Mon œil !

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Attention, piège : la « pause » de Sarkozy n'est qu'une pose

Pascal Riché
Redchef
Publié le 12/03/2010 à 12h40


Dessin de Pinter

Qu’est-ce que Nicolas Sarkozy a voulu dire avec cette histoire de « pause » dans les réformes programmée en 2011 ? Quel message politique a-t-il voulu envoyer trois jours avant le premier tour des régionales ?

Pour certains, c’est un aveu d’échec. Leur argument : vous voyez bien que cette frénésie de réformes mène au mur. C’est l’analyse de Libération (ou de mon camarade Pierre Haski).

J’ai pour ma part une impression différente. La pause est un mot-gadget pour amener les médias à parler du prétendu bouillonnement de réformes, à un moment où de plus en plus d’observateurs minimisent celles-ci (l’un d’entre eux, Thomas Legrand, de France Inter, jugeant même que « Sarkozy, ce n’est rien qu’un président qui fait perdre du temps » : un « Chirac en sueur »).

Estrosi : « La pause, c’est avoir de l’action comme jamais »

Le mot « pause » n’est pas innocent : c’est celui que Jacques Delors avait
utilisé en 1982, après quelques mois de réformes très importantes
(nationalisations, lois Auroux sur les relations sociales, suppression
de la peine de mort, décentralisation, retraite à 60 ans...).

Ce vendredi matin, sur Europe1, le ministre Christian Estrosi a ainsi affirmé, sans craindre la novlangue orwellienne : « La pause, c’est de l’action. » (Dans « 1984 », « la guerre, c’est la paix », « la liberté, c’est l’esclavage », « l’ignorance, c’est la force ».)

« La pause, c’est avoir de l’action comme jamais par le passé pour donner toute l’efficacité aux réformes que nous avons engagées. On ne ralentit pas dans les textes législatifs. Au contraire, on les simplifie pour plus d’efficacité. » (Voir le début de la vidéo)

Résultat, on prend pour argent comptant, à la veille du scrutin, le fait que la France fait actuellement l’objet de profondes « réformes ». Même Martine Aubry tombe dans le panneau : « C’est maintenant qu’il faut faire une pause dans les réformes », dit-elle.

Evidemment, par ce beau mot de « réforme », ce que la première secrétaire du PS désigne, elle, c’est le fait de « casser » l’Education nationale, les crèches ou l’hôpital public. Mais cette précision n’apparait pas dans le titre des articles qui évoquent sa réaction...

En se déclarant favorable à une pause immédiate, elle endosse le triste costume de l’immobilisme. Précisément le message que veut faire passer l’Elysée.

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  • Disciple ressucité
    • Posté à 15h38 le 12/03/2010
    • Internaute 71674
  • authueil
    authueil
    authueil.org
    • Posté à 16h25 le 12/03/2010
    • Internaute 32575
      authueil.org

    Quel bel article militant !

    La « pause » annoncée par Sarkozy s’explique très simplement. Les travaux du Parlement vont s’arrêter fin février 2012. Il va falloir finir tous les textes en cours, car tout ce qui n’est pas définitivement voté à la fin d’un législature est à mettre à la poubelle.

    Ce n’est donc pas la peine de déposer un nouveau projet de loi après l’été 2011, il n’aura pas le temps d’arriver au bout du processus législatif !

    C’est aussi simple que ça. Faut arrêter les fantasmes...

  • Pascal Riché
    Pascal Riché répond à authueil
    Redchef Rue89
    • Posté à 17h01 le 12/03/2010
      éditeur
    • Journaliste 7
      Redchef

    Ne vous faites pas moins politique que vous ne ne l’êtes Authueil ! La question n’est pas « pourquoi il est difficile d’engager des réformes fin 2011 » ? Mais « pourquoi Nicolas Sarkozy annonce-t-il cela sous le vocable de “pause” trois jours avant le scrutin des régionales ? »

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