Mon œil !

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Le bonheur à 47 ans avec des courbes parfaites

Pascal Riché
Redchef
Publié le 09/11/2008 à 14h13



Un body-builder prétendant au titre de Mister Afghanistan à Kaboul en 2006 (Ahmad Masood/Reuters).



Ce matin, je suis tombé en arrêt devant la courbe du bonheur dessinée par l’Insee, et largement commentée cette semaine. Comprenez-moi, j’ai presque l’âge du « jeune » président Barack Obama. 47 ans dans quelques mois. J’approche donc du creux de la vague.


Vous connaissez l’adage boursier « achetez au son du canon, vendez au son du violon » ? S’il s’appliquait à la vie, il faudrait donc que j’en achète quelques tranches. Car la suite promet d’être formidable, à suivre la courbe de nos statisticiens.

Selon la presse, la leçon de la courbe, c’est que « l’argent ne fait pas le bonheur » : en effet, comme l’explique le chercheur Vincent Marcus, elle ne colle pas du tout avec celle des revenus, qui atteint son pic à 45 ans.

Mais pourquoi mesurer « l’argent » par le seul revenu ? Quid du patrimoine ? A quel âge hérite-t-on dans la France d’aujourd’hui ?

Certes, tous les retraités ne sont pas riches. Mais en moyenne, dans la France d’aujourd’hui, ils le sont autant sinon plus que les salariés ; un étrange choix de société, entre nous.

Il se trouve que les retraités représentent plus de 30% de l’électorat : il faut donc les choyer. Nicolas Sarkozy, qui a attiré sur son nom les deux tiers d’entre eux, le sait bien. Ce ne sont pas les jeunes ménages qu’il visait lorsqu’il promettait un super « bouclier fiscal » et une réduction drastique de l’impôt sur les successions.

Une autre étude publiée cette semaine a fait beaucoup moins de bruit que la « courbe du bonheur » : selon un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, présidé par Philippe Seguin, « la fiscalité française avantage les plus de 65 ans ». Tout est fait dans ce pays pour rendre heureux les seniors.

Les échos ont tiré de cette étude une autre courbe, assez frappante elle aussi :



Question : si la seconde courbe était différente, la première le serait-elle aussi ? Autrement dit : si l’on donnait un peu plus de pouvoir d’achat aux salariés et un peu moins aux retraités, le bonheur serait-il mieux distribué selon les âges ?

Photo : un body-builder prétendant au titre de Mister Afghanistan à Kaboul en 2006 (Ahmad Masood/Reuters). Choisie par Marie-Sophie Keller, (qui a aussi rédigé le titre, la facétieuse)

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  • TARPON
    • Posté à 15h18 le 09/11/2008
    • Internaute 27263

    Un retraité aisé à 60 ou 65 ans s’explique par les belles annees de croissance qui se sont etalées jusqu’en 92 ,la valorisation de leurs biens pourtant acquis à credit aux taux pratiqués il y a vingt cinq ans ,presque 20% .Leur aisance leur a été couteuse.C’est aussi dans ces ages que l’on herite,l’un s’ajoutant à l’autre ,les « vieux » sont devenus les moteurs de l’economie.
    Ceci dit,que cette courbe soit issue des « chercheurs » de l’INSEE ne fait que demontrer ce que l’on savait deja ,qu’il faut se garder de les croire .

  • sinclair
    • Posté à 17h23 le 09/11/2008
    • Internaute 2580

    Que dit cette courbe : « actuellement les gens de 60 ans sont plus heureux que ceux de plus de 20 ans ». En aucun cas cela ne veut dire que ceux qui ont entre 20 et 50 ans aujourd’hui seront plus heureux a 60 ans.

    Ce qui est une situation sociale pour le moins curieuse. De fait le bonheur est relatif, et que ceux qui sont heureux de pouvoir subsister sans inquiétude avec une petite retraite est quand même inquiétant. Surtout que l’avenir en la matière n’est pas figée, les attaques contre la protection sociale et les retraites pourraient très rapidement modifier cette courbe.

    Ce petit bonheur après 40 ans de travail est donc envie et permet a certains plus jeune d’envier les plus ages. Tout comme l’on a dressé le privé contre le publique pour le démolir. L’entreprise de démolition continue d’ailleurs mais certains commencent a s’apercevoir que rendre les autres plus malheureux d’une part ne les rend pas plus heureux et que d’autre part leur propre situation se dégrade.

    Le message est donc : voyez ces retraités qui baignent dans l’aisance (ce qui est loin d’être le cas) alors qu’il devrait être un message d’alerte social. Ici ce qui parait causer le malheur des actifs dans la force de l’age est la certitude de ne pas pouvoir obtenir une situation comparable a leurs ainés.

    Ce qui laisse mal augurer de ce que l’on appelle le progrès et se poser sérieusement des questions sur l’avenir que l’on nous prépare en nous endormant avec des certitudes et des slogans.

    Apres une overdose d’Obamania je dirai donc ce n’est pas « Yes we can » mais « Yes you can die ». Oui je sais pas terrible mais tant pis

  • Toby E
    • Posté à 19h42 le 09/11/2008
    • Internaute 24834

    Décidément, Monsieur Riché, vous tombez dans tous les panneaux ! L’opposition factice « actifs / retraités » permet de masquer l’opposition réelle des classes.
    Les jolis tableaux avec des moyennes n’ont de sens que lorsque la distribution des valeurs est homogène. Pour ce qui concerne la répartition de la richesse, la moyenne n’a aucun sens. Faites comme les vrais statisticiens, utilisez les déciles par exemple, ou au moins la médiane.
    Vous verrez alors que l’immense majorité des retraités (dont je ne fais pas partie) est pauvre !
    Sur le fond : si un « indice du bonheur » est calculé par un institut national de la statistique et des ETUDES ECONOMIQUES, moi, j’ai un gros doute méthodologique.

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