Mon œil !

Ici, vous trouverez soit des trucs sur lesquels tombe l'oeil de Pascal Riché, soit des trucs qui lui font dire "Mon oeil".

Séguin, Chirac, Jospin... Ex-fan des nineties, où sont toutes tes idoles ?

Pascal Riché
Redchef
Publié le 07/01/2010 à 19h41

Qui aurait imaginé, de son vivant, que Philippe Séguin déclencherait une telle ferveur populaire ? Il était un sympathique loser de la Ve République ; en disparaissant, il est devenu une formidable icône. Une image d’Epinal, dont il était dépurté.

A écouter les réactions ce jeudi, à gauche comme à droite, la classe politique française est passée à côté d’un grand homme d’Etat. Tiens, on en avait un sous la main, et on ne l’a même pas vu ! La gauche a oublié que Séguin avait supprimé l’autorisation administrative de licenciement ; la droite qu’il n’avait cessé de jouer contre son camp (il était allé jusqu’à traiter le gouvernement Balladur de « munichois » face à la crise sociale).

En y réfléchissant bien, pourtant, Séguin n’est pas le seul ces jours-ci à être ainsi porté aux nues. Les Français adulent Jacques Chirac, dont l’autobiographie, « Chaque pas doit être un but », est un best-seller.

Même Lionel Jospin, qui écume les plateaux de radio et de télévision pour présenter son livre, « Lionel raconte Jospin », jouit d’une soudaine et étonnante aura. Comme si la France se découvrait subitement fan des nineties et de ses anciennes gloires. Il y a de l’espoir pour Edith Cresson ou Jacques Delors !


Philippe Séguin et Christine Lagarde à Bercy, 4/12/2009. Photo Pascal Riché.

Des Français déboussolés

Pas besoin d’aller chercher très loin pour comprendre cette nostalgie un peu étrange. Les Français sont pris d’affection pour les nineties, parce qu’ils détestent la classe politique actuelle. La béance et les mesquineries de la gauche, le cynisme et les incompétences à droite. A sa façon Philippe Séguin était une sorte d’antidote aux défauts de la politique de 2010.

Ecoutez les éloges : elles ressemblent à des critiques, en creux, de Nicolas Sarkozy. Philippe Séguin, l’homme de conviction, le râleur, le bourru au grand cœur, avec son cher culte de la République... c’était l’anti-bling-bling.

Ecoutez mieux : Séguin-la-conviction, la droiture, la fibre sociale, le sens de l’histoire etc. N’entend-on pas, aussi, le portrait de celui ou celle qui devrait diriger la gauche, et que le PS, désespéré, ne trouve pas dans ses rangs ?

Photo : Philippe Séguin et Christine Lagarde à Bercy, 4/12/2009. (Pascal Riché, Rue89).

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  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 19h49 le 07/01/2010
    • Internaute 15757

    En ce qui me concerne, c’est de la compassion sincère mais pas de l’adulation. Je ne suis pas de son bord politique du tout, mais j’ai suivi toute sa carrière. Je me rappelle comment il a été porté aux nues pour se retrouver dans le trou. Ses amis de droite ne lui ont rien épargné.
    A la cour des comptes, il avait fini par laisser une empreinte. En quelque sorte, il se rapprochait de nous, le peuple, lui qui en venait n’était-ce pas enfin nous rendre justice ?
    En d’autres termes, il ne s’agit pas d’une critique du sarkozysme mais une critique du système pyramidal politique induit par la chasse aux mandats grassement rémunérés ou honorifiques et aux meilleures places.

    • Compte supprimé le 8 janvier
      Compte supprimé le 8 janvier répond à ApollonduRéverbère
      Collectionneur d'armures.
      • Posté à 20h12 le 07/01/2010
      • Internaute 100780
        Collectionneur d'armures.

      Pour une fois qu’ un gauchiste reconnait des qualités à un homme de droite, ce dernier est mort !

      Quelle tristesse tout de même.

  • einna
    • Posté à 20h31 le 07/01/2010
    • Internaute 6227

    eh oui nous voilà nostalgiques du XXème siècle, peut être alors croyions nous encore que politique pouvait rimer avec éthique, que gouverner ne rimait pas avec régner et que l’on pouvait encore espérer des politiques....

    le XXIème siècle est là et nous n’avions pas entendu le cliquetis du bling bling qui pourtant s’avançait avec l’intention de rétablir une pseudomonarchie où les fils se verraient introniser par le petit père de l’UMP dans des postes auxquels ils ne pouvaient pas prétendre par la valeur de leurs actes ou de leurs études, où seuls les encartés à l’UMP pourraient s’approcher de leur chef suprême à condition de mesurer moins d’un mètre 65 et où les ministres se ridiculiseraient dans un lipdub qu’il serait adéquat de qualifier de lip daube.

    Alors comment ne pas avoir un peu de tendresse pour des hommes avec certes des défauts mais dont on ne ressentait pas le mépris pour le peuple même s’il pouvait exister, pour des hommes respectant la culture....

    ex fan des eighties - plus que des nineties, où sont nos années folles, celles où un président de gauche incarnait l’espoir et le changement, celles où les talonnettes n’étaient pas de rigueur, celles où Frédéric Lefebvre ne s’exprimait pas dans les médias.....

    • falibade
      falibade répond à einna
      escapade
      • Posté à 08h55 le 08/01/2010
      • Internaute 73403
        escapade

      Oui, il est vrai que le mot « espoir » s’efface.
      Croyons encore !
      Sinon, il disparaîtra.

  • Disciple ressucité
    • Posté à 21h09 le 07/01/2010
    • Internaute 71674

    Bien vu.
    Je n’irai pas jusqu’à pleurer Seguin, feuilleter Chirac ou lire Jospin, mais je me sens en phase avec ceux qui le font.

  • Pictulo
    • Posté à 22h34 le 07/01/2010
    • Internaute 23785

    Regardez les annonces Google, à gauche de la zone de saisie des commentaires : « Carla Bruni-Sarkozy, la voix de la France ? Dossier spécial l’Express ». Demandez-vous après ça pourquoi des mecs comme Jospin ou Séguin nous manquent...

  • KfC
    KfC
    struggling for life
    • Posté à 00h18 le 08/01/2010
    • Internaute 84462
      struggling for life

    Le système politique est nauséabond.
    Aux magouilles d’antan se sont substituées le bling bling actuel, je ne pense pas que les idoles du passé soient plus glorieuses que nos bouffons contemporains, elles avaient l’intelligence de rester discrètes ...

  • Ciencien
    Ciencien
    Étudiant (en pharmacie)
    • Posté à 00h35 le 08/01/2010
    • Internaute 43695
      Étudiant (en pharmacie)

    Du coup personne n’aurait un bouquin à me conseiller sur la droite dans ces années 80-90. Voire toute la Vème République carrément.
    Merci !

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 08h24 le 08/01/2010
    • Internaute 21378
      Précaire

    ces élites bourgeoises et souverainistes, dont fait parti Séguin, adorateur de Napoléon III, restent des ennemis (qui me nuisent) vivant ou mort.

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 09h41 le 08/01/2010
    • 49273
      Petit agité

    « Les Français sont pris d’affection pour les nineties, parce qu’ils détestent la classe politique actuelle. »

    Les Français des années 80/90 devaient avoir tout autant de regrets en regardant 20/25 ans plus tôt. Je reconnais que comparer Mitterand à De Gaulle ce n’est pas très fair play mais les gens trouvent toujours que « c’était mieux avant », alors que la détestation était la meme et les propos à l’égard des politiques tout aussi virulents, sinon plus.

  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 10h25 le 08/01/2010
    • Internaute 41917
      nc

    Porter aux nues ces reliques ? N’exagérons pas.

    Je veux bien avoir du respect pour Séguin et Jospin (au point commun d’avoir de fou.us caractères), mais pour Supermenteur et magouilleur... je passe mon tour !

    Le seul point positif, c’est que sous lui c’était moins pire que sous l’Agité du petit pot de 12 cl (bocal, c’est trop grand, on n’en trouve pas à moins d’un demi-litre).

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h22 le 08/01/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    J’ai du loupé un épisode des 90’s car je sais même pas qui est Edith Cresson (c’est bon, je viens quand même de jeter un œil sur Wikipedia)

    C’est le principe de la nostalgie, du bon vieux temps, on oublie ses défauts et on ne se souvient que des bonnes choses. Ce dont on ne se souvient pas, c’est ce qui laisse que des mauvais souvenirs.

    Mon grand-père radote sur De Gaule, mon père radote sur Mitterrand, je radote sur... ha non personne encore, faut dire que j’ai pas été gâté pour le moment : D

    C’était mieux avant, et j’imagine que ça le sera toujours. Et si c’était pas mieux avant, alors ça devient : avant on se contentait de moins, on était plus fort, plus exigeant, plus tolérant.

    Les gens quoi...

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