Mon œil !

Ici, vous trouverez soit des trucs sur lesquels tombe l'oeil de Pascal Riché, soit des trucs qui lui font dire "Mon oeil".

Renversez un dictateur, perdez un point chez Moody's

Pascal Riché
Redchef
Publié le 19/01/2011 à 23h59

Les agences de notations financières sont remplies de jeunes gens doués, spécialistes de calculs d’intérêts et d’évaluation des financiers. Ils ne travaillent pas à l’affect, ils sont froids comme le bistouri d’un médecin-légiste.

L’agence Moody’s a demandé à ces spécialistes d’examiner la situation de la Tunisie, après l’incroyable révolution qui a conduit à la liberté d’un peuple. Ils ont soupesé les risques de défaut de paiement. Et décidé de rétrograder la note du pays. La dictature avait droit à un « Baa2 », la liberté n’aura qu’un « Baa3 ».

J’imagine ce qui s’est passé à l’intérieur du crâne de ces financiers-noteurs :

« Hum, plus d’instabilité (ah que la dictature est +++ en termes de stabilité !) ; hum, moins de tourisme, donc moins de rentrées de devises ; hum, hum, des recettes fiscales menacées par les troubles... »

C’est donc en toute logique que Moody’s a abaissé sans attendre la note de la Tunisie et même jugé « négative » la perspective d’évolution de cette dernière. Eh oui, les révolutions, c’est porteur « d’incertitudes », dont les créanciers ont horreur. Les autres agences, Fitch et Standard and Poor’s devraient emboîter le pas de l’agence américaine. En conséquence, les conditions de crédit accordées à la Tunisie seront durcies.

Pour sa part, Rue89 met un AAA+ à la Tunisie et aux Tunisiens. Parce qu’ils ont démontré un grand courage et parce que leur avenir est désormais plein d’opportunités. La note de Rue89 ne leur permettra peut-être pas de financer plus facilement leur dette, mais ses critères d’attribution nous semblent extrêmement pertinents.

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  • -Candide-
    -Candide- répond à Pascal Riché
    Jardinateur
    • Posté à 01h04 le 20/01/2011
    • Internaute 40778
      Jardinateur

    Il y a à peine deux ans on reprochait encore à ces mêmes agences de notation d’avoir été frileuses. De ne pas avoir actualisé à temps les réels risques qui pesaient sur les institutions financières sous prétexte de ne pas conduire à la panique. Le résultat est qu’elle ont directement contribué à augmenter le décalage entre le risque réel et les engagements financiers (les prêts), et contribué ainsi à leur manière à la crise économique.
    Aujourd’hui, on leur reproche le contraire !

    Désolé, mais comme pour l’information générale, les faits économiques ne doivent pas être passés sous silence. Et tant mieux si cela fait prendre conscience à la Tunisie, qu’au delà des changements politiques que tout le monde salue, cette révolution est dors et déjà très coûteuse, et il est plus que temps désormais de s’atteler à un gouvernement d’union nationale.

    « On privilégie, en terme de conditions de crédit, les régimes autoritaires. “
    C’est faux, et je le répète, si Ben Ali était resté en force, la note aurait été dégradé au moins d’autant.
    C’est le coût de la crise tunisienne et les incertitudes qui dégradent la note. Pas les perspectives de démocratie.
    Quant à Lagarde, comme tout bon politique, elle nous joue son petit couplet de vierge effarouchée.
    Sa position est facile, mais elle omet sciemment de dire que ‘pas de note, c’est pire qu’une mauvaise note’

    Sur le long terme, la démocratie apporte bien plus d’espoir que de craintes, je suis d’accord avec vous.
    Mais la phase de transition est éminemment délicate, et les jours qui viennent seront déterminants.
    Soit la Tunisie s’engage dans une voie de gouvernement d’union national pour terminer les changements démocratiques, soit ils tergiversent dans le jusqu’au boutisme avec toute les ‘sorties’ possibles.

    Les révolutions, c’est comme les bonne blagues, les plus courtes sont les meilleures.

  • Molly Hatchet
    Molly Hatchet
    d'an emgann ! d'an emgann !
    • Posté à 08h24 le 20/01/2011
    • Internaute 125979
      d'an emgann ! d'an emgann !

    Mr Riché a entièrement raison.
    Un Etat autoritaire pour ne pas dire dictatorial a toujours eu les faveurs du libéralisme.

    Dix-sept mois après le coup d’Etat au Honduras, comment voyez-vous la situation des droits de l’homme dans ce pays ?

    F.H : Elle ne s’améliore pas. Elle empire même avec la difficile situation sociale et économique. Nous savons que le coup d’Etat a été mené par une oligarchie traditionnelle opposée aux processus de changements. Elle refuse de perdre ses privilèges. A présent qu’elle détient de nouveau le pouvoir et qu’elle contrôle la politique et l’économie, elle refuse toute autre avancée sociale. Tous ceux qui tentent de lutter sont vus comme des ennemis à abattre. Il ne se passe pas de nouvelle semaine sans victimes. Nous vivons encore une situation très tendue

    Lien

    Les agences de notation ne s’y trompent pas.

    Je crois que la croissance est de retour avec une base solide. Parce qu’elle n’a pas réussi à régler les dépenses publiques, devrait permettre d’améliorer les recettes du gouvernement central par des réformes fiscales sont approuvés, un accord a été conclu avec le FMI et le gouvernement a envoyé un budget équilibré au Congrès, qui a été adoptée comme être atteint a été envoyé à maintenir les dépenses de contrôle, dit Manuel de Jesus Bautista, économiste, ancien président de l’ Ordre des économistes du Honduras.

    Ces efforts ont été récompensés par Standard & Poor’s a maintenu la notation du pays à « B avec perspective stable » et Moody’s, dans « B2 avec perspective stable. »

    (traduction Google)

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