Europe Ecologie, entre la coopérative et le mouvement politique
Le rassemblement de ce samedi aux Assises de l’écologie politique à Lyon se doit de devenir une référence. La confiance que nous aurons dans notre réseau-parti sera notre seul rempart face aux sectarismes et aux tendances sécessionnistes. Les querelles passées disparaîtront quand les bases du rassemblement feront table rase de ces détails de notre histoire commune.
Dans un texte paru en 1974, et intitulé « Leur écologie et la nôtre », André Gorz avait prévu la récupération insidieuse de l’écologie par les grandes forces du capitalisme. Aujourd’hui, le greenwashing est devenu la règle, les forces productivistes tentent de nous réduire au statut de consommateurs-producteurs et notre salut ne passerait donc que par l’absolution qu’est censée nous offrir la sacro-sainte croissance verte. Non, ceci n’est pas notre écologie, aussi diverses soient les tendances au sein de notre mouvement.
Le rassemblement des écologistes, initié il y a maintenant deux ans, nous a offert nos plus grandes satisfactions électorales depuis l’émergence de l’écologie politique en France dans les années 1970 avec René Dumont. La maturation de nos idées s’est couplée à l’avènement de la prophétie annoncée par nos aînés, et nous avons logiquement transformé l’essai lors de nos succès électoraux consécutifs.
Nous avons ainsi su nous installer durablement comme la troisième force politique nationale, provoquant des turbulences au sein du système bipolaire classique qui asphyxiait depuis trop longtemps l’émergence d’une offre politique novatrice.
Le grand rassemblement tenté par le NPA, puis par le MoDem, n’a pas abouti par faute d’une centralisation du pouvoir autour d’une personnalité unique. Notre fédération n’a pas le même socle car c’est notre projet qui nous unit, au travers de la reconnaissance de notre manifeste pour une société écologiste.
Cohn-Bendit et Duflot ont rallié les écolos de Hulot à Bové
Nous irons donc plus loin car chacun a su faire l’effort de ne pas s’accaparer l’unité du mouvement, de comprendre l’autre qui nous tendait la main : nous avons appris en tâtonnant, en s’offusquant du retour opportuniste d’untel, de la foi submergente des néo-convertis face à des militants de plusieurs décennies, du mépris des nouveaux arrivants pour nos acquis et réalisations.
Les Verts ont été les moteurs de ce changement et du rassemblement des écologistes. Nous avons consenti à faire émerger des figures issues de divers horizons et permettant l’enrichissement de notre corpus doctrinal.
D’un côté, Dany a su créer l’alchimie d’un rassemblement large et éclectique : c’est lui qui a déclenché l’étincelle de notre fusion-création, dans l’espoir de rallier les écologistes de Hulot à Bové. De l’autre, Cécile a su transcender les Verts, parvenant à fondre le parti dans un rassemblement plus large, malgré l’incertitude liée à une telle prise de risques.
Le statut de coopérateur, une vraie innovation
Notre plus grande victoire n’est pas électorale, et je me réjouis d’écrire ces mots qui démontrent bien que nous avons franchi un cap dans la manière dont nous concevons la politique. Notre vrai succès, c’est l’intégration de la culture associative dans l’identité du rassemblement, grâce à la création du statut de coopérateur.
Ce statut particulier, à mi-chemin entre l’adhérent et le sympathisant d’un parti politique, est inédit dans le système politique français. Ce statut permet à tout un chacun d’agir au sein d’un mouvement politique, de faire ce qui lui plaît le plus sans pour autant endurer le laborieux fonctionnement interne du parti. Il offre ainsi une approche différenciée du militantisme, ce qui est une excellente chose car les nouveaux arrivants dans les partis sont le plus souvent déçus.
Le tableau suivant suffit à résumer la différence de statut entre adhérent et coopérateur. (Merci au blog de Florent Mignot pour sa réalisation)

tableau adhérent / coopérateur
L’alchimie coopérateurs-adhérents, c’est la coopération entre des instances politiques et l’expertise en provenance de la société civile. C’est la reconnaissance du droit à tous de participer à un projet commun sans pour autant s’enfermer dans une logique partisane stérile. Cette alchimie a fait et fera le succès de notre mouvement.
Cependant attention à ne pas endosser des habits trop grands pour nous. L’étape d’aujourd’hui est essentielle mais elle en appelle d’autres, nombreuses, qui devront parfaire notre rassemblement et en amener d’autres à nous rejoindre. Soyons fidèles à notre philosophie en gardant toujours notre éthique de simplicité et de responsabilité pour éviter l’outrecuidance des partis politiques traditionnels et la mésaventure d’une bulle médiatique.
Soyons conquérant sans être prétentieux, soyons ambitieux sans être arrogants. Passons du statut de lanceur d’alerte à celui d’une force politique crédible afin de conquérir de nouvelles majorités politiques et culturelles.
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met le doigt où ça fait mal.
met le doigt où ça fait mal.
Ah bin tiens, une écolo prof de sciences. Ça tombe bien, j’ai quelques peaux de banane pour vous :
Ne trouvez-vous pas inquiétant d’introduire de l’idéologie (le fait politique) dans ce qui est à l’origine une science (allons même plus loin, une science « dure »), j’ai nommé « l’écologie politique » ?
Un unique exemple découpé à la hache pour illustrer mon propos (je vous en épargne une foule d’autres, ça m’ennuierait de faire appel au point Godwin tout de suite) : Le darwinisme social n’est-il pas une dérive s’inscrivant totalement dans le même type de démarche que celle que vous poursuivez, celle d’une science politisée ?
Par ailleurs, ne pensez-vous pas que le parti pour lequel vous militez ici est le premier à pratiquer le greenwashing que vous semblez dénoncer (Hulot salarié de TF1 qui finance son film dégoulinant grâce aux fleurons de l’industrie européenne, au hasard) ?
Enfin, pensez-vous que le grand écart permanent dans lequel s’inscrit votre parti entre des discours à forte teneur sociale et des votes (au parlement européen par exemple) gravement néolibéraux soit politiquement tenable sur la durée ? (cf. le commentaire du Yéti, le pauvre).




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