Valls et la banalisation du bâillon
Le bâillon, sur une photo, n’est pas une image anodine. Elle est violente. C’est l’image d’une personne torturée, réduite par la force au silence. Privée du verbe.
Pour sensibiliser les opinions publiques à la question des femmes violées lors de conflits militaires, Amnesty International avait eu recours il y a quelques années à une telle image, une photo très belle de l’agence TBWA. Sa légende : « Par ce geste, vous venez de rendre la parole aux femmes victimes de viols lors des conflits armés. »
Dans le quotidien espagnol El Pais, la photo d’un homme bâillonné a été publiée ce week-end. La voici :
Eh oui, vous l’avez reconnu : il s’agit du maire socialiste d’Evry, Manuel Valls.
Il n’a pas été violé. Il a reçu une lettre.
Une missive certes un peu sèche, signée par la première secrétaire du PS, Martine Aubry, dans laquelle elle l’invitait maladroitement à cesser ses critiques publiques. En posant ainsi, Valls se considère donc comme « bâillonné ».
A sa décharge, il n’est pas le premier à avoir abusé de l’image (voir ci-dessous) et banalisé le bâillon. Ma suggestion pour la prochaine interview : la tête de Valls plongée dans une baignoire par deux molosses socialistes, pour une interview titrée « Martine entrave ma liberté de militant ».

Photos : TBWA pour Amnesty International, Daniel Mordzinski (El Pais).
Merci à l’œil de Silvère (twitter @silverebl).
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Superbe édito,
J’ai rien à dire. Il illustre une situation dans son totalité. Je n’avais pas fait le rapprochement de la symbolique du baillon en regarde de 2 mouvements très différents l’un de l’autre.
Ca achève l’édifice de non considération absolue que je porte à ce type.
Pour ajouter à votre thèse, on peut ajouter que c’est ce même énergumèe qui s’est amusé à fanfaronner la menace d’une procédure judiciaire juste après le calamiteux congrès de Reims.
En cumulant avec ses autres casseroles :
- soutien bidon de BHL l’inspiré.
- Article de soutien d’hugues Serraf, reporter en pantoufle chez lui à parler de son nombril et de son libéralisme de pacotille.
- la sortie sur les « blancos, les white »
- la suggestion de faire appel « a des agences » pour trouver un nom de parti parce que « parti démocratique de gauche », c’est pas assez « imaginatif ».
Ca ferme le banc.
On va le retrouver bombardé à la tête de la campagne du PS en 2012, je ne me fais aucun souci pour lui,
Vu que les guignols ont été transférés directement d’un plateau télé en clair à un parterre politique vaseux.
Il trônera en bonne place...




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