Juppé, Blair et le retour des « chiens »
Alain Juppé inaugure ce matin la foire des vins de Bordeaux, ville dont il est maire. Les journalistes l’entourent, cherchent un commentaire à propos de sa défaite de la veille. Normal. Juppé n’aime pas trop cette situation. Normal aussi.
Il décide de dire ce qu’il a sur le coeur : « C’est la curée. Ils veulent savoir si je vais mal. » Puis, à l’adresse des journalistes eux-mêmes : « Ce que vous voulez, c’est que j’aille très très mal, c’est cela qui vous exciterait. On sent une délectation amusante... Si je pouvais crever, vous seriez contents ! “
Les médias, meute féroce. C’est un thème classique, vieux comme le journalisme. François Mitterrand, après le suicide de Pierre Bérégovoy en 1993, avait dénoncé ceux qui avaient ‘ livré aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie’ . Le crime de la presse avait alors été de s’intéresser à un prêt sans intérêts accordé par l’homme d’affaires Patrice Pelat à l’ancien Premier ministre.
Ce week-end encore, Tony Blair a laissé percer une rancune sourde contre les médias. Ceux-ci ‘ chassent de plus en plus en meute, comme des bêtes féroces qui mettent en pièce les gens et leur réputation’ , a-il déclaré.
Les hommes publics choisissent d’être ‘ publics’ . Ils étalent leurs succès, ils cherchent la lumière, souvent avec jouissance. Mais lorsque le vent se retourne, ils dénoncent les projecteurs.
Si cela peut les rassurer, tous les journalistes ne sont pas si ‘ chiens’ avec eux. L’un d’entre eux, par exemple, décrivait dimanche soir à la télévision le ‘ coup du sort’ subi par Alain Juppé. Coup du sort ? Il s’agissait pourtant, très simplement, de tout le contraire : une élection.
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D'actualité, de dessin surtout
D'actualité, de dessin surtout
Nous comprenons tous que Juppé ait beaucoup plus d’affection pour les médias quand ils sont serviles et lui servent la soupe.
Mais tout de même, on ne peut pas dire qu’il lui faille se plaindre d’une presse et de journalistes ni très pugnace, ni très indépendants.
La chute de Juppé est aussi en rapport avec son altitude coutumière. Ce personnage est d’un cynisme et d’un mépris souverain pour les gens, pour le peuple en général.
Il échappe à une justice dont il a voté les lois (1 an d’inéligibilité quand le tarif fixé par lui est de 10) ; il fait valoir ses droits, très faovrables, à la retraite (de conseiller d’Etat, je crois ?) juste avant de faire passer une loi qui la restreint défavorablement pour tous (soit l’équivalent dans le domaine privé de la vente d’actions EADS de Lagardère avant la débâcle) ; et on passe sur la manière étonnante dont il use pour le logement de sa famille, et qui ne lui a valu qu’une peine infime.
Ses larmes de crocodile donnent plus à rire à qu’à pleurer.




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