Mon œil !

Ici, vous trouverez soit des trucs sur lesquels tombe l'oeil de Pascal Riché, soit des trucs qui lui font dire "Mon oeil".

Une femme objet et un homme objet, ça s'annule ?

Pascal Riché
Redchef
Publié le 09/03/2009 à 12h45


Affiche de la Foire de Nice 2009 


Voici l’affiche de la Foire de Nice : une femme sans tête, un décolleté pigeonnant (« pigeon » + consommateur crédule) et un slogan qui fait office de clin d’oeil appuyé : « Tout ce qu’il faut, là où il faut. »

Rien que de très classique, donc : une image sexiste comme la publicité en produit à la pelle depuis des années.

Et vous me direz, il n’y a pas de quoi fouetter un chat (ou un porc). En cherchant bien, on peut trouver pire dans le genre :

Là où la Foire de Nice innove, c’est qu’elle a prévu l’antidote au poison des « critiques-politiquement-correctes ». Une autre affiche présente un mâle dans la même position d’être-objet. Sa tête a également disparu, il est noir et musclé. Comme son homologue féminine, il représente un fantasme sexuel un peu fruste : un corps décervelé, mais qui a « tout ce qu’il faut là où il faut ».

Grâce à cette seconde image, les organisateurs de la Foire peuvent arguer de leur attachement à la parité homme-objet-femme objet : qui ira les accuser de misogynie ?


Affiche double, Foire de Nice 2009 

Le stratagème n’a pas entièrement fonctionné, comme on peut le voir ici.

Aller plus loin
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  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 13h44 le 09/03/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Là où la Foire de Nice innove, c’est qu’elle a prévu l’antidote au poison des « critiques-politiquement-correctes ».

    Oui, c’est vrai qu’on pourrait ne pas parler de sexisme puisque l’homme est réduit (tout comme la femme) à des stéréotypes.L’un n’est pas mieux traité que l’autre.

    Sauf que ces stéréotypes sont sexuels (ce ne sont pas les mêmes en fonction des sexes).

    Sauf encore que le slogan « tout ce qu’il faut, là où il faut » est une prescription très autoritaire, très déterministe, très réductrice et qui ravale l’être humain à un simple produit de consommation, un esclave. Oui, le mot esclave semble le bon mot. Ne parlons-nous pas d’une foire ? Et si on n’y vent pas des esclaves, on y vend visiblement la prescription de comment doit être une femme et un homme. Buerk.

    Donne pas envie d’y aller.

  • Sylvain85
    • Posté à 13h49 le 09/03/2009
    • Internaute 49955

    Question assez surprenante que je mettrais en lien avec le Zone Interdite du 8 mars et sa partie sur les problèmes de sexualité chez les enfants.

    Le fantasme de la femme/homme objet fait vendre, c’est un fait. On voit de beaux corps, l’oeil est attiré, l’affiche en question est ainsi plus regardé au milieu des autres.
    Le problème se posant est qu’à force de banaliser les images qui sont de l’ordre du fantasme chez les adultes, cela n’a-t-il pas un impact assez négatif pour nos chères têtes blondes, tout du moins à la marge.
    Je suis jeune (23 ans) et pourtant, je suis assez choqué par le langage très cru qu’utilise actuellement la génération 12-16 ans tant sur internet que dans la vie réelle.

    Hier le débât sur l’utilisation publicitaire de corps féminins de façon graveleuse existait. Les gens s’offusquaitent plus ou moins mais on en parlait et cela permettait entre autres aux enfants et ado de comprendre.
    Aujourd’hui (seulement quelques années plus tard), ces images sont rendues normales.
    - Les femmes commencent à se satisfaire de la situation car les publicitaires leur font à elles-aussi ce petit cadeau (comme ici à Nice).
    -Les hommes, eux, sont heureux de voir ce petit côté graveleux alors que les femmes prennent désormais de plus en plus de pouvoir, et remettent en cause le statut social masculin (parfois avec excès, mais souvent à juste titre).

  • Alban
    Alban
    Etudiant
    • Posté à 14h55 le 09/03/2009
    • Internaute 8555
      Etudiant

    La question que vous soulevez est intéressante : à propos du sexisme dans la publicité, les publicitaires parlent de liberté d’expression et les féministes, ne pouvant pas obtenir de changement, se contentent aujourd’hui de réclamer une égalité dans les images dégradantes.
    Peu de monde songe à remettre en question les instruments de régulation, très peu contraignant à l’heure actuelle. Il faudrait établir des règles strictes et précises, et tant pis pour la créativité des multinationales ! Cela dit le lobbying publicitaire étant fort, cela sera sans aucun doute difficile

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