Chaude ambiance entre les plumes de Sarkozy
L’intéressant site NonFiction, qui explore la galaxie des idées, en a eu une bonne : montrer que le sarkozysme ne se résume pas qu’au show business, mais repose sur un travail idéologique plus sérieux qu’on ne l’imagine. Pour cela, ses responsables ont interviewé Emmanuelle Mignon, directeur de cabinet du président de la République. L’entretien sera publié lundi.
Emmanuelle Mignon, écrit Nonfiction, est la « machine à idée » de Sarkozy. Sa machine à idée ? Attendez... attendez.... Mais sa machine à idée, n’est-ce pas Henri Guaino ?
Justement, selon NonFiction, Emmanuelle Mignon en parle un peu, de son collègue Guaino, au moins à mots couverts. Et ce qu’elle en dit n’est pas très amène :
« Au passage, elle se démarque ouvertement d’Henri Guaino, précisant que, pour elle, le rôle d’un ’conseiller est là pour servir, non pas pour se mettre en avant’ et qu’elle ne prétend pas ’être le gourou de Sarko’. »
Visiblement, tout n’est pas très joyeux, donc, dans la maison Sarkozy. Ledit gourou semble hérisser la machine à idée. Ce qu’on peut comprendre, compte tenu de leurs convictions respectives : Guaino est le gauliste social anti-européen, alors que Mignon s’est définie comme une « conservatrice au sens britannique » qui « croit à la main invisible du marché » .
La collaboration entre ces deux là avait mal commencé. Au début de 2007, Sarkozy avait retoqué un discours de Mignon jugé « trop programmatique » , et demandé à Guaino d’en rédiger un autre au débotté. Guaino est ensuite resté comme la principale plume du candidat. Et à peine arrivé à l’Elysée, devenu « conseiller spécial » , il a piqué d’autorité le grand bureau du directeur de cabinet (à l’étage du Président). Emmanuelle Mignon a dû s’exiler dans l’aile Ouest...
Le 4 décembre, alors que certains médias s’étonnaient de voir Guaino se répandre dans les médias, Emmanuelle Mignon avait fait déposer une note sur les bureaux de l’Elysée, rappelant que les conseillers du Président ne devaient pas s’exprimer publiquement sans autorisation.
D’où l’expression « se voler dans les plumes » .
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Rapatrié
Rapatrié
« conservatrice au sens britannique » ? ! ? ! Mais le probleme, c’est que l’on trouve de tout dans le parti de David-call-me-Dave Cameron : on trouve des pro-européens comme Ken Clark, on trouve des eurosceptiques comme William Hague, des promoteurs de l’Euro, des défenseurs de la livre sterling, on trouve des nostalgiques de l’Empire pas très loin des délires de Guaino sur le sujet et des partisans d’une réforme de la monarchie. C’est incongru de s’identifier à une idéologie qui a tant de mal à se définir...




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