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Aubry en photos : cette femme vous veut-elle vraiment du bien ?

François Krug
Journaliste
Publié le 20/09/2011 à 13h31


Martine Aubry à la une de Libération, le 20 septembre 2011.

Elle surgit de la nuit, le regard froid, les lèvres serrées, la peau cadavérique : la photo de Martine Aubry à la une de Libération ne l’arrange pas. On dirait une version vieillie du portrait publié en 1997 par Le Figaro Magazine et qui, lui aussi, avait fait jaser.

La photo choisie par Libé pour vendre son interview de Martine Aubry produit un drôle d’effet. Dans les pages intérieures, la socialiste porte une veste rouge vif, elle sourit, elle s’anime en défendant ses idées. A la une, seul son visage se détache du noir. Un visage fermé, un rien fantomatique, exprimant une détermination froide.

« La politique telle que je l’aime » : le titre nous annonce pourtant une candidate pleine de passion. « Ne venez pas me chercher », semble plutôt nous dire le visage de Martine Aubry. « Pour réduire le chômage, je vais manger vos enfants », interprète même @Jul_Martin sur Twitter, parmi des dizaines d’autres réactions moqueuses ou effrayées.

Cette photo en rappellera peut-être une autre à Martine Aubry. C’était en couverture du Figaro Magazine, le 27 septembre 1997. Son visage y est forcément plus juvénile que dans Libé. Mais à quatorze ans d’intervalle, l’hebdomadaire de droite et le quotidien de gauche proposent une vision très proche de la socialiste.


Martine Aubry à la une du Figaro Magazine, le 27 septembre 1997.

« Elle incarne la ligne dure du gouvernement »

Déjà, Le Fig Mag avait choisi d’isoler son visage et son regard résolu, et de les faire surgir du noir. On se demande à quoi pense Martine Aubry sur cette photo. Peut-être aux 35 heures, probablement pas encore à l’Elysée. L’expression de son visage ne donne en tout cas pas envie d’aller le lui demander.

Heureusement, Le Fig Mag interprétait pour nous ce visage mystérieux. « Elle incarne la ligne dure du gouvernement », expliquait en légende l’hebdomadaire qui incarnait la ligne dure de la droite. Sous le visage de Martine Aubry, le titre était tout en finesse : « Familles, cadres : étouffés ; épargne, esprit d’entreprise : découragés ».

La véritable différence entre les photos de Libé et du Fig Mag, c’est la mèche de Martine Aubry. A la une de Libé, elle est légèrement décoiffée. Comme pour indiquer que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la candidate n’est pas prisonnière des lignes, idéologiques ou capillaires.

« Il y a de la haine là-dedans »


En couverture du Fig Mag, la mèche envoie le message opposé. Pas un cheveu ne se rebelle, et Martine Aubry apparaît presque comme un Hitler féminin. « Cette femme est encore plus dangereuse que vous ne le croyez », semble dire l’hebdomadaire, au cas où son titre subtil n’aurait pas suffi à effrayer le bourgeois.

« Il y a de la haine là-dedans », avait réagi Martine Aubry dans un portrait que lui avait consacré Libé. L’article assurait, déjà, que la socialiste était beaucoup plus sympa, plus drôle, plus originale que ne le laissait penser son image publique. La femme de la couverture du Fig Mag, ce n’était pas elle :

« Si j’étais cette femme-là, je l’aurais en horreur. »

Pour ses prochaines séances photo, Martine Aubry devrait peut-être interdire que son visage soit isolé sur fond noir. Pour qu’elle ressemble enfin à elle-même et plus à « cette femme-là ».

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  • leeway
    leeway
    encombreur de routes
    • Posté à 13h42 le 20/09/2011
    • Internaute 156133
      encombreur de routes

    Lorsque j’ai vu ma photo sur ma carte d’identité infalsifiable, j’ai immédiatement pensé à un repris de justice tellement je me suis fait peur avant de vaguement me reconnaître :) .

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 14h09 le 20/09/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    C’est vrai, on dirait sur la photo que Martine Aubry sort tout droit du film « la nuit des morts vivants », ou la version féminine de Boris Karloff dans « bodysnatcher » ? sous entendu « attention, elle revient’, c’est qu’elle ferait presque peur !

    Libé roule pour Hollande ? il ne s’y prendrait pas autrement pour faire détester Martine de ceux qui ne liraient pas l’article.

  • Elle anonyme
    Elle anonyme
    Béotienne
    • Posté à 14h16 le 20/09/2011
    • Internaute 24737
      Béotienne

    Hé bé, je me demande où vous allez chercher tout ça. La photo du figaro n’est pas flatteuse, mais de là à la comparer à Hitler à cause de la mèche de cheveux !
    Faites un effort, je suis sûre que pour accréditer la ressemblance, on peut trouver une photo où elle a le bras tendu.

    Heureusement, qu’elle ne porte pas la moustache...

  • dites moi ceux qui ne sont pas pris
    • Posté à 18h27 le 20/09/2011
    • Internaute 170660
      tartiflette

    Sidéré par l’analyse(mais peut-on employer un tel mot devant tant de subjectivité ?) de la photo de M. Aubry dans le Libé d’aujourd’hui ! Alors il faudrait voir ici une Zorro, « elle surgit de la nuit », serpentine et vampire tout à la fois « regard froid »« peau cadavérique » : bouh, j’ai peur !
    non ; j’y vois surtout un journaliste qui écrit comme dans un roman de gare et lui aussi « tout en finesse “ ! ! comme le Figaro...
    quant au portrait, si on voulait bien, on pourrait voir aussi des yeux qui fixent droit devant sans détours et qui même sourient un peu. La bouche légèrement maquillée est serrée oui, mais sans pli d’amertume . Le visage est éclairé, la lumière vient de la gauche et la personne sort de l’ombre : c’est peut-être cela qui fait peur ? Va-t- elle prendre sa place.....

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