Mon œil !

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Que veut dire Guéant par la « sensibilité » de Mitterrand ?

Pascal Riché
Redchef
Publié le 07/10/2009 à 12h50

Interview intéressante de Claude Guéant dans Le Figaro. Le quotidien lui demande : « Quand Frédéric Mitterrand vole au secours de Roman Polanski, ne croyez-vous pas que la droite perd ses repères ? » Réponse du secrétaire général de l’Elysée :

« C’étaient ses mots à lui, il a sa sensibilité, et il est ministre de la Culture. Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a dit les choses différemment. Chacun sait que les faits qui sont reprochés à Polanski sont évidemment condamnables. C’est à la justice américaine de décider. »

« Il a sa sensibilité »... Qu’a-t-il voulu dire ? Qu’il est issu de la gauche ? Qu’il a des moeurs étranges ? Que c’est un homme sensible ? En tout cas, clairement, qu’il n’est « pas comme nous ».

Fadela Amara aussi a sa « sensibilité »

Au gouvernement, il y a donc les ministre qui ont « leur sensibilité » et les autres. Les autres, c’est par exemple Luc Chatel, cité par Guéant. Lui a parlé normalement. Ceux qui n’ont pas leur sensibilité viennent de l’UMP, ils ont des vies sexuelles sans ombre, ils reflètent la pensée du Président.

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir trace ainsi, dans le sable gouvernemental, une ligne entre deux catégories de ministres. Souvenez-vous de Fadela Amara, qui, au moment du débat sur les test ADN pour les regroupements familiaux, avait qualifié l’instrumentalisation de l’immigration de « dégueulasse ». Fillon avait salué la « verdeur » de Fadela Amara et avait ajouté :

« Chacun (doit pouvoir) s’exprimer avec sa sensibilité. »

Jusqu’à quel point la « sensibilité » de Frédéric Mitterrand sera-t-elle supportée ? Le ministre est devenu encombrant. Nicolas Sarkozy l’avait choisi, plus pour son nom que pour son prénom, au lendemain des élections européennes. Frédéric Mitterrand est un bon client pour les médias, il a une image moderne et du panache (Albanel, qui le précédait en avait autant qu’un céleri rave).

Mais voilà, avec sa sortie sur Polanski, Frédéric Mitterrand est devenu un souci. Les électeurs de l’UMP -qui ont, comme nous le rappelle le Figaro, certains repères- n’aiment pas trop que ceux qu’ils ont porté au pouvoir viennent défendre avec passion des violeurs d’adolescentes, leur crime en question eût-il été commis il y a un tiers de siècle.

Il y en a une qui a bien compris le parti qu’elle pouvait tirer de cet embarras, c’est Marine Le Pen. Lundi soir, c’est dans un silence spectral qu’elle a pu faire une lecture publique, sur le plateau de télévision de « Mots croisés », des confessions sexuelles (glauques) du désormais ministre de la « sensibilité ». (Voir la vidéo)

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 13h04 le 07/10/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    quand on ne veut pas expliquer et se mouiller, c’est la phrase bateau.

    « Il a sa sensibilité » « c’est un original », « c’est un artiste », « c’est un marginal » « il vit son monde ».. une façon comme une autre de dire : « pas de commentaires, no comments »

    il fait beau ce matin..

  • merrill
    merrill
    in situ
    • Posté à 14h49 le 07/10/2009
    • Internaute 91647
      in situ

    Tous les gens de gauche devraient dénoncer le viol d’une petite fille et le tourisme sexuel. Je ne comprend pas que cet espace soit laissé aux fachos.

  • marion3000
    • Posté à 16h44 le 07/10/2009
    • Internaute 16524

    C’est pas très sympa pour le céleri rave ..

  • Sissi des bois
    Sissi des bois répond à framboise92
    ...
    • Posté à 21h56 le 07/10/2009
    • Internaute 53905
      ...

    C’est tout de même diablement dérangeant.
    Le soutien à M.Polanski était extrêmement maladroit de la part d’un ministre de la république. Je ne mets maladroit à la place de scandaleux que parce que M.Mitterand a dit être un ami du réalisateur et bien le connaître aujourd’hui. En tant qu’ami il peut le défendre, en tant que ministre il doit se taire.

    Pour ce qui est du livre aux passages sulfureux, et qui n’a rien à voir avec l’affaire Polanski contrairement à ce que voudrait nous faire croire certains, il n’y a pas trace de pédophilie explicite mais il y a mention de commerce sexuel. Cela est relaté dans une biographie de contrition mais, on peut le regretter, ne tombe pas sous le coup de la loi (contrairement aux accusations de pédophilie non étayées). Cela me fait penser aux Mémoires du Général Aussaresses, à ceci près que ce dernier a été accusé d’apologie de crime de guerre car il ne regrettait rien. A ce titre d’ailleurs, M.Cohn-Bendit risque plus gros que M.Mitterrand puisque ce dernier présente ses regrets et sa honte en dépeignant ses agissements de l’époque comme sordides et amorales.

    Pour le reste, chacun se décidera en conscience et exprimera ce qu’il en pense. Il est dommage toutefois que cela tourne au lynchage. Mais maintenant, à part des excuses qu’il a d’ailleurs déjà publiées, je ne vois pas ce que l’on attend de lui.
    Une démission ? S’il avait fait de la taule pour ça le laisserait-on ministre pour autant ?
    Que lui reproche-t-on précisément ? Ce qu’il a fait ou le fait qu’il soit demeuré impuni ? De l’avoir écrit ?
    Peut-être est-ce un fond de morale judéo-chrétienne qui m’empêche de le condamner tout à fait à l’heure actuelle et dans ces conditions mais quel serait le sens de la peine ? Si nous l’ostracisons maintenant ce sera pour toujours puisqu’à priori il ne sera jamais jugé, quel sens donner aussi à cela ?

    Je suis gêné aux entournures car ce qui est soupçonné est odieux mais demeure un soupçon. Je pense que notre rôle de citoyen est d’en débattre mais sans nous ériger en juges.

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