La gauche au local, la droite au national : nouvelle cohabitation ?
La plupart des analystes, non sans raisons, attribuent la victoire de la gauche au premier tour des élections régionales au rejet de la politique de Nicolas Sarkozy.
Pourtant, depuis huit ans, la gauche gagne toutes les élections municipales et régionales (tableau de gauche), alors que la droite gagne toutes les élections législatives et présidentielles (tableau de droite).
Elections nationales –––––––– Elections locales

cohabitation
Il n'en faut pas plus à certains fatalistes pour en tirer une loi générale : tout se passe, disent-ils, comme si les électeurs français avaient dessiné une « nouvelle cohabitation » : à la gauche, le pouvoir local ; à la droite, le pouvoir national.
Ainsi, les électeurs n'oseraient pas confier à la gauche des responsabilités nationales. En revanche, ils ne laisseraient pas la droite s'approcher de la gestion de leurs problèmes locaux.
Les Français ne croiraient pas aux grandes politiques sociales menées au niveau national (leur préférant des réformes de structure), mais ils souhaiteraient que soient mis en place des filets de sécurité au niveau local, un échelon plus facile à contrôler.
La vérité, c'est que la gauche est depuis très longtemps assez nulle pour conquérir le pouvoir national. Elle a réussi sous la Ve république à le faire à seulement trois reprises : 1981, 1988, 1997. Le PS reste un parti de notables, très fort pour faire émerger de solides barons, beaucoup moins fort pour proposer un projet de société différent et attrayant.
Depuis la catastrophe de 2002 -Le Pen au second tour de la présidentielle- ce parti a été incapable (jusque-là) de réformer son fonctionnement, de se doter d'une stratégie et d'un message original -sans même parler du choix d'un leader. Les récents succès d'Europe Ecologie s'expliquent pour ces raisons.
L'expression « cohabitation », qui suppose l'idée d'un partage du pouvoir, me semble, soit dit en passant, assez déplacée. Ni les régions, ni les départements, ni les municipalités n'ont les moyens de jouer un rôle de contrepouvoir face à l'exécutif et au législatif national.
Ce partage des rôles, qui semble aller de pair avec une abstention croissante, est malsain. S'il se cristallisait, ce ne serait pas une bonne nouvelle pour la démocratie. La sève de cette dernière, n'est-ce pas l'alternance ?
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« S'il se cristallisait, ce ne serait pas une bonne nouvelle pour la démocratie. La sève de cette dernière, n'est-ce pas l'alternance ? »
C'est sûr que l'alternance entre un parti pour l'économie de marché, la libre concurrence, une politique sécuritaire, pour l'expulsion des sans papiers, qu'on appellera Ump, et un parti pour l'économie de marché (avec quelques pansements), une libre concurrence (ce n'est pas de notre faute c'est l'Europe qui veut ça), une politique sécuritaire (il faut en finit avec un certain angélisme de gauche), pour l'expulsion des sans papiers (mais en pleurant) qu'on appellera ps (avec ses amis de la nouvelle gauche plurielle), bref cette alternance est vraiment la sève de la démocratie. De toute façon ce système d'alternance est de la poudre aux yeux pour faire croire au peuple qu'il a un quelconque pouvoir pendant que l'argent et le pouvoir réel continue de circuler dans les mêmes sphères...
D'ailleurs les électeurs ne se sont pas trompés, ils ont pour la plupart préférer faire autre chose hier...
Si ça pouvait mener à une prise de conscience que le pouvoir c'est nous, et qu'en militant à la base, en se syndiquant (sans laisser le pouvoir aux bureaucraties syndicales), en s'associant, on peut pour le cout redonner une véritable sève à la démocratie, ce serait une bonne nouvelle.




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