Compétitivité : sur le fond, les 98 grands patrons ont raison
« Choc » ou « pacte » de compétitivité, peu importe ! La certitude, c’est que nous ne vendons pas assez de biens à l’étranger pour équilibrer nos importations de gaz, de pétrole et de produits à coefficient élevé de main d’œuvre.
Est-ce un problème de coût du travail ? Ou est-ce un faisceau d’autres causes qu’on regroupe sous le nom de « compétitivité hors coûts » (qualité, innovation, etc.) ?
Et que signifient ces atermoiements autour du rapport de Louis Gallois, qui a prouvé ses compétences industrielles à la tête d’EADS ?
Il y a bien un problème de coût du travail français
Il ne s’agit pas de nous comparer aux Chinois, ni à leurs nouveaux concurrents bengalis et vietnamiens, imbattables sur le textile. C’est par rapport à d’autres pays développés que nous avons perdu un peu de terrain ces dernières années.
Une excellente étude de la banque de financement et d’investissement Natixis [PDF] nous montre qu’à l’intérieur de la zone euro, le coût salarial horaire français, dans l’industrie, était en 2000 inférieur de 2,5 euros au coût allemand. Il est devenu en 2011 supérieur de 1,3 euro (35,31 euros en France contre 34,18 euros en Allemagne).
Si l’on tient compte de la productivité, pour comparer les coûts salariaux à l’unité produite depuis 2000 :
- le coût allemand a augmenté de 10% depuis 2000 ;
- le coût français de 30% ;
- le coût espagnol ou italien de 40%.
Quand on dit que l’Allemagne a « profité » de l’euro pour gagner des parts de marché au détriment de la France, l’Espagne, l’Italie, cela signifie que, sans l’euro, ces trois pays, auraient dévalué à plusieurs reprises le franc, la peseta et la lire pour compenser ces gains allemands (mais on a oublié les effets secondaires nocifs de ces dévaluations à répétition).
La vérité est que dans une économie mondialisée, l’Allemagne a fait jouer en 2003 son stabilisateur bien connu, le fameux « sozialmitbestimmung », le consensus social, avec des partenaires syndicaux unis et désireux de s’entendre, pour maintenir ses coûts salariaux. Quand on regarde de près les années 2003 à 2007, le coût horaire allemand a augmenté, en moyenne, de 0,45 euros par an et le coût français de 1 euro.
Un handicap pour nos entreprises exportatrices
Pour ces 100 000 entreprises exportatrices de biens, où la main d’œuvre tient une place importante, c’est un handicap évident et croissant.
Et cela interdit à d’autres entreprises de se lancer dans l’exportation. Par exemple, pour nos producteurs de fruits et légumes, nos industriels de l’agro-alimentaire, nos transporteurs, la concurrence est trop forte.
Par exemple, un petit transporteur de Manduel (Gard) m’indiquait que, par rapport au « cabotage » auquel ont droit des chauffeurs venus des pays de l’est (une entrée en France, un déchargement, un chargement/déchargement en France, un nouveau chargement et une sortie du territoire), l’écart de salaire du chauffeur est de 7 à 12 euros. Une traversée de la France lui revient à 1 200 euros contre 500 euros pour le « caboteur ».
Comment compenser la baisse de ressources pour la Sécu ?
Pour baisser le coût du travail français, comme il n’est pas question de baisser les salaires, il ne reste que la baisse des cotisations sociales patronales. Mais cette baisse doit être compensée, puisqu’il n’est pas question d’augmenter le déficit de la sécurité sociale. Comment ?
Nicolas Sarkozy avait prévu d’augmenter la TVA. L’actuel gouvernement, dans la tradition de gauche, s’y refuse. On a donc évoqué la Contribution sociale généralisée (CSG), plus juste. Mais il hésite, par crainte que cette ponction sur pouvoir d’achat des ménages ne freine un peu plus une croissance déjà très faible.
Pas faux ! Comme le montrent les derniers comptes trimestriels de l’Insee, la consommation des ménages est atone. Et aucun élan ne se dessine pour 2013.
Sauf brutal revirement au milieu de l’année (soit par une hypothétique relance « électorale » d’Angela Merkel en Allemagne, soit par une augmentation de la reprise européenne au-delà de 1% du PIB européen) qui rendrait plausible le 0,8% du gouvernement, la croissance 2013 sera égale ou inférieure à 0,3%.
Les efforts sur la compétitivité « hors coût » lents
C’est pourquoi le gouvernement hésite à se rallier au rapport Gallois, sans pour autant le mettre au placard. Il préfère insister sur la compétitivité « hors coût ». Mais regardons quels sont les délais d’action de ses diverses composantes :
- Accroissement des efforts de recherche, dans l’université et dans les entreprises, avec un crédit d’impôt-recherche renforcé et mieux ciblé : cinq ans ;
- Réorientation des étudiants vers la production industrielle, la productique, la mercatique à l’exportation : trois à cinq ans ;
- Passage plus rapide de la recherche à l’innovation et de l’innovation à l’investissement : trois à cinq ans ;
- Montée en gamme du véhicule hybride ou du tout électrique dans l’automobile : cinq ans ;
- Robotisation de la production (l’Allemagne compterait 144 000 robots et la France seulement 35 000) : deux ans.
En attendant, que va devenir l’emploi ? Jusqu’à quels abysses va plonger notre déficit commercial ?
Un « mix » pour compenser une baisse des charges sociales
L’effort de compétitivité hors-coût est indispensable, mais un effort immédiat de compétitivité coût l’est tout autant. Même si leur déclaration dans Le Journal du Dimanche revêt – et c’est dommage – un aspect d’ultimatum très politique, sur le fond, les 98 grands « patrons » ont raison.
Comment, alors, compenser la baisse des charges sans peser vraiment plus sur la croissance ? On évitera pas un petit prélèvement de plus sur les ménages ; la hausse de CSG peut être fixée à partir d’un seuil, et être progressive. L’effet d’une hausse de 0,5% à 1% de la CSG peut évidemment réduire de 0,3% à 0,7% la consommation. Mais rien n’est certain : les mouvements du taux d’épargne peuvent jouer, dans un sens ou l’autre, un rôle au moins aussi important.
On pourrait aussi compenser, par un baisse de certaines dépenses, par exemple plafonner les allocations familiales et/ou plus sévèrement encore le quotient familial. Toucher à quelques autres niches. Commencer d’externaliser certaines fonctions administratives, comme c’est le cas en Suède...
Le gouvernement semble indiquer que des accords sur la flexibilité et le chômage partiel , actuellement en négociation entre les syndicats et le Medef, constitueraient aussi indirectement une baisse de charges. Sans doute ! C’est sans doute pourquoi il parle de « pacte ». Mais ces négociations aboutiront-t-elles à autre chose qu’une pétition de principe, renvoyant la charge de la décision au gouvernement ?
Il vaudrait mieux pour lui qu’il prenne dés maintenant un risque mesuré sur la compétitivité-coûts, en négociant vivement, avec les allemands et à Bruxelles une dynamisation de la croissance !
- Sur francetvinfo.frLes non-dits d'un choc de compétitivité pour la France
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Chomeur
Chomeur
Le handicape, est pour quelqu’un qui parle des langues de constater que les recruteurs n’ont pas le niveau d’un anglais réèl et qui après deux développement de techno, le pire a développer c’est ici que cela se passe.
Structurellement, la société fonctionne par le copinage, l’observation des primes de cooptation en sont l’exemple le plus impressionnant. Mais il est un fait que la reproduction sociale et le statut scolaire a plus d’importance que les réalisations. Donc force est donnée a ceux qui sont dans des mécaniques plus mafioso qu’économique.
A force de passer des entretiens avec des gens qui ne parle pas d’autres langues que le français, disons que je ne vois pas comment il est possible de supposer qu’il puissent y avoir des résultats, sur le commerce extérieur ou simplement sur la créativité.
Gonzague le chomeur a l’habitude de voir quel effet cela produit souvent, a ceux qui peuvent avoir fait des réalisations, face a ceux qui construisent leurs nids interne, mentalité qui avant tout avantage la rente.
Des patrons qui ne savent pas ou ils vont (si ce n’est le plan decènale de délocalisation, ou offshoring qui est mis en place sur tout les emplois techno, et ou les patrons qui après l’avoir fait sciemment, expliquent qu’il n’y a plus les compétences.....
Alors choc de compétitivité, alors que 10 millions de pauvres, et une évasion fiscale (dont la plupart n’ont pas besoin, puisqu’ils peuvent faire de l’optimisation fiscale).....
Alors il suffit d’avoir été aux bons endroits, pour savoir ce qui est du hasard de ce qui est de l’organisation.
Et a présent, au fait de tout ces éléments, et du lien d’intérêts que peuvent avoir ceux qui exploitent, c’est fort ce qui est en train de se passer.
Et le titre de l’article est un lapsus révélateur du lien de collusion d’intérêts.
Lien
Bref une ploutocratie quoi. La propriété de celle ci passe par la capacité a ne pas tenir compte du passé, mais des rapports de force, donc mafieux....
Et pour cela, il suffit de faire le tri des infos, comme avec kerviel, la capacité de se délester sur les personnes exécutantes.....




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