Aux Etats-Unis, la récession est « terminée »... tous les mois

Forbes a grillé la politesse de Newsweek/Slate, puisque ses chroniqueurs spécialisés le claironnaient dès mai, « the recession is over » ; ce qui n’empêchait pas le magazine, le mois suivant, de se poser encore la question pour la Grande-Bretagne : « is UK recession over ? »
Quels sont les signes invoqués pour décréter la fin de la récession ? Des inflexions de tendances ici et là ; des indices ascendants répondant « à la règle des trois P » (prononcés, persistants, pénétrants) ; des petits signes épars dont le décryptage rappelle un peu la lecture de l’avenir dans les entrailles d’oiseaux.
Les ventes immobilières, la bourse, le nombre d’heures de travail manufacturé sont de nouveau en hausse. Le signe le plus spectaculaire (il faut le dire vite) est la décrue des demandes d’emploi en juin, qui a beaucoup excité les
économistes optimistes :
Les zones grises indiquent les précédentes récession. Selon le chercheur Robert Gordon, les demandes d’emploi commencent toujours à redescendre un mois avant la fin officielle de la récession.
A mon sens, tout cela est à prendre avec une extrême prudence. Compte tenu des facteurs en jeu (la fragilité de la santé du système
financier et bancaire), mieux vaut ne pas trop faire confiance aux « capteurs » habituels. Tant que le chômage continue de grimper, parler de reprise est toujours un peu téméraire : c’est une reprise pour les chiffres, pas pour les êtres humains.
D’autant que ces prévisions ne sont pas forcément dénuées d’arrières pensées. Elles ont lieu en effet en marge d’un vif débat sur la nécessité ou non de poursuivre les efforts de relance. Une bonne partie des économistes américains jugent que Barack Obama est allé trop loin dans le « stimulus » de l’économie, le déficit budgétaire dépassant aujourd’hui 9% du PIB (soit trois fois la limite que les européens s’étaient fixée dans le traité de Maastricht !). Hostiles à la poursuite de la relance, ils souhaitent donc convaincre l’opinion qu’elle est désormais inutile, la reprise étant déjà « dans les
tuyaux »...
Question : pour décréter le début d’une récession, on se base sur deux trimestres consécutifs de baisse du PIB ; pourquoi ne retient-on pas un critère symétrique (deux trimestres de croissance constatée) pour en siffler la fin ?

Illustration : une page de calendrier « avril 2009 » proposée par Visnu.
- Sur dailykos.comDes tonnes d'indicateurs selon lesquels le pire est derrièrre nous (en anglais).
- Sur newsweek.comLa récession est terminée (Newsweek)
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Bien vu le coup des deux mois de hausse du PIB pour mesurer la fin (provisoire ou non) de la récession.
Attendons avis autorisé de la ministre Lagarde qui en est, elle, à son dix-huitième mois consécutif de prévision de reprise.




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