Mise en bouteille

Les dessous et les coulisses du monde de la vigne, blog de la vigneronne Catherine Bernard.

Vin : au pays des dégustations aveugles, les borgnes sont rois

Publié le 02/03/2009 à 08h20

Concours général agricole, associé au Salon de l'Agriculture qui vient de fermer ses portes, les médaillés sont au nombre de 3360, dont 1177 d'or. Représenté par une feuille de chêne, c'est le plus vieux et le plus célèbre de tous les concours de vins (1870). Le plus officiel aussi puisqu'il est organisé par le ministère de l'Agriculture.

Cette année, 13000 vins ont été soumis aux dégustateurs. La moitié a été sélectionnée et jugée au salon de l'Agriculture par un jury composé de 2400 jurés, un tiers de professionnels des régions viticoles, un tiers de professionnels parisiens, et un tiers de « consommateurs avertis ».

Dans le genre foire aux trophées et médailles, il y a aussi les coups de coeur du guide Hachette et consorts. Il va de soi que la dégustation se fait à l'aveugle, la bouteille déguisée d'une chaussette noire ou d'un manchon de carton craft ondulé, à la queue leuleu (une trentaine les uns derrière les autres).

Valant garantie d'objectivité, la dégustation à l'aveugle est LA norme pour noter, classer, médailler, et entre les lignes -voilà l'important-, délivrer une assurance de bon goût.

Wine Spectator, Robert Parker...

Comme le football, le sport est international. Il y a le palmarès des 100 meilleurs vins du monde du Wine Spectator, qui sert d'étalon de vente sur e-bay, les notes sur 100 de Robert Parker, etc....

Le système, car c'en est un, serait-il en train de vaciller ? Robert Hogdson, chercheur américain à la retraite, propriétaire d'une winery et l'un des jurés de la California State Fair (équivalent de notre Concours général agricole) s'est livré à une étude délectable.

De 2003 à 2008, il a servi à 65 jurés du concours les mêmes vins à trois reprises à trois moments différents. Seuls 10% ont donné une appréciation similaire sur le même vin, et un certain nombre se sont révélés carrément incohérents, allant jusqu'à juger médiocre un vin auquel il venait d'attribuer une médaille d'or.

Diffusés fin janvier sur un site confidentiel, les résultats de cette étude font depuis du buzz sur la toile.

Des vins puissants plutôt que délicats

L'affaire a quelque chose de comique, d'autant plus comique, au sens des comédies de Molière, que médailles et trophées contribuent à modeler le marché du vin. De Belgique, dont je reviens, j'ai vu, sur le comptoir de l'un des clients de mon importateur le catalogue d'un gros grossiste.

Je tais son nom mais vous livre un exemple de sa technique de vente : « 2003, Château Martouret, Bordeaux supérieur, D. Lurton, vieilli en fût de chêne, lauréat Guide Hachette 93,94, 95, 96, 2001, 2007, 2008 ». On notera que le dit vin –en l'espèce un vin de négociant- a loupé la médaille en 2003.

L'autre effet collatéral de ces dégustations à l'aveugle et à la queue leuleu a trait au goût. Pour se distinguer de la masse, mieux vaut mettre sous le nez et en bouche des jurés, tout compétents et honnêtes qu'ils soient, des vins puissants plutôt que délicats. Au trentième vin, la mémoire flanche, retient le saillant. Dans le vin aussi il y a les « bêtes à concours ».

Toujours dans le genre comique, mais cette fois version moquerie des buveurs d'étiquette, Jacques Dupont, le critique vin du magazine Le Point, raconte dans son livre « Choses bues » (Editions Grasset) :

« Agacé par quelques sempiternels détesteurs de Beaujolais, il m'est arrivé de transvaser un cru de ce vignoble dans une bouteille de bourgogne. Une fois même le Beaujolais a pris la place d'un cru bourgeois de Saint-estèphe sans que la victime de mon crime s'en aperçoive. (...) Si j'ai passé un très bon moment à les écouter vanter les mérites de l'étiquette, je ne leur ai jamais révélé la véritable identité d vin qui se cachait derrière. »

Les dégustations à l'aveugle ne sont pas complètement inutiles et stupides.

Faire dire quelque chose au vin est surtout une histoire entre soi et soi

Au fond, une question demeure : que juge-t-on réellement ? Le vin ? Ou bien plutôt notre aptitude à quelque chose ? Quand, dans un vin, je reconnais, à une certaine robustesse épicée le mourvèdre (c'est un exemple), j'apprécie cette robustesse à l'aune de ce que la robustesse m'évoque, à ce quelque chose à quoi la robustesse me ramène.

J'aime le Beaujolais, en particulier ceux dont le goût lactique est marqué. Ce goût me rappelle le petit lait du lait caillé lequel tient, dans mon enfance, une certaine place qui n'est pas étrangère à mon retour à la terre.

Si j'use du vocabulaire des oenologues, le lactique est un défaut organoleptique. Comme en beaucoup de choses, on peut aimer un vin pour ses défauts, l'amour allant se nicher aussi dans nos obscurités.

Qu'il s'agisse d'une performance, d'une compétence exercée dans le cadre d'un métier, ou de la mise en mots du sans mot, faire dire quelque chose au vin est surtout une histoire entre soi et soi, entre soi et cet autre avec qui on le partage.

Le vin est un médiateur qui nous révèle à nous mêmes, ramène à la surface du présent un fragment de notre mémoire émotionnelle et sensorielle. Si l'on y regarde bien, il y a dans cette relation quelque chose de terriblement impudique, de presque obscène.

Le vin procède lui-même d'une rencontre entre une terre, un climat, une plante et celle/celui qui taille, soigne, laboure, récolte. Comme il n'y a pas une seule manière de cultiver la même vigne, il n'y a pas une manière d'appréhender la matière. Cette matière ne dit pas la même chose selon que l'on vient de la Loire ou que l'on a grandi au soleil, selon que l'on est femme ou homme, selon que l'on débute dans le métier ou que l'on a derrière soi vingt millésimes et autant de sécheresses, de gels, de canicules, selon que l'on est un artisan ou un industriel de la vigne et du vin, selon les joies et les chagrins qui nous traversent. Cela fait beaucoup de facteurs très subjectifs.

Et puis au bout, dans la bouteille, n'appartenant plus qu'à celui qui le boit, il y a le vin, tel qu'en lui-même, ne se donnant pas tous les jours, ne se livrant qu'à ceux qui le reconnaissent, se reconnaissent, au sens d'aimer. On dit qu'à chaque vendange, le vin se souvient de la souche dont il vient et alors se ferme. Au pays des aveugles, le borgne est roi.

Photo : à Namur, en Belgique, dégustation pas aveugle, au restaurant Le temps des cerises.

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 20h35 le 02/03/2009
    • Internaute
      actif et militant ?

    Surtout que c'est carrément inscrit dans la société !

    Lien

  • Beretman
    • Posté à 21h27 le 02/03/2009

    Merci à Catherine BERNARD pour ce texte dont la lecture m'a ravi.

  • TARPON
    • Posté à 21h32 le 02/03/2009

    « l'amour allant se nicher aussi dans nos obscurités » ,ça on le savait deja

  • Les Grands Champs
    • Posté à 21h50 le 02/03/2009

    Le coup du vin transvasé... je l'ai fais aussi avec les mêmes résultats !

    MDR de voir des personnes qui se targuent de bien les connaitre tomber dans un panneau aussi gros.
    Des charlots, mais qui font chier le monde.

  • BertrandBertranD
    BertrandBertranD
    (voyageur)
    • Posté à 22h00 le 02/03/2009
    • Internaute
      (voyageur)

    Merci pour cet excellent article qui va venir enrichir un peu plus mon discours personnel sur le monde du vin.
    Résidant que Chili depuis plusieurs années, je dois avouer que le vin chilien m'ennuie, non qu'il soit mauvais (ils font tout pour que ce ne soit jamais le cas) mais il est toujours pareil et il m'arrive souvent de dire que me manque « le vin qui pique », sans doute parce que ayant grandi dans Les Landes, mes souvenirs et mes gputs se sont forgés quelque part entre les vignobles du Bordelais et les côteaux du Gers.
    Le vin chilien, je le trouve séducteur mais poinr séduisant et surtout, il ne me laisse souveant aucun souvenir, comme un produit confectionné pour plaire (et particulièrement plaire aux fameux dégustateurs en aveugles).
    Mais ne généralisons pas.
    Juste dire que la grande variété des vins francais me manque.
    Alors merci de réveiller en moi les goùts et les saveurs par vos mots.

  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 22h11 le 02/03/2009
    • Internaute
      http://www.dessins-tox.com
    • Dominique52
      Dominique52 answers to tox
      • Posté à 13h16 le 03/03/2009

      Ces verres, je vous les recommande !
      Le vin n'y a pas le même goût que dans les verres à moutarde, et si vous achetez les originaux de la marque Mikassa ils sont en Kwarx : c'est très solide et résistant aux chocs, et ça passe au lave vaisselle sans s'abimer.

  • A.V.
    • Posté à 22h50 le 02/03/2009

    Bravo de parler du vin en hédoniste.

  • didja
    • Posté à 22h59 le 02/03/2009

    Très beau texte, même si je ne suis pas un amateur de vin.

  • pastous
    pastous
    assistant
    • Posté à 23h39 le 02/03/2009
    • Internaute
      assistant

    la coupe est pleine. Qui se laisse encore épater par les vins médaillés ? Je suis malheureusement plus sceptique sur les parker & co.

    Personnellement le problème du vin français réside dans son manque de lisibilté dont les médailles ne redorent pas le blason. Grand amateur de Pessac Leognan, j'avoue avoir du mal à « tenter » autre chose.

    Mais n'est ce pas la aussi le plaisir de la France, cette valse des étiquettes qui fait qu'à moins de connaitre, on peut s'extasier d'une bouteille que l'on tente à petit prix et être déçu par un cru classé insipide.

    Cette volonté de chacun de penser qu'il est un expert, maniant le boisé autant que le fruité, regardant la robe et faisant tourner son verre. En mon fort intérieur je me dis qu'il serait impossible de confondre Beaujolais et St Estephe, mais finalement j'espère seulement ne pas avoir été à la table.

  • nono le simplet
    nono le simplet
    bidochon
    • Posté à 05h09 le 03/03/2009
    • Internaute
      bidochon

    Je ne connais pas grand chose à la peinture mais devant certaines toiles de Max Ernst, de Dali ou de Monet j'ai le coup de foudre .
    Pour le vin je suis un peu pareil , j'aime bien certains St Emillion, Jurançon, Sauternes ou Bourgogne .
    N'ayant pas les moyens d'être snob j'achète souvent à l'aveuglette et les feuilles de chêne sont pour moi un bon moyen d'essayer un vin.
    Mais je rêve en secret d'une cave de Petrus, Vosne Romanée, Cheval Blanc, Yquem ...
    Il n'empêche qu'un Irouleguy , un Pacherenc, un Buzet ou un Bourgueil (et bien d'autres) ça peut être sympa ...

  • adaunis
    • Posté à 07h43 le 03/03/2009

    « Vin : au pays des dégustations aveugles, les borgnes sont rois »

    Voudriez vous dire chère Catherine, et j'espère que ce n'est pas en vain que je dis cela, qu'en France (in vino veritas), ce serait un borgne qui aurait le peine à jouir ?
    Ok, je suis sorti !

    • Catherine Bernard
      • Posté à 09h44 le 03/03/2009

      Quand je vous lis, -je vous lis toujours mais ne vous comprends pas toujours-, je pense au pinot d'aunis, et plus particulièrement à la cuvée d'un copain que j'aime beaucoup, faite de pinots d'aunis centenaires, francs de pied, tendre et franche, parfois ombrageuse. C'est le Verre des poètes. Je l'aime beaucoup.

      • Adelyne sur le sable
        • Posté à 11h31 le 03/03/2009

        Je suis d'accord avec vous...
        Il n'est pas toujours facile à suivre, le monsieur...
        Il se fait rare, et peut être entre « deux vins » parfois, comme la Pythie de Delphes.
        Pour me mettre à son niveau, je lui dirais « ah ! daunis soit qui mal y pense ».

      • adaunis
        • Posté à 14h34 le 03/03/2009

        Bonjour Madame,
        Je suis flatté que vous ayez le temps de lire les quelques « flatulences » que je produis sur ce site.
        J'aime beaucoup ce que vous exprimez et notamment votre parcours.
        Comme le laisse entendre « l'Adelyne » serais je entre deux vins pour m'exprimer au point d'être un con pris !
        Que nenni !
        Je viens de recevoir ce mail, (ou ce courriel) :

        « 2006 : un millésime d'anthologie !
        Notes de fruits rouges, de réglisse et d'épices, la Côte-Rôtie Les Bécasses se distingue par une très belle attaque ample, souple et profonde. Un vin racé, de belle fraîcheur associée à un grain de tannins fin et élégant. Longue finale de cassis et d'épices (poivre).
        Côte-Rôtie Les Bécasses 2006 au prix de 42 euros TTC la blle.
        Pour 12 bouteilles achetées, nous vous offrons 6 verres Schott Oenoteca.
        Offre valable jusqu'au 15/03/2009 »

        Quelle belle masturbation de l'esprit, avec l'appui de la richesse du vocabulaire n'est ce pas ?

        Je ne connais pas le pinot d'aunis que vous évoquez, qui me parait aussi sympathique que vous.
        « francs de pied, tendre et franche, parfois ombrageuse. C'est le Verre des poètes. » J'aime.

        Cela mis à part, à l'apéro, un p'tit « pineau » des Charentes, rosé, frais, sous un saule qui ne pleurerai pas, ça vous dit éventuellement ?

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    Le marché autant que possible, (...)
    • Posté à 08h10 le 03/03/2009
    • Internaute
      Le marché autant que possible, (...)

    De la même manière que dans un discours politique, il est bon de caser du « citoyen », du « sens des valeurs », du « reconnaissance du travail fourni », du « force de progrès » ou encore d » « exploitation », du « jeter le travailleur »,...
    .....il est bon, lorsque l'on joue à l'eunologue, de caser du « cépage », de « la cuisse », du « corps », vous pouvez rajouter un « goût noisette » à votre discours, ou y incorporer un problème de « bouchonnage » ou d » « acidité mal maîtrisée, »

    dans les deux cas, même si on n'y connaît rien,
    surtout si on n'y comprend rien,
    on peut briller de son savoir.

  • jpbe
    • Posté à 08h50 le 03/03/2009

    enfin quelque chose d'intéressant qui tord le cou à ces indécrottables légendes qui veulent nous faire croire (comme dans beaucoup d'autres domaines) que dans l'absolu quelque chose est meilleure qu'une autre !
    Eh bien non y'en a marre à la fois de ces « dieux » qui donnent des notes et de ces consommateurs abrutis : le meilleur oenologue du monde pourra me décrire un vin ou me raconter ce qu'il veut sur ce qui est le meilleur ou encore sur les accompagnements il n'a pas à me dire ce que j'aime ou pas.
    Quoi que ce soit je goûte et j'aime ou j'aime pas même si c'est un breuvage en bouteille de plastique d'un litre et demie (bon j'ai déjà essayé avec un copain et on n'a pas aimé ! Mais c'est certainement une question d'habitude ! ).
    Oui l'intellectualisation du vin y'en a ras le bol mais bon la grande majorité des gens ont besoin qu'on leur dise quoi penser. D'ailleurs ça se retrouve dans le langage courant : quasiment tout le monde (en tout cas en France) demande toujours si c'est bon et pas si on a aimé !

    On pourrait élargir cette façon de penser mais en tout cas rien de choquant à ce que des américains rajoute du coca ou autre chose dans leur vin puisqu'ils aiment ça ! ...

    Bon apétit !

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 09h53 le 03/03/2009

    Les « connaisseurs » me font doucement rigoler.

    Voici une expérience (absolument véridique) survenue il y quelques temps ; je précise je ne suis pas un amateur de vin.
    Une soirée entre « amis » (du moins au début, lire la suite…), chacun se présente avec ses bouteilles, les meilleures qui soient, bien entendu. Par boutade, et aussi parce que les discours des uns et des autres commençaient sérieusement à me fatiguer, j'annonce, qu'à l'aveugle, personne n'est capable de différencier un blanc d'un rouge. Incrédulité et rires moqueurs… Mais bon, « jouons le jeu » ! ... Précisions : pour l'expérience, ils s'agissaient de Côtes du Rhône et le blanc avait été porté à la même température que le rouge.
    Aïe ! Terrible désillusion, sur les sept personnes présentes, une seule ne s'est pas trompée !
    Fin de l'histoire, ambiance plombée et « amis » vexés. Je vous encourage à tenter l'expérience…

    Une amie œnologue de formation m'a avoué qu'en « verre noir », elle était incapable de différencier un Bordeaux d'un Bourgogne…
    Des consommateurs ont reconnu le goût « framboise » à des glaces à la « banane » colorées en rouge et le goût « menthe » à des glaces à la « fraise » colorées en vert (expériences réalisées à l'Université de Montpellier).
    Le goût est un phénomène très complexe, de nombreux facteurs entrent en jeu (la vue en particulier).

    Oui, décidément, les « connaisseurs » me font doucement rigoler...

    • sefero49
      • Posté à 10h22 le 03/03/2009

      Et si, justement, le fait de « voir » le vin participait au plaisir de boire un bon vin ? ? ? ?
      Comme en gastronomie ou la présentation d'un plat a, parfois, presque autant d'importance que son gout....

      • a déménagé le 4 février 2011
        • Posté à 10h57 le 03/03/2009

        Je suis totalement de votre avis et cette expérience en amène quasiment la preuve et d'où, sans doute, l'absurdité des dégustations à l'aveugle (encore que, je le répète, le vin ne soit pas trop mon truc) ; mais, une petite lumière douce, lors de câlins avec ma douce...

    • ljos
      ljos answers to a déménagé le 4 février 2011
      photographe / géologue
      • Posté à 11h01 le 03/03/2009
      • Internaute
        photographe / géologue

      vexés ? oh bah alors : ) pas très curieux ils sont !

      perso ça m'aurait vraiment amusé, surpris, contrarié (gustativement parlant) ... mais de là à être vexé ; )

      expérience intéressante en tout cas ...

    • solstice
      • Posté à 15h46 le 03/03/2009
      • Internaute
        pigiste

      J'ai fait la même expérience... avec des copains dont un viticulteur qui n'a pas reconnu son vin. La dégustation menaçant de virer au vinaigre, j'ai fait l'idiote (oh, j'ai mélangé les numéros...) pour n'embarrasser aucun de mes convives et je ne suis pas près de recommencer, sauf par jeu et en prévenant les goûteurs :

      - Un Haut Brion a été jugé « buvable » et attribué à la cave coopérative du coin,

      - Le vin de la coopérative a été reconnu comme le sien par le viticulteur (vendanges manuelles sélectives etc.)

      - Je n'avais pas de verres noirs, dommage, j'aurai tenté des blancs chambrés...

      - Un Givry s'est retrouvé en Pessac...

      In vino veritas ? Pas si sûr !

  • Gudule
    • Posté à 10h11 le 03/03/2009

    « Le vin procède lui-même d'une rencontre entre une terre, un climat, une plante et celle/celui qui taille, soigne, laboure, récolte »

    Je garde d'ailleurs un souvenir ému d'un joli petit blanc du Diois, issu d'une petite vigne, un tout petit rendement mais tout ça, fait avec tellement de soin que, hummm, qu'il était bon !

  • dijou
    dijou
    Esclave d'une SSII
    • Posté à 10h37 le 03/03/2009
    • Internaute
      Esclave d'une SSII

    A Toulouse j'achète chez un caviste, une caviste plus précisément qui propose non seulement des vins originaux mais en plus à des prix raisonnables (si 4€ n'est pas déjà pour certains trop cher).
    Ça n'est pas une de ces franchises au prénom sarkozyien (pardon pour les Nicolas) encore que certains ont peut être une réelle indépendance mais j'aurais tendance à me méfier de ces chaînes de distribution.
    je m'en remets donc souvent à une pro de l'œnologie, une de celle qui arrive à vous faire gouter des vins qui correspondent à vos attentes, à transcrire vos gouts. ça aide à choisir là où on est submergé par les références.
    Le reste du temps ce sont les rencontres au hasard qui aident à la découverte quand on partage une bouteille, celle du derrière les fagots pour les invités : )

  • Bon Scott
    • Posté à 10h43 le 03/03/2009

    Un jour avec un ami, nous sommes allés chez Philippe Foreau à Vouvray, famille de vignerons ( Trois générations ) , Philippe, lui arrive bientôt à la retraite et son fils n'a pas envie de reprendre le flambeau, arrivé au domaine, il y avait là, deux couples venant de Bretagne, nous étions donc 6 personnes pour un après-midi de dégustation, de quinze à dix-neuf heures, Philippe à débouché 7 bouteilles de sa production, des blancs secs, demi-secs, moelleux ( ce qui est très rare de la part d'un vigneron surtout à ce jour, ou les jeunes qui reprennent le domaine familial sont plus intéressés par le fric, que la passion de leurs ainés ), cette journée m'a marqué par le récit de P.foreau lorsqu'il nous a expliqué la magie des vins, c'était de sa part d'une simplicité et avec beaucoup de modestie dans ses propos, pourtant, son domaine est connu de part le monde, à l'époque il faisait parti de la commission des AOC, il nous a expliqué les « p'tites magouilles “ de certains vignerons et pas des moins connus, il nous a parlé de Parker, que cette personne pouvait déguster 50 vins les uns derrière les autres, ce qui pour lui est étonnant sachant qu'il y a des vins très puissants et d'autres plus légers, que Parker faisait la pluie et le beau temps dans le Bordelais, vu que les notes qu'il met sur les vins seront ou non des succès aux Etats-Unies ! Pour Philippe, cela relevait plus du domaine de l'arnaque, qu'autre chose. Le roi du beaujolais, Duboeuf à eu des gros problèmes avec la justice, pour ses magouilles de chez magouille, par contre un ami m'a fait connaitre un de ces vins de cette région ( domaine Laforest ), un seul mot Magnifique ! rapport qualité/prix, excellent ( 63,60€ le carton de 12 btes ) à tous ceux ( connaisseurs et moins connaisseurs ) à qui j'ai fait connaitre ce vin, ils en veulent tous à la prochaine commande, le vigneron est très sympa, travaille énormément pour faire connaitre sa production, ne se la pète pas en nous parlant du vin, personnellement, j'aime discuter avec ces artisans. Pour ceux que cela intéressent et qui ne connaissent pas ce film documentaire, je vous recommande le désormais célèbre ‘ Mondovino de Jonathan Nossiter. Ayant la chance d'habiter dans une région viticole Val de Loire je peux mieux connaitre le travail de ces vignerons en leur rendant visite, en matière de vin, pour les gouts et les couleurs, chacun peut y trouver son bonheur ! à votre santé ! ! !

  • les nuits fauves
    • Posté à 10h58 le 03/03/2009
    • Internaute
      .

    Amis !
    L'abu d'alcool est dangereux pour la santé,
    à boire avec modération.
    Femme enceinte, l'alcool est dangereux pour votre enfant.

    Joyeux Noèl et bonne Année,
    hip !

    • DBL8
      DBL8 answers to les nuits fauves
      Retraité
      • Posté à 11h37 le 03/03/2009
      • Internaute
        Retraité

      ça on sait.
      Mais l'alcool comme la fumée conserve !
      à chacun de prendre ses responsabilités, mais après... ne pas faire ch#er le monde.

      • Philou18
        Philou18 answers to DBL8
        ancien typographe
        • Posté à 13h02 le 03/03/2009
        • Internaute
          ancien typographe

        et l'alcool tue lentement...ça tombe bien , on n'est pas pressé....

  • lud
    lud
    dans l'air culinaire
    • Posté à 11h59 le 03/03/2009
    • Internaute
      dans l'air culinaire

    Les vins Français sont loin d'être tous extraordinaires mais au moins ils sont diversifiés. Comme l'évoque BertrandBertranD dans les autres pays producteurs, la tendance est à l'uniformisation du gout et c'est bien dommage pour nous.
    Lien

  • Dominique52
    • Posté à 12h45 le 03/03/2009

    Ca me rassure de lire des choses comme ça !

    Je ne dis jamais qu'un vin est bon, mauvais, ou meilleur, mais que je l'aime bien, beaucoup, moins, pas, ou que je le préfère à...

    Je suis bien convaincu que l'on peut me faire boire un vin bien trafiqué et que je ne m'en apercevrai pas puisque c'est fait pour.

    La seule chose qui me gène c'est de me souvenir que dans les années 60 / 70 on disait du vin d'Algérie « c'est fort, ça fait 12° ! “ et de voir qu'aujourd'hui, soleil ou pas, n'importe quel vin fait ses 12 à 12°5 .
    Et je ne parle pas des rosés de Provence qui vont bien au delà ; telle marque sautant un 1/2 ° d'une année sur l'autre.

    Quand le vin de table de l'épicerie se vendait dans un ‘litre à étoiles’ à capsule, on en trouvait de 9,5 à 11 ° j'ai l'impression désagréable que les AC et autres VDQS ne sont que des produits ‘dopés’ à l'alcool pour réchauffer leur manque de goût. Du coup, apprécié ou non, je doute....

  • el_pibe_politico
    • Posté à 14h11 le 03/03/2009

    Ok

  • Philou18
    Philou18
    ancien typographe
    • Posté à 12h59 le 03/03/2009
    • Internaute
      ancien typographe

    justement , l'UMP va faire rentrer Gilbert Montagné dans son staff, ils n'auront qu'à le mettre au poste de chef des dégustateurs toutes catégories....

  • magdo
    • Posté à 13h38 le 03/03/2009
    • Internaute

    Le vin est, qu'aujourd'hui et même depuis hier, devenu un véritale lobby. On ne peut donc s'étonner de voir un système qui incite, déconseille, prône et par dessus le marché spécule ! Cette bonne vieille économie de marché ou vendre et gagner de l'argent à même supplanter le goût, la recherche, l'innovation, la tradition......
    C'est quand même stupéfiant qu'un tel produit aujourd'hui soit prisé pour sa valeur marchande plutôt que pour être déguster entre amis....ou pas. Encore plus stupéfiant que seulement une certaine élite puisse en acquérir.....
    Je noircis le tableau mais étant au contact du milieu, je crois que malheureusement que cela ne soit inévitable...........ils s'en mordront les doigts ! Et dire quà une époque il était plus compliqué et plus onéreux de boire de l'eau............

  • swell panik
    swell panik
    employé
    • Posté à 13h49 le 03/03/2009
    • Internaute
      employé

    j'ai lu cet article avec beaucoup d'intérêt,car je suis sommelier dans un 2 macarons et je partage l'avis de l'auteur de cet article.
    je vis et travaille dans un pays où l'on produit du vin il y a du bon comme du mauvais comme dans chaque région viticole.
    je connais un peu le vin, j'ai effectué un stage professionnel durant un an chez un artiste artisan viticulteur propriétaire de 4,5ha.Pour tout dire un petit ! mais quel vigneron pour se faire connaitre il a envoyé plusieurs flacons dans différents concours à travers le monde.
    Pour les citer,concours mondial de Bruxelles, 2 fois grande médaille d'or en 1999 avec un vin de glaçe sur un riesling ,en 2003 avec un riesling sec,
    grande médaille d'or au concours mondial de vin liquoreux de porto avec un vin de paille en pinot blanc, grande medaille d'or au concours de Lubjana (plus vieux concours de vin),les vinalies de paris,le mondus vini de Berlin et même Montréal plus de 140 médailles à son actif,bref il ne veut plus en faire, car il trouve que cela commence à ne plus être objectif,et mettre en doute la compétence de certains jurys.
    Par mon métier,j'ai la chance de rencontrer de nombreux et excellents vignerons.J'ai eu la chance de rencontrer Henri Ramonteu grand vigneron pour les vins moelleux (domaine de cauhapé).Je l'ai emmené chez ce vigneron qui est un ami,nous avons dégusté 4 vins sur le dernier monsieur Ramonteu m'a dit : « ce vin est un diamant,ce monsieur est un pointu,il fait parti des grands“(un vin de paille en gewürztraminer 2007).
    Dans notre métier de bouche nous marchons au coup de coeur !
    si je peux donner un conseil aux internautes oubliez les vins de commerce,allez voir les vignerons ! !
    le vin c'est comme l'amour il faut savoir être patient ! ! !
    Vineusement vôtre
    ps : pour mon pote recherchez charles decker vigneron

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 15h51 le 03/03/2009
    • Internaute
      pigiste

    On va rigoler, l'an prochain, au salon de l'Agriculture : comme on ne pourra pas goûter les 13.000 vins, on se contentera de commenter la robe et le nez.

    Je conseille de faire pareil avec la charcuterie, nocive pour les artères : sentez la merde du cochon mais ne goûtez pas le jésus !

  • crock_
    • Posté à 21h42 le 03/03/2009

    bonsoir arreter la degustation du vin les politiques,prefet,sous ptefet chaufeurs de politiques son les 1er à picoler ,police jemdarmes
    moi je ne bois pas je ne fume pas mais sa ne me
    geine pas.comme aréter le tabac dans les bars je ne
    suis pas d'accords,le retraité qui va prendre un
    verre de vin pour parler il ne peu plus fumer
    tranquille,c'est de la DICTATURE TOUT GÉNNE
    SARKOSY LE DICTATEUR

    LE 19 MARS 2009 TOUS EN GRÊVE : : : : : : : :

    IL FAUT BOUGER POUR LES VIRER : : : :

  • sup à la demande du riverain 28.09.09
    • Posté à 13h03 le 04/03/2009

    Imaginez....Retour de vacances avec ma femme...Une simple pancarte indiquant le proprietaire recoltant et degustation
    Au bout d'un chemin poussiereux nous arrivons dans une cour vide au milieu de batiments
    Un soleil de plomb par une aprés midi d'été ...Personne...On hésitait à rester...
    Apres quelques instants un bonhomme d'aspect rude vient vers vous...un homme de la terre ,on le voit a ses gestes ,sa facon de marcher...Je lui dis que j'aimerai déguster son vin et prendre quelques bouteilles peut-etre...Nous venons de quitter Chateau Neuf du Pape et les degustations de vin...et tout son brouhara...
    Il me devisage de son regard perçant et me conduit presqu'a contrecoeur vers sa cave...Grincements de la porte,lampe blafarde sous les poutres laisse deviner les tonneaux pleins...
    Fraicheur bienfaisante...il debouche une bouteille ,me tend un verre et j'ai à peine le temps de déguster son vin que de nouveau il me transperce de son regard et me demande si je sais ce que c'est que le vin.
    Sincerement non je lui réponds ; j'aime comme tout un chacun et...
    Il a presque pitié et me parle du vin comment l'elever,le conserver,le gouter ; je reste le bras ballant avec mon verre.Il m'en parle comme il parle d'un enfant...
    Quand il eu fini de parler (combien de temps ? ) j'ai pris quelques bouteilles avec un air un peu coupable.Il m'a fait comprendre que je n'étais pas obligé ce qui a augmenté ma gene...
    En me remettant au volant mes yeux s'étaient embués et une larme coulait ,je pretextais une poussière...Oublié Chateau Neuf du Pape....
    Hé bien ces bouteilles ont été rangées a part dans la bagnole...

  • Septik ComlaFos
    • Posté à 12h17 le 05/03/2009

    - Les gouts et les couleurs ne se discutent pas !
    - Ah Bon ?

    Il me parait tout a fait banal de dire qu'a desmoments differents, on n'apprecie pas un vin de la meme facon. Cela depend de l'heure, du jour, du climat, de notre humeur, de ce que nous avons mange avant ... Depuis quand une degustation est-elle objective ?

    Si vous avez l'occasion de consulter un catalogue pour vignerons,vous verrez de quoi se composent les fameux vins francais. Notre gloire a l'etranger m'est plus desormais qu'une pale association de produits chimiques. Comment un cepage peut il etre toujours de meilleur qualite qu'un autre malgre les difference de climat entre les regions et les annees. Par des adjonctions diverses bien sur.
    Produisez votre propre vin avec les pissenlit du jardin : si cen'est paslemeilleur, il aura au moins lemerite d'etre unique ! Depuis qu'on a saoule les poilus avec la bouteille quotidienne pendant la grande guerre pour epongerles excedents, tout le monde ne jure que par le vn de raisin, qui pourtant est desormais rarement le produit d'un savoir-faire ancestral, mais la derniere trouvaille de l'agro-industrie.

    Bonne degustation.

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