la production française.

Pour contrer l’avantage salarial chinois, il compte augmenter le rendement des panneaux, aujourd’hui de 16% de l’énergie solaire reçue à 20% et même 24% sachant que 1% de gagné, c’est 10% sur le prix du kWh.

On ne peut que lui souhaiter bonne chance. Mais si l’environnement financer, étatique ou privé, n’est pas meilleur que pour Photowatt, nous risquons bien d’ici cinq-dix ans de devoir constater un nouvel échec. De plusn une seule entreprise ne fait pas une filière. C’est dix ou quinze PV20 qu’une politique industrielle volontaire devrait viser. Dix ou quinze PV20 qui, aussi, exporteraient en Chine, en Inde et au Brésil !

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  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 20h55 le 01/08/2011
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Bon, qu’est-ce qu’on fait ? On copie-colle nos « contributions » à la première partie de l’article ?

    Pour complément :

    1- « Photowatt fut crée en 1979 », la même année, le gouvernement lance le projet de centrale solaire thermodynamique Thémis. A l’étude depuis 1976, elle sera la première mise en fonctionnement en Europe en 1983, la plus ancienne de ce type étant celle d’Albuquerque aux EU (1976).

    Alors que, grâce à Thémis devenue référence internationale, Electricité De France était à la pointe du développement de ce type de conversion d’énergie solaire en électricité, c’est aujourd’hui une petite société privée qui tente de rattrapper le retard de notre industrie en la matière en lançant une installation en Corse : Alba Nova, alors que ce type de centrale se multiplie aux EU, en Espagne, au Maroc, etc...

    Qu’a t’on fait de Thémis ? On l’a convertie au photovoltaïque...privé.

    L’industrie photovoltaïque n’est pas malade de notre impotence industrielle et écologique, elle en est un symptôme.

    2- Ce n’est pas tant le coût de la main d’oeuvre qui fait une différence entre les piles PV (ce sont des piles) chinoises et européennes, mais le coût du retraitement des déchets de cette industrie, dont la Chine s’éxonère alors que les entreprises européennes y sont contraintes.

    Mieux concentrés en Allemagne, dans un pays en avance sur sa gestion des déchets, les économies d’échelle y permettent une réduction de ces coûts face à laquelle les petites entreprises françaises ne sont pas compétitives.

    3- Le fait que les Allemands décorent leurs toits de gadgets au silicium au lieu d’y chauffer directement leur eau et leurs maisons tient de la même rationalité que de mettre des chaussettes dans des sandalettes : la mode.

    4- La France n’a jamais vendu de PV en Afrique, elle a vendu du PV à des ONG occidentales subventionnées. Les Africains achètent chinois, et les routards achètent marocain.

    5- Un capteur solaire themique a un rendement approchant les 80% ; une pile PV ne dépasse 20% et n’est recyclable qu’en laboratoire, elle ne dépassera jamais les 30% de rendement, et ne sera jamais mieux collectée que les piles au mercure.

  • sandy keelow
    sandy keelow répond à Enki
    développeur
    • Posté à 22h01 le 01/08/2011
    • Internaute 131307
      développeur

    5-

    On espère 40% de rendement pour des cellules « velues » à nanofils, tout en gardant un prix raisonnable, actuellement les cellules haut de gamme utilisées en aerospatiale sont déjà autour de 40% mais le prix lui aussi est sur orbite ; -)...

    Lien

    Par ailleurs la comparaison avec les piles, surtout au mercure, n’est pas heureuse car les cellules photovoltaïques ne s’usent pas de la même façon ni pour les mêmes raisons que ces piles (la durée de vie d’un panneau bien construit dépasse 30 ans...)

  • nunenthal
    nunenthal répond à Biloo
    • Posté à 05h24 le 02/08/2011
    • Internaute 26932

    L’avenir du photovoltaïque n’est sans doute pas dans le silicium, mais dans les technologie à base carbone.

    Mitsubishi compte commercialisé des 2013 des cellules à vaporiser, un peu comme des peintures, d’un rendement de seulement 10% elles ont l’avantage d’avoir un cout 10 fois moindre que les couteuses cellules à base de silicium.

    Ces cellules quasiment sans épaisseur ni poids vont envahir les matériaux de constructions, les toits des voitures, les tuiles, les portes de garages etc... toute surface donnant sur l’extérieur pourra aisément ce transformer en générateur d’électricité à bas coûts.

    A partir du moment ou le consommateur aura un intérêt financier à acheter ce type de produit, cela va se généraliser très rapidement.

    Il ne faut pas sous estimer la capacité de notre société à intégré très rapidement des technologies nouvelles, voir par exemple la téléphonie portable,

    Le problème en France c’est que notre infrastructure est assez mal préparé à l’apport de multiples sources d’énergie sur le réseau. Il va falloir que les pouvoirs publics anticipe pour une fois, faute de quoi, l’énergie produite sera en grande partie dissipée dans les transports d’énergie faute d’une gestion efficace du transport d’énergie.

  • Bernard MOMET
    Bernard MOMET
    Economiste au repos
    • Posté à 07h40 le 02/08/2011
    • Internaute 164988
      Economiste au repos

    Ne pas confondre photovoltaïque et capteurs solaires ! Ce dernier a l’avantage de rapporter directement à celui qui investi : vous installez un capteur sur votre toit (par exemple) pour produire soit de la chaleur pour votre chauffage central ou votre eau chaude sanitaire ; le système est simple et fiable, la technique depuis longtemps éprouvée avec des matériaux connus et recyclables avec une durée de vie de plus de 25 ans. Le photovoltaïque utilise des cellules de silicium ; ce dernier, il y a encore peu de mois, ne savait pas être recyclé (l’est-il maintenant ?) ; le marché d’installation du photovoltaïque a été accaparé par des filiales d’EDF et autres qui posent au dessus de votre toit (esthétique ?) des panneaux : cela revient à vous louer la possibilité d’implanter une installation au dessus de votre maison (pas de responsabilité décennale, car n’étant pas considéré comme faisant partie de la construction) et de vous « indemniser », au même titre que les publicitaires qui vous « louent » un petit bout de votre jardin pour implanter un panneau de 3 x 4 m ou les opérateurs téléphoniques qui installent des antennes sur la terrasse de votre immeuble collectif. De plus la vie d’un panneau photovoltaïque est limité et varie de 10 à 25 ans suivant les provenances ! (sait-on les remplacer individuellement ?). Le marché du photovoltaïque a été faussé, car au lieu d’être producteur d’électricité revendue à EDF, vous en arrivez à être « loueur » d’emplacement ! il est compréhensible dans ces conditions que le prix de rachat du kW ait baissé ! (ce que, personnellement je trouve parfaitement illogique, car non clairement exposé au client !). Autant il me parait pertinent d’investir pour sa propre utilisation (capteurs solaires) autant je trouve aberrant de produire de l’électricité revendue à EDF (car non utilisable par le producteur lui même) par un particulier ou une collectivité locale : a chacun son job ! (il existe d’autres moyens financiers pour participer à la production d’électricité : actions, marchés financiers, …. en laissant au « pro » la maîtrise de sa spécialité) ; et connaissant les rouages et filouteries de l’économie, tôt ou tard les « producteurs d’électricités en herbe » se feront blouser comme ils l’ont été avec le chauffage électrique par convecteurs ou planchers chauffants par câble : autant avec un système de chauffage à eau chaude vous pourrez toujours changer votre type de production de chaleur (chaudière gaz, fuel, électrique, pompe à chaleur, capteurs solaires, ... ou autres techniques à venir : système évolutif) autant dans un câble électrique à part de l’électricité .... je ne vois pas ce que l’on peut faire passer ! Il a toujours été très mauvais de ne dépendre que d’une seule énergie ..... d’ailleurs on s’en rend compte aujourd’hui : en cas de coupure d’électricité .... plus rien ne fonctionne .... bientôt, même pas votre voiture ! ..... Tant que les particuliers et donneurs d’ordres publics n’auront pas compris la différence entre les deux techniques, complètement opposées, et de rentabilité proportionnelle à cette différence, le marché sera faussé …. par le lobbying ….. le pot de terre contre le pot de fer ! …..

  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 10h06 le 02/08/2011
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    Je voudrai juste rappeler le pharaonique projet de Lien dont EDF a siphonné avec grand art les fonds français et européen dans le seul but, tout en s’y associant, de tuer dans l’œuf le projet.
    Ce sont aujourd’hui des bâtiments entiers, des terrassements et génie civil qui sont laissé à l’abandon.
    Ce devait être le premier producteur européen de silicium.
    Ce n’est plus aujourd’hui que le fantôme d’un fantôme.
    Et non, NKM ne veut ni n’a jamais voulu le leadership des énergies renouvelables en France. NKM est une carriériste très soucieuse de son avenir politique. La voilà déjà en ambassadrice fidèle, farouche et déterminée du candidat UMP pour 2012.
    Alors le soleil, le vent et le sable, c’est seulement pour un beau bronzage estival en vue de la prochaine rentrée parlementaire.
    Et oui, Grenelle a été une fantastique escroquerie publique pour engranger des déductions fiscales colossales.

  • Biloo
    Biloo répond à nunenthal
    Citoyen éveillé.
    • Posté à 12h36 le 02/08/2011
    • Internaute 141342
      Citoyen éveillé.

    Ça, c’est sur que niveau smartgrid on est à la ramasse complet. Niveau distribution et gestion de l’énergie, on a BEAUCOUP de travail.

    Le problème est que le marché du photovoltaïque est qu’il est envahi pas du panneau silicium chinois.
    Les technologies couche mince ou organique, sont prometteuses mais ce n’est pas encore la solution. 10% de rendement c’est encore faiblard. Ca n’ouvre pas à toute les applications. Bien sur il faut un début à tout pour financer la génération suivante mais le fait est que la technologie n’est pas mure aujourd’hui.

    Quand à la capacité à notre société à intégrer les technologies rapidement, tout dépend de la technologie en question et surtout du prix de celle ci (et du marketing). Si la téléphonie avance vite car le marché est demandeur d’innovation, la production d’énergie... L’énergie, le client lambda l’utilise et ne se souci pas vraiment de savoir s’il la produit lui même ou d’où elle vient. Le téléphone est une utilisation directe, vous le tenez à la main. Ce n’est pas vraiment comparable.
    Le nucléaire c’est sale aujourd’hui parce qu’on a privilégié les technologie qui permettent aussi d’obtenir des armes nucléaire. On construit à grand mal le nucléaire de 3ème génération, le première prototype de génération 4 à été mis en route dans les années 60... cherchez l’erreur.

    J’ai reçu l’article sur le produit de Mitsubishi dans la new letter technique de l’ingénieur. Si je salue l’avancée dans la mise en oeuvre, j’ai quand même des questions sur l’entretiens et surtout le vieillissement du truc, la résistance à la rayure aussi.
    Ce n’est jamais aussi simple avec les matériaux.

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