Ces clichés glaçants de la France vue par la propagande nazie
La philosophe Cécile Desprairies décrypte les troublants détails de cinq photos prises par les services officiels allemands.
A ceux qui s’intéressent à l’histoire et aux images, « Sous l’œil de l’occupant » est un livre fascinant. Son auteur, Cécile Desprairies, philosophe, a retrouvé des photos prises en France par la propagande allemande.
Certaines sont spontanées, d’autres sont complétement travaillées, toutes sont glaçantes. Ces photos, d’une grande qualité, montrent une France à travers l’œil de ses occupants : belle et soumise à ses « sauveurs ».
Elles sont donc très différentes des photos de la propagande de Vichy, plus connues en France et qui étaient, elles, défensives : il s’agissait de justifier la capitulation et la collaboration.
Des clichés pris par les grands noms de l’époque

Elles ont été prises par les plus grands photographes allemands de l’époque. « L’équivalent d’un Cartier-Bresson », n’hésite pas à dire Cécile Desprairies. Ils viennent des plateaux de tournages de grands cinéastes (Leni Riefenstahl, Fritz Lang...) et sont imprignés de l’expressionnisme allemand.
Certains sont morts pendant la guerre, d’autres ont connu après la guerre de belles carrières (Arthur Grimm, Heinz Fremke...), d’autres encore ont fini en fuite en Bolivie.
Nous avons choisi de vous présenter en détail cinq photos, commentées, sans préparation, par Cécile Desprairies. Le montage est signé de notre photographe Audrey Cerdan.
La collaboration intime
En zone occupée, dans la ville de Saint-Emilion, dans une ambiance festive, un officier allemand au bras d’une jeune française. C’est la collaboration intime qu’illustre cette photo de Harren. (Voir le diaporama sonore)
(Copyright de la photo : archives fédérales de Coblence)
Foule vert-de-gris au Palais-Bourbon
Un mois après l’armistice, le 23 juillet 1940, voici à quoi ressemblait l’Assemblée nationale. Ces Allemands sont réunis ici pour écouter un discours d’Hitler.
(Copyright de la photo : archives fédérales de Coblence)
Un défilé d’apprentis SS, notables de Thionville
La photo est prise à Thionville, pendant l’été 40. Certains des plus jeunes sont aujourd’hui de paisibles retraités.
Piaf et compagnie en tournée de promo à Berlin
Devant la Porte de Brandebourg, Edith Piaf, Loulou Gasté, Charles Trenet (du moins selon la légende de la photo)...
La révolution nationale bouscule la vieille France
Une allégorie très travaillée par le photographe français Pierre Vals le 3 juillet 1943, sur les Champs-Elysées.
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Bonjour Yann.
Je vais prendre un exemple pour vous montrer comment j’ai compris le commentaire d’Olaf, et par où je le rejoins.
Sur la première photo, on nous dit clairement qu’on ne sait pas qui est la jeune femme gironde (à Saint-Emilion, c’est rigolo) : comment savoir s’il ne s’agit pas d’une actrice ou une secrétaire du Bureau de la Propagande ? Je ne dis pas que Desprairies se trompe, je dis qu’il nous manque des éléments de sa réflexion.
Un autre exemple, sur la même photo, plus ennuyeux à mon sens : présenter la personne au premier plan comme fronçant les sourcils est un peu hâtif. Outre que le fait qu’il fronce les sourcils peut s’expliquer par de très nombreuses raisons, j’ai un peu l’impression que sur ce coup-là, Desprairies force un peu l’interprétation.




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