Chez Michèle Rivasi

Députée européenne (Europe Ecologie) de la région Grand Sud Est, je suis aussi professeur agrégée de biologie.

Europe : mon plaidoyer pour les plantes médicinales

Michèle Rivasi
Députée européenne
Publié le 14/12/2010 à 11h23


Des orties (lokibo/Flickr).

Les plantes médicinales traditionnelles vont-elles disparaître en Europe le 30 avril 2011 ? En théorie, non. Mais des produits utilisés pour la médecine traditionnelle chinoise ou indienne (ayurvéda), certains compléments alimentaires, et plus largement la filière bio artisanale risquent de faire les frais de la nouvelle donne européenne.

Deux système parallèles pour les produits à base de plantes

La situation des plantes médicinales en Europe est un véritable imbroglio. Leur usage est réglementé par deux systèmes d’enregistrement distincts :

  • L’un de type pharmaceutique, auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA). C’est cette fameuse directive de 2004 sur les plantes médicinales traditionnelles qui focalise toutes les critiques mais dont la date butoir du 30 avril 2011 concerne en réalité les médicaments traditionnels à base de plantes (abrégé THMPD dans le jargon européen).
  • Le second permet l’enregistrement des plantes en tant que complément alimentaire. Il correspond à un règlement de 2006, dont les allégations de santé sont elles en cours d’évaluation par l’agence européenne des aliments (EFSA).

La grande majorité des fabricants de produits à base de plantes joue sur les deux systèmes. Des lors que l’enregistrement pharmaceutique est devenu trop compliqué, les entreprises ont souvent préféré emprunter la voie des compléments alimentaires pour diffuser leurs produits.

L’échec d’une directive pleine de bonnes intentions

Plantes, algues, champignons, lichens, utilisés frais ou entiers, coupés ou desséchés, concassés ou pulvérisés. Mais aussi teintures, extraits, huiles essentielles ou jus obtenus par pression... La directive THMPD de 2004 découle au départ d’une bonne intention : simplifier l’enregistrement d’une substance à effet thérapeutique sur la base de son usage traditionnel. Aujourd’hui, force est de constater l’échec de la directive THMPD.

La procédure simplifiée d’enregistrement se révèle horriblement compliquée. La définition du médicament traditionnel à base de plantes suppose un usage depuis au moins trente ans, dont quinze au sein de l’Union européenne.

Le coût et la complexité du dossier d’enregistrement, de l’ordre d’au moins 60 000 euros par produit, est une barrière pour les entreprises soucieuses de se mettre en règle. Autant se préparer à arrêter la fabrication d’un produit, c’est moins compliqué.

Bilan ? Moins de 200 médicaments traditionnels à base de plantes ont été pour l’instant approuvés par l’EMA.

Autre exemple : la liste communautaire des plantes autorisées comprend aujourd’hui 149 plantes, sur les 600 envisagées initialement par la Commission. Le nombre d’espèces de plantes médicinales s’élève à 1 500 en France et à 20 000 dans le monde, rappellent les herboristes. Sans compter les remèdes mélangeant différentes substances. On reste loin du compte.

Les compléments alimentaires privés d’allégations de santé

Un règlement de 2006, sur les allégations de santé des denrées alimentaires, se trouve au centre d’une féroce polémique. Encore peu médiatisée auprès des consommateurs européens, ces échanges à fleurets mouchetés ont lieu entre la Commission européenne, l’EFSA et les fabricants des compléments alimentaires à base de plantes.

A ce jour, plus de 95% des dossiers d’allégations déposées pour des produits à base de plantes ont reçu un avis négatif de l’EFSA. Trop rigoureuse, calquée sur des procédures propres aux médicaments, l’EFSA prend sa décision sur très peu de données et rejette des allégations pourtant déjà autorisées dans plusieurs pays européens.

Le 27 septembre, la Commission européenne a annoncé sa décision d’ajourner son avis sur les allégations de santé évaluées par l’EFSA, jusqu’à ce qu’un certain nombre de problèmes relatifs aux plantes soient résolus. La Commission est entrée dans une période de réflexion. La situation est bloquée et les passes d’armes ont repris.

Médecine chinoise et ayurvédique, premières victimes

La situation des plantes médicinales en Europe n’est guère florissante. L’évaluation des compléments alimentaires à base de plantes est pour l’instant suspendue. Et avec la fin du délai de transition de THMPD, au-delà du 30 avril 2011, la vente de plantes non autorisée restera possible, mais sans indication thérapeutique.

Si rien ne change, l’impact de ces deux législations européennes promet d’être dévastateur. Des produits vont disparaître du marché. Des associations tirent la sonnette d’alarme, inquiètes des répercussions sur les substances et préparations à base de plantes utilisées en médecine traditionnelle chinoise ou indienne (ayurvéda).

Les petites entreprises du bio aussi touchées

Les vraies victimes seront les petites entreprises du secteur. La pleine entrée en vigueur de ces textes va toucher de plein fouet l’ensemble du secteur des médecines naturelles à base de plantes et une bonne partie de l’économie du bio. Dans le seul secteur des compléments alimentaires, la baisse d’activité est estimée à environ 30%.

Cela va aussi varier en fonction des états membres de l’Union européenne, selon leur tradition des plantes médicinales. Chez certains, les autorités demandent d’enregistrer la plante comme médicament. Dans d’autres, la même plante peut être mise sur le marché comme un aliment.

La Cour européenne de justice a rappelé que ce double usage était légal. Il revient finalement aux pays de trancher les litiges au cas par cas, au travers de jugements nationaux. Difficile alors de dégager un véritable consensus européen.

A qui profite la dose ?

Si l’on peut comprendre la nécessité de garantir la qualité des produits et préserver la santé publique, on peut aussi se demander à quoi rime une législation qui impose des conditions si draconiennes et inadaptées que la réalité du terrain ne puisse s’y conformer.

Cela me fait penser aux difficultés rencontrées en France par d’autres plantes, les préparations naturelles peu préoccupantes (pnpp). Bras de fer popularisé sous le nom de la guerre de l’ortie. La situation concrète des plantes médicinales pourrait bien s’en rapprocher.

En faisant à peu près le même type de nuance juridique qu’entre l’ortie et le purin d’ortie, on s’apprête à criminaliser l’usage et la diffusion des savoirs relatifs aux plantes médicinales. Simultanément, la voie des compléments alimentaires est désormais bouchée. Cela montre bien que les carences du double système actuel.

On sent une volonté de museler le secteur des médecines alternatives ou naturelles, en particulier celles liées aux plantes. Résultat, on pose un cadre susceptible de justifier toutes les chasses aux sorcières possibles en matière de plantes, qu’il s’agisse d’un usage traditionnel, commercial ou non.

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  • kevangel
    kevangel
    Chercheur
    • Posté à 11h52 le 14/12/2010
    • Expert 24356
      Chercheur

    En tant que scientifique, ce qui me dérange dans cet article est le sous-entendu molécule naturelle=sans danger ; molécule artificielle=dangereux. C’est tout ce qu’il y a de plus faux, une substance n’est pas plus ou moins dangereuse parce qu’elle vient de la nature.

    A partir de là, on ne peut pas considérer que la réglementation est trop laxiste vis-à-vis des médicaments classiques et trop rigoureuse vis-à-vis des plantes médicinales, c’est contradictoire.
    Donc je ne vois pas ce qu’il y a de dérangeant à ce que l’industrie des plantes médicinales subisse les memes procédures d’autorisation que l’industrie pharmaceutique. Car dans les deux cas, nous avons des substances actives avec des effets secondaires potentiels plus ou moins graves (encore plus dans le cas des plantes, puiqu’elles ne contiennent pas une seule substance active mais parfois des centaines à la fois).

    En fait, j’ai l’impression que l’auteur joue uniquement sur la corde gentilles petites PME Vs méchantes multinationales pharmaceutiques. Mais scientifiquement, rien ne prouve qu’une petite PME ne produit pas de produits dangereux, donc je suis pour une réglementation rigoureuse dans tous les cas.

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 12h14 le 14/12/2010
    • Internaute 116615
      bc

    Pour les plantes dont l’usage est de l’ordre de la tradition et connu depuis des siècles (remèdes de grand mères, médecine chinoise), la durée et la sélection naturelle a fait le tri. Je ne suis pas d’accord, faut pas nous prendre pour des « poulets de l’année ».
    Par contre pour les plantes qui sont nouvellement introduites et qui de fait profitent d’un effet de mode sans expérimentation ou usage passé, oui.
    Vous parlez de l’industrie pharmaceutique, il est bien là le problème.
    Contrairement à quelques pharmaciens ruraux qui sont de bons conseils, et connaissent les petits producteurs qui vont bien.

  • danafields
    danafields
    Recherche
    • Posté à 12h26 le 14/12/2010
    • Internaute 133375
      Recherche

    C’est très bien de nous informer de ce qui va se passer pour les médecines alternatives en Europe, mais quelles solutions préconisez-vous ?
    Ce que vous ne dites pas clairement, c’est que le crime profite à l’industrie chimique, et que contre le poids financier de cette industrie, la politique est impuissante puisqu’intéressée.

    L’histoire n’a pas commencée en 2010, avec votre article, elle a bien des épisodes précédents, dont un, avec la disparition du diplôme d’herboriste en France sous Pétain. Un autre épisode fâcheux, celui de remplacer les substances naturelles par des substances chimiques dans les aliments ; encore un autre, l’exclusivité des droits sur les semences et l’interdiction de vendre les semences anciennes réclamées et obtenues par les industriels ; le dépôt de brevêt d’invention sur des plantes cultivées depuis des millénaires, c’est ce que réclament les industriels sur les plantes sauvages... J’en passe et de meilleure.

    Que préconisez-vous ?

    La question qui fâche et qui met à plat toute l’hypocrisie du système, c’est : qui subventionne la recherche scientifique, et emploi les chercheurs ?
    Quel chercheur est prêt à perdre son emploi pour défendre le bon sens et la liberté du citoyen lambda ?
    La planète a déjà été mise en coupe réglée, et les industriels se sont partagés le gâteau, violemment.
    Les règles qui sont mises en place, sont des armes qui servent à faire grossir les parts de chacun d’eux, partout où il reste un peu d’alternative, afin que nous n’ayons plus aucun choix, donc plus aucune liberté.

  • DUKAN_cest_DANGEREUX
    DUKAN_cest_DANGEREUX répond à kevangel
    futur cancéreux comme toi
    • Posté à 12h40 le 14/12/2010
    • Internaute 120614
      futur cancéreux comme toi

    En tant que naturopathe, ce qui me dérange c’est que les abus en matière de mise sur le marché de médicaments dangereux voire mortel sont relativement monnaie courante et que le principe de précaution est bien souvant bafoué au nom du profit.

    Ici, on menace tous les thérapeutes naturels (la naturopathie est reconnue comme médecine traditionnelle européenne par l’OMS) de réduire leur outil de travail, on va certainement fermer quelques PME ou réduire leur activité, ça c’est certain.

    Vous dites « Car dans les deux cas, nous avons des substances actives avec des effets secondaires potentiels plus ou moins graves (encore plus dans le cas des plantes, puiqu’elles ne contiennent pas une seule substance active mais parfois des centaines à la fois). »

    C’est bien pour cela qu’il existe des thérapeutes, c’est leur responsabilité d’aiguiller des personnes malades vers des solutions naturelles si c’est leur souhait. L’Europe légifère sur les produits eux-mêmes au lieu de réglementer peut-être l’accès à ces produits (c’est une piste), via un certificat d’aptitude à la distribution en magasin diététique par ex..

    Comme la médecine naturelle n’est en rien soutenue, cela reste relativement confidentiel, limite sous le manteau, et donc les fabricants de produits thérapeutiques naturels sont des entreprises fragiles.

    En Suisse, la médecine intégrée coordonne le médecin allopathique et le thérapeute naturopathe pour le bien du patient.

    D’autre part, je n’ai pas décelé ce fameux « sous-entendu molécule naturelle=sans danger ; molécule artificielle=dangereux. »
    C’est un amalgame que les gens peuvent faire, mais dès qu’on s’intéresse un minimum aux thérapies naturelles, on se rend bien compte que ça ne tient pas la route.

  • Marcd33
    • Posté à 14h00 le 14/12/2010
    • Internaute 102417

    à ma connaissance, la majorité des plantes utilisées de manière courantes vont continuer à être vendues (d’ailleurs aucun branle bas de combat du côté des firmes). Cela concerne uniquement l’importation de plantes exotiques ou de remèdes douteux, comme le bois de cerf aphrodisiaque, plantes amaigrissantes chinoises, mélanges un peu bizarres estampillés un peu vite ayurvéda ... La directive vise surtout à faire le tri dans cette pléthore de produits.

    Maintenant opposer naturel et artificiel est un peu saugrenu, car beaucoup de médicaments sont issus des plantes, on isole la molécule, on l’adjoint à d’autres molécules qui vont travailler en synergie. Si pour de problèmes courant il est souvent préférable de d’abord tester les plantes, ces dernières n’ont jamais fait leur preuve pour traiter des pathologies graves. La plante reste un remède doux.

    De plus les études sont parfois assez discutables, quand l’un annonce des performances intéressante pour X produit, une autre étude annonce des performances plus que décevantes pour ce même produit. Les interactions sont également légions et pas toujours indiquées. Quand on pense qu’on vend le millepertuis comme antidépresseur léger (sans pour autant avoir de réelle efficacité prouvé) et qu’il est également décrié pour perturbateur hormonal, affaiblissant par ce fait certains contraceptif et pouvant provoquer une mauvaise surprise... C’est un exemple parmi d’autres.

  • iradie
    iradie
    praticienne de médecine chinoise (...)
    • Posté à 15h35 le 14/12/2010
    • Internaute 136902
      praticienne de médecine chinoise (...)

    et si les médecins étaient tous formés en phytothérapie,
    et si on pouvait choisir en tant que patient son traitement par les plantes
    et si les plantes peu chères étaient autant mises en avant que les molécules plus chères
    et si il n’y avait plus besoin du label bio car on aurait reconnu que les pesticides et les engrais sont cancéreux
    et si l’apprentissage des plantes se faisait dès l’école
    et si on réapprenait une autonomie et les premiers soins par les plantes
    et si en biologie on partait herboriser et apprendre à reconnaitre les plantes
    on n’en serait pas là .....

  • pierrot 82
    pierrot 82
    retraité a Montauban
    • Posté à 22h35 le 14/12/2010
    • Internaute 41271
      retraité a Montauban

    Interdire les plantes médicinales pour le plus grand bonheur des labos pharmaceutiques ne date pas d’hier.
    C’est Pétain qui avait interdit le métier d’herboriste au moment de la guerre.

    C’est comme l’interdiction de distiller des eaux de vie dans les campagnes soit disant pour lutter contre l’alcoolisme .
    Mon grand père et mon père distillait leurs 20 litres d’alcool par an ; c’est pas pour ça qu’il picolait ; mais cela servait a soigner les bêtes quand elles etaient malades ou faire des préparations justement a bases de plantes pour se soigner ; nous humains .
    J’ai garder quelques recettes,mais quel gachis.
    Ou faire des fruits au sirop qui avait un autres gout que toute leurs saloperies bourrées de colorants et de conservateurs.

    Pour ceux qui ne savent pas quel est le député qui a proposé cet amendement dans les années 50 ; il s’appelait Mr Paul Ricard .
    ça ne vous dit rien.....et c’est comme ça qu’on se retrouve avec leurs alcools de merde qui empoisonnent nos jeunes ; mais qui rapportent tellement a l’état avec leurs taxes.

    Pour en revenir aux plantes ,hé bien c’est la même chose ; faire profiter les gros labos de se gaver encore plus et empoisonner juste ce qu’il faut les gens pour qu’ils ne profitent pas trop longtemps de leurs retraites si durement gagner .

    Cela fait 30 ans que je me soigne avec des extraits de plantes et je m’en porte trés bien ; et je fait plus confiance aux magnétiseurs ou aux rebouteux digne de ce nom qu’a certains toubibs charlatans payer grassement par les labos (mais pour combien de temps encore car là aussi on essayent de leurs casser les reins....c’est vrai ça qu’est ce que ça rapporte ? ? ? ? ?

    Et pour mon jardin c’est pareil ; c’est vrai que je ne fait pas de rendement faramineux et que mes légumes ne sont pas
    niquel krome ,mais il sont gouteux et ça c’est du bonheur.
    Quel bonheur de voir mes neveux parisiens se gaver quand ils viennent en vacances.

    Alors il va falloir peut être sortir les fusils un de ses quatres ! ! ! ! !

  • Michèle Rivasi
    Michèle Rivasi
    Députée européenne
    • Posté à 17h52 le 15/12/2010
    • Expert 132087
      Députée européenne

    @ puresonic : Oui, aborder le statut des plantes médicinales en Europe et la double législation en vigueur, cela peut effectivement paraître bien compliqué. Comme je l’ai dit, les plantes en elles-mêmes ne seront pas directement concernées par l’application des textes sur les medicaments traditionnels ou les compléments alimentaires. En revanche, sont concernés tous les produits à base de plantes, médicament ou alimentaire, à portée dite thérapeutique ou bien-être.

    A partir de mai 2011, la vente de remèdes à base de plantes non enregistrés, que l’usage de ces plantes soient ’ancien’ ou ’récent’, sera possible en l’absence d’indication thérapeutique. C’est la conséquence de la directive de 2004. Le réglement de 2006 sur les allégations est encore en discussion, bien que le processus soit figé. L’ambiance est à la veillée d’armes...

    Plusieurs aspects brouillent les cartes. 1/ des associations qui choisissent de dramatiser les choses pour amplifier l’impact de leurs messages, par exemple en faveur d’un certain type de médecine (chinoise notamment). 2/ la grande majorité des entreprises du secteur sont en réalité concernées par les deux textes. Avec les changements en cours, ces PME, certaines étant des filiales de labos pharmaceutiques ou de groupes agroalimentaires, ne pourront plus jouer sur les deux tableaux afin de commercialiser leurs produits à base de plante. Cela touchera alors naturellement les distributeurs. etc.

    3/ Le fait qu’une même plante médicinale puisse bénéficier de deux évaluations divergentes au sein des institutions européennes crée aussi de la confusion. Au moins l’une des deux façons de faire semble poser problème. 4/ De même que selon les Etats membres, la meme plante puisse être soit considérée comme un medicament, soit classée parmi les aliments... Cela ne facilite pas le consensus.

    Au final, les répercussions légales seront les mêmes : un certain nombre des produits à base de plantes disqualifiées ou ne pouvant prétendre à certaines vertus vont disparaitre suite à ces dispositions européennes. Ou se retrouver commercialisé sans conseils ni recommandations.

    Oui, il y a de l’incertitude. Et cela crée de l’inconfort autant chez les professionnels du secteur qu’à nous consommateurs. Cela illustre en quoi les cadres proposés ne sont pas adaptés et pourquoi il est nécessaire de les faire évoluer. Même s’il s’agit là d’un chantier de longue haleine.

  • Michèle Rivasi
    Michèle Rivasi
    Députée européenne
    • Posté à 19h19 le 15/12/2010
    • Expert 132087
      Députée européenne

    Bonjour à tous, merci de vos réactions. Elles sont vives et nombreuses. J’en suis heureuse. Vos commentaires appellent plusieurs précisions.

    Concernant la directive de 2004, la situation est est tres claire. Elle ne concerne pas les plantes mais les médicaments traditionnels à base de plantes. Et, à partir du 1er mai 2011, les remèdes et préparations à base de plante qui n’auront pas été enregistrée pourront encore être vendues mais sans aucune indication thérapeutique.

    @kevangel : Bien sur que les plantes sont des substances actives. Je n’ai jamais sous entendu le contraire. Il est nécessaire d’établir des garde fous. Mais je considère qu’il faut évaluer les substances de façon appropriée. Dans le cas des nouvelles molécules de synthèse (chimie, nano, etc), on ne sait rien. Il n’y a aucun recul d’usage et aucune étude d’impact. Mais dans le cas de plantes sur lequel des monographies existent souvent plusieurs siècles, pourquoi refuser de prendre la tradition ou le savoir académique accumulée ? Il fauit savoir par exemple qu’aucune etude scientifique n’existe sur les vertis laxative du pruneau. De fait, du point de vue de sur la base du seul critère scientifique, ce simple fait justifie de refuser d’attribuer au pruneau ce type d’allégation. Ce seul exemple montre en quoi les deux cadres proposés se révèlent inadéquats pour homologuer les vertus des plantes.

    @danafields : Vos questions sont tres pertinentes. Bien sur que l’influence du lobby pharmaceutique est importante. Dans les couloirs, a Bruxelles, on se dit souvent qu’il s’agit du secteur comptant le plus grand nombre de lobbystes. Vous évoquez aussi Petain, et le statut de l’herboriste en France. Cette mesure historique a surtout servi le lobby des pharmaciens. En Italie ou en Roumanie, la profession n’a pas disparu. Vive l’Europe dans ces conditions ! Elle ouvre aussi le débat du statut des lanceurs d’alerte, ces scientifiques qui prennent le risque de prendre la parole pour dénoncer des risques émergents. Ce débat est en cours, en France et au sein des instances européennes. Plusieurs eurodéputés poussent en ce sens.

    Certains d’entre vous l’ont relevé. Oui, il y a bien un enjeu culturel. En opposant preuve scientifiques & usage traditionnel, le système introduit une discrimination envers des cultures minoritaires ou orales. Ces savoirs traditionnels spécifiques, ethniques ou régionaux, devraient-ils être rejetés du circuit légal alors que les preuves académiques ou universitaires de leur efficacité existent ? Des critères scientistes doivent-ils supplanter les savoirs empiriques transmis au fil des générations d’herboristes ? Un pan de la diversité culturelle européenne est mis en péril.

    @caro : les médicaments homeopathiques sont gérés par une autre directive, la 92/74/EEC... Cette directive fait également l’objet d’un lobbying conséquent, principalement de la part de ses partisans.

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